Waouh ! Je ne me remet toujours pas du nombre de personnes qui ont lu ma petite fanfiction ! Merci beaucoup, vous êtes géniaux. Alors, pour remercier tous mes petits lecteurs fantômes, j'ai décidé de vous écrire une suite, en espérant qu'elle vous plaira. Merci encore ;)


Tu ne seras jamais plus puissante que moi.

La puissance. La pire chose qu'un être doté de raison puisse recevoir. Car justement, quel personne censée voudrait de quelque chose faisant disparaitre tout notion d'humanité, au profit d'un pouvoir toujours plus grand ? La puissance est une drogue dure qui, lorsqu'on y a goûté ne serait-ce qu'une seule fois, fait perdre pieds à son consommateur. Je m'en suis malheureusement rendu compte trop tard, tant et si bien que le pouvoir est devenu mon quotidien. Je serais incapable de vivre sans. J'ai besoin de sentir que je peux contrôler les gens à ma guise. Je dois être le plus fort. Apparemment, même dans ce monde sans magie, les gens ne sont pas différents. Lorsque j'allume mon poste de télévision et que j'entends toutes les guerres qui font rage à travers le monde, je me dis que même ici, la quête de puissance détruit tout sur son passage. J'en viens à me demander si ce besoin de puissance n'est pas inscrit dans nos gênes dès notre naissance, si l'homme a réellement le choix ou bien est-il obligé de vouloir devenir le plus grand, le plus fort ?

Lorsque je suis devenu le Ténébreux, je voulais protéger Baelfire de cette guerre sans merci qui mettait à feu et à sang le pays. Je voulais utiliser le pouvoir pour sauver ce que j'aimais. Mes intentions étaient louables, et si la situation se représentait de nouveau, j'assassinerai Zosso pour ne pas perdre mon fils. J'aimerai pouvoir dire que je ne referais pas les mêmes choix par la suite, mais dans le fond, je serais bien incapable de prédire mon comportement. J'aurai voulu garder Bae auprès de moi, fonder une vraie famille avec Belle, mais en aurais-je été capable ? Le pouvoir, alléchant et irrésistible, aurait peut-être de nouveau eut raison de moi. J'aurais peut-être fait de nouveau les mauvais choix. Je n'en serais probablement jamais rien. Mais il faut que j'arrête d'imaginer réécrire le passé, on pourrait refaire le monde avec des "si".


La nuit était tombée depuis des heures sur le château des Ténèbres. Après avoir savouré le délicieux dîner préparé par ma servante, j'étais retourné à mes obscures occupations, toujours secoué d'un léger rire. En effet, le repas avait été des plus comiques : la main toujours douloureusement bandée par les soins de Belle, j'avais eu toutes les difficultés du monde à tenir normalement mes couverts. Se rendant compte de ma situation gênante, ma domestique m'avait alors proposé de m'aider, ce que j'avais instinctivement refusé. Mais lorsque ma chemise avait essuyé une troisième tâche et que ma fourchette était retombée une énième fois dans mon assiette avec fracas, je dus me résoudre à accepter son aide.

- Je vous préviens, tentais-je avec un accent menaçant qui ne convainquit guère Belle, un mot de tout ceci à qui que ce soit et...

- Et vous me transformez en limace ? Me demanda t-elle avec insolence, un fin sourire sur ses jolies lèvres. Vous ne le feriez pas, vous tenez beaucoup trop à moi.

Et sur ces mots, elle se saisit de ma fourchette et l'approcha de ma bouche.

- Allez, ouvrez ! Me dit-elle de sa voix que j'aimais tant.

Alors que je montais les escaliers de la tour devant me mener à mon sinistre bureau, je me surpris soudain à repenser à ce dîner avec joie. Rit. J'avais rit. Belle était parvenue à faire renaître ce soir un sentiment que je pensais éteint en moi pour toujours. J'avais été heureux. Pour une fois, j'avais laissé le Ténébreux bien loin derrière moi pour passer un agréable moment avec ma domestique. Je n'avais pas cherché à paraitre fort, ni puissant. J'avais juste été moi, Rumpelstiltskin, l'être humain derrière la Bête.

Lorsque je pénétrai dans la pièce encombrée qui me servait de bureau, je fus brusquement rattrapé par l'atmosphère ténébreuse qui en émanait. Les potions sur mon établi me parurent soudain bien maléfique, tandis que les formules magiques étalées sur le papier usé me firent l'effet de reliques du diable. Un instant, l'idée m'effleura de refermer la porte derrière moi et de redescendre rire avec Belle, mais la dure réalité me revint. Je devais préparer une nouvelle potion afin de vaincre la Méchante Reine la prochaine fois qu'un combat viendrait à éclater entre elle et moi. Légèrement déprimé, je me laissai donc tomber sur une chaise et mit mon nez dans la tonne de papiers qui m'entourait.

- Rumpelstiltskin !

D'un bon, je me retournai, laissant s'échapper de mes mains la précieuse fiole au liquide violet, qui alla tout droit se fracasser à mes pieds. Belle se tenait devant moi, un sourire éclatant aux lèvres. Quand elle vit le fruit de mon travail se répandre sur le sol, toute joie parut s'effacer de son visage au profit d'une terrible culpabilité.

- Oh non, je suis...Je suis désolée. Se hasarda t-elle, hésitant sur la démarche à suivre. Je ne pensais pas...

- Vous ne pensiez pas quoi ? Répondis-je violemment, emporté par une furieuse colère. Ne saviez-vous pas que j'étais dans mon bureau pour travailler ? Pensiez-vous que j'étais en train de faire du tricot ? Peut-être qu'une princesse comme vous ne connait pas la fonction première de cette pièce ?

Ma remarque parut la toucher au plus profond de son cœur. Je vis ses yeux s'embrumer, ses lèvres trembler. Tout à ma colère, je ne me rendis pas compte qu'elle tentait de me présenter des excuses, qui ne prenaient pas forme, étranglées dans sa gorge.

- Partez ! Sortez d'ici ! Hurlais-je littéralement en me laissant tomber à genoux, tentant désespérément de récupérer quelques gouttes de ma chère potion.

Belle ne se le fit pas répéter deux fois. Lorsque je relevai la tête, elle avait disparue, laissant la porte ouverte derrière elle. Je compris bien vite que mon œuvre était fichue pour de bon ; je serais bon pour recommencer cette potion qui m'avait prise des heures. Cette potion qui aurait dût me permettre de vaincre une fois pour toute mon ennemie, d'affirmer mon pouvoir, venait d'être détruite par une simple...Servante ! Une femme insignifiante avait fichu en l'air mon travail.

Dans un excès de rage, je jetai le premier récipient que je trouvais contre un mur. D'autres suivirent, et bientôt, dans un concert épouvantable, je déferlai ma colère contre la verrerie. J'ignorais qu'à l'autre bout du château, dans son cachot où elle s'était refugiée, Belle tentait de calmer sa peur.

Le soleil s'apprêtait à se lever sur le royaume. Quant à moi, je n'avais toujours pas bougé de mon bureau, où j'étais demeuré assis contre un mur, plongé dans mes pensées. Je n'avais pas dormi, bien trop contrarié. J'avais bien pensé à aller voir Belle pour lui présenter mes excuses, mais quelque chose m'en empêchait. De la lâcheté ? Sûrement. Je n'étais que ça : un lâche. C'était ce que j'avais toujours été et ce que je serais toujours.

Les heures continuèrent de s'écouler ; le soleil était maintenant bien haut dans le ciel. Aucun bruit ne venait perturbé le silence gênant qui régnait dans ma demeure, j'en déduis donc que Belle devait toujours être enfermée. La culpabilité n'avait de cesse de m'assaillir et le regret de me ronger. J'avais finit par me détourner des restes de ma potion qui trainaient au sol. Dans le fond, qu'est-ce qu'une potion face à...La seule personne qu'on ait ? Je m'en voulais terriblement des termes que j'avais employé la veille pour qualifier Belle. Elle n'était pas que ma servante, ni une femme insignifiante. Elle était ce que j'avais de plus beau, et je voulais qu'elle le sache. Mais comment lui dire, après ces évènements ? Elle devait probablement me détester, et elle aurait raison. J'avais dus la terrifier...

J'ignore comment je me retrouvais dans les cuisines du château. Tout ce dont je me souviens, c'est de m'être saisit d'une pomme qui passait par là, ainsi que de quelques toast avant de me diriger vers la "chambre" de Belle. Une fois à sa hauteur, j'ai toqué en tentant de calmer le stress qui montait en moi. Elle ne répondait pas, j'étais pourtant sûr qu'elle était ici. Je retentai ma chance, toujours en vain.

- Belle, s'il vous plaît. Plaidais-je d'une petite voix. S'il vous plait, ouvrez-moi.

Toujours aucune réponse. Je savais néanmoins qu'elle m'entendait.

- J'avais peur que...Que vous ne commenciez à avoir faim. L'horloge vient de sonner onze coups, alors je vous ai apporté quelques choses. Rien de grandiose, j'en conviens, mais j'espérais que...

Ma voix commençait à se briser. Je ne voulais pas le laisser paraitre, mais ce fut plus fort que moi.

- Je voulais m'excusez pour ma conduite d'hier. J'espérais que vous pourriez me pardonner.

La porte s'ouvrit alors dans un grincement peu discret. Belle parut enfin face à moi, le visage rougit par toutes les larmes qu'elle avait dût verser. Ses yeux étaient à ce titre gonflés, ce qui me fit culpabiliser davantage. La jeune femme s'en rendit compte, et tenta d'esquisser un petit sourire pour détendre l'atmosphère.

- C'est plutôt à moi de vous demander pardon pour être rentrer si soudainement dans votre bureau. Hasarda t-elle.

Je tentais à mon tour de lui sourire, bien que peu convainquant. J'aurais voulu trouver les mots pour lui dire. Lui avouer combien je m'en voulais, combien je tenais à elle. Combien je l'aimais. Mais je n'y parvins pas. Hier, ma soif absolue de pouvoir m'avait conduit à me disputer avec la femme la plus merveilleuse au monde, et ceci, je ne me le pardonnerai jamais. Le désir de puissance avait failli détruire ce qui comptait le plus pour moi.

- Que...Que vouliez-vous me dire, hier ? Lui demandais-je, gêné, pour changer de sujet.

Son sourire devint soudain beaucoup plus franc, et je vis son visage s'illuminer de joie. Me prenant par la main, elle s'élança à travers les couloirs, oubliant le déjeuner que je lui avais apporté, et déclara :

- Des roses ! J'ai réussi à faire pousser des roses dans le jardin !

Je ne comprenais guère d'où pouvait lui venir une telle joie pour des plantes, mais Belle était heureuse, et pour cette unique raison, j'étais le plus heureux des hommes.


C'est tout pour aujourd'hui ! ;) J'espère vraiment que ce petit chapitre vous aura satisfait. Si tel est le cas, n'hésitez pas à me laissez une petite review, ça fait toujours plaisir ! Je vous concocterai vite la suite si vous le voulez, il n'y a qu'à me demander !

Bisous