Voici un nouveau chapitre. Il est plus long que les précédents et comme promis, c'est les retrouvailles d'un père et de sa fille. J'espère qu'il vous plaira.
Merci à toutes les lectrices (lecteurs ?) qui me suivent et commentent cette histoire.
Merci à sevmia pour sa correction, ses précieux conseils et de rendre le chapitre plus agréable à lire ^^
Merci happy pour ta review. Je suis contente que trouve l'idée originale du lien de Charlie et Paul :-). Les réponses viendront progressivement ;-)
Merci Awa pour ton commentaire. Les retrouvailles, c'est juste en bas ;-)
Ce chapitre a été écrit en écoutant la chanson d'Evanescence - My Immortal
Chapitre 3
L'avion avait atterri depuis quelques minutes déjà.
Bella suivait les voyageurs qui allaient tous vers la sortie et elle se demanda comment elle pouvait tenir debout alors que son estomac était noué à bloc.
Au fur et à mesure qu'elle se rapprochait de son père, le stress augmentait.
Quelques personnes sur son chemin la bousculèrent, certainement impatientes de retrouver une personne qui leur était proche. Mais elle ne dit rien, car elle n'était pas sûre de pouvoir tenir une discussion normale dans son état.
Soudain, elle le vit au loin à travers la vitre qui les séparait tandis que les passagers se faisaient fouiller par la police douanière.
Elle s'arrêta.
Pressant son nez contre la vitre épaisse, elle put constater que son père était identique à ses lointains souvenirs, à la différence près que ses cheveux bruns avaient pris quelques nuances poivre et sel avec les années. Il était toujours le même. Le même que celui qui l'animait à l'époque où elle pouvait chaque soir le sentir entre ses bras quand il lui contait une histoire. Elle était captivée par les voix différentes qu'il prenait pour lui faire vivre les récits, ce qu'elle appréciait le plus.
Comme autrefois, elle mourait d'envie de se blottir contre lui, de caresser une mèche de ses cheveux en suçant son pouce, et de redevenir une petite fille insouciante où la peur n'avait jamais eu sa place dans son esprit. Mais elle se contenta de l'observer à la dérobée et de reprendre la marche, désireuse de laisser le passé derrière elle, et qu'il n'interfère plus dans le présent. Seuls les bons moments avaient leur place dans sa tête. Elle avait encore du chemin à faire pour s'en débarrasser, mais elle était optimiste, et elle voulait, plus que tout, y croire.
La jeune femme atteint rapidement les policiers. Après avoir été fouillée et avoir passé sa sacoche aux rayons X, elle se dirigea à pas lents vers Charlie.
Quand Bella rencontra le regard de son père, elle comprit qu'il était bouleversé et soulagé de la revoir après toutes ces années.
D'habitude, Charlie arrivait à masquer ses émotions, il l'avait appris durant sa formation pour rentrer dans la police, mais là, il fut incapable de cacher quoi que ce soit et les larmes inondèrent ses joues.
C'est sans aucune hésitation et en voyant dans quel état était son père qu'elle se rua sur lui tandis qu'il l'encerclait avec ses bras. Sa tête reposait sur son épaule, respirant le parfum qui dégageait ces notes douces et discrètes qui avaient bercé sa petite enfance. Elle se sentait bien là, en sécurité dans l'étreinte puissante de son père. Il ne la lâchait pas, comme s'il avait peur qu'elle disparaisse à nouveau, songea Bella.
– Ça fait tellement longtemps, dit-il en lui caressant le dos. Trop longtemps ma petite Bee. Si tu savais comme tu m'as terriblement manqué ! Combien je me suis inquiété pour toi !
– J'imagine bien papa, dit Bella, la voix enrouée. Ç'a été pareil de mon côté, mais tu sais quoi ? On ne pourra, certes, pas rattraper le temps perdu, mais nous pouvons profiter de chaque instant que la vie nous donne.
Le moment était tel que les gens aux alentours s'arrêtèrent pour observer la scène émouvante. C'était comme si le temps s'était figé une courte durée dans l'aéroport pour s'animer de nouveau et leur laisser un peu d'intimité, tandis que Charlie et Bella étaient tellement plongés dans leur bulle, qu'ils ne le remarquèrent même pas.
Aucun autre mot ne fut prononcé, ils en étaient incapables. Ils avaient bien des choses à se raconter, mais pour l'instant, tout ce que Bella voulait, c'était de savourer une étreinte paternelle qui lui avait été arrachée à ses six ans.
Durant le trajet, ils discutèrent de tout, sauf du sujet sensible. Ce n'était ni le moment ni le lieu adéquat pour aborder une telle conversation. Ils profitaient de se retrouver et de réapprendre à se découvrir. Chaque chose en son temps, se dit Bella.
Charlie n'avait guère changé.
Il aimait toujours autant jouer au base-ball ainsi que suivre les matchs à la télévision, et il suivait des entraînements de combats quand le temps lui permettait. Le dimanche était consacré à la pêche avec son meilleur ami Billy. Et il était toujours célibataire, spécifiant à sa fille qu'il préférait être seul que mal accompagné. Si elle comprenait son point de vue, elle trouvait ça moche que toutes ses années, il avait vécu sans compagne à ses côtés. Peut-être avait-il des aventures sans lendemain ? Après tout, même si c'était son père, il n'en restait pas moins un homme.
Il lui arrivait elle-même de rencontrer des hommes et de passer un agréable moment en leur compagnie. Pas d'attachement, pas de suivi. Rien que du sexe. Là au moins, elle ne risquait pas de s'amouracher d'un mec qui la quitterait quand il apprendrait son secret.
Bella était tellement perdue dans ses pensées qu'elle s'aperçut qu'ils étaient arrivés devant la maison de son enfance seulement lorsque la voiture s'arrêta, une heure trente plus tard. Charlie coupa le moteur et se tourna vers elle.
– Tu es prête à entrer ? L'intérieur de la maison a subi quelques aménagements, mais je n'ai pas touché à ta chambre...
La jeune femme détourna les yeux de son père, qui la fixait avec attention, tandis qu'elle détaillait la maison Swan – là où ses grands-parents avaient vécu et que Charlie avait hérité quand ils étaient décédés.
Elle vit que l'extérieur n'avait pas changé d'un pouce, le jardin était toujours bien entretenu, pourvu de fleurs de toutes les couleurs devant la devanture de la maison et d'arbustes hauts qui délimitaient l'espace entre chaque maison. Le vieux chêne centenaire, près de la fenêtre de son enfance, touffu de feuilles verdoyantes, jouait à faire de l'ombre. Elle eut l'envie soudaine de s'installer à ses côtés pour faire une sieste ou lire un bon roman à l'eau de rose.
Bella se retourna pour regarder son père qui n'avait pas perdu une miette de son inspection, notant le plaisir dans ses yeux de la retrouver... à la maison.
– Je suis prête !
Ils sortirent de la Clio de son père, prirent les bagages et entrèrent dans la bâtisse.
Charlie n'avait pas blagué quand il lui avait dit que la maison avait subi du changement.
Un mur de la cuisine avait été démoli, donnant plus d'espace dans la pièce à vivre. Elle se projetait à confectionner de bons petits plats avec tous les équipements qu'avait son père tout en ayant une visibilité sur le salon.
Le lino avait été remplacé par du parquet fumé, qui se mariait avec la peinture blanche et les fenêtres, donnant sur l'accès du jardin de derrière par une baie vitrée qui laissait entrer le soleil vif de ce début printanier.
C'était épuré et chaleureux, se dit la jeune femme.
– Ça te plaît, Bee ?
Ce surnom « Bee », cela faisait deux fois que Charlie le prononçait et il y avait bien longtemps qu'elle ne l'avait plus entendu. Ça lui réchauffait le cœur que son père l'appelle de nouveau ainsi. D'autant plus qu'il y avait une petite histoire autour de ce surnom.
Bella se souvenait de la fois où elle était dehors à observer les abeilles qui butinaient les fleurs de son père. À l'époque, la jeune femme était âgée de cinq ans, fascinée par ces insectes à l'instar de Charlie qui avait cru faire une syncope quand sa fille s'était rapprochée dangereusement près d'elles.
Elle eut un sourire tendre à ce souvenir. D'autant plus qu'elle s'était inquiétée de l'attitude de son père, lui précisant avec ses mots d'enfants qu'elles ne lui feraient pas de mal. Elle était si jeune et encore inconsciente du fait que les abeilles pouvaient piquer quand elles se sentaient menacées. Lorsque Charlie lui avait appris tout ça, elle avait passé la plupart de son temps à les regarder s'agiter, sa petite frimousse collée sur la vitre.
– Pourquoi souris-tu ?
– Des souvenirs qui refont surface, lui répondit-elle. Surtout quand je repense à la frayeur que je t'ai faite avec les abeilles.
Charlie sourit à son tour.
– C'est vrai, admit-il. J'ai tellement eu peur ce jour-là.
– C'est normal. J'aurais pu me faire attaquer par elles.
Un sourire attendri aux lèvres, il s'avança vers sa fille et la prit dans ses bras. Bella se laissa aller et le serra fort.
Désormais, personne ne se mettrait entre son père et elle, et si cela devait arriver un jour, ils feront face à la vraie Bella. Celle qu'elle avait mise trop longtemps sous cadenas pour ne pas mettre de l'huile sur le feu.
Charlie la relâcha et après lui avoir déposé un bisou sur le front, lui conseilla d'aller se reposer, il la réveillerait quand le repas sera prêt.
Quand Bella pénétra dans son ancienne chambre, au premier étage de la maison, elle ne la trouva guère changée.
Elle mit ses valises à côté de l'armoire, puis, debout, au milieu de la pièce, elle tourna lentement sur elle-même, parcourant du regard les traces de son enfance.
La maison de poupée en bois était encore dans un angle, près d'une immense voiture de Barbie. Une grande étagère de livres de ses contes préférés s'alignait au milieu du mur, à côté d'une photo encadrée qui avait été prise lors d'une fête foraine alors qu'elle était sur les épaules de son père. À côté de son lit qui avait été remplacé par un couchage deux places, étaient empilés sur son bureau de vieux livres de classe et une boîte transparente emplie de perles en tout genre, classées par couleurs et d'autres accessoires pour fabriquer des colliers ou des bracelets.
Bella avait l'impression que le temps s'était arrêté dans sa chambre tandis que les images d'elle fillette, dans cette pièce, défilaient dans son esprit.
Son pouls s'accéléra brusquement, sa respiration se fit difficile et douloureuse. Elle avait l'impression d'étouffer et ses tremblements ne s'arrêtaient pas.
Prise d'un vertige, elle tomba sur le plancher dans un vacarme assourdissant, alertant Charlie qui venait de sortir les ingrédients pour le dîner. Ni une ni deux, il enjamba les escaliers et ouvrit à la volée la porte de la chambre de sa fille.
Quand il vit sa petite Bee qui était étendue au sol, son cœur se déchira en mille morceaux. Il comprit qu'elle faisait une vilaine crise d'angoisse.
Il s'agenouilla à ses côtés et la redressa contre lui en lui montrant qu'elle devait inspirer et expirer.
Bella écoutait son père, amorphe et en sueur.
Elle voyait l'inquiétude dans ses yeux semblables aux siens. Elle se sentait gênée, mise à nue devant lui, mais la jeune femme ne pouvait pour le moment lui expliquer la cause de son état, que ça lui arrivait de temps en temps, moins souvent qu'à une période en tout cas.
Un violent sentiment de haine la submergea. Pas envers son père, mais envers tous ceux qui avaient détruit sa vie. Elle voulait qu'ils souffrent comme elle souffrait en ce moment. Mais elle préférait laisser la vie s'en charger elle-même, plutôt que se mettre à leur niveau !
Bella espérait de tout son cœur ne jamais les revoir.
Elle n'était pas pour la violence, mais force était d'admettre qu'en elle s'éveillait un volcan, prêt à lâcher une rivière de lave.
La jeune femme voulait croire les paroles d'Angela, qu'avec le temps, ce sentiment s'atténuerait. Pour l'heure, elle le ressentait, aussi vif qu'une lame de rasoir.
Comment avez-vous trouvé leurs retrouvailles ? Je veux tout savoir hihi ^^
Bon week-end et à très vite !
Cha.
