Auteur : Piebald46

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Romance/Hurt/Comfort

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Piebald46. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


- Chapitre 4 -

Alice me prépara un poulet Alfredo parfait que je mangeai presque en entier. J'attrapai ensuite un uniforme vert émeraude, avec des chaussons noirs; mon stéthoscope et mon tensiomètre et les jetai dans mon sac à dos pour pouvoir me changer le lendemain après les cours.

J'avais hâte de rentrer et de dire à mon père que j'avais un nouveau travail. Je savais que ça lui ferait plaisir, et je savais aussi que je n'avais guère été plaisante au cours de la dernière semaine. Je rentrais sur les coups de dix-neuf heures et servis le reste de poulet Alfredo qu'Alice avait préparé à mon père.

"Je me suis trouvé un travail aujourd'hui," dis-je sur un ton légèrement vantard.

Il avala sa bouchée. "Vraiment? Où?" me demanda-t-il avec la bouche à nouveau pleine.

Je lui fis une grimace à laquelle il répondit par un haussement d'épaules. "A l'hôpital. Je vais être aide-soignante, je suppose."

"A l'hôpital?" me questionna-t-il lentement. "Bella, il va y avoir du sang là-bas."

Je ris. "Carlisle m'a dit la même chose."

"Oh, c'est le Dr. Cullen qui t'a donné ton travail alors?" me demanda-t-il. Son visage s'assombrit juste un peu.

"Ouais, il va m'entraîner demain. Je dois y aller juste après les cours." J'attrapai son assiette désormais vide et commençai à la laver. "J'ai juste... Je pense que je veux aider les gens, papa."

Je plaçai son assiette sur l'égouttoir avant de me tourner pour lui faire face. "Bells, je pense que c'est une excellente idée. Bon sang, essayes alors. Tu diras au père d'Edward de veiller sur toi cependant."

Je grimaçai en entendant ses mots. "Carlisle prendra soin de moi," le corrigeai-je.

Ses yeux s'illuminèrent. "Oh! J'ai presque oublié de te dire. Billy vient demain soir. On va regarder le match. Il prendra Jacob avec lui. Ce garçon a demandé de tes nouvelles," me dit-il d'une voix légèrement suggestive.

"Papa...juste...non." Je ne pouvais même pas réfléchir aux meilleurs mots pour protester.

"Je ne dis pas que tu dois te marier avec lui, mais c'est un bon gamin." Il haussa les épaules. "Un peu jeune, bien sûr, mais il prend bien soin de son père. C'est important, tu sais?"

Je hochai la tête à contre-coeur. "Ouais, je sais. C'est juste...que je sais pas jusqu'à quel heure Carlisle voudra que je reste demain."

"Ça me va. On sera vendredi de toute façons, donc vous pourrez rester debout jusqu'à minuit," raisonna-t-il. J'étais maudite si mon père essayait déjà de me trouver un nouveau petit ami.

"Okay, ben j'ai plein de devoirs à faire, donc je te verrais demain soir." Je lui fis un signe de la main avant de monter à l'étage. "Bonne nuit, papa."

"Bonne nuit, Bells," me répondit-il.

Cette nuit là, je fis d'étrange rêves qui me firent pleurer une bonne partie de la nuit. Cette fois, ce n'était pas seulement Edward qui me quittait mais toute la famille. Ça me brisait tellement le coeur que je pouvais à peine y penser


Ce fut difficile à l'école le jour suivant. Je suppose que j'avais l'air en meilleure forme vu qu'Alice s'était assurée que je mangeais convenablement. Mike Newton considéra que ça voulait dire que j'avais tout surmonté et m'avait déjà invité deux fois au cinéma. J'avais refusé les deux fois.

Finalement la journée toucha à sa fin, et je courus dans les toilettes pour enfiler ma tenue d'hôpital. J'étais incroyablement nerveuse et je savais que je n'avais aucune raison de l'être. Je m'attachai aussi les cheveux.

J'arrivai à l'hôpital peu après quinze heures, et fut accueillie par Carlisle qui m'attendait à la réception.

Ses yeux s'illuminèrent de fierté lorsqu'il me vit et il sourit. "J'adore absolument ça," me dit-il sérieusement. "Bella, voici pour toi." Il tendit la main et j'attrapai la petite carte blanche qui s'y trouvait. "C'est un pass magnétique. Tu en auras besoin pour aller dans certaines zones de l'hôpital. Tu la fais glisser dans la petite boîte noire et les portes s'ouvriront pour toi," m'expliqua-t-il alors que j'utilisai mon passe pour entrer dans la zone des chambres. Il me fit un peu visiter l'endroit et m'expliqua que la journée avait été calme jusque-là.

Je ris. "C'est Forks. Ça doit pas être très dur."

Il me fit un sourire légèrement moqueur. "Eh bien, la personne qui se blesse le plus est déjà ici," me dit-il d'une voix suggestive en me jetant un coup d'oeil.

"Hey!" protestai-je. "Ça fait longtemps que je n'ai pas dû venir ici."

Il rigola. "Oui, je suppose que tu as raison." Ses yeux se posèrent sur les portes menant aux urgences. "Je dois y aller, Bella. Si ça ne te dérange pas de changer les draps sales comme je te l'ai montré," me demanda-t-il.

Je hochai la tête. "Oui, bien sûr, pas de problèmes."

"Je te trouverais plus tard," me promit-il avant de se précipiter vers les portes.

Je m'occupai de tous les lits comme il me l'avait montré. Lorsque j'arrivais au dernier lit, je réalisai qu'une vieille dame y était allongée. "Oh, je suis désolée," marmonnai-je légèrement embarassée.

"Pas de problèmes, ma chérie." Elle me fit un sourire gêné. "Pourriez-vous être un amour et m'aider?" me demanda-t-elle doucement.

J'ouvris la bouche pour acquiescer avant de me demander si je ne devrais pas aller chercher une infirmière.

"J'ai juste froid, c'est tout," m'expliqua-t-elle.

"Oh! Bien sûr!" Je me dirigeai rapidement vers le placard pour attraper deux couvertures en coton blanc que je plaçai sur ses genoux."

"Ça va mieux?" demandai-je.

"Oui, c'est formidable, merci." Elle me fit un léger sourire. "C'est dur de vieillir. On ne peut pratiquement plus rien faire par soi-même. Mon cher Arthur s'est éteint le mois dernier et je ne peux rien faire sans lui," marmonna-t-elle avec tristesse. Mal à l'aise, je m'assis sur la chaise à côté de son lit.

"Que s'est-il passé?" demandai-je en parlant de la raison de sa présence ici.

Son visage ridé sembla confus pendant une minute avant qu'elle ne se rappelle. "Je suis tombée. Encore une fois." Elle détourna les yeux, comme si elle était embarrassée. "Arthur a toujours pris soin de moi, pendant les 53 ans où nous avons été mariés. Tout a disparu lorsqu'il est décédé. C'est comme si mon corps savait qu'il avait disparu et qu'il avait décidé d'abandonner aussi." Mon coeur se serra à ses mots. Elle avait trouvé son autre moitié et elle l'avait perdu, et même son corps le savait.

"Je suis désolée. Ça doit être terriblement difficile pour vous. Je n'arrive honnêtement pas à imaginer ce que ça ferait de perdre son âme-soeur comme ça." Ce fut à ce moment là que je compris. Edward n'était pas mon âme-soeur. Mon coeur souffrait de l'avoir perdu, mais je souffrais comme si je perdais n'importe quelle personne que j'aimais. J'étais toujours forte, mon coeur s'ouvrait toujours aux autres. Je n'étais pas stupide; je savais que cette vieille dame ne souffrait pas qu'à cause de Arthur, mais c'était difficile d'ignorer à quelle vitesse elle se déteriorait sans lui.

"Si jamais vous trouvez quelqu'un que vous aimez comme ça, vous devez vous assurer de vous accrocher à lui de toutes vos forces," m'expliqua-t-elle. "J'ai bien faillit ne pas épouser Arthur. En fait, j'étais fiancée à son frère," me chuchota-t-elle timidement. Je souris à sa timidité.

"Son frère?" demandai-je avec surprise. "Est-ce que ça n'a pas créé des problèmes lorsque vous avez réalisé que vous aimiez Arthur?"

Elle hocha la tête et tapa le lit de sa main flétrie. "Vous n'avez pas idée, ma chérie. J'ai presque failli abandonner. C'était il y a si longtemps. Il y a 53 ans, en fait," me répéta-t-elle. Je ne lui dis pas qu'elle me l'avait déjà expliqué. "Son frère et moi étions trop intenses. Notre mariage avait été arrangé et je le voyais comme mon protecteur. Je savais que je ne manquerais jamais de rien avec Larry. Puis j'ai rencontré Arthur et on se complétait. Il était gentil alors que Larry aimait le contrôle, il était plus mature et porté sur la famille que Larry, qui avait tendance à être un solitaire." Elle s'interrompit. "Ce que je veux dire, ma chérie, c'est que quand vous trouvez quelqu'un qui fait battre votre coeur de bonheur, et qui le fait se serrer de tristesse à l'idée qu'il ne soit pas dans votre vie...vous vous accrochez. Vous dîtes à cette personne que vous l'aimez. Vous vous accrochez à l'amour de votre vie. Arthur et moi avons été mariés pendant 53 ans, et vous ne pouvez même pas imaginer la douleur que nous avons provoqué à nos familles. Je n'échangerais mon amour pour lui contre rien au monde." Elle me fit un sourire rêveur.

Mon coeur s'emballa dans ma poitrine en entendant ses mots. "Je vous promets que je le ferais." Je hochai stupidement la tête avant de me lever. Au moment où je tournais les talons, j'entendis un bip strident m'indiquant que son coeur venait d'arrêter de battre. "Oh mon Dieu!" paniquai-je. Avant que je n'ai vraiment le temps de paniquer, Carlisle passa à côté de moi et attrapa son poignet pendant un moment avant de regarder l'infirmière. "Madame Beatty ne veut pas être réanimée, n'est-ce pas?" questionna-t-il.

L'infirmière jeta un coup d'oeil à la tablette placée au pied de son lit. "Oui, il semblerait."

Mon coeur s'emballa et ma vision s'assombrit. Je tanguai hors de la pièce et me laissai tomber sur une chaise dans la salle de repos des infirmières. Je vis quelque chose bouger du coin de l'oeil mais n'osai pas relever la tête. Je sentis des doigts froids s'enrouler autour de mon poignet et me tirer sur mes pieds. Je suivis stupidement le mouvement alors mes larmes m'empêchaient de voir où j'allais. Carlisle me fit asseoir sur une chaise dans son bureau et s'accroupit devant moi.

"Bella? Chérie? C'était son heure. Elle était malade," m'apaisa sa voix de velours.

Je sanglotai bruyamment avant d'enfouir mon visage dans mes mains. "Carlisle, c'est comme si elle savait quoi me dire. Ce que j'avais besoin d'entendre." Il enroula ses bras autour de moi et j'enfouis mon visage dans son cou et pleurai pour la pauvre Madame Beatty. Mes doigts agrippèrent sa chemise et je tirai de dessus, il comprit ce que je voulais et me serra un peu plus fort dans ses bras.

Carlisle soupira. "Je ne voulais pas que tu ais à faire face à ce genre de chose pour ton premier jour," m'expliqua-t-il.

Je me reculai légèrement, et mon visage ne fut qu'à quelques millimètres du sien. "Vous ne comprenez pas. Je suis si heureuse de l'avoir rencontré. Nous parlions d'âme-soeurs..." chuchotai-je.

Ses yeux se posèrent rapidement sur mes lèvres et il se recula légèrement. "J'ai entendu votre conversation. Je...comprend que tu penses que c'est le destin qui vous a fait vous concentrer. Je suis juste désolé qu'elle soit morte devant toi."

Je secouai la tête. "Ça ira. J'étais juste...surprise." Il sourit et tendit la main pour essuyer mes larmes. "Est-ce qu'elle avait des enfants?" demandai-je avec curiosité

Il secoua la tête. "D'après son dossier, elle a eu un cancer des ovaires quand elle était jeune. Elle a eu une hystérectomie et ne pouvait pas avoir d'enfants."

Je soufflai. "Elle trouve son âme-soeur et le destin décide qu'elle ne peut pas avoir d'enfants en échange."

Il fronça légèrement les sourcils. "Penses-tu vraiment que le destin soit aussi cruel?" me demanda-t-il avec incertitude.

"Le destin n'a été rien d'autre que cruel avec moi," répliquai-je. "Si vous étiez à sa place, et que votre histoire d'amour ruinerait toutes vos autres relations...comme celles avec votre famille...poursuivriez-vous cette relation?" demandai-je.

Ses sourcils se haussèrent. "Tu veux dire si je trouvais quelqu'un que ma famille n'approuvait pas, et qu'elle était en effet mon âme-soeur, ma bien-aimée...serais-je capable d'abandonner ma famille pour elle?"

Je hochai la tête et ses yeux pétillèrent. "Je n'en ai aucun doute. Si ma propre famille ne pouvait pas être heureuse pour moi, alors je pourrais continuer sans eux. Bien que je souhaite pouvoir avoir les deux." Il sourit légèrement. "Je ne peux pas vraiment savoir ce que je ferais jusqu'à ce que je sois dans cette situation, je suppose."

Je me léchai les lèvres. "Vous avez raison." Il enroula ses doigts élégants autour des miens et serra. Je souris légèrement et pressai mon front contre le sien. "Merci encore, Carlisle. Vous êtes mon sauveur," chuchotai-je.

Sa bouche s'étira et ses yeux couleur miel se fermèrent. "Tout comme toi, ma Bella." Son souffle frais effleura mon visage et je soupirai. Il déglutit avant de se reculer. "J'en ai fini pour ce soir. Voudrais-tu venir à la maison? Emmett a acheté une Wii pour jouer au bowling avec toi." On rigola tous les deux à cette idée.

Puis je me rappelai. "Je ne peux pas ce soir. Mon père a prévu quelque chose avec Billy et je suis forcée de passer la soirée avec son fils, Jake." Un sourire sarcastique apparut sur mon visage.

Sa mâchoire s'ouvrit et se referma. "Eh bien, tu nous manquera." Il se leva et m'offrit son bras. "Permets-moi de t'escorter jusqu'à à ta camionnette, alors?" me demanda-t-il sur un ton joueur.

Je souris et plaçai ma main au creux de son coude. "J'en serais enchantée. Merci."

On reçu quelques regards noirs de quelques infirmières sur notre trajet. Elles ne pouvaient pas comprendre la relation que j'entretenais avec Carlisle, et je me moquai de ce qu'elles pensaient.

On arriva sur le parking et il ralentit. "Que ferais-tu si tu étais à sa place? Serais-tu capable de surmonter la rage du frère pour être avec ton âme-soeur?" me demanda-t-il.

Je me tournai pour regarder l'expression impassible qui était apparue sur son visage. "Si je trouvais quelqu'un comme ça, je n'hésiterais pas," lui répondis-je sincèrement.

Il sourit. "Tu es forte, Bella. Bien plus forte que la plupart des gens."

J'eus un rire sans joie. "Oh oui. Je vous l'ai prouvé en craquant dès mon premier jour," lui dis-je sarcastiquement.

Il attrapa ma main. "Bella, je t'en prie." Ses yeux dorés croisèrent les miens et mon coeur s'emballa.

Il s'éclaircit la gorge avant de s'éloigner de moi. "Prends ta journée demain. Détends-toi. Si tu veux passer à la maison ce week-end, nous serons ravis de te voir."

Je rougis. "Je passerais probablement demain alors."

"A demain." Il me sourit avant d'ouvrir la portière de ma camionnette pour moi. Je rougis encore plus en voyant ses manières. Je montai et il ferma doucement la portière derrière moi. Je lui fis signe avant de démarrer mon véhicule. Si je ne me connaissais pas mieux, je penserais que j'avais un faible pour le docteur Carlisle Cullen.


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