Hello tout le monde ! Il se fait un peu tard pour update, toutes mes excuses :)

PaulaParade : Hey ! Oui, j'ai un peu abusé des envolées lyriques sur le dernier chapitre xD En règle général ça m'arrive pas trop mais je sais pas, j'ai eu envie d'en faire des tonnes probablement. Je pense que ce chapitre passera mieux ;) Pour ce qui est de la prochaine fic, j'en dirai un peu plus à la fin ! Enjoy this one :)

Elias : Coucou et merci pour la review ! J'essaie de pas être gnangnan, je déteste ça, donc tant mieux si tu trouves que c'est pas niais ;) Pour ce qui est de cette histoire de Jday clochard, oui, il y a une fic à ce sujet qui circule déjà sur le fandom mais je crois qu'elle est abandonnée, et pour être honnête je ne l'ai jamais lue(je ne lis jamais les fics abandonnée), donc je sais pas du tout de quoi elle parle ! xD

Palpali : Wah merci beaucoup ! :D Oui, c'est vrai que la forme d'une smsfic était originale, ça me tente bien, mais je me pose quelques questions pratiques à ce sujet. J'en parlerai après le chapitre si tu veux plus d'infos ;)

Bref, voilà la fin ; c'est parti !


《Ça fait quoi, 3 mois qu'on a pas vu vos tête à une soirée et le jour où vous revenez... vous amenez des chips ?》marmonna Gael lorsqu'il ouvrit la porte de chez lui sur les deux analystes.

Jérémy croisa les lunettes de soleil de son comparse -logique, alors qu'il faisait nuit noire- et ne sachant pas comment expliquer, il haussa les épaules.

《Nan mais c'est bon, c'est l'intention qui compte, t'es mal élevé ou quoi ?》grogna le blond, s'attirant le regard désabusé de l'organisateur de la soirée.

《Dit le mec qui ramène des chips. A une soirée.》

Comme aucun des deux ne semblait vouloir faire plus d'effort que l'autre, le brun se sentit obligé d'intervenir. Il prit le paquet de chips des mains de son acolyte pour les forcer entre les mains de Gael, qui l'avisa, perplexe.

《Bon... tu nous laisse rentrer ou pas ? C'est pas beaucoup mais c'est tout ce qu'on pouvait acheter...》

《Tout ce qu'on voulait acheter.》rectifia le connard avant de se prendre un bon coup de coude dans les côtes.

《Vous abusez les gars, une petite bouteille quoi, ça aurait été sympa quand même.》marmonna celui aux cheveux courts en avisant misérablement le paquet de chips dans ses mains.

《La prochaine fois, mec, c'est moi qui rince.》promit Jérémy en désespoir de cause.

Le nouveau propriétaire du paquet de chips haussa les épaules, les invitant à entrer, marmonnant un "radin" suite auquel Jérémy rattrapa in extremis l'épaule de son compagnon pour le forcer à avancer parmi les invités, l'empêchant de retourner provoquer Gael. Ils arrivèrent enfin à la table, déjà couverte de gobelets vides cassés et de bouteilles largement entamées. Le brun chercha désespérément un récipient propre, se disant que leur ami commun gardait le stock dans sa cuisine, et releva la tête vers le cadreur pour lui indiquer la direction ; celui-ci s'était débrouillé, piquant le verre d'une fille qui venait de le poser en prévenant ses amies qu'elle allait aux toilettes. D'abord agacé, l'employeur finit par lâcher un sourire en apercevant le trait au marqueur noir qui délimitait un joli "Laura" sur le plastique blanc.

《Tu te mets bien, Laura ?》se moqua-t-il tandis que le blond finissait cul sec le demi-verre de rhum coca.

《Moi au moins j'ai à boire.》répliqua le concerné avec un sourire narquois.

Jérémy se dit qu'il n'aurait pas dû faire le malin. Il essaya de piquer le gobelet de son colocataire, sans vraiment de succès, et soupira lorsqu'il lui donna rendez-vous sur le canapé en se resservant un verre d'alcool. Le youtubeur se dirigea vers la cuisine, se faufilant entre les gens qui discutaient et les gens qui dansaient ; arrivé dans la pièce, il ouvrit les premiers placards qu'il vit, à la recherche de ces foutus contenants.

《Tu cherches les gobelets ?》

La voix familière attira son attention ; il se retrouva face à une jolie brune, qu'il n'avait pas vu depuis longtemps.

《Aurélie ? Qu'est-ce que tu fais là ?》

《Je venais prendre un gobelet aussi. Attrape.》

L'analiste réceptionna le gobelet que lui envoyait la jeune femme, fumant une cigarette à la fenêtre de la cuisine. Il s'approcha, un peu, la dévisageant sans pouvoir dissimuler sa curiosité.

《Mais qu'est-ce que tu fais ici, à Thonon ?》

《Oh. J'ai validé mon S1 à Montpellier, je revenais voir mes parents et j'ai croisé Gael.》

《Ça se passe bien tes études ?》

《Ouais ouais... mais bon, la Haute Savoie me manque un peu.》

Jérémy voyait bien de quoi elle voulait parler ; il avait fait son BTS à Paris, et les montagnes lui avaient manqué aussi. Il n'y en avait que pour le bruit, partout, en ville, tandis qu'ici, il n'y avait que le silence sourd du vent dans le creux des oreilles. La ville, c'était pas pareille. Le paysage était ennuyant ; ici les reliefs donnaient une profondeur à la vallée comme si c'était un géant endormi. La montagne semblait vivre, et Jérémy se sentait capable de regarder ces paysages pendant des heures. Il sortait avec Aurélie, quand elle avait décidé de suivre ses études à Montepellier, et que lui était parti sur Paris. En vérité, il avait cru que leur relation tiendrait la distance. Mais c'était comme... si à force de tirer sur l'élastique, il avait rompu. Ils avaient rompu.

《Et toi, ça va ?》reprit maladroitement l'étudiante en soufflant sa fumée blanche au dehors.

《Ouais, ça va. Je fais des vidéos sur Youtube, je gagne ma vie c'est... c'est cool.》

《Tu fais... genre comme Norman et Cyprien ?》

Un rire discret échappa au brun, sans que la jeune femme ne s'en rende compte ; elle y connaissait toujours rien.

《Plus ou moins.》répondit-il, évasif. Et comme la jeune femme ne semblait pas saisir la nuance de ses mots, il reprit :《Et ta vie sur Montpellier ? T'as des amis sympas ?》

《Ouais.》 Elle hocha la tête en inspirant sur sa clope presque terminée.《Ouais super sympa... J'avais même un copain mais...》elle expira《...ça a pas trop marché.》

《Ah... désolé.》

《Et toi ?》

《Moi quoi ?》

《T'as quelqu'un ?》

Ok, c'était le langage pseudo-subtil d'Aurélie pour lui demander si il était libre. C'était une question pseudo-subtile qui, traduite, demandait en gros s'il était envisageable de réessayer. Eux deux. Elle avait finalement relevé les yeux vers lui, appréhendant sa réponse ;

《Oui. Oui j'ai... j'ai quelqu'un.》

《Ah... et ça se passe bien ?》

《Je pense. Enfin; c'est un peu particulier...》

《Ça fait longtemps ?》

《Pas trop.》

《Je la connais ?》

Jérémy faillit faire une blague en disant qu'elle s'appelait Laura, mais se retint. Allez, c'était une conversation un peu sérieuse quand même.

《Plus ou moins.》

《Très précis ça.》rigola la brune.

L'analyste haussa les épaules. Il avisa la terrasse de Gael par la fenêtre, quelques invités grillaient leurs cigarettes en discutant tranquillement, un fond de musique leur parvenant depuis les baies vitrées entrouvertes. Aurélie écrasa la clope dans l'évier, avant de jeter le mégot dans la poubelle. Elle releva la tête vers son ex en reprenant un gobelet dans le sachet en plastique, l'air un peu déçu quand même.

《Si jamais ça se passe pas bien avec elle... tu peux venir sur Montpellier quand tu veux, ok ?》

《Ok.》acquiesça le brun, embarrassé.

《Tu l'aimes ?》

Question piège. Jérémy déglutit ; Aurélie était en train de tenter un dernier coup d'épée, un dernier essai avant de partir. C'était une épreuve. Le brun sourit; amusé.

《Ouais.》

La réponse sans appel le surprit presque lui-même : il avait juste voulu être honnête, et faire comprendre à Aurélie qu'il ne comptait pas aller voir ailleurs, et que de toute façon la décision de se mettre en couple avec quelqu'un était un choix à mûrement réfléchir, qu'il ne reviendrait pas vers elle, pas sur un coup de tête. Et il ne pensait pas que sa réponse sonnerait aussi catégorique. Comme si inconsciemment, il voulait le revendiquer, son attachement pour Julien, son désir et son besoin inassouvis d'être à ses côtés.

Elle hocha la tête en se mordillant la lèvre et le salua finalement avant de quitter la cuisine. Resté seul, il attendit un instant qu'elle se soit éloignée pour sortir. Il attrapa une bouteille de vodka au jus de kiwi pour se servir et trempa enfin ses lèvres dans le breuvage alcoolisé. Il rejoignit finalement Julien, qui leva les yeux vers lui, l'air à la fois content de le voir et passablement énervé.

《T'es aveugle ou quoi ? Faut pas trois heures pour ramener un gobelet.》grommela-t-il en se décalant pour lui laisser une place sur le canapé. Jérémy frissonna en sentant leurs cuisses se toucher, serrées alors qu'ils tenaient péniblement assis sur la couchette bondée.

《J'ai croisé Aurélie.》

《Ah. Et ?》

《On a discuté.》

Le blond l'avisa un moment, semblant perdu dans ses pensées ; il prit une gorgée de son verre d'alcool et essuya sa moustache dans le dos de sa main, avant de se tourner discrètement vers son compagnon.

《Elle t'a dragué.》

《Non...》

《C'était pas une question.》

Jérémy ne répondit pas. Son vis à vis finit son verre d'une traite, pestant un moment avant que le brun ne se penche discrètement vers lui ; les gens autour semblaient trop occupés à s'amuser pour les remarquer mais mieux valait prendre quelques précautions.

《Qu'est-ce qui y a, t'es jaloux ?》supposa-t-il sans trop lever la voix.

《Bah... ...juste un peu... T'as vécu plein de choses avec elle... c'est pas n'importe qui pour toi. Alors que moi... pff... t'es même pas gay à la base.》

L'employeur était assez surpris de la facilité avec laquelle il avait fait se confier son compagnon ; en temps normal sa mauvaise foi l'aurait emporté, il aurait fait la gueule sans préciser ce que le brun avait mal fait. Sûrement le rhum qui commençait à le désinhiber sérieusement.

《On se connait depuis plus longtemps que elle et moi tu sais ?》

《Ouais mais... c'est pas pareil. On était potes... avec elle t'as fait plein de trucs...》

《Genre ?》

《T'as besoin d'un dessin espèce de gros couillon ? Tu sais biens, les trucs d'amoureux, ce genre de choses...》

Julien n'était pas romantique. Tout comme le brun il trouvait que la niaiserie baveuse d'un couple qui roucoule donnait plus la gerbe qu'autre chose ; des types qui s'aiment, ils n'étaient pas obligés de se rouler des paletots à longueur de journée sur les bancs des parcs pour se le prouver. Ni de se câliner en attendant le bus. Tous les deux ils étaient bien d'accord sur ça, leurs sentiments, ce n'était pas un gargouillis de baisers mièvres et de "je t'aime" balancés à tour de bras comme des expressions dénuées de sens. C'était juste ça, eux deux, assis l'un à côté de l'autre, à discuter de tout et de rien, à voler un regard, un sourire, en toute sobriété. C'était leur façon de faire bien à eux. Alors quelque chose disait à Jérémy que le cadreur n'en était pas à son premier verre.

《T'es totalement incohérent mec.》se moqua-t-il gentiment.

《C'est pas nouveau.》rigola le concerné avant de lui lancer un de ses petits regards signature.

《Oh les gars, ça fait longtemps !》

Le brun releva la tête en direction de la personne qui venait de les interpeller : le Grand JD.

《Ohh mec, quelle bonne surprise !》surjoua-t-il un peu, pas forcément très enjoué de revoir le type qui le menaçait pour récupérer son bif.

《Ouaaais c'est vrai que tu nous avais manquééé !》affirma ironiquement le blond d'un ton qui ne laissait pas la place au moindre doute quant au fait qu'il n'avait clairement pas envie de voir la tête de leur créancier théorique.

《Mais les gars, le prenez pas comme ça, ce soir je suis juste là pour m'amuser !》

《Ouais, et tu es juste venu nous taper la causette, pas DU TOUT pour venir mettre un coup de pression.》grommela le cadreur, agacé.

《Nan mais je vous voyais là tous les deux, en amoureux comme on dit, et je me demandais du coup... 'fin vos potes sont au courant ou y a vraiment personne qui sait ?》

《Personne ne sait, allez, casse-toi.》

《Nan mais sérieux les gars...》

Jérémy interrompit son compagnon avant qu'il ne reprenne la parole pour inviter cordialement leur collègue youtubeur à aller se faire foutre.

《On plaisante pas. Déjà, même si tu veux pas nous croire cette vidéo vaut rien, on a pas du tout couché ensemble.》reformula calmement le brun après s'être assuré que le blond ne ferait rien qu'il puisse regretter le lendemain, en voyant qu'un Grand JD bourré avait publié malencontreusement une certaine vidéo sur sa chaîne.

《Ouais ouais, ça fait genre.》le sourire alcoolisé du youtubeur animalier allait d'un bout à l'autre de son visage, lui donnant cet air benêt si délectable en photo. Le blond sortait déjà son téléphone pour le dossier, mais l'analyste le calma d'un geste réprobateur.《Hé, je me demandais du coup, c'est qui qui fait la femme ?》

《Lui.》répondit le duo en coeur.

Leurs regards aux antipodes se croisèrent, perplexe. Ah, ils n'avaient encore jamais abordé le sujet... mais sincèrement ? Jérémy ne se voyait pas du tout "passif" -il avait appris ce terme assez récemment, par la bouche de Julien, qui avait écrit tout un sketch pour leur nouvelle analyse sur l'acteur tendrement homosexuel d'une pub pour du lubrifiant. Sketch à caractère craignos que Jérémy avait eu vite fait de refuser.

《Ah ok, c'est genre, une fois sur deux, ou... pile ou face ?》

《Bon on peut changer de sujet ou on te fait le top 4 de nos positions préférées ?》reprit le blond, narquois.

《Je-》

《Nan, vos gueules, tous les deux.》l'interrompit le brun, conscient que les deux Juliens étaient trop désinhibés pour se rendre compte de ce qu'ils allaient faire.《Et sinon, ta vidéo sur les chamois ?》

La diversion sembla fonctionner puisque le chroniqueur d'Animalis arbora de nouveau son sourire béta pour expliquer à un Jérémy feignant admirablement bien l'intérêt, que parfois lorsque la femelle était déjà fécondée par un autre mâle elle se rebellait et elle rouait son nouveau prétendant de coups de sabots dans le scrotum. Le cadreur se leva, visiblement passionné par le sujet, et se dirigea vers la table d'alcool, quittant le champ de vision de son employeur.

《Hey... hey... tu mattes son cul ?》le nargua le grand JD, son sens bourré de l'humour vraiment discutable sur un plan parfaitement objectif.

《Hm... tu sais quoi ? L'humour se flingue quand tu parles.》répondit l'analyste de pub, un peu pensif tout de même, ne trouvant plus le fameux fessier de son acolyte dans foule dansante.

《C'est marrant, je savais que vous étiez super proches... mais à ce point là... La grande surprise lol.》

《Mec...》

Ok, à partir du moment où tu dis "lol" pour ponctuer tes phrases, c'est que tu as franchi le cap à partir duquel ton âge mental décroît avec les verres enfilés. À vue d'œil, le vidéaste en était à 12 ou 13 ans, ce qui, très scientifiquement transcrit en alcoolémies, devait donner une bonne dizaine de verres. Grand physiologiste qu'il était, Jérémy proposa à son interlocuteur d'aller boire un peu d'eau et de rentrer chez lui avant de le regretter le lendemain en voyant certaines vidéos peu glorieuse de sa personne tourner sur facebook. Pourtant le brun affirma dans un français défiguré qu'il allait paraifetement... parefaitrement... pairefament... qu'il allait super bien quoi. Sceptique, le brun se saisit du verre de son créancier et le vida lui-même d'une traite pour éviter que le pauvre Julien ne finisse comme la magnifique langue vivante qu'il tentait de pratiquer, en PLS.

《Est-ce que vous faites l'amour dans la nature des fois entre deux prises ? Genre comme les chamois lol.》poursuivit le youtubeur suisse, et Jérémy évita in extremis un étouffement à la vodka-jus de kiwi.

《Sérieux mec, on change de sujet !》

《De sujey ! -il rigola bêtement- Nan mais y a pas de honte, si j'étais homo je me taperai bien M. Connard, il a un sacré...》

Le regard meurtrier du brun dissuada le grand JD de finir sa phrase, et il ravala son "boule" tout en cherchant du regard le propriétaire de la paire de fesses tant convoitée. L'analyste l'imita, inquiet de ne pas le voir revenir. Enfin, le blond faisait bien ce qu'il voulait, il avait peut-être croisé des amis en route et tapait la discussion, mais son absence sonnait bizarre, pas naturelle. A force de vivre ensemble, 24h sur 24, 7 jours sur 7, dormir et manger avec lui, Julien lui semblait être devenu une extension de lui-même, que parfois le hasard lui arrachait, lorsqu'il sortait acheter ses clopes (malgré la restriction budgétaire imposée par Jérémy), faire quelques courses, faire un tour dans la montagne environnante. Ce n'était pas vraiment un manque, comme une gamine de onze piges qui se croit indissociable de son petit copain, mais plutôt un vide. C'était comme une nuit sans lune ; ça faisait bizarre.

《En vrai, vous vous aimez ou c'est que du sexe ?》

Cette fois le suisse fut attrapé par le col de son t-shirt et entraîné plus loin, loin de leur canapé, où quelques inconnus s'étaient déjà hâtés de prendre les places vacantes. Jérémy coinça son vis-à-vis contre un mur, sans que les gens ne fassent attention à eux, et il plongea enfin ses yeux noirs d'exaspération dans le regard bourré de son créancier.

《Arrête ça ok ? Je sais que tu penses pas à mal et que tu nous charries parce que t'es bourré, et qu'en temps normal tu nous foutrais la paix... mais juste, ferme ta gueule. Ce qu'on fait au pieu, ce qu'on ressent l'un pour l'autre, ça regarde personne ok ?》

Le suisse hocha piteusement la tête, son teint soudain très pâle.

《Et t'avise plus de parler de son cul aussi.》ajouta-t-il, agacé -l'alcool faisant ressortir sa possessivité, un trait de caractère qu'il n'avait habituellement jamais.

Comme le grand JD avait un regard vague et déglutissait péniblement, les yeux embués, Jérémy se demanda s'il y avait été un peu fort. Il lâcha son vis-à-vis et lui demanda s'il allait bien lorsque, pour toute réponse, le youtubeur suisse vomit sur son t-shirt. Le brun ferma les yeux, exaspéré.

《Putaiiiiiin...》siffla-t-il entre ses dents.


Le cadreur tenait la discussion avec Aurélie depuis bientôt une demi-heure maintenant ; elle l'avait coincé alors qu'il tournait en rond dans le salon, à la recherche de Jérémy et de l'autre Julien, qui avaient disparu du canapé. Vu qu'il s'ennuyait, il avait accepté d'engager la conversation, tout en gardant un oeil au canapé, voir si son colocataire revenait.

《Et toi, tu vis toujours à Lyon ?》

《Nan, j'habite chez Jérémy.》

《Pour combien de temps ?》s'étonna la brune.

《J'sais pas, on en a pas parlé.》

《Vous emménagez en coloc' ? Maintenant ? Alors que vous pourriez potentiellement trouver des copines ?》

Julien soutint le regard bleu de l'ex petite copine de son collègue. Est-ce qu'elle sous-entendait que Jérémy aurait envie de sortir sérieusement avec une fille, et plus précisément avec elle ? Il lâcha un rire amusé en portant son gobelet toujours notifié Laura à ses lèvres étirées.

《On a pas envisagé de se mettre en couple avec des filles à court ou moyen terme.》expliqua-t-il sans pouvoir retenir un sourire.

《Ah ? Pourtant il m'a dit qu'il aimait une fille.》rétorqua la brune, l'air de sincèrement plus rien comprendre.

《Il a dû dire ça pour pas te donner de faux espoirs.》lâcha-t-il.

En croisant le regard acide de son interlocutrice, le blond se rendit compte qu'il avait été un peu direct. Il sortit une clope de sa boîte de Maldoro pour l'allumer sur le coin de ses lèvres, sous le regard perplexe d'Aurélie.

《Ouais, ou alors il t'a pas dit qu'il voyait une fille, pour pas t'inquiéter. Ce serait bien son genre.》rétorqua-t-elle assez froidement, piquée à vif par les propos du cadreur.

《Il est pas comme ça avec moi, tu crois quoi ? Il est beaucoup plus... brut.》

《Brute ? Quoi, vous vous cognez style "mec viril" ?》

《Ouais, nan, dans le sens brut de décoffrage, intense, comme un roc.》

《Intense comme un roc. Wah, ça tend vers la bromance ce que tu dis...》se moqua l'étudiante. Elle porta de nouveau son verre à ses lèvres pour ponctuer sa phrase, et reprit, intriguée.《Du coup il a personne dans sa vie ?》

《Tu veux à ce point le récupérer ? Ça fait flipper meuf.》

《Tu peux pas comprendre, quand t'es resté avec quelqu'un pendant plus d'un an... y a un lien, une dépendance qui se crée. C'est la relation à distance qui nous a tué à petit feu et je pensais que ce serait plus simple de recommencer une nouvelle histoire mais... bah... je me suis rendue compte que j'avais quitté un mec formidable, que je trouverai plus jamais un type comme lui... brut, simple, gentil... intelligent... rah, je me suis sentie stupide tu sais.》

《Ouais j'imagine.》

《Sympa.》mais la fille semblait avoir bien pris sa remarque.

Julien savait tout ça ; le brun était unique aux yeux de beaucoup. Il était généreux, attentif, savait trouver du bon même dans ce qu'il y avait de pire -bon, sauf dans les NRJ music Awards- et il était honnête, logique mais pas dépourvu de sentiments. Il était rare en vérité, on ne trouvait pas un Jérémy comme lui à tous les coins de rue, et le regret d'Aurélie, une partie de lui le comprenait bien. Ça devait être difficile de perdre Jérémy.

《Tu fais pitié quand même.》lâcha-t-il pour combler le silence, soufflant un nuage de fumée.

《Si il a personne dans sa vie, je vais tenter ma chance.》répondit-elle en haussant les épaules.《Y a pas de raison, il est déjà tombé amoureux de moi, il peut recommencer.》

《A ta place j'y compterai pas trop.》

《Je le savais putain. Il voit quelqu'un. Je la connais ? Dis-moi qui c'est je vais voir son profil sur Facebook.》

《Laura.》improvisa l'homme.

《Laura qui ?》

《Laura.》

Aurélie soupira et allait reprendre lorsque Jérémy pointa le bout de son nez, l'air passablement agacé. Il s'approcha d'eux et lança à son ami :

《Julien, on rentre...》

《D'où tu donnes des ordres connard ?》se moqua le blond, avant de se rendre compte que son compagnon semblait vraiment au bout du rouleau.《Ça va ?》

《Nan, Julien m'a vomi dessus, je l'ai porté à l'étage avec Gael, on l'a débarbouillé un peu et j'ai lavé mon t-shirt mais maintenant il est trempé... et je me les pèle du coup.》

《Bon, on rentre alors.》

Jérémy hocha la tête salua Aurélie d'une bise amicale, laissant le cadreur faire de même en allant saluer Gael et le remercier pour la soirée. Julien confia son gobelet à l'ex de son compagnon et la salua à son tour, avant de rejoindre l'analyste dans l'entrée. La brune les observa un instant pensive, apercevant la main du blond dans le dos de son ancien petit ami alors qu'ils quittaient la soirée. Elle regarda le verre que celui que tout le monde appelait M. Connard lui avait laissé. Il était presque vide. Elle haussa les épaules et vida le fond de rhum coca, avant d'aviser en fronçant les sourcils le gribouillis au marqueur laissé sur le plastique blanc. Elle tourna la tête vers l'entrée, perplexe, cherchant du regard le duo, qui avait disparu. Laura hein ? Ça devait être une coïncidence. Elle secoua la tête, laissant le verre à l'abandon sur une table pour rejoindre Gael. Une simple coïncidence.

Jérémy ferma la portière de la voiture côté conducteur en frissonnant. En temps normal Julien préférait prendre le volant, mais là il avait dû avouer qu'il avait un peu trop bu pour conduire. Le brun allait mettre le contact lorsque le cadreur l'interrompit, posant une main sur son poignet alors qu'il tournait la clé de la voiture.

《Nan je te laisserai pas conduire.》marmonna d'office le youtubeur.

《Enlève ton t-shirt, il est trempé.》

《Je vais pas rester torse nu non plus.》

《Nan, je vais te filer ma chemise. J'ai un t-shirt en dessous.》

Cette fois le brun ne répondit pas et retira son t-shirt trempé, laissant à son compagnon le temps de contempler les marques de bronzage sur ses bras, le sillon discret qui marquait son biceps, les poils bruns qui parcouraient la ligne de son torse comme des broussailles dans une vallée alpine. Julien retira sa chemise rouge pour la tendre à son compagnon, qui la boutonna en silence avant de lever les yeux vers lui.

《Merci.》lâcha-t-il, comme si ce geste le touchait sincèrement.

Julien haussa les épaules, sans pouvoir réprimer un sourire. Il se pencha pour embrasser l'analyste, à la fois tendrement et langoureusement, laissant sa main se perdre fermement sur sa cuisse, sentant son propriétaire tressaillir et une main venir plonger dans ses cheveux blonds. Un frisson parcourut son échine jusque dans le creux de son bassin alors qu'il lâchait un grognement, avalé tout cru par les lèvres gourmandes de Jérémy, et laissa sa main libre se perdre dans ses boucles brunes, indomptables, et pourtant si douces, si... Bon dieu de merde, il en avait envie. Là maintenant, tout de suite. Il voulait mordre ces épaules massives, tirer ces cheveux sombres, souder leurs bassins putain, les presser et les déshabiller. Il déglutit lorsque le brun s'éloigna, essayant de cacher la flamme de désir qui devait valser aussi bien dans ses yeux qu'elle dansait dans son pantalon. Il perçut le sourire en coin de son compagnon avant qu'il ne mette le moteur en marche, et se demanda ce que ça pouvait bien vouloir dire. Il garda le silence, remettant discrètement ses affaires en place, les yeux rivés sur le paysage nocturne qui défilait au dehors.


Jérémy sortit de la salle de bain en soupirant, un simple jogging sur les hanches, la peau encore humide et les cheveux secs sentant le shampoing à plein nez. Il avisa le blond un instant, en boxer sur le lit, qui parcourait pensivement son fil d'actualité Twitter sans relever les yeux vers lui, puis rejoignit sa place dans le lit commun.

《On met le réveil pour quelle heure demain ?》demanda justement Julien alors qu'il s'asseyait à côté de lui.

《Mets-le à 9h.》

《La nuit super courte... il est trois heure et demi du mat', on peut le mettre à 10h nan ?》

《9h30 et c'est mon dernier mot.》

《Ouais bah t'es vraiment pas cool.》marmonna le concerné.

Jérémy ne quitta pas son profil du regard, détaillant la saillie de ses lèvres comme une route toute tracée. Lorsque Julien releva enfin les yeux, l'air de se demander pourquoi il le fixait comme ça, le brun se dit que c'était ok ; tout était ok, depuis qu'ils s'étaient plus ou moins officieusement mis ensembles. Il avait cru que ce serait difficile de regarder son compagnon en face, de ne pas se sentir nerveux à l'idée d'embrasser le connard qui avait grandi avec lui... mais en fait, chacun de ses gestes coulait de source, littéralement. Embrasser, enlacer, regarder Julien, c'était inscrit en lui, c'était réflexe. C'était cet étrange mélange, grisant et apaisant à la fois, et c'était cette étrange sensation, d'être sur le point de tomber dans le vide, cette sensation galvanisant ses membres, lorsque la main de Julien se posait accidentellement sur son flanc, sur son ventre, sur sa cuisse.

Ils avaient pris la décision d'y aller doucement, Jérémy s'adaptant lentement à cette toute nouvelle relation homosexuelle. Ils avaient franchi les étapes, petit à petit... et ce soir, l'analyste se sentait prêt à aller encore un peu plus loin. En temps normal son désir était comme contrôlé par son appréhension, mais ce soir, après juste ce qu'il fallait d'alcool, il avait la tête claire, les idées limpides et l'envie irrépressible de Julien, entier. Il se pencha sur le visage interrogatif de son colocataire, lui vola un baiser qui ne tarda pas à s'embraser.

Il passa sa main sur le torse de son amant, se redressant de manière à le surplomber, callant une jambe de chaque côté de son corps fébrile, descendant dans une caresse ferme le long de ses côtes, jusqu'à son flanc. Il sentit le blond frissonner sous son touché, et brisa la fusion de leurs lèvres un instant pour inspirer profondément contre la joue de son cadreur.

《Hey... t'es sûr ?》murmura soudain Julien, d'une voix rauque, ses mains se plaçant contre ses épaules pour l'éloigner un moment ; il plongea ses yeux -ses yeux d'une couleur à en faire rougir le ciel de jalousie- dans les siens, le faisant frémir d'impatience.

《Oui.》souffla-t-il, catégorique. Puis, assaillit de doute, il reprit : 《Pas toi ?》

《Si. Mais je veux pas que tu prennes cette décision à cause de l'alcool et que tu le regrettes demain...》

《J'ai bu à peine 2 verres, je suis parfaitement lucide.》

《Je préfère être sûr.》

Jérémy se pencha de nouveau, forçant contre les mains de Julien qui le maintenaient éloigné le temps de parler. Dans un même mouvement, il plaqua leurs deux corps ensemble et, saisissant fermement le cou du blond pour approfondir le baiser, il laissa sa main libre courir sur la hanche de son compagnon, suivre le sillon de son aine, jusqu'à se faufiler derrière le dernier rempart entre leurs peaux.

《Je suis assez convaincant ?》se moqua le brun dans un souffle grave, arrachant un grognement au concerné.

《La ferme...》souffla Julien d'un ton oscillant entre le désir et l'exaspération.

Jérémy ne le laissa pas en dire davantage, obéissant à son ordre avec plaisir, alors que le cadreur éteignait la lampe de chevet à l'aveugle, ne laissant plus que la lumière de la lune dessiner de blanc les contours de leurs corps amoureux.


Le lendemain, Julien fut réveillé en fracas par leur foutu réveil. Il l'éteignit immédiatement, avisant le 9h30 narquois qui le narguait depuis la barre de notification de son téléphone. Il marmonna un juron dans le coton des draps, sentant que son compagnon se réveillait à côté de lui. Il s'apprêtait à le voir se lever pour ouvrir les rideaux, le secouer pour qu'il se lève, le tout dans une délicatesse plus que discutable, tandis que lui serait en train de se lamenter sur leur nuit trop courte et le fait qu'il détestait les matins, et qu'il avait trop froid pour sortir de la couette. Pourtant il n'eut pas l'impression que le brun avait quitté le lit, au contraire, il sentit bientôt le corps chaud de son compagnon se serrer contre lui, sa barbe chatouiller sa nuque et ses bras encercler son corps comme un enfant qui enlace son doudou.

《Encore 5 minutes...》marmonna le brun, et le cadreur sentit ses lèvres bouger contre sa peau, dans un mouvement long et paresseux.

T'aurais pas dû mettre le réveil, connard... se dit Julien, mais il déglutit et referma les yeux en posant ses mains sur les bras velus de son compagnon. Il n'avait pas le courage de briser cet instant.

《10.》répondit-il dans un souffle, alors qu'un sourire se dessinait sur les lèvres de son analyste.


Well, c'est la fin !

Pour en revenir à ce que je disais la semaine dernière, en fait j'ai assez peu avancé dans l'écriture de la fic AU avec clochard!Jday par manque de temps en règle général. Du coup j'hésite à commencer la publication, puisque je me contrains à toujours terminer une histoire à l'écrit avant d'en commencer la publication. Je sais pas vraiment dans combien de chapitre j'aurai achevé la fic en plus de ça. Bref, je vais voir.

En ce qui concerne la smsfic que j'avais évoquée je me suis dit que j'allais attendre fin mai, début juin pour me lancer dessus, parce qu'en fin de compte je pense en faire une version dessinée assez soignée que je publierai probablement sur Deviantart (du coup j'attends d'être en vacances). Bon, rien n'est sûr de ce côté non plus parce que je dois passer mon permis sur cette période et je risque de quitter mon domicile un certain temps, avec impossibilité d'emmener mon merveilleux PC avec moi :(

Bon bref, je verrai si je publie l'AU avant de l'avoir terminé ou non ;)

Merci d'avoir suivi cette petite histoire, n'hésitez pas à laisser une petite review pour me faire part de votre avis sur le déroulement global de cette petite fiction. A bientôt j'espère, des bisous tout pleins ! :D