NdlA.

Hello les gens! Me voilà de retour avec un nouveau chapitre de MF. Pas grand chose à dire si ce n'est:

1°) Un ENORME merci/calin/bisou pour vous qui lisez ces mots et qui avez commentés. JE VOUS ADORE!

2°) J'espère que ce vieux barbu rouge vous a couvert de cadeaux (sinon, on va le taper).

3°) Je vous souhaite à tous et toutes une Bonne et Heureuse année 2014! (Avec pleins de beaux/belles gosses qui sont tous à Mashima-sensei) *Jette des confettis*.

Bref, juste une précision pour le chapitre qui suit après je vous fiche la paix: Il y avait une traduction dans l'anime qui ne me satisfaisait pas, alors j'ai un peu changé l'ordre des mots. Pas de beaucoup et en fait, OSEF. Un gros bisous à Viday, Mark et Wendy !

J'ai relu partie par partie, mais je ne suis pas sure que toutes les fautes ont été vues. Sans Béta, je corrigerais donc, par la suite. Sans plus de blabla, je vous souhaite une bonne lecture en espérant que cela vous motivera pour me laisser un petit commentaire à la fin!


Chapitre 04 : Tour, détour et retour.

Il était quatorze heures sur la ville de Hargeon et le soleil tapait de tous ses feux sur la ville portuaire. Même les mouettes, qui d'ordinaire ne se privaient pas de venir importuner les flâneurs courageux qui venaient parfois se promener sur les quais à cette heure-ci, s'étaient déclarées aux abonnés absents.

Non loin de là se trouvait un restaurant bien connu des voyageurs pour la qualité de la nourriture et des chambres, il était nommé 'Au bon passage'. La salle se divisait en deux parties : d'un côté le restaurant et de l'autre le bar, les chambres se trouvant à l'étage. La patronne des lieux, que tout le monde appelait Mademoiselle Bianca, adorait voir la salle de son échoppe pleine à craquer, même si la plupart ne venait pas consommer mais seulement profiter de la fraîcheur que dispensait son tout nouveau système de climatisation au lacrima de glace. Au départ, celle-ci avait regretté d'avoir dépensé autant d'argent pour ce système, mais à voir l'affluence qu'elle avait maintenant et le sourire bienheureux des clients qui poussaient sa porte, elle s'en félicitait à présent.

L'exemple le plus récent de la bonne idée qu'elle avait eue : son avant dernier client. Elle l'avait remarqué tout de suite, par les fenêtres du restaurant. En effet, elle l'avait reconnu, ce qui n'était pas difficile étant donné la carrure du type. D'après les informations glanées ci et là par ses oreilles attentives, elle savait que c'était un des mages les plus puissants d'une guilde qui amarrait son bateau dans le port, en contre-bas, mais ce n'était pas ce qui attirait son regard de connaisseuse à chaque fois qu'il passait dans leur ville, non.

Le type était grand et taillé comme une armoire à glace. Blond, toujours l'air pas content et une longue balafre qui lui barrait l'œil droit. Il n'était pas d'une beauté saisissante, mais il était bien charpenté, pas désagréable à regarder et on sentait comme une aura de danger qui flottait autour de lui, ce qui, paradoxalement, ne le rendait que plus attirant. Aujourd'hui, elle l'avait aperçu, qui semblait hésiter sur l'auberge qu'il allait occuper et Bianca, bien que pas du tout dans sa tranche d'âge, s'était fait violence pour ne pas sortir et lui proposer une chambre à moindre prix dans la sienne. Il avait été près de passer droit devant sa porte lorsqu'un marchand et son collègue étaient sortis dans la rue, lui faisant sûrement sentir la brise de fraîcheur qui se dégageait de la salle ombragée ce qui l'avait fait changer d'avis.

C'est ainsi que Laxus Draer avait fini éreinté mais propre comme un sou neuf allongé dans une des chambres de Bianca qui n'en finissait plus de sourire en espérant secrètement que son auberge deviendrait, grâce à ses lacrimas, le pied à terre officiel du beau blond dans sa ville.

Laxus, lui, n'en avait cure et pour cause : Fatigué par sa débauche d'énergie dépensée durant son voyage dans les airs, il était d'une humeur massacrante pour changer. Attiré par la différence de température agréable qui régnait dans le bâtiment, il avait demandé une chambre à une hôtesse qui l'avait dévisagé avec des yeux de merlans fris. En temps normal, il ne se serait pas gêné pour lui faire une remarque acerbe ou hausser un de ses sourcils blond dans le but de démontrer son agacement, mais pas aujourd'hui. Non. Là, il lui fallait quelque chose à se mettre sous la dent, tout de suite de préférence, ainsi qu'une bonne douche et pas forcément dans l'ordre.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Pendant qu'il prenait sa douche, un serveur lui avait déposé de quoi se sustenter sur la table où traînaient ses écouteurs, avec une carafe d'eau fraîche, elle aussi. En entendant la porte s'ouvrir, Laxus avait tendu l'oreille et s'était tendu imperceptiblement sous la douche, mais ce fut une fausse alerte : C'était bien un serveur qui était venu le servir et non une quelconque demoiselle en pâmoison qu'il aurait dû virer à coup de pied. Non, il n'avait vraiment pas besoin de ça.

Cela aurait pu paraître présomptueux de sa part, mais Laxus était habitué à l'effet qu'il faisait aux femmes. Ce n'était ni voulu, ni apprécié mais en quelques occasions, cela lui avait été utile, ce qui faisait jaser les Rajinshûs qui se gardaient bien d'en parler devant lui. Peu importe. En cet instant, il avait plutôt besoin de manger et dormir un peu pour pouvoir réussir à mettre le doigt sur la chose qui le turlupinait sans qu'il puisse la nommer.

C'était rageant.

_T_T_

Une main. Tendue vers le ciel comme pour demander de l'aide, grâce ou prendre celui-ci à témoin.

Une voix grave. Une voix qu'il connaissait.

Laxus n'entendit qu'une suite incompréhensible de paroles et les seules qu'il comprit furent les dernières prononcées par ladite voix.

« Toi, mon successeur...Entends ma voix »

Le blond se redressa vivement sur son séant, les sens aux aguets mais il était seul dans la chambre baignée d'une douce lumière filtrée par les rideaux, qui laissait présager une autre journée ensoleillée. Il était seul avec ce sentiment d'urgence qui ne l'avait pas quitté depuis qu'il avait laissé Mavis en arrière. Cette impression s'était faite ressentir juste avant qu'il ne quitte l'îl, mais son subconscient venait de lui en donner une toute nouvelle version. Mais il se raisonna en s'aspergeant le visage d'eau pour se réveiller complètement. Mavis était un esprit, et rien ne pouvait lui arriver : elle était déjà morte. Il aurait mieux valu qu'il se préoccupe plutôt des vivants. Le dragon slayer regarda son reflet dans le miroir et expira profondément pour se remettre les idées en place.

D'abord, il devait aller voir quelqu'un qui pourrait à coup sur le renseigner sur cette sensation bizarre qui ne le lâchait pas, mais pour se faire, il devait prendre le train de quatorze heures trente. Son teint prit une teinte légèrement verdâtre qu'il décida d'ignorer en allant enfiler son manteau qui ne le quittait jamais. Les écouteurs autour du cou, il vérifia une dernière fois qu'il n'avait rien oublié dans la chambre avant de mettre son casque sans allumer son baladeur et de sortir en fermant la porte d'un coup de pied.

En arrivant dans la salle du bar, il consulta du regard la pendule murale qui indiquait qu'il était treize heures quinze, ce qui ne l'étonna pas outre mesure. Il avait toujours adoré dormir et les pauvres nuages qui surplombaient Tenrôjima la veille, n'avaient pas été assez chargés en électricité pour qu'il ne soit pas obligé d'y insuffler une grande partie de sa foudre à lui pour pouvoir voyager.

Résultat des courses, il avait fait deux tours de cadrans et demi, mais il n'était pas en retard, loin de là. Seules trois heures de train séparaient Hargeon de la ville où il devait se rendre pour avoir des réponses à ses questions, ce qui ne l'enchantait guère pour diverses raisons.

La première : le voyage en train. Car comme tout dragon slayer qui se respecte, le petit-fils de Makarov était lui aussi sujet au mal des transports, ce que peu de gens savaient, il y veillait. La deuxième raison était que la ville qu'il devait traverser pour aller voir son contact n'était nulle autre que celle où se trouvait son ancienne guilde : Magnolia. Et la troisième raison, et non des moindres : le contact en lui-même, qui était connu pour détester les humains. A cette pensée, Laxus retint une grimace et se sentit le besoin de descendre une pinte de bière, ce qu'il fit sans remords.

Accoudé au bar de manière à pouvoir surveiller l'heure, la pinte presque vide, Laxus écoutait distraitement des marchands de tissus discuter avec animation à côté de lui. L'un d'eux avait un nez rouge de poivrot, un air scandalisé et jetait des regards noirs à son verre encore plein tandis que son voisin, coiffé du ridicule chapeau vert, essayait de le calmer sans succès.

« J'avais déjà payé, tu te rends compte ?

— Oui, je sais, c'est scandaleux, dit doucement Chapeau Vert.

— Aucun respect ! Elle est venue et m'a jeté comme une vieille chaussette ! En plus, elle a tout pris ! Comment on va faire pour rejoindre Crocus à ce rythme ? Se lamentait Nez Rouge.

— On a qu'à attendre un petit peu, le calma Chapeau Vert. Mademoiselle Bianca a dit qu'ils attendaient une autre livraison dans l'après-midi et qu'ils pourraient nous dépanner... » continuait-le brave homme.

Une petite serveuse rousse resservit les deux hommes en un tournemain avant de se diriger vers lui d'un pas vif.

« Je vous en ressert une autre ? Minauda-t-elle avant de prendre un air déçu lorsque le blond fit non de la tête.

— Qu'est-ce qu'ils ont ? demanda Laxus en faisant un signe du menton pour désigner Chapeau Vert et Nez Rouge qui étaient à présent en train de noyer leur dépit dans leur pinte.

— Oh, eux ? Ils sont furieux de s'être fait soufflés toutes leurs provisions sous leur nez par une femme.

— Ils se sont faits volés par une femme ? S'étonna le balafré en toisant les carrures respectables des deux diables.

— Non, non, pas volés. En fait, ils sont partis se ravitailler au store du coin mais au moment de payer, une femme du Conseil de la magie leurs a réquisitionné toutes leurs provisions.

— C'est bizarre, ça. Je ne savais pas que le Conseil se ravitaillait ici.

— Ce n'est pas le cas, Monsieur, le détrompa la serveuse. Ils ont une cargaison en ville et s'y ravitaillent d'habitude, mais cette femme à tout pris et il n'y a plus rien pour les voyageurs comme ces deux messieurs qui sont donc obligés d'attendre la livraison suivante.

— Elle ressemble à quoi, cette femme ? Demanda Laxus qui n'avait jamais porté le Conseil dans son cœur.

— Il n'avait pas une âme de justicier, loin de là, mais si d'aventure, il lui arrivait de croiser cette femme, il ne se gênerait pas pour lui dire sa manière de penser. La jeune femme, contente de pouvoir se rendre utile s'empressa de répondre.

— D'après ce que j'ai entendu, c'est une grande et belle femme. Longs cheveux noirs, rouge à lèvre sanglant, grands yeux ébène, kimono blanc et forte poitrine, lui résuma la serveuse rougissante sous l'air pensif du dragon qui se demandait pourquoi il s'intéressait à cette inconnue. Mais ce qu'il considérait comme sa part animale lui soufflait que cela pourrait être important et il n'avait jamais négligé les appels à la prudence de son instinct.

— Un signe particulier peut-être ?

— Non, enfin, rien qu'ils aient remarqués » répondit encore la serveuse tandis que le gong de la pendule annonçait qu'il était temps de partir.

Il inclina brièvement la tête en jetant quelques piécettes sur la table avant de prendre congés de la serveuse et des pauvres marchands grugés. Pensif, il se dirigea vers la gare en se demandant pourquoi lorsqu'il pensait au Conseil et à cette femme, il revoyait sans cesse le visage du type qui accompagnait le petit dragon bleu de Fairy Tail.

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Une légère bouffée de nostalgie l'étreignit lorsqu'il sortit de la gare de Magnolia pour se retrouver dans le quartier commercial de la ville où il avait grandi. Le grand blond se traita in petto d'abruti fini. Quel était ce brusque accès de sentimentalisme pour une ville dans laquelle il habitait toujours et qu'il n'avait quitté que quelques jours ? Le crissement d'un train qui quittait la gare, le bruit des conversations, les marchands qui hélaient les passants, tout cela lui était familier et pourtant, quelque chose sonnait faux et enfin il comprit.

Ce qui lui manquait, c'était de prendre le chemin de la guilde. Sa guilde. De passer ses portes et d'être obligé de monter le volume de la musique pour garder une relative tranquillité d'esprit dans le charivari omniprésent dans la grande bâtisse. Ça lui manquait d'être salué par le d'une table ou une chaise, les défis de Natsu ou les embrassades embarrassantes des Rajins. Jeter son sac sur la première table du premier étage, y poser ses godasses boueuses, se faire servir à boire par une Mirajane réprobatrice, se faire enguirlander par son grand-père pour une énième connerie qu'il aurait faite en mission. Oui. Faire partie de Fairy Tail lui manquait, mais il avait confiance à présent.

Si son court séjour sur l'île sacrée de la guilde lui avait fait l'effet d'un coup de massue sur le crâne, il lui avait aussi permis d'être plus calme, plus serein. Perdu dans ses pensées, il avait pris, sans s'en rendre compte le chemin de la guilde qui occupait ses pensées et c'est avec agacement qu'il en prit conscience, notamment lorsqu'une mage dont il reconnaissait l'odeur, vint le percuter en reversant tout le contenu d'un des sacs qu'elle portait.

Un sac plein. Plein de livres.

S'il n'avait pas tenu compte de son odorat, il aurait pu jurer que la personne qui venait de littéralement lui tomber dessus était McGarden. Mais cela ne se pouvait pas, puisque la dernière fois qu'il l'avait aperçue, elle cavalait dans la pampa de Tenrô pour fuir des monstres en compagnie du dragon slayer d'acier. Il revint sur terre en entendant la fille s'excuser avant que celle-ci ne plonge à ses pieds pour ramasser les précieux ouvrages. Ce n'est qu'en voyant ses cheveux mauves clairs à la coupe carré qu'il la reconnu sans pour autant se souvenir de son prénom. Mais après tout, peu importait : il ne se souvenait jamais des noms des mages qu'il ne côtoyait pas et cette fille en faisait partie.

Un livre assez imposant lui était tombé sur le pied droit et avec tous les autres que la mage aux cheveux violets devait ramasser, Laxus se dit qu'il ne se casserait pas le dos s'il ramassait seulement celui-là pour elle, ce qu'il fit en vérifiant que personne ne pouvait le voir. Machinalement, il lut le titre du livre ce qui lui fit faire les yeux ronds : Les amants du crépuscule. Curieux, le mage de foudre retourna le livre pour en lire rapidement la quatrième de couverture et un sourire narquois orna bientôt ses lèvres pleines. Aux mots 'Sorcière désirable' Laxus tapota l'épaule de la jeune femme pour le lui tendre, toujours en arborant son sourire moqueur.

Rougissante la jeune femme lui ôta violemment le livre des mains en lui disant un merci qui parut lui arracher la gorge, tout en rangeant l'objet du délit dans son sac. Elle avait l'air tellement gênée que Laxus ne put s'empêcher de la taquiner à ce sujet.

« Alors en fait, toutes ces années où je te voyais lire, tu lisais ce genre livre ? Débuta-t-il en lui emboîtant le pas, car elle s'était déjà détournée pour reprendre sa route sans plus se préoccuper e lui. Chose qui ne lui arrivait pas souvent.

— Ce que je lis ne te regarde aucunement, Laxus, lui répondit la jeune femme d'une voix ferme, sans se retourner.

— Bah. C'est juste que je trouve ça étonnant venant de ta part, continua-t-il, toujours en la suivant car ils allaient dans la même direction.

— En quoi est-ce étonnant ? Tu ne me connais pas, lâchât la violette en tentant de redresser ses sacs tout en marchant un peu en crabe.

— Quand même un peu, rétorqua le blond que l'attitude de la violette commençait légèrement à agacer. Nous avons fait partie de la même guilde... disait-il lorsqu'elle se retourna pour le dévisager par-dessus les sacs en papier kraft à travers ses lunettes rondes.

— Ah bon ? Très bien, alors comment je m'appelle ? Le défia-t-elle, tandis que le dragon comprenait son erreur.

— Tu as raison. J'aurais mieux fait de me taire » admit-il en se souvenant qu'il ne connaissait même pas son prénom.

Sur ces entrefaites, déboula un autre mage de la guilde que Laxus connaissait, par contre. Max Alose venait de se précipiter sur sa camarade pour la décharger de la moitié des paquets, avant de se rendre compte que ce n'était pas à lui que s'adressait le sourire moqueur de la fille aux lunettes.

« Laxus ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Lui demanda spontanément le mage de sable avant de se rendre compte de la bourde qu'il venait de faire.

— J'habite encore cette ville que je sache, lui répondit sèchement Laxus avant de se détourner d'eux et de les précéder sur la rue qui passait devant l'entrée de la guilde, en faignant d'ignorer la discussion qui se tenait dans son dos.

« Qu'est-ce que vous étiez en train de faire, tous les deux avant que j'arrive ? Demanda le blond d'un ton pressant à la fille qui répondit après un soupir.

— D'après toi ? Nous discutions de la politique du Conseil de la magie sur l'enregistrement des lacrimas personnels, bien sûr ! Ironisa-t-elle, tandis que devant, Laxus sourit, amusé.

— Les la...Quoi ? Tu te fous de moi ?! Lui demanda Max.

— Bien évidemment, mon petit Max, lui répondit-elle affectueusement. Franchement, de quoi veux-tu que nous parlions? Lui et moi sommes comme un dictionnaire et un polar.

— …. C'est à dire ? Appuya Max qui n'y comprenait goutte, ce qui la fit soupirer encore une fois.

— Ce sont tous les deux des livres, mais pas de la même catégorie ! Expliqua-t-elle, lasse. Comme un pitbull et un chihuahua sont des chiens.

— Là oui ! Quand tu me parles de chien je comprends ! S'exclama Max outré. Pourquoi tu ne m'expliques jamais tes phrases avec des mots que je pourrais comprendre, Laki! Chouina le mage de sable.

— J'essaye de t'inculquer un peu de culture générale ! » Lui répondit la violette avant que Laxus ne perde le fil de leur discussion, maintenant que les deux mages étaient entrés dans la guilde.

Le fils d'Ivan se tint le dos bien droit, fier, le pas long, le sac négligemment jeté sur son épaule et continua sa route comme s'il ne sentait pas les regards curieux des mages de Fairy Tail dans son dos.

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Le dragon slayer se sentit tout de suite mieux lorsque qu'il pénétra dans la forêt dense où habitait Polyushka. La canopée protégeait le sous-bois et semblait y garder secrète la sauvagerie palpable en dépit du fait que tout était recouvert d'un manteau blanc. Les oiseaux étaient rares mais leurs chants mélodieux reposaient les oreilles du dragon slayer de la foudre qui avait enlevé ses sempiternels écouteurs. En marchant, Laxus songeait que cela faisait un bon moment qu'il n'était pas venu rendre visite à la vieille dame, ce qui était plutôt rassurant.

Pourquoi rassurant ? Parce que Polyushka était la conseillère en soin attitré de Fairy Tail et venir la voir à son domicile signifiait souvent que l'on était trop faible pour faire autrement. Bien que guérisseuse la femme aux cheveux roses n'était pas souvent visitée et pour cause. Elle avait un caractère épouvantable et se vantait de ne pas supporter les humains, ce qui était d'autant plus comique venant d'une humaine d'un âge plus que mur.

La maison de la fée était à la hauteur de son environnement. En fait de maison, celle-ci avait été creusée dans le tronc d'un arbre vénérable, qui était percé d'une grande baie vitrée sur l'arrière et de quelques fenêtres en hauteur. Enfant, il avait passé beaucoup de temps dans cette maison. De constitution faible, il était souvent malade et cela avait empiré lorsque son père, faisant fi des conseils de ses grands-parents, lui avait implanté dans le corps un lacrima magique destiné à lui permettre d'utiliser la magie de dragon slayer. Son grand-père, avec qui il s'entendait comme larrons en foire à l'époque, n'avait fait confiance qu'à la rose pour le garder et le soigner.

Durant ses divers séjours chez la vindicative rose, ils avait vu défiler un bon nombre de mages de la guilde grièvement blessés : Erza qui venait de perdre un œil, Mirajane en état de catatonie causée par la perte de sa jeune sœur, Gildartz quand il revenait des missions interminables. Par la force des choses, il avait appris à décoder le comportement de celle qui détestait les humains et si elle disait vrai, elle avait une affection certaine pour certains de ces humains tant détestés, ce qui le faisait bien rire à l'époque et lui avait valu son quota de belles bosses.

Arrivé devant les portes à double battant de la maison de l'arbre, il s'immobilisa et inspira profondément en se demandant s'il n'allait pas rallumer son baladeur avant de se raviser. Polyushka était la seule personne qui pouvait se vanter de réussir à lui faire enlever ses écouteurs de grès ou de force et il retint un sourire. Si elle ouvrait la porte et le voyait sourire, elle croirait surement qu'il se moquait d'elle et il se retrouverait à coup sûr avec les motifs sculptés de la porte incrustés sur le front.

Il leva la main pour frapper mais la porte s'ouvrit d'elle-même, faisant apparaître le visage peu avenant de la rose qui le dévisagea quelque secondes avant de lui parler d'une voix revêche.

« Qu'est-ce que tu me veux encore ? » dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

Le dragon slayer blond, qui pesait une bonne centaine de muscle à lui tout seul planta son regard paisible dans celui belliqueux de la vieille femme avant de lui répondre calmement, en prenant garde de ne pas élever la voix sous peine de la braquer.

« J'ai besoin de renseignements, dit-il seulement.

— Tu n'as personne d'autre à aller embêter ? lâcha Polyushka en s'effaçant néanmoins avec mauvaise humeur. Ah non, c'est vrai. J'avais oublié que tu étais un mage sans guilde maintenant » continua-t-elle, acerbe, en s'affairant à remplir des bouteilles avec du liquide jaunâtre au-dessus de l'évier.

Laxus, familier de cet accueil pour le moins atypique prit seulement place à la table de la cuisine. Las de son voyage et de sa marche il s'affala sur une chaise, les jambes écartées, bras ballants, la tête pendant en arrière et n'écoutant que d'une oreille distraite les jérémiades de la mage.

Celle-ci bien qu'occupée, étudiait le mage à la dérobée d'un œil critique. Il avait maigri, l'air fatigué et semblait avoir mal aux crane. Ayant terminé de mettre sa décoction en bouteille, elle s'essuya les mains sur le torchon accroché à sa taille et se retourna complètement pour observer attentivement le dragon slayer avachi sur sa chaise. Dragon slayer qui ne bougea pas d'un cil, ce qui agaça prodigieusement la rose qui se dirigea vers lui au pas de charge en soupirant bruyamment.

Sans douceur, elle lui plaqua sa main sur le front dans un geste qui ressemblait plus à une claque qu'à quelqu'un qui prenait la température de son patient, mais celui-ci ne broncha pas, appréciant secrètement la fraicheur de la main de la guérisseuse. Il n'était pas fiévreux et semblait bien aller, ce qui conforta Polyushka dans ses déductions. Il avait dû prendre le train ou autre chose pour revenir en ville et ne devait plus avoir de potion.

Potion qu'elle avait inventée elle-même et en grande partie pour lui, étant le premier dragon slayer qu'elle avait eu à soigner, bien avant Natsu Dragneel. La potion qu'elle avait créée était une version liquide et moins forte du sort Troïa que pouvait lancer la jeune dragon slayer des cieux, d'après ce que lui avait raconté son apprentie. Si sa potion était moins puissante, elle ne causait pas d'accoutumance par contre. Elle lui en servit un verre et le posa brusquement sur la table, lui indiquant par là qu'il pouvait se redresser et cesser de feindre la faiblesse.

« Encore ton fichu mal des transports ?

— Ouais. Désolé, c'est pas ma faute. Si tu n'es pas contente de me soigner, il fallait plus insister avec ton fils sur les effets secondaire des lacrimas, lui répondit le dragon slayer sur un ton défensif.

— Je sais, je sais. Et tu sais très bien que je n'ai jamais voulu ça pour toi, lui répondit la mage de soin en rangeant ses bibelots au-dessus de l'évier. Après notre dispute, ton père et toi avez disparus, tu es revenu dragon slayer et encore plus malade qu'avant continua-t-elle en s'appuyant contre l'évier pour le regarder.

— Oui, oui, je connais la suite. Je suis revenu, tu m'as soigné et j'ai grandi avec toi et grand-père, soupira le petit-fils de Makarov.

— Mais je ne pense pas que tu sois venu de si loin pour me parler de famille, si ?

— Pourquoi si loin ? Qu'est-ce qui te fais dire que je viens de loin ? Je viens peut-être de chez moi, insinua Laxus.

— Si tu venais de chez toi, tu ne serais pas aussi fatigué ni malade comme si tu descendais d'un train. Je suis vieille, pas idiote, Laxus. Dis-moi ce qui te tracasse. »

Laxus termina son verre avant de fermer les yeux et commença son histoire à partir du moment où Fried avait appelé. Polyushka le laissa parler tout son saoul et pinça les lèvres lorsque le blond lui parla de son ressentit par rapport au combat de Natsu et Gildartz.

Depuis qu'elle avait atterris dans cette guilde par hasard, elle avait toujours trouvé que celle-ci avait quelque chose de spécial. Par la suite, elle avait voyagé, beaucoup, pour connaître un peu plus de ce monde qui l'avait accueilli, et surtout pour voir combien ce monde ci était différent du sien. Puis elle était revenue à Fairy Tail et n'en était plus jamais repartie, du moins, elle n'avait pas quitté les environs.

« Je n'ai connu que Purehito, comme autre Maître de Fairy Tail, mais même à cette époque, cette guilde avait quelque chose en plus, commença Polyushka pensive. J'ai vécu en marge de beaucoup d'autre guilde et ai passé une semaine au Conseil de la magie, mais dans aucune d'entre elles les membres avaient la relation qu'ils entretenaient dans cette guilde de barjos, dit-elle avant de le prendre à témoin. Plus ils se tapent dessus, plus ils s'aiment ! C'est incroyable !

— Ouais, comme tu dis, accorda Laxus.

— Oh, mais toi aussi, tu ne fais pas tache dans le tableau, gamin, crois-moi. Quand ton grand-père a été nommé Maître de la guilde, ça ne m'a même pas étonné ! Il était fait pour gérer cette guilde. Qui d'autre ? Je comprends ce que tu as ressenti.

— Parce que tu as des émotions, toi ? la taquina Laxus en évitant d'un mouvement de tête le balai dont elle avait voulu le frapper.

— Si tu ne veux pas écouter ce que j'ai à te dire, tu peux rentrer chez toi !

— Mais non, je t'embête, vas-y, je t'écoute, lui dit-il en voyant qu'elle avait changé d'expression.

— Même si actuellement tu ne fais plus partie de la guilde, tu y retourneras, affirma-t-elle en levant la main pour éviter qu'il ne l'interrompe. Tu y retourneras car comme tous les autres abrutis, ton cœur et ta famille son là-bas. Si tu ne comprends pas maintenant ce je te viens de te dire, il viendra un moment où tu comprendras vraiment mes paroles, tout comme tu comprendras les paroles de ton vieux sénile de grand-père. Et maintenant, si tu as fini de me bouffer mon oxygène, fous-moi le camp ! termina la rose.

— A ces mots, Laxus éclata de rire, le cœur plus léger.

— Maintenant je comprends d'où vient mon sale caractère ! » dit-il avant de se rembrunir.

A la mention de son grand-père, il comprit en un éclair que la voix qu'il avait entendu dans son rêve était la sienne. Que c'était-il passé pour qu'il ressente avec autant d'acuité leur lien familial ? Il pensait rarement à son grand-père en temps normal, pour ne pas dire jamais. Pourtant, depuis qu'il avait quitté l'île, il ne faisait que se remémorer des détails de leur vie commune, leurs bons moments. Ces souvenirs le surprenaient à chaque fois, car ils lui parvenaient comme des flashes. Un infime mouvement dans l'air environnant le fit pencher la tête sur le côté droit et lorsqu'il se reconcentra sur son interlocutrice, il comprit qu'il venait d'éviter un autre coup de balais à l'instinct.

« Arrêtes de rêver chez moi et vas le faire ailleurs ! le tança Polyushka.

— Dis…

— Hum ?

— J'ai une sensation bizarre depuis que j'ai quitté l'île, comme si on m'appelait et ce matin, j'ai rêvé que c'était le vieux qui m'appelait expliqua-t-il tellement perdu dans ses pensées que cette fois, il ne réussit pas à éviter le balai qui lui écrasa proprement la face. Aïeuh ! Mais qu'est-ce qu'il te prend ! s'écria-t-il en saisissant son balai avant de le casser en deux. Ça va pas de frapper les gens comme ça ?!

— Ça t'apprendra à rester attentif, lui répondit la rose en sortant un autre balai du placard. Tu te souviens que depuis petit, on t'a toujours dis que la magie était vivante, non ? lui demanda-t-elle d'un air doux qui n'augurait rien de bon pour Laxus qui ne quittait pas le balai des yeux en se frottant le nez.

— Oui ?

— La magie et vivante, et elle suit les liens du sang et du cœur pour pouvoir s'épanouir, tu te souviens, non ? martela la sage en le regardant les yeux flamboyants.

— Je m'en souviens mais qu'est-ce que…

— Alors demandes-toi de qui es-tu l'héritier ? et ne me parles pas de ce qui me sert de fils ! s'exclama Edo-Grandine.

' Alors c'était bien lui qui m'appelait, se disait le dragon. Qu'est-ce que j'étais censé faire ?' pensait-il pendant que Polyushka, elle, continuait de soliloquer.

— Remarques, ça a dû lui arracher le cœur de devoir t'appeler comme ça. Il devait vraiment être désespéré… se disait la mage de soin.

— Pourquoi tu dis ça ? s'insurgea le blond.

— Parce que si tu tiens ton mauvais caractère de moi, et ta mégalomanie, de ton père, de qui te viens ta fierté, d'après toi, gamin ? »

Laxus se le tint pour dit. Troisième génération de forte tête, peut-être, mais pas idiot pour autant et apparemment, il avait mieux à faire que de discuter de ce point de vue avec son acariâtre grand-mère. Ainsi, il décida de prendre congés, mais ce rappela autre chose lorsqu'il passât devant le cageot de pomme posé par terre à l'entrée, ce qui lui évita de devoir coincer la porte avec le pied pour éviter que la rose ne la lui ferme au nez.

« Une dernière chose, oba-san. Est-ce que tu connais une femme qui siègerait au conseil, avec une forte…Ahem, avec de longs cheveux noirs et qui porte du rouge à lèvre rouge vif ?

— Pourquoi, tu l'as mise enceinte ? releva la rose qui recommença à le fusiller du regard.

— Non, mais…je ne sais pas, répondit le blond en se frottant le visage.

— Est-ce que ça a un rapport avec ce dont nous venons de parler ?

— Peut-être, je ne sais pas. C'est juste une intuition.

— Dans ce cas, je te conseille d'aller voir un de nos amis à Hargeon, l'informa Polyushka en ignorant la grimace de son petit-fils. Shitou Yajima, il tient un restaurant qui s'appelle le 8-Island.

— Shitou Yajima, 8-Island. Pfff, j'en viens. Bon d'accord, mais pourquoi ?

— Il a fait partie des neuf membres du conseil.

— Han… OK. Une dernière chose

— Quoi, encore ! soupira la rose qui désespérait de se retrouver seule.

— Je me demandais, si tu hais tant les humains, comment tu as réussi à faire un enfant avec ? dit-il avant d'éclater de rire encore une fois, en évitant les pommes qui volaient, cette fois.

— Ça. Ne. Te. Regarde. Pas. Assena la rose en ponctuant ses mots d'un lancer de pomme.

— Mais si, voyons. Allez, avoues que tu nous aime bien, hein ? la taquina le blond en se planquant derrière une saillie dans les racines de l'arbre.

— Pas du tout, répondit la femme d'un air digne en rajustant sa coiffure. Ton Grand-père est un nain et toi tu es un monstre. Maintenant déguerpis ! » clôtura-t-elle en claquant violement la porte, poursuivie par le rire tonitruant de son idiot de petit-fils.

Un sourire effleura les lèvres fines de la guérisseuse en regardant partir le grand blond.

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A chaque fois, c'était la même chose, mais personne ne pouvait comprendre le plaisir qu'il éprouvait à voyager de la sorte.

Dire qu'il voyageait par la foudre était inexact : Il devenait la foudre. C'était comme si son corps se désagrégeait pour voyager à la vitesse de la lumière. Il allait à une vitesse ahurissante, mais ne pouvait jamais aller tout droit. Faire des zigzags, comme s'il sautait d'un nuage à l'autre, le tout dans un bruit assourdissant d'où les écouteurs qu'ils portaient toujours alors que tout le monde croyait qu'il écoutait tout le temps de la musique.

Contrairement à ce que les mages de Fairy Tail pensaient, il ne pouvait pas voir le sol, lorsqu'il se déplaçait car les nuages devaient être assez lourds pour le soutenir de leur foudre, et le mage devait les traverser et non pas les sauter comme à saute-mouton. Il réfléchissait intensément à la conduite à tenir une fois revenu sur l'île, tellement qu'il ne sentait même pas les nimbes qui l'entouraient, ni des filets évanescents du nuage qui lui caressaient le visage. Il repensait aussi à ce qu'impliquaient les informations que lui avait données Yajima-san alors qu'il arrivait à proximité de l'île.

Après avoir quitté Polyushka, il s'était dirigé tout droit vers Hargeon, à la fois pour voir Yajima, mais aussi parce que c'était le point d'accès le plus facile pour regagner Tenrô au plus vite. N'ayant pas de temps à perdre, il était parti discuter avec le vieil homme directement dans la cuisine à la grande surprise de l'ancien conseiller.

Laxus lui avait fait part de ses soupçons concernant le Conseil, ainsi que de ce qui se tramait sur l'île de la guilde, Yajima lui avait expressément demandé de regagner l'île au plus vite. La guilde et ses membres étaient en dangers et si le jeune homme avait entendu sa voix, c'était que son grand-père lui-même était menacé. Le vieux Yajima lui avait aussi parlé de la seule femme qui avait fait partie du Conseil à sa connaissance : Ultear.

Les nouvelles n'étaient pas bonnes, car d'après ce que Laxus avait entendu, c'était que cette femme était puissante et qu'elle maitrisait une magie oubliée, la magie de l'arche du temps. Laxus n'aimait pas les magies oubliées. Si elles avaient été oubliée, c'était qu'il y avait une raison à cela et toutes ses informations mises bout à bout ne lui disait rien qui vaille. Soudain, ses sens hyper-développés ainsi que la modification de consistance du nuage qu'il traversait, l'avertirent qu'il n'était pas seul dans son nuage.

Les sens aux aguets, il ralenti sa progression et comprit rapidement de quoi il s'agissait. En effet, les cris de la personne qui volait vers lui à grande vitesse réduisaient à néant son potentiel 'effet de surprise'. Laxus plissa les yeux et se décala légèrement pour regarder passer un homme plus facile à rouler qu'à porter avec une touffe de cheveux noirs frisés qui donna au mage de foudre l'impression d'avoir croisé un mouton noir. Un mouton noir qui tournoyait sur lui-même en poussant des cris de goret.

Le petit-fils de Makarov ne le connaissait pas, car si cela avait été un mage de sa guilde, nul doute qu'il l'aurait récupéré, mais là… Le blond haussa les épaules avant d'envoyer une décharge au curieux personnage pour lui donner de l'élan afin qu'il s'éloigne un peu plus et un peu plus vite. Après un dernier regard, il se laissa tomber dans une colonne d'éclairs sur le promontoire qui surplombait la lande déserte d'où il était parti.

Il atterri, un bras sur sa jambe repliée pour amortir le choc, l'autre main posée à terre pour le maintenir en équilibre le temps que ses oreilles cessent de sonner et que les derniers arcs d'électricité qui le parcourraient soient neutralisés par la terre. Il se releva fumant surtout du manteau, et pencha la tête d'un côté, puis de l'autre afin de se détendre les muscles du cou.

« Bonjour Laxus ! Rude atterrissage, dis-moi ! Tu ne te fais jamais mal en tombant comme ça ?

— Non. Plus depuis que j'ai appris à contrôler ma vitesse. Bonjour Premier, répondit le blond en se tournant vers son interlocutrice.

— Tu as fait vite.

— J'étais pressé et les nuages étaient bien chargés. Comment tu m'as trouvé ?

— Par hasard. J'étais en train de regarder celui-là flotter, lui répondit l'esprit en pointant du doigt un type bizarre coiffé d'une banane avec des lunettes et qui était ficelé sur un radeau de fortune. Je le trouve marrant, termina la shodaï, tandis que Laxus sourit fugacement avant de froncer les sourcils.

— Un type est en train de dévaler le cours d'une rivière à tout va, attaché sur un radeau et tu trouves ça marrant ? lui demanda-t-il avant de sentir l'aura mauvaise que dégageait l'esprit.

— Il a attaqué les membres de la guilde. Deux ont été sévèrement blessés et il a voulu achever ceux qui ne pouvaient plus se battre. Alors, oui, je trouve marrant de le regarder dévaler le cours d'une rivière à tout va. Je dirais même que je trouve ça… poétique. De plus, il ne risque rien, ton équipier à bien fait son travail car le radeau flotte et il va bientôt être libéré par l'autre flotteur…termina la blonde d'une voix sombre.

— L'autre flotteur ?

— Oui, regarde mieux. »

Laxus observa l'horizon et vit de quoi Mavis parlait. Une autre forme de grande taille semblait effectivement flotter, accroché à un tronc. Le dragon slayer réprima un sourire de fierté qui le démangeait. Si on comptait l'autre mage qu'il avait croisé dans les airs, Fairy Tail avait vaincu trois ennemis. Ce qui n'avait pas dû être une mince à faire, si l'un d'entre d'eux avait réussi à blesser sérieusement son grand-père.

La première réaction du dragon slayer avait été de demander à Mavis où se trouvait l'ennemi, puis de se jeter tête la première dans la mêlée. Mais l'enseignement du Maître restait bien ancré en lui. Il réfréna son envie et demanda donc à Mavis de lui faire un bref topo de la situation en s'efforçant d'ignorer le fracas d'une bataille en cours qui venait du nord.

« La certains membres de la guilde sont dans un état critique.

— Qui ? demanda Laxus dont le timbre avait baissé de quelques octaves.

— Ton grand-père, le dragon d'acier, la sœur ainée des deux blancs et ta coéquipière, énuméra Mavis d'une voix forte pour se faire entendre par-dessus le grondement de tonnerre suivant l'éclair qui venait de zébrer le ciel.

— Les autres ?

— En vie. Faibles mais en meilleurs état que les premiers. Les deux blancs, la fille aux cheveux courts bleus, la fille de Gildartz-san et tes deux coéquipiers.

— La fille de Gildartz ? releva Laxus qui fut distrait par cette nouvelle.

— Oui, longs cheveux bruns, pantacourt marron, mini haut noir et blanc et petit sac bleu.

— Cana est la fille de Gildartz ?! s'exclama Laxus qui avait reconnu l'ivrogne dès le premier qualificatif.

— Oui, tu n'avais jamais remarqué ? Ils ont la même signature magique, ou du moins, celles-ci sont très proches. Assura Mavis au blond qui décida qu'il pourrait réfléchir à cela plus tard.

— Et où sont Natsu et les autres ? demanda-t-il encore, tout en se doutant de la réponse. Il connaissait la majeure partie des magies qui étaient à l'œuvre en ce moment. Mise à part une qui ne lui était pas familière.

— Ils sont sur le vaisseau de la guilde noire de Grimoire Heart. Ils combattent le Maître.

— Grimoire Heart, hein…. pensa tout haut le mage de foudre. Depuis que Oracion Seis a été démantelée, je me demandais combien de temps passerait avant que Grimoire ne pointe le bout de son nez…Qu'est-ce qu'il y a ? Je sens que tu es triste, remarqua Laxus.

— Le Maître de Grimoire Heart est Hadès.

— Et ?

— Avant, il s'appelait Purehito.

Au grand étonnement du Premier, le dragon ne sembla pas surpris.

— Evidemment, qui d'autre ?

— …

— Je savais que le vieux avait été salement blessé. Il n'est pas idiot. Seule une personne qui aurait pu lui faire baisser sa garde aurait pu le toucher, alors son ancien Maître…Ce n'est pas étonnant, s'expliqua Laxus. D'accord, où se trouve ce vaisseau, Mavis ? »

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Avec l'aide de Mavis, il avait trouvé le vaisseau sans encombre. Pour se déplacer rapidement, il avait été obligé de voyager par la foudre, encore une fois. Mais sur une aussi courte distance avec des nuages pareils, c'était chose aisée. Lorsqu'il était parti, le soleil brillait haut et fort sur l'île des fées, mais à présent, les nuages la recouvraient, comme un écrin de colère et de ressentiments, ce qui était tout bénef pour le sieur Draer. D'après lui, la femme pluie devait être à l'origine de tout ça. Il avait entendu pas mal d'histoires, durant les boulots qu'il faisait, et la rumeur disait que la jeune femme attirait la pluie.

Mais cela, il n'avait jamais pu le vérifier. Premièrement parce que lorsqu'il avait été expulsé de la guilde, celle-ci venait à peine d'y arriver. Et deuxièmement, parce que les rajins ne lui en avaient jamais parlé, ce qui devait vouloir dire que soit la rumeur était fausse, soit la mage avait trouvé quelque chose à la guilde qui lui avait coupé l'envie de faire pleuvoir. Si son hypothèse était vraie, le temps plus que maussade qui régnait sur Tenrôjima en cet instant devait être le signe que quelqu'un, ou quelque chose avait vraiment énervé la mage d'eau. Après, s'il existait d'innombrables rumeurs, le point commun entre toutes était que l'on ne pouvait pas emmerder un mage des quatre éléments et espérer s'en tirer à bon compte.

La pluie avait cessé de tomber, mais la nappe nuageuse demeurait. Laxus et Mavis étaient tous les deux accroupis en bordure d'un trou qu'avait créé une attaque d'un des belligérants. Belligérants qui se trouvaient donc en dessous d'eux et qu'il pouvait observer à loisir sans être découvert grâce au sort de dissimulation de Mavis.

De ce qu'il pouvait voir, l'équipe de Natsu, plus la petite bleue étaient dans un sale état. Ils avaient dus avoir plusieurs adversaires avant d'en arriver jusque-là, et l'estime qu'avait Laxus pour eux augmenta quelque peu. Ils étaient tous allongés, blessés et le seul qui restait debout était un vieux à longue barbe.

'Ainsi c'est lui, l'homme à abattre' pensa Laxus avant d'étudier le Maître de la guilde de Grimoire Heart.

« Les fées ont-elles des queues ou pas? Une énigme éternelle. En d'autres termes, un voyage éternel. Si je me souviens bien, c'était le raisonnement derrière le nom de la guilde. Mais votre voyage sera bientôt terminé. La volonté de Mavis m'a été transmise. Et la mienne a été transmise à Makarov. Mais c'était une erreur, Makarov a changé la guilde, affirma Purehito.

— Qu'est-ce que t'as contre le changement? Rétorqua Natsu

— Il a trop exposé la magie à la lumière du soleil!

— C'est ça, notre Fairy Tail! On est pas des morts vivants comme toi! Nous vivons en mettant nos vies en jeu, enfoiré! Si tu n'as pas le courage de changer, alors arrêtes de vivre! Cria le dragon de feu, toujours à terre.

— Ferme la, petit démon!, ordonna-t-il avant de commencer à mitrailler Natsu de balle de magie condensée. Si vous voulez blâmer quelqu'un, blâmez Makarov. C'est à cause de Makarov que tu souffres à mort! Continua-t-il en poursuivant sa torture, sans savoir qu'au-dessus de sa tête, un autre dragon les regardait et sentait son sang commencer à bouillir.

— Toi...Vengeance pour le vieux… articula péniblement le rose, têtu jusqu'au bout.

— ça suffit, disparais » le coupa le Deuxième, tandis que Mavis éclatait en sanglots silencieux aux côtés de Laxus.

Le maître de la guilde noire leva une dernière fois son bras et la couleur violette de sa magie envahit l'intérieur du bateau. Laxus, quant à lui, s'était relevé, le visage levé vers le ciel.

' Quand bien même, il ne faisait plus partie de cette guilde, elle restait la sienne.

Quand bien même, il ne pouvait supporter plus de deux minutes la présence de ces faiblards d'en bas, ils restaient des camarades pour lui.

Quand bien même il était en froid avec son grand-père, c'était ce vieux nain qui l'avait élevé et appris tout ce qu'il savait.

Alors Deuxième Maître de Fairy Tail ou pas, ce vieux borgne de mes deux allait faire la connaissance de Laxus Draer, et pas plus tard que tout de suite ! '

Il n'eut même pas à l'appeler.

La foudre, sa sœur, sa monture, sa force et sa fierté vint à lui pour le prendre et le déposer devant son adversaire.

Son ennemi.

Il se redressa complètement et défia du regard l'homme qui fut surpris une fraction de seconde devant son apparence.

Laxus, lui était concentré pour ne pas se laisser submerger par sa colère.

Il savait. Il ne pouvait pas donner le coup de grâce…

Mais un coup de main, ça il pouvait.

« C'est lui qui a blessé le vieux ...Natsu ? demanda-t-il à un dragon slayer de feu surpris, heureux et reconnaissant.

— Laxus »


NdlA : Ce chapitre m'a paru long, mais finalement, il est moins long que le précédent. Pour se remettre de ses émotions, l'auteur va aller terminer de mater l'arc Tenrô, pour la énième fois XD. Et vous ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?