Hello les gens !

J'espère que vous passez tous des bonnes vacances, moi j'ai fini les miennes... Eh ouais, c'est très triste. Et pour fêter ça, je suis bombardée d'examens dans à peu près toutes les branches avec des tonnes de vocabulaire (allemand & anglais), un oral (géo) et... de la chimie que j'aime tant (mon Dieu). Oh, et un peu de latin aussi sur César mon ami. Pire fun.

Je poste ce chapitre assez rapidemment, pas eu le temps hier parce que j'étais trop fatiguée. Je suis toujours fatiguée moi. Je dois avoir une maladie bizarre, ou bien c'est l'école qui m'épuise. Voilà, c'est sûrement ça.

Bon, bon. J'ai mis plus de temps pour écrire ce chapitre MAIS il est plus long que tous les autres ! Alors j'estime être pardonnée ;) On parle surtout de Narcissa, un peu Lucius, un peu Ginny... Mais vous aurez droit à une merveilleuse rencontre entre Drago et Hermione. Chuis gentille, quand même, hein ? Un tout petit peu !

Alors merci beaucoup beaucoup à : Nutellah, Azalan, loulou, EtoileDeNeige, Roze Potter, Tiana, littlebeattle, Miss Lilith Samael, Entschuldigung, petitefolle, susysucredorge, nini, Dame Angelique Malfoy, Fanny, guymiokis, TitePlume, Hachiko06, Margaux.R., Caella, nandouillettemalfoy et khalya !

Disclaimer : Tout à JKR, rien à moi.

Titre : Go ask Alice

Certains l'auront reconnus, d'autres pas, donc je précise : ça vient de la chanson White Rabbit, de Jefferson Airplane. Allez l'écouter en lisant, c'est en tout cas cette chanson qui m'a inspiré la fic et, tout naturellement, le prénom de la fille !

Résumé : Drago esquissa un geste, mimant un chapeau imaginaire, et s'inclina sans la lâcher du regard : 'Je ne doute pas qu'Alice te fascinera. Tu as toujours aimé ça, les secrets de famille.' HGDM

Rating : K.

Bonne lecture !


Pansy sentit sa gorge se serrer. L'image d'une petite blonde aux yeux clairs et au sourire trop doux pour être vrai lui arriva en plein cœur et dans un premier temps, elle ne sut comment réagir.

Melissa. Tendre souvenir. Mais Melissa, ça avait été la pire, il n'y aurait pu avoir un mot plus représentatif que ça. Alors elle s'alluma une autre cigarette. Elle resta à la fumer sans bouger pendant plusieurs minutes et Drago ne dit rien. Il attendit, attendit qu'elle se décide et puis elle finit par dire :

« Melissa, oui. Non. Tu tiens encore à elle ?

– Peut-être.

– Mais elle n'est pas morte ?

– Non. Enfin, je ne crois pas. »

Elle soupira, ne répondit pas. Alors Drago se redressa et regarda le ciel noir par la fenêtre. Il serra la main de Pansy entre ses doigts et murmura :

« Il se fait tard. »

Elle hocha la tête et voulu parler mais il posa un doigt sur ses lèvres alors elle finit par lui sourire doucement. Et le regard du jeune homme semblait dire « Melissa ? Quelle importance… » Mais elle savait combien c'était faux.

Lorsqu'il rentra chez lui, il s'endormit comme jamais. Brusquement apaisé : demain était un autre jour.


Alice crache le peu de souffle qu'il lui reste. Elle a arrêté de trembler depuis trois jours, elle a compté. C'est faux que le temps s'arrête à présent il s'accélère et il empire. Elle respire. Elle regarde le soleil qui se lève mais Melissa ne vient pas.

Alors Alice ne comprend pas. Trois jours. C'est comme une douceur, cette douleur qui lui mord le cœur.


Hermione passa la journée suivante sur le dossier d'Alice Malefoy. Deux ou trois fois, une infirmière vint lui annoncer que la petite n'avait rien mangé et qu'elle ne voulait pas sortir. La jeune femme voulue aller la voir mais finit par envoyer un de ses confrères.

« Elle ne parle pas. », déclara ce dernier une heure plus tard.

Alors elle ne sut plus quoi faire. Elle tourna et retourna les feuilles qui constituaient la vie de cette petite fille en surveillant parallèlement les hiboux qu'elle recevait. Il n'y avait rien de la part de Seamus.

Hermione reprit la lecture du dossier d'Alice. Le nom de sa mère n'était pas mentionné et Hermione s'exaspérait. Alice n'avait même pas été à Poudlard alors que l'école de sorcellerie aurait dû lui être obligatoire. Mais évidement, avec des dédoublements de personnalité… La jeune femme se demanda si Drago l'aimait. Il avait dépensé tellement d'argent pour elle – en cours privés, en vêtement, en voyage, en jouets et rien que pour cet hôpital – mais il n'était pas encore venu la voir et ne semblait pas prêt à faire l'impossible pour la guérir. On aurait dit… qu'il voulait juste sauver les apparences. On devait avoir commencé à jaser sur cette enfant bizarre. Mais tout de même…

Hermione fit glisser la photo d'Alice qui ornait la première page du dossier et elle la trouva très représentative de l'ironie qui entourait la vie de cette petite fille. Sur l'image, elle ne bougeait pas. Elle regardait droit devant et sans aucun sourire. Malgré ses beaux habits et le beau paysage qui s'étalait derrière elle, il y avait toujours au fond de ses yeux cet éclat, cette étincelle brûlante qui ne lui appartenait pas.

Ce n'était pas de la folie. C'était autre chose.

La jeune femme savait que dans certains cas très rare, certains sorciers pouvaient être si désespéré qu'ils trouvaient le moyen de puiser dans les forces de quelqu'un d'autre. Ils en prenaient possession. Et Alice avait treize ans, elle pouvait être maniable à souhait. Mais qui ? Qui pourrait user ses dernières forces ainsi, d'où et surtout… surtout… pourquoi ?

Hermione rejeta ses cheveux en arrière. Les six heures sonnèrent sur la grande horloge et elle se dit qu'il était temps qu'elle rentre chez elle, elle était épuisée. Mais Alice l'intriguait plus qu'elle n'aurait dû parce que, il fallait bien se l'avouer… c'était la fille à Drago et rien que ce mot faisait renaître en elle ce sentiment qu'elle pensait pourtant avoir réussi à enterrer.

La haine.


« Où est-ce que tu vas ? »

Narcissa se glaça sur le pas de la porte en entendant la voix de son époux résonner à travers toute la chambre à coucher. Elle lâcha la poignée comme si elle l'avait brûlé et se retourna lentement vers lui :

« Je pensais que tu dormais.

– Eh bien non. Qu'est-ce que tu fais ?

– J'allais aux toilettes.

– Ah oui ? Parée pour sortir, la cape sur les épaules et les chaussures aux pieds, tu allais aux toilettes ? Tu plaisantes, j'espère ? Où est-ce que tu vas ? », répéta-t-il avec un tremblement de colère.

Elle se tendit. D'habitude, il avait le sommeil lourd, mais cette fois… il avait mal choisi sa nuit, c'était le moins qu'on puisse dire.

« S'il te plaît, ne parle pas aussi fort : tu vas réveiller Drago.

Et alors ?

– Ce que tu peux être puéril, parfois ! cracha-t-elle. Je dois aller voir quelqu'un. Voilà. Tu es content ? Tu vas arrêter de hurler ?

– J'ignorais que tu avais un amant… »

Narcissa secoua rageusement la main :

« Oh, je t'en prie, ne commence pas ! Tu sais très bien que je n'en ai pas, par Merlin, ce n'est pas l'heure pour une crise de jalousie !

– Ce n'est pas non plus l'heure pour sortir. Regarde-toi ! Tu passes ton temps à disparaître, à voir des gens sans me donner leur prénom et tu es glaciale chaque fois que tu mets les pieds dans ce manoir.

– Qu'est-ce que tu veux entendre ? s'exaspéra-t-elle. Qu'est-ce que tu attends de moi ? Que je te dise que je t'aime ?

– Je…

– Je ne vais pas te courir après, je ne vais pas passer mon temps à te rassurer ! On a dépassé ce stade, je crois. Tout ce que tu as à savoir tu le sais, maintenant si tu refuses de le comprendre, que veux-tu que je fasse ?

– Rien.

– Tu sais comment je suis, par Merlin, Lucius !

– Froide. »

Elle se mordit les lèvres :

« Ce n'est pas vrai.

– Froide et parfaite. Incapable d'exprimer le plus minime sentiment tu ne vis que pour les apparences et tu t'y perds. Voilà comment tu es. »

Narcissa ne trembla pas. Si elle l'avait pu, alors peut-être, oui, qu'elle l'aurait fait. Sûrement même, parce qu'elle le sentait bien, ces deux dernières années, qu'ils étaient en train de se perdre. Seulement, elle ne voulait pas se l'avouer, elle ne voulait pas se faire du mal. Ce mariage… c'était certainement la seule bonne décision qu'on avait pris à sa place. La seule qu'elle ne regrettait pas et qu'elle ne voulait pas détruire.

« Je ne peux pas changer, Lucius. »

Et comme il ne répondait pas, elle rajouta doucement :

« J'ai une affaire à régler. Il faut que j'aille voir quelqu'un, pour Melissa. Et tu sais… tu sais, je suis désolée de ne pas être la personne qu'il te faudrait. »

Alors Lucius voulu parler mais la porte avait déjà claqué. Il se retourna dans son grand lit, les yeux grands ouverts sur les moulures immaculées qui ornaient le plafond. Et se mit à trembler et il voulu la rattraper pour lui dire que ce n'était pas vrai, qu'elle ne devait pas s'en vouloir parce qu'elle était la personne qu'il lui fallait, la seule sûrement, que tout autours pouvait bien s'exploser tant qu'elle souriait, qu'elle pouvait le tromper, lui faire tout le mal qu'elle voudrait, rien n'y changerait. S'il avait voulu une autre, il serait parti depuis longtemps.

Et Lucius se crispa en ouvrant les yeux. Leva les bras, se cogna au mur. Alors il serra les lèvres et regarda ses mains il eut brusquement l'impression d'entendre des cris et ne put plus détacher son regard de ses mains salie par tout ce sang.

Ce n'était pas à son épouse qu'il en voulait. C'était à lui-même.

Narcissa, elle, avait les mains blanches. Douces et glacées, les mains manucurées. Le sang, elle l'avait lavé sans rancune juste après l'avoir fait couler. L'avait oublié, enterré. Parce qu'elle ne craignait personne : ni la justice, ni les hommes.

Lorsqu'elle s'engouffra dans la nuit, glissant sur les pavés et respirant l'air frais, elle étouffa un frisson. Aux yeux des autres, elle ne pensait jamais à rien en détruisant les obstacles : elle avait l'âme noire et les lèvres gercées par l'absence, par le désir qui la consumait, tout ce désir évaporé. Pourtant, ce soir-là, elle avait le cœur battant en marchant. Elle s'empêchait de trop penser à ce qui venait de se passer, à Lucius qui la haïssait autant qu'il l'aimait parce que ce n'était pas le moment. S'il avait cette culpabilité idiote qui le rongeait depuis la fin de la guerre, elle n'y pouvait rien.

Alors elle arrêta de penser et se faufila à travers les routes illuminées. Elle aimait cette sensation de liberté mêlée à une solitude indéfinissable et, une fois sûre qu'aucun moldu ne viendrait à l'apercevoir, elle transplana. Aucun sentiment. Juste des actions, un pas devant, deux ou trois sorts. Elle n'avait besoin de rien, elle réfléchirait demain.

À Londres, il pleuvait. Narcissa resserra son manteau autours de sa taille et ajusta sa longue écharpe tout en scrutant l'ensemble d'immeubles grisâtres qui se dressait devant elle.

Le numéro sept. Juste là, en face. Elle sourit en traversant la porte, jeta un dernier regard en arrière puis ouvrit la porte. La lampe qui éclairait l'entrée frémie en grésillant lorsqu'un courant d'air froid passa. Elle pénétra à l'intérieur du couloir et se hissa jusqu'au premier étage où se tenait qu'une seule et unique porte. Elle respira alors et regarda sa montre : une trois quinze du matin, parfait prit encore soin de détacher ses cheveux de la lourde pince qui les retenait avant de se décider à sonner. L'impatience coula dans ses veines comme un bonheur immaculé.


Ginny ouvrit brusquement les yeux et se redressa sur son lit, le cœur battant et le souffle court. Elle tourna la tête en direction de son réveil et son estomac se tordit lorsqu'elle aperçut l'heure qu'il était. Elle ne comprit pas tout de suite l'angoisse qui l'avait poussé à se redresser aussi tôt et ce ne fut que lorsqu'elle passa une main sur son visage qu'elle réalisa ce qui se passait : à quelques mètres d'elle, la sonnette hurlait.

Rejetant ses couvertures, elle chercha à tâtons sa sortie de chambre roulée en boule au pied de son lit. Ses pieds frôlèrent le sol glacé et elle frissonna en s'habillant vaguement. Jura entre ses dents aussi : quel imbécile pouvait venir lui rendre visite au milieu de la nuit ? Pourtant, elle gardait une mauvaise intuition jusqu'à ce que, ouvrant la porte, elle étouffe un hoquet de surprise et blêmisse en découvrant son visiteur :

« Qu'est-ce que…

– Bonsoir Ginevra ! chantonna Narcissa Malefoy tout en lui tendant une main délicate. Je suis vraiment navrée de venir ainsi vous déranger au milieu de la nuit cependant, compte tenu de ce que j'ai à vous dire, j'ai estimé qu'il était préférable que personne ne nous aperçoive ensemble. »

Ginny cligna des yeux :

« Pardon ?

– Dès que je serai entrée, tout sera bien plus clair, déclara Narcissa. Nous pourrions parler autours d'une tasse de thé, par exemple ? »

Ce ne fut que lorsqu'elle fit un geste en direction de l'entrée que Ginny réalisa vraiment ce qui se passait. Une furieuse envie de la tuer lui monta à la gorge :

« Je ne crois pas, non ! Vous m'excuserez mais je vous prierai de partir : je dormais.

– Allons ! Nous n'en sommes plus à là. Et vous ne voudriez tout de même pas que je me retrouve à vous menacer pour pouvoir passer, n'est-ce pas ? »

Ginny ricana légèrement et se posta un peu mieux devant sa porte, les bras croisés, bloquant ainsi tout passage possible :

« J'aimerais bien voir ce que vous pourriez me faire, vous. Votre position sociale tangue depuis la fin de la guerre, vous êtes faible. Le moindre faux pas et…

– Et vous tombez avec moi ! – Narcissa prit un air fatigué : Si je vous parle de poison, de commandes gardées, de témoins et de deux ou trois morts peut-être que la mémoire vous reviendra ? »

Ginny Weasley se glaça et, tandis qu'elle laissait ses bras retomber le long de son corps, Narcissa en profita pour se glisser rapidement à l'intérieur.

Le poison. Elle pu presque sentir l'odeur de la guerre pénétrer dans son salon. Le poison, le poison, le poison… La jeune rousse referma lentement la porte et se retourna lentement vers sa visiteuse :

« Que savez-vous exactement ?

– Pas grand-chose, juste l'essentiel, avoue cette dernière. Ce que ma sœur a daigné me dire mais je n'ai jamais été mangemorte. Les seules de vos victimes que je connaisse sont celles qui m'arrangeaient et à présent, aussi comique que cela puisse paraître, j'ai besoin de vos talents. Une dernière fois. Rogue est mort, c'est très fâcheux et je n'ai jamais été douée en potion.

– Je ref…

– Voyez-vous, je ne sais pas si vous êtes vraiment en pouvoir de le faire.

– Je ne veux plus faire ça, je ne suis pas comme ça, je ne suis pas comme vous ! siffla Ginny. Vous ne comprenez pas !

– Quoi donc ? L'attrait du mal ? Détrompez-vous, je pense au contraire être la mieux placée pour le comprendre. C'est pourquoi je suis ici et vraiment, je suis navrée de venir réveiller vos vieux démons mais je n'ai pas eu le choix.

– C'est ça, oui.

– Je vous assure. Mais ne vous en faites pas : ce ne sera pas très long, juste quelques petits détails à arranger. »

La jeune femme ravala sa salive. Pendant quelques secondes elle ne sut quoi dire, quoi faire. Ses yeux virevoltèrent à travers la pièce puis elle se dirigea vers un fauteuil. Narcissa s'empressa de lui emboiter le pas.

« Permettez que je fume ?

– Au point où vous en êtes, je ne crois pas que vous avez besoin de ma permission pour vous croire chez vous. », lâcha la jeune femme.

Narcissa rit et ce rire sonna si faux, si construit, qu'il arracha un frisson à Ginny. La blonde s'en aperçut, elle alluma sa cigarette avec un sourire et cracha un peu de fumée opaque :

« Je sais ce que vous pensez de moi.

– Ah ?

– Oui. Vous vous dites que je suis méchante.

– C'est possible, en effet.

– Ma pauvre enfant…, susurra-t-elle. Je ne le suis pas, pourtant. On dirait, certes, mais les images sont si faciles à construire, de nos jours ! Elles se maquillent on en fait ce qu'on veut parce que ceux qui nous entourent ne cherchent pas au-delà des apparences... Alors vous voyez, dans cette société, tant que l'on sait faire semblant, nous pouvons tout manipuler. Ça fait longtemps que je l'ai compris alors j'applique. Je parais. C'est distrayant. Cela dit, ça peut également devenir lassant au bout d'un moment et on finit par se tromper soi-même. »

La fumée avait envahit toute la pièce et couvrait le visage de Narcissa. Ginny cligna des yeux l'odeur âcre vint lui chatouiller le nez, elle toussa légèrement :

« Qu'est-ce que vous voulez dire ? »

La blonde haussa les épaules. Elle soufflait dans l'air, elle soufflait sans cesser de regarder ses effluves qui tournoyaient.

« Vous savez, quand j'avais seize ans, le monde aussi était en guerre. C'était difficile de faire un choix si jeune. Il y a toute la pression des parents, des amis, et puis la peur. C'est étouffant, la peur. Ça bouffe de l'intérieur et on reste sans force face à ce qui nous arrive. Finalement, j'ai eu si peur que je n'ai pas choisie.

– Non, effectivement. Et vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes lâche, comme tous les Malefoy et comme tous les Black, cracha la rousse. Arriviste. Vous vous pâmez en société mais vous n'hésitez pas ensuite à vous écraser devant le plus puissant. »

Si Narcissa tiqua, elle n'en laissa rien paraître :

« Vous confondez. Vous croyez que c'est de la lâcheté alors que nous refusons simplement de jouer aux héros. La vie est plus importante que le reste. Elle n'a pas de prix et qu'importe ce que les autres penserons vraiment parce qu'on trouvera toujours le moyen de les faire changer d'avis. Alors que ceux qui ne vivent que pour la gloire… Harry Potter, par exemple ! Il est et restera dans tous les livres d'histoires. Chaque année, le monde des sorciers fêtera sa naissance, sa mort et toutes ces conneries. Mais dites-moi, Ginevra, qu'a-t-il gagné dans tous ça ? Si ça n'avait pas été lui, un autre serait un jour venu à bout du Seigneur des Ténèbres et à présent il est mort. Mort et enterré, et il n'a rien vécu, rien connu. Juste… la gloire. Les gens comme moi se fichent de la gloire, ils ont d'autres priorité et leur nom restera de toute façon dans l'histoire, certes, noyé parmi ceux de leurs nombreux ancêtres, mais ils seront là, ils brilleront au fil d'or. Mais la gloire… dites-moi, est-ce qu'elle vaut la peine du sacrifice ? Et quelle importance a-t-elle ? Quelle importance ? »

Ginny s'était mise à trembler. Elle repensait à Harry et elle avait envie de mourir. La voix de Narcissa résonnait dans sa tête et elle ne voulait pas, surtout pas, se dire que cette femme avait raison, qu'Harry n'était mort que pour la reconnaissance et qu'à cet instant, il ne restait plus rien. On ne pensait à lui qu'aux jours qui lui étaient dédiés le reste du temps, il restait dans l'oubli. Sûrement, on en parlerait dans les cours d'histoires, à Poudlard, et ces adolescents égoïstes allaient râler comme elle-même l'avait fait en apprenant toutes ces dates, tous ces évènements sans véritable sens.

« Vous avez tord, dit-elle doucement.

– Vous savez Ginevra, je crois qu'au fond de vous, vous me ressemblez. »

La jeune femme s'apprêtait à répliquer mais Narcissa continua :

« Sinon, pourquoi auriez-vous aidé le Lord ? »

Alors elle baissa les yeux.

« Ainsi, vous vous assuriez : quelle que soit l'issue de la guerre, vous pouviez survivre.

– Mais j'étais jeune, murmura-t-elle.

– On l'est toujours.

– Pourquoi voulez-vous du poison ?

– Pour empêcher justement mon fils de jouer aux héros et de s'écraser lamentablement. »


Cette nuit-là, Lucius ne parvint pas à se rendormir. Il resta éveillé à écouter battre son cœur en comptant les traces du passé qui sillonnaient la chambre à coucher.

Il y en avait partout. Dans ce grand miroir, il revoyait Narcissa qui coiffait ses longs cheveux blonds, Narcissa qui refusait de sortir de la maison, oh, il pouvait bien brûler, s'exploser, ce foutu manoir, il n'y avait rien à faire, elle devait se coiffer et alors même le Lord attendait. Puis il y avait justement cette brûlure, à peine visible, dans un coin du mur, faite par un Avada Kedavra raté parce qu'un soir, un des prisonniers avait réussis à s'échapper et n'avait rien trouvé de mieux que de monter. C'était la vengeance qui l'avait animé et Lucius s'était vu forcé de le tuer à ses côtés, Narcissa ouvrait de grands yeux révulsés. Il n'avait jamais oublié ce regard. Et il sentait les effluves de la guerre lorsque ses yeux croisait sa bouteille de parfum, il entendait les supplications d'innocents sincères en frôlant la minuscule fissure de sa baguette, et les lumières, et les rires, et les désirs, la pression, la peur.

Lucius soupira et voulu chasser ces images de sa tête lorsqu'il repensa à Alice. Au bordel que cette naissance avait crée, à tout ce qu'ils avaient dû cacher à cause de femme avec qui Drago avait eu la bonne idée de coucher. Il savait que Narcissa haïssait Alice parce qu'elle représentait tout ce qu'elle n'était pas, toute cette inconscience, cette inconstance que les Malefoy ou les Black ne pouvaient se permettre. Arrivée là par erreur, Alice était vu comme une tache à l'image de Narcissa, une erreur de nom, un brouillon.

Elle était le faux-pas de Drago. La jeunesse… et après tout, Lucius n'en voulait pas à son fils parce que ça arrivait à tout le monde de trébucher parfois. Même aux meilleurs.

Oh oui, surtout à eux d'ailleurs, et la chute était bien plus grande. Alors il ne parvenait pas à détester Alice. Ce n'était pas sa faute.

Melissa, c'était une toute autre histoire. Elle était mauvaise. La rancune lui avait bouffé le cœur depuis son enfance, elle ne vivait que pour la haine et avait fini par mettre son nez un peu trop loin. Le résultat avait été sans appel mais elle était encore vivante. Plus pour longtemps, certes, mais tout de même : ils la surveillaient depuis des années.

Parce que les Malefoy, comme toutes les grandes familles qui régnaient, avaient leurs secrets. Leurs lots de morts et de désolations, leurs mains pleines de sang.


Narcissa revint le lendemain matin, vers huit heures. Lucius était parti travailler alors elle s'assit au milieu de la cuisine et posa délicatement le petit flacon doré. Puis elle alla se faire une tasse de thé et s'alluma une nouvelle cigarette. Ce n'était plus dans son habitude, elle avait l'impression de retourner des années en arrière et toute cette fumée lui faisait tourner la tête mais elle en avait presque besoin depuis le début de la semaine. Elle mit un peu de sucre dans son thé, remua le tout et se brûla les lèvres sur le liquide. Elle reposa sa tasse et, pendant plusieurs minutes, tandis que sa boisson refroidissait, elle resta là, immobile, à observer le poison scintiller.


Drago Malefoy s'arrêta devant l'hôpital et hésita avant de gravir les marches. Il appréhendait cette visite cependant, comme Pansy lui avait fait remarquer, cela faisait bientôt une semaine qu'Alice avait été internée et… il fallait bien qu'il aille la voir de temps en temps, surtout qu'il n'avait rien de mieux à faire : il avait pris sa semaine. Et puis il voulait parler à Granger.

C'était encore très tôt, huit heures trente tout au plus et quelques patients se baladaient dans le parc. Il croisa le regard d'une femme entre deux âges. Vide. Sentit son cœur se nouer, puis relâcha en poussa la porte d'entrée.

Deuxième étage, couloir de droite mais avant, il y avait la secrétaire. Il marcha vers elle comme un automate et ses pas claquèrent sur le carrelage blanc. Blanc comme les murs, comme murs portes, comme le personnel. À l'intérieur de ce bâtiment, on ne trouvait aucune tache, comme si on s'efforçait de cacher la laideur de ce qui s'y trouvait.

« Bonjour, je m'appelle Drago Malefoy. Je suis le père d'Alice Malefoy. »

La jeune femme leva les yeux et il ne put s'empêcher de remarquer qu'elle rougit légèrement. Lui sourit, ironique.

« Ce n'est pas encore l'heure des visites, dit-elle très rapidement en détournant le regard.

– À vrai dire, j'aimerais tout d'abord voir le docteur Granger. C'est possible, je présume ? »

La secrétaire ouvrit de grands yeux :

« Elle… n'est pas encore arrivée. »

Drago marqua un temps d'arrêt et dévisagea la jeune femme qui lui faisait face. Elle était plutôt jolie – et innocente. Blonde aux yeux verts, les traits fins et l'air de quelqu'un qui n'a jamais su mentir.

« Quel est votre nom ? demanda-t-il.

– Pardon ? »

Drago s'approcha d'elle et posa une main sur son bureau :

« Votre nom, mademoiselle. »

Elle sembla légèrement affolée.

« Astoria Greengrass.

– Bien, alors écoutez-moi ma petite Astoria : je me fiche des ordres ridicules qu'a pu vous donner Granger, je me fiche de ses excuses et des sentiments qu'elle peut ressentir. Là, je veux juste lui parler un court instant, d'accord ? Il faut qu'elle comprenne : juste de ma fille et de rien d'autre. Alors maintenant, je vais tranquillement aller jusqu'à son bureau et vous serez gentille d'éviter de me faire des histoires. »

Elle sembla terrifiée et le jeune homme ressentit comme un plaisir. Il tourna les talons et fit semblant de ne pas entendre les raclements de la chaise qui signifiaient clairement que la secrétaire venait de se lever.

« Attendez ! – il s'arrêta juste pour les formes – Je… je risque de perdre mon boulot, moi ! »

Elle obtint un sourire moqueur en guise de réponse :

« Peut-être, ma chère. Mais pour tout vous dire, c'est le cadet de mes soucis. »


Elle savait déjà qu'il allait venir, elle avait entendu sa voix résonner dans le couloir. Elle tremblait, elle aurait voulu fuir et la porte s'ouvrit, claqua, l'emprisonna.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? siffla Hermione.

– Très heureux de te revoir également.

– Je ne plaisante pas : tu as entendu Astoria ?

– Oui et apparemment, elle s'est trompée : il paraît que tu n'es pas encore là mais c'est bien toi que je vois, n'est-ce pas ? »

Hermione serra les dents et observa le jeune homme. Il se moquait d'elle.

« Qu'est-ce que tu veux ?

– Savoir comment va ma fille, pour commencer.

– Elle ne mange plus, ne parle plus, ne dort plus.

– Ah. »

Silence.

« Ça n'a pas l'air de te toucher plus que ça, remarqua-t-elle, glaciale.

– Que veux-tu que je te dise… Non seulement c'est toi la psychiatre, mais pour être sincère, je m'y attendais. Et c'est pour arranger ça que je te paie.

– Tu es son père.

– Et alors ?

– Elle a besoin de toi. On est jeudi, elle est arrivée lundi. Je peux savoir pourquoi ce n'est qu'au quatrième jour que tu viens la voir ? »

Drago haussa les épaules :

« Elle se fiche que je vienne ou pas.

– Ah, tu crois ?

– Elle m'a demandé, peut-être ? »

Hermione étouffa un soupir :

« Non. Elle ne parle pas, je te dis.

– Tu vois ! Et ce n'est pas ma présence qui changera quoique ce soit ! Parce que si tu crois que j'ai eu de longues et profondes conversations avec elle, détrompe-toi tout de suite : depuis ses huit ans, elle ne s'est jamais contentée que du strict minimum.

– Ce que tu peux être con, Malefoy ! »

Drago tiqua :

« Tu deviens vulgaire. »

Il était resté debout, appuyé contre un mur et observait la jeune psychiatre. Il y avait une lueur au fond de ses yeux, quelque chose qu'Hermione se surprit à craindre. Elle respira et se mit à triturer ses dossiers.

« Tu voulais me dire autre chose ? lâcha-t-elle finalement.

– Non.

– Je ne peux rien faire pour faire tant qu'elle refuse de répondre à la moindre question, tu sais.

– Donne-lui des médicaments.

– Que veux-tu que ça change ?

– Je ne sais pas, Granger ! s'exaspéra Drago. Je ne peux pas l'aider non plus, cette gamine, parce que j'ignore tout autant que toi son foutu problème !

– Mais tu refuses de me parler de sa vie !

– Tout est dans son dossier. »

Alors Hermione devint blême. Elle perdit son calme parce qu'elle était trop fatiguée, parce qu'elle n'était toujours pas prête à voir Drago qui n'avait pas changé, parce qu'en parlant d'Alice elle avait l'impression de parler d'un mort, parce que… parce qu'elle se sentait mal et qu'il n'y avait personne à côté.

« Il n'y a rien dans ce putain de dossier ! siffla-t-elle. Rien, putain ! Et tu le sais parfaitement, Malefoy, parce que c'est toi qui es derrière ce vide ! »

C'était comme s'il n'avait fait qu'attendre cet instant :

« Mais oui, tout à fait ! s'énerva-t-il aussitôt. C'est ma faute, comme toujours ! Après tout, c'est tellement plus simple, n'est-ce pas Granger, de m'en vouloir !

– Je t'en veux ? Moi ?

– Tu balances toutes tes reproches alors que toi, tu ne bouges pas ! Tu n'as jamais bougé, tu n'as jamais pris le moindre risque !

– J'ai pris tous les risques, j'ai failli en crever et toi, tu n'as même pas été capable d'affronter tes tords ! »

Un silence de mort se fit. Hermione hoqueta brusquement et enfonça ses dents dans ses lèvres. Un filet de sang descendit le long de sa gorge.

« On ne parle plus d'Alice, remarqua doucement Drago.

– Non. On ne parle plus d'elle du tout… »

Il soupira. Passa une main dans ses cheveux courts, repensa à la discussion qu'il avait eu deux jours plus tôt en compagnie de Pansy. Il se souvint de l'angoisse. Et de la souffrance. Alors il hocha lentement la tête, croisa le regard détruit d'Hermione et posa une main sur la poignée de la porte.

« Je crois que c'est mieux que je revienne demain. »

Elle ne répondit rien. Se contenta de regarder sa silhouette sortir, s'enfuir une nouvelle fois et lorsque la porte se referma, elle se mit à trembler comme jamais.


Merveilleux tout ça. Oh le petit Drago est vexé, si c'est pas mignon !

Bon, prochain chapitre en tout cas pas avant la semaine prochaine. Mon week-end est bouffé par Marie qui loue le grenier et samedi et dimanche parce qu'on doit faire beaucoup, beaucoup, beaucoup de boulot. C'est très chiant. Même si j'aime beaucoup Marie, évidemment :) Donc, histoire à suivre. On va revoir Seamus !

Une petite review pour la route ?

Bisous

Ana'