Les inconvénients de la cohabitation
Titre : Les inconvénients de la cohabitation
Personnages : Léonard, Penny, Sheldon.
Résumé : Parfois, vivre avec un génie peut mener à des situations très inconfortables…
Rated : T (suggestion d'une scène érotique)
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Je n'ai fait que les emprunter afin de créer une histoire originale.
NB : Attention, légère scène érotique.
J'ai eu l'idée de ce petit OS, il y a quelques jours. J'espère qu'il vous plaira. Merci à ceux qui le liront. Je remercie également tous ceux qui ont pris la peine de laisser des commentaires sur mes OS.
Elle jeta un coup d'œil discret à l'homme couché à côté d'elle. Il portait de larges lunettes noires et arborait une mine sérieuse et concentrée. Ses yeux parcouraient avec attention un livre glissé entre ses mains. La jeune femme se pencha un peu pour lire le titre du roman.
« Les Robots et l'Empire » d'Isaac Asimov.
Penny fit une moue dubitative. Elle ne connaissait pas vraiment. Mais vu le titre, ça devait être un machin sur Star Wars. Une histoire d'Empire, de lasers, de robots et de galaxies. Bref, un truc qui ne l'intéressait pas et dont elle ne connaissait même pas l'existence, il y a quelques années.
Elle regrettait parfois l'époque bénie où elle n'associait pas le mot « force » à un étrange pouvoir qui étrangle les gens ou fait léviter des objets dans les airs. Cependant, elle ne se souciait guère de ce léger inconvénient lorsque, le soir, elle se couchait aux côtés de cet homme. La présence de Léonard à ses côtés avait un petit quelque chose de rassurant.
Pour la première fois, elle se sentait en sécurité.
Pas grâce à la robustesse de Léonard, bien entendu. Son petit-ami dont le point culminant était un mètre soixante-sept lorsque ses cheveux étaient légèrement ébouriffés, ne pouvait bien entendu pas rivaliser avec ses ex petits-amis. De plus, sa forme physique était au plus bas. Quelques semaines auparavant, il avait eu des courbatures pendant plusieurs jours parce qu'il avait porté trop longtemps la trilogie du Seigneur des Anneaux qu'il relisait pour la quatorzième fois.
Non, physiquement, Léonard n'avait rien de rassurant.
Cependant, il lui inspirait une profonde confiance. Sa tendresse, sa gentillesse et son attention constante pour elle la rendaient heureuse. Pour la première fois, elle croyait en l'avenir. Elle pouvait imaginer une vie paisible sur le long terme avec lui. Elle ne vivait plus au jour le jour. Léonard se tenait à ses côtés et la soutenait et ce, même lorsqu'elle jouait le rôle d'une femme-gorille dans un film affreux. Elle sourit malgré elle en y pensant.
Elle savait qu'il l'aimait et ferait tout pour la garder. De son côté, elle tentait de faire d'énormes efforts pour regarder des films horriblement longs et incompréhensibles avec lui. Leur couple étrange reposait sur des compromis.
Elle regarda avec tendresse Léonard qui fronçait les sourcils, concentré dans sa lecture. Délicatement, elle posa sa main sur l'épaule de son homme et laissa glisser ses doigts sur son torse. Le scientifique leva les yeux de son bouquin et l'observa par-dessus ses lunettes. Sa respiration devint plus rapide et légèrement sifflante.
-Je dois sortir mon inhalateur ? demanda-t-il d'une voix grave et légèrement tremblante.
Penny frissonna, trouvant la question incroyablement sexy. Elle laissa sa paume glisser sur le t-shirt de son homme, puis parcourir ses bras nus pour enfin se poser sur ses mains. Lentement, elle retira son livre et le jeta plus loin.
-Fini les histoires de Dark Vador, murmura-t-elle sensuellement.
-Ca n'a aucun rapport avec Dark Vador, protesta-t-il légèrement en entendant le bruit sourd que fit son pauvre livre en s'écrasant sur le sol.
Penny fronça les sourcils, arrêtant un instant ses caresses lascives, et fixa son petit-ami.
-Euh… Ouais. Fini les histoires de Dark Vador, se corrigea-t-il avec précipitation, craignant d'éteindre la flamme qui s'était brusquement emparée de sa petite-amie.
Penny lui fit un sourire en coin et se pencha vers lui pour embrasser tendrement son cou.
-Je sors mon inhalateur, gémit Léonard d'une voix rauque.
Il tendit une main tremblante vers sa table de nuit, ouvrit le premier tiroir et à tâtons, se mit à chercher le petit objet. Les baisers de Penny rendaient sa respiration laborieuse et erratique. Sa main trifouilla hâtivement dans un amas de désordre. Il n'avait jamais accepté que Sheldon vienne ranger sa chambre. Il le regrettait parfois. Surtout dans ce genre de moment.
Il risquait d'étouffer avant d'avoir trouvé ce foutu inhalateur. Avant que Penny n'en ait eu fini avec lui.
Une figure d'Han Solo, des ampoules neuves pour son sabre laser, une boîte de préservatifs périmés, vestiges de son long célibat et… son inhalateur !
Triomphant, il sortit l'appareil et la porta à sa bouche. Il prit une bonne bouffée et sentit aussitôt son souffle s'apaiser. Il était désormais prêt à lui en mettre plein la vue, même s'il devait par la suite souffrir de violentes courbatures.
Penny, quant à elle avait glissé ses doigts sous son t-shirt et caressait sa peau du bout des ongles. Léonard se mit à frissonner de plaisir à ce contact aérien, sentant la chaleur et l'envie monter en lui, tels des torrents tortueux et violents. Avant qu'il n'ait pu esquisser un geste, sa compagne repoussa la couette bleue qui couvrait la moitié de son corps et l'enjamba. Elle se mit tranquillement à califourchon sur lui. Un sourire béat flotta sur le visage de Léonard, complètement soumis et aux anges.
-Tu es prêt pour un long voyage ? Le passager vient de monter à bord, susurra-t-elle tout en relevant le t-shirt de Léonard pour laisser apparaître son ventre et son torse.
Le scientifique opina avidement, la gorge sèche. Sa respiration redevenait bruyante et rapide, malgré la dose qu'il venait d'inhaler, et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il risquait de mourir sur ce lit. Mais il s'en fichait. Ses pensées étaient totalement phagocytées par le désir qui le dévorait sans la moindre pitié. Un feu ardent secouait le creux de ses reins.
-Bien. J'ai gagné mon siège. Le train démarre, murmura-t-elle d'une voix profonde.
Les yeux de la jeune femme étincelaient dans la lumière tamisée de la lampe de chevet. Léonard émit un hoquet de plaisir en sentant les doigts de sa compagne passer sous son boxer.
-Oh. Oh. Je crois que le train est prêt. Il va bientôt s'engouffrer dans un tunnel, s'exclama-t-elle avec un sourire malicieux.
Soudain, un claquement se fit entendre dans le couloir. Des bruits de pas précipités emplirent tout l'appartement et s'approchèrent. Avant même que Penny n'ait pu esquisser un geste ou retirer sa main, la porte de la chambre de Léonard s'ouvrit à la volée. Sheldon entra brusquement, la respiration haletante et le regard fou.
Il portait son long peignoir à carreaux et un étrange képi bleu clair, gonflé au sommet de son crâne. Il parcourut la chambre du regard, cherchant visiblement quelque chose de précis. Le couple resta un moment interdit, paralysé par la surprise et l'étrangeté de la situation.
Sheldon se retourna vers eux, le regard empli de colère :
-Je vous ai entendu. Ne mentez pas. Vous êtes en train de jouer aux trains sans moi, éclata-t-il en tremblant de rage.
Léonard, pâle comme un linge, les yeux exorbités, partagé entre la surprise et l'agacement, se redressa un peu, tira la couette bleue sur lui et observa son ami. Ce dernier avait enlevé son couvre-chef de conducteur de train et le tordait nerveusement entre ses doigts fins.
-Mais… Sheldon… Il n'y a pas de train ! Sors de ma chambre ! s'emporta-t-il, le visage rouge de honte et de colère.
-Mais j'ai clairement entendu Penny parler d'un train qui allait entrer dans un tunnel. Or, il ne peut pas y avoir de jeu concernant les trains dans cet appartement, sans que j'y participe. C'est écrit dans notre contrat, paragraphe cinquante-trois, renifla hargneusement Sheldon.
Il regarda Léonard de haut, persuadé qu'il allait finir par avouer l'outrage, puis fronça les sourcils en remarquant que Penny était assise sur son ami. Et que sa main était placée à un endroit relativement incongru.
-Oh Seigneur, fit-il en réalisant ce que cela signifiait, sous le regard mortifié de Penny.
Il secoua la tête, tout en fixant cette scène étrange.
-Vous êtes en train de faire un jeu sexuel. Et Penny comparait ton pénis à un train en raison de sa forme allongée et de sa texture rigide lorsqu'il est en érection. De même, elle a métaphorisé son propre vagin par l'image d'un tunnel, avança Sheldon en croisant les bras, le regard pensif.
-C'est tellement excitant quand tu l'expliques de la sorte, ironisa Penny sur un ton sec.
-Amy ne serait pas contente si elle apprenait ce que tu viens de dire. Tu ne devrais pas exprimer oralement le désir sexuel que tu éprouves pour moi, s'offusqua Sheldon.
-C'était un sarcasme, Sheldon, rétorqua sèchement Penny en baissant la tête.
-Oh. Un jour, j'espère finir par percevoir l'ironie, soupira Sheldon.
Il secoua la tête, visiblement déçu ne pas avoir réussi à repérer le sarcasme de Penny. Il n'était vraiment pas bon à ce jeu.
-Maintenant, sors immédiatement de cette chambre ! s'écria Léonard dans un couinement aigu et irrité, faisant sursauter le jeune homme qui se tenait debout, les bras ballants, au milieu de la pièce.
-C'est vrai qu'il est inapproprié de rester là alors que vous êtes sur le point d'avoir un coït. Désolé pour l'intrusion. Bonne soirée, s'excusa-t-il avant de tourner les talons et sortir de la chambre d'un pas raide.
Penny regarda avec soulagement la porte se refermer sur l'éminent docteur. Elle était complètement refroidie et horrifiée par la scène surréaliste qui venait de se dérouler devant eux. Honteuse, elle enleva sa main du boxer de Léonard et se laissa lourdement tomber sur le lit. Léonard regardait le plafond, livide. Le calme revint dans la chambre.
Un frappement et la voix nasillarde de Sheldon troublèrent aussitôt le silence.
« Toc ! Toc ! Toc ! »
-Penny et Léonard !
« Toc ! Toc ! Toc ! »
-Penny et Léonard !
« Toc ! Toc ! Toc ! »
-Penny et Léonard !
Léonard se releva brusquement et hurla :
-Quoi encore ?!
La porte s'ouvrit timidement et Sheldon passa sa tête dans l'embrasure. Ses yeux étaient un peu fuyants.
-Je ne pense pas qu'un train soit approprié pour parler de ton pénis. Le train est bien trop massif et trop grand pour désigner ton sexe. Ensuite, le train est en contact avec sa « base » de manière horizontale. Ton pénis en érection est dressé de manière vertic… commença Sheldon.
-Sheldon ? le coupa Léonard.
-Oui ? répondit le génie en levant un regard étonné vers lui.
-Si tu ajoutes un mot de plus, je te fais avaler toute ta collection de trains, le menaça Léonard en tremblant de rage.
La porte se referma aussitôt.
Fin.
J'espère que cet OS vous a plu. N'hésitez pas à me donner votre avis.
Merci de l'avoir lu !
