A nos coeurs volés

Reconnaissance de dette: Squarenix, pourquoi es-tu Squarenix? Et pourquoi n'es-tu pas moi?

Note d'une catastrophe cosmique (heu, non, pas Jénova...): Coucou tout le monde!^^ Navrée d'avoir mis tant de retard!! J'ai combien, trois ou deux semaines de retard? Me rappelle plus....En tout cas, voilà enfin le dernier chapitre!^^ Il a été vraiment très dur à écrire, celui-là, plus que tous les autres! J'espère qu'il clôtura correctement cette histoire mais personnellement, je suis assez contente de la fin. En même temps c'est juste un gros ramassis de bêtises que j'avais vraiment envie d'écrire. Que voulez-vous, bien que je n'ai jamais décrit Storm, c'est un personnage auquel je me suis attachée!^^

La case "spéciale" de la soirée:

Tout d'abord Un gros Joyeux anniversaire!^^ à KimieVII. (très en retard, ok!, mea culpa!^^) Plein de bisous, plein de bonheur, et plein d'hommes! (Bah quoi? C'est ce qu'il faut, nan?) ;D

Ensuite un gros merci à Lenaleska! Parce que j'ai su la fameuse date à souhaiter grâce à ton site, et aussi un énorme merci pour l'article que tu as écrit à propos de cette fic dessus!^^ Merkiiii! XD Je t'aime très fort, veux-tu m'épouseeeeeeer!! XD

Sur ce, bonne lecture!^^

Chapitre 4: Ladyboy


A nos coeurs volés

Anos flêches en lambeaux

Nous serons mille

Nous serions deux

Le coeur battant

Le coeur glorieux


"Tu es sûr que c'est par là?"

Le ton accusateur de Cloud, sourcils froncés, ne laissait pas douter de ce qu'il pensait. Depuis une heure qu'ils tournaient en rond dans la ville, le blond commençait vraiment à douter des dires de son ami. Alors comme ça, il connaissait tout Migdar sur le bout des doigts? Quoiqu'il ensoit, ils marchaient depuis trop longtemps à la recherche de ce fichu resaurant Wutaïen dont Kunsel leur avait parlé. Le temps n'y arrengeait rien: il y avait un vent de tous les diables et Cloud se demandait si une tempête n'allait pas purement s'abattre sur la cité de béton. Zack, lui ne témoignait d'aucun doute sur la route qu'il empruntait à présent. Un rue un peu miteuse. elle lui rappelait vaguement quelque chose.

Il chassa cependant cette impression de déjà-vue puis rattrapa à l'aide de grandes enjambées Zack, qui avait pris de l'avance pendant qu'il réflechissait. Tirant légèrement sur sa manche kaki, blouson caractériel des Soldats de la Shinra, il parvint à attirer suffisament son attention pour tenter de lui soustraire une réponse.

"Alors?"

"Mais oui! La terre est ronde, non?"

"Tu sais que ce genre de phrases ne me dit rien qui vaille quand elles sortent de ta bouche?"

"Tu sais ce qu'on dit: tous les chemins mènent à Costa Del Sol! Alors pourquoi pas au resto Wutaïen?" répliqua-t-il comme s'il s'agissait-là de la plus simple des évidences.

Cloud ressentit un besoin immense de le saisir par le col et de le secouer comme un prunier pour lui rappeler qu'ils vagabondaient depuis une éternité, qu'il avait faim, et que si cela n'avait tenu qu'à lui, ils auraient tranquillement mangé un plat maison en tailleur sur le sofa de Zack. Il fut lui-même étonné de cette cruelle envie: depuis quand était-il devenu aussi peu patient envers Zack?

En y réflechissant un peu, la réponse ne se trouvait pas bien loin. Depuis deux semaines le brun était tout bonnement devenu...adorable. Non, il ne voyait pas d'autre mot -à son grand désarroi- pour traduire les sourires charmeurs, les petits gestes attentionnés, les câlins intempestifs (et surtout de plus en plus nombreux) et autres actes qui attaquaient durement sa carapace. A force de se retenir d'agir comme un amant plutôt qu'en ami, Cloud devenait irritable. Néanmoins Zack ne paraissait pas remarquer ce changement de comportement. En cas contraire, il ne disait rien.

C'est en passant devant un porte bien connue que le Troisième Classe détermina enfin leur position.

"Zack!" s'écria-t-il d'une voix agacée. "Ce n'est pas dut tout de ce côté!"

Le jeune Soldat se sentait être de plus en plus désagréable au fur et à mesure que sa nervosité augmentait. Cet idiot de Zack les avait mené tout droit devant chez Léon! Il ne tenait aucunement à ce que le destin -et sa grande amie la poisse- ne trouve la situation propice à une rencontre entre l'homme cher à son coeur et l'homme cher à son lit.

"On est rue Mackina" expliqua-t-il au regard perplexe. "La grande rue des restaurants est à l'autre bout de la ville, même en prenant un bus ils ne nous accepteront pas, il est plus de dix heures."

"Oh..."murmura l'aîné, visiblement déçu. "Je suppose que nous n'avons plus qu'à rentrer. Tu manges à l'appartement?" questionna-t-il les yeux brillant d'espoir.

Cloud hocha affirmativement le menton. A présent le brun semblait être doublement de bonne humeur, lui si abbatu de ne pas pouvoir emmener son ami au restaurant comme promis, un poignée de secondes plus tôt.

Ils se retrouvèrent ainsi attablés dans la petite cuisine de l'aîné. Cloud, avachi, les bras croisés sur la table plastifiée, observait son camarade s'affairer aux fourneaux. Une délicieuse odeur s'échappait déjà de la casserole, provoquant un cri d'outrance de la part de son estomac affamé. L'appel traversa l'espace et heurta les oreilles du cuisinier qui ne manqua pas de se moquer ouvertement de la chose alors que le blond, écarlate, lui grognait un "crétin!" renfrogné. Malgré tout l'ambiance restait légère.

Pour se changer les idées Cloud parcourut la pièce du regard. Il aimait ces meubles sans prétention et la douceur qu'engendrait l'harmonie entre eux. Zack avait laissé la plupart des murs peints en blanc, prétextant que cela apporterait plus de lumière, ce qui faisait d'avantage ressortir la couleur verte pomme du canapé. Le sofa ne prenait qu'une maigre place dans la pièce servant à la fois de salle à manger, d'entrée et de salon, mais sa couleur...Cloud n'en revenait pas que l'on puisse réellement posséder un objet pareil. L'épéiste lui avait raconté qu'au début de sa carrière il avait récupéré le canapé dans un des rares vide-greniers de printemps car il venait d'avoir son propre studio -vive l'arrivé en Seconde Classe!- mais n'avait pas les moyens de le meubler à neuf. L'objet était le seul restant du début de la vie de Zack au sein de la Shinra et symbolisait, en quelque sorte, le trajet qu'il avait parcouru depuis les barraquements des Cadets. Du moins, c'était l'excuse qu'il sortait à son ami pour justifier la présence horripilante du sofa dans son appartement.

Un repas plus tard ils étaient de nouveau en train de ne rien faire, chacun tentant de son côté de trouver une activité. Il n'était que minuit et ils mourraient tout d'eux l'envie de s'amuser. Néanmoins la console en-dessous du téléviseur ne les attirait pas plus que cela. Tout à coup, le brun bondit du canapé et s'écria joyeusement:

"Eh, mais Cloudy! Tu en connais des boites de nuit, toi!"

"Parce que toi non?" répondit-il placidement.

"Je veux dire, tu en connais plus que moi! Où tu vas danser, d'habitude?"

Cloud savait au fond de lui-même qu'il aurait dû retenir les mots qui allaient franchir ses lèvres. Mais il n'en n'eut guère le temps que déjà il s'évadaient:

"A l'Extase."

"Et si on y allait? Oh, dis oui, Cloudy! J'ai terriblement envie de danser! Et puis, "ajouta-t-il afin de convaincre entièrement son interlocuteur sceptique, "ça fait un bail qu'on est pas sortis, toi et moi."

Le blond mit un temps avant de répondre à l'affirmative, hochant silencieusement la tête. Qu'était-il en train de faire? Emmener l'objet de son affection à l'endroit même où il rencontrait ses conquêtes? Avec toutes les possibilités pour qu'il se fasse aborder, lui qui était reconnu comme un habitué? C'était de la folie pure! Et pourtant le charme de Zack fit son effet. Il se retrouva bientôt pressé par le brun pour se préparer dans la salle de bain, les deux compagnons se hâtant comme s'ils étaient poursuivis. Cette hâte peignait l'escapade d'un doux ton d'aventure qui ne lui déplaisait pas et provoquait chez lui une légère euphorie.

Le réveil de ce joyeux brouillard prit la forme d'un néon clignotant. Quand il réalisa ce qui venait de faire, Cloud ressenti le besoin irrésistible de prendre les jambes à son cou et d'embarquer Zack au passage, loin, très loin de ce lieu de perdition. Mais la main de son aîné lui crochant fermement le bras pour passer devant le vigile l'en retînt. L'homme en costume salua d'un geste du menton Cloud, qui le lui rendit par réflexe.

Heureux hasard pour lui il n'y avait pas encore beaucoup de monde à cette heure peu avancée de la nuit. Les habitués n'étaient pas encore arrivés; l'ambiance sulfureuse n'avait pas encore pris ses quartiers sur la piste de danse.

"Wouah, j'adore cette chanson!" cria Zack par dessus la forte musique.

Il le tira sans ménage sur la piste de danse.

Des gros points arc-en-ciel sur le parquet boisé, une sandale abandonnée (on laissait entrer les gens en claquettes maintenant?), une capote dans son emballage...tel fut le spectacle que lui offrit le sol lors de son bond vers l'avant -Zack et sa légendaire délicatesse! Sa main fut relâchée une poignée de secondes plus tard.

Une heure passa. La foule commençait à se rassembler à "L'Extase". Prit par la musique, peu fameuse mais entraînante, cloud s'était détendu et se lâchait à présent librement. A sa droite Zack se déhanchait également, emporté lui aussi par le tempo endiablé. Les corps, trop nombreux, possédaient de moins en moins de place et se frôlaient. Zack sentait la chaleur monter et son confort diminuer mais il n'en pipa mot. Il préférait continuer de dancer et de dévorer Cloud du regard. Son ami ne le remarquait nullement. Bien qu'ils soient restés l'un près de l'autre la communication se révélait hardue, alors le brun en profitait pour observer Cloud bouger et l'expression qui le fascinait sur le visage du cadet.

Visiblement le Première classe ne s'était pas attendu à ce que tant de monde envahisse les lieux. Au milieu d'une chanson, il tapota l'épaule de son camarade et lui proposa, en hurlant pour couvrir la musique, de prendre un verre au bar. Le blond lui répondit par un sourire -il n'avait pas envie de s'égosiller, lui!

Ils se frayèrent un chemin parmi les corps ondulants jusqu'au bar. Un homme de forte carrure, à la tignasse rousse et bouclée, salua les deux arrivants. Ses yeux s'allumèrent lorsqu'ils reconnurent le blond qui prenait place sur un des hauts tabourets.

"He, mais c'est Cloud!" s'exclama-t-il. "Je suis Danny" ajouta-t-il amicalement en direction de Zack pour se présenter. "Alors, voilà ton mari?"

L'homme avait donné à Zack une très bonne impression. Il souriait chaleureusement, avec sincérité, et sa voix naturellement élégante offrait de lui une image paternaliste. Il s'agissait vraiment d'un homme accueillant. Cependant Zack ne saisissait pas le sens exacte de ses paroles. "Mari", avait-il dit? Cloud et lui n'étaient certainement pas mariés. D'ailleurs peu de personnes l'étaient à leur âge! Il supposait donc que cela avait une autre signification, mais laquelle? Il se tourna intrigué vers Cloud pour lui demander discrètement une traduction de cet argo inconnu mais le blond, écarlate, s'agitait sur son siège en effectuant des gestes nerveux pour démentir, tout en bafouillant:

"Q-quoi? Mais non! Enfin, pas du tout! Qu'est-ce que tu imagines? On n'est pas du tout...! Enfin, lui et moi, c'est...enfin, on est...amis, quoi! Franchement, tu racontes des bêtises! C'est pas un mari, c'est mon meilleur ami! Tu pensais quand même pas...!"

Il continuait de gesticuler sur son siège, prenant de plus en plus de couleur, mi-souriant et mi-embarassé à la fois, comme s'il ne savait plus comment réagir face à cette situation. Gaïa, pourquoi Danny voyait-il toujours plus qu'il ne le fallait?

"Ah, désolé! "s'excusa le serveur auprès de Zack, riant de sa méprise. "Sur le coup, j'ai vraiment cru que le gamin s'était casé."

"Casé?" répéta Zack sans comprendre.

"Vous n'allez pas souvent dans le milieu gay, n'est-ce pas?" questionna-t-il en déposant deux verres propres sur le comptoir. "Dans ce milieu là, les hommes on tendance à utiliser le mot 'mari' pour désigner leur petit-ami lorsqu'ils en parlent entre eux. On trouve toujours des manières de ce genre chez les homos. Après ça dépend aussi des endroits. Tenez, par exemple à Junon ils disent 'elle' pour parler d'un autre garçon gay! C'est marrant, non?"

Zack esquissa un sourire amusé tout en dévisageant l'employé. Il ignorait tout de ce type de milieu. Bien qu'il soit attiré par les deux bords il n'avait jamais mis les pieds dans un bar ou une boite gay.

"Alors Cloudy, tu dis 'mari' toi aussi?" ne put-il s'empêcher de demander.

"Ca m'arrive quand je parle avec Danny ou des amis." marmonna-t-il très gêné.

"Qu'est-ce que je vous sers?" fit le roux pour venir en aide à Cloud.

"Une bière blonde. J'ai toujours préféré les blonds!" répondit Zack en adressant un clin d'oeil taquin à son ami, rallumant la braise sur les joues pâles.

"Pour moi ça sera..."

"Un martini blanc, comme d'habitude!" claironna le barman en fouillant sous le comptoir.

Les soudaines rougeurs de Cloud s'étaient vite calmées, à son plus grand soulagement. Il l'avait échappé belle! Combein de fois s'était-il plaint à Danny que Zack ne serait jamais son mari, que ça le deséspérait au plus haut point et que son "mari juste dans les rêves" était trop bien pour quelqu'un comme lui? Le pauvre rouquin en avait entendu, des gémissements mornes et plaintes imbibées de martini. Ce type devait être un ange pour être né doté d'une telle patience envers ses comparses.

"On retourne danser?" proposa-t-il contre toutes attentes à la fin de leur boisson.

Le brun s'empressa d'accepter avec joie.

Dans la prénombre d'ambiance Cloud ne ressemblait plus à être humain. Plutôt à une créature mythologique. Il en alliait le charme sensuel et le mystère. Il semblait transporté par la musique, ne plus être tout à fait de ce monde. Zack aimait cette vision qu'il n'avait alors jamais connue. Cette petite partie de la personnalité de Cloud, il ne la connaissait pas. Jamais il n'avait eut affaire à un Cloud séducteur, jamais le blond ne lui avait donné l'opportunité d'avoir accès à sa vie intime. Il mourrait d'envie de découvrir cette facette.

Cloud ne s'affola pas de sentir des mains effleurer ses hanches pour les accompagner dans leur danse. C'était ainsi que cela fonctionnait, à l'Extase. La chaleur humaine s'en échappait, réchauffait son coeur meutri. Il se sentait enfin désiré et ses propres envies disparaissaient dans cet agréable sentiment. Cependant, contrairement aux autres mains qui s'étaient appropriées cette place sur lui, celles-ci ne faisaient que de graviter sans jamais effectuer un seul véritable attouchement. Il sentit bientôt que la personne derrière lui s'était sensiblement rapprochée et qu'elle dansait en suivant les ondulations de son propre corps et non les basses profondes de la musique.

La présence était là, agréable fantôme dans la noirceur de la boite de nuit. Il le suivait, car il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait d'un homme, ses doigts caressant furtivement de temps à autre sa cuisse, son épaule ou son dos. Cloud frissonna et oublia le son hurlant des enceintes lorsque le souffle tiède de cet inconnu rencontra sa nuque. Sa peau se hérissa, frisonna agréablement, savoura l'attention qu'on lui portait indirectement. Ses homoplates touchaient presque le torse qu'il ne voyait pas, mourant d'envie de s'y coller. La présence semblait familière et étrangère à la fois. N'avait-il pas déjà dansé avec cet homme? Avait-il passé la nuit avec lui par le passé?

Et si Zack l'apercevait dans cette position plus qu'explicite?

Ses entrailles se nouèrent d'un coup. D'accord, les probalilités que son ami de toujours veuille aller plus loin plongeaient droit dans les abysses océaniques. Cela n'empêchait pas qu'il fallait garder ses maigres chances sauves! Si il était vu en train de flirter avec un autre homme, c'en était fini des espoirs illusoires!

Il vira donc sur ses talons pour faire comprendre -gentiment toutefois- que c'était sympa mais que le petit n'irait pas plus avant lorsqu'il vit...Zack.

Zack qui, brutalement, ne savait plus où se mettre. Ils faisaient tâche à se fixer, immobiles, et commençaient sérieusement à agacer les autres danceurs, qui se cognaient sans cesse contre ces statues de chair.

"On rentre?"

Zack n'était pas un Première Classe pour rien: il avait aussi appris les différentes manières de fuir, bien que sa présente tentative frôlait le ridicule par sa maladresse.

Il leur traça un chemin dans la foule en jouant des hanches et surtout des coudes. Cloud le suivait silencieusement, cependant bien décidé à lui demander des comptes une fois dehors. Serait-il possible qu'une de ces fameuses chances inexistantes vienne de se matérialiser ce soir?

La fraîcheur de la nuit clair surprit sa peau dénudée. Il descendit les quatre marches et se mit en route pour le retour près de Zack qui avançait, les mains dans les poches et le menton légèrement relevé, admirant au passage les astres. Somme faite, cette soirée ressemblait à tant d'autres vécues: ils étaient ensemble après un moment passé en la compagnie de l'autre, ils s'étaient bien amusé et profitaient de l'instant présent. Pourtant, la paix intérieure se manifestant sur le visage du brun ne paraissait pas aussi profonde que d'habitude. Cloud l'aurait même jugée factice.

"C'était sympa" commenta -t-il d'un ton détaché pour débuter la conversation.

"C'est vrai. Je ne connaissais pas cette boite."

Niveau de la conversation : zéro. Leur bavardage se révélait moins bruyant que le son lourd de leurs chaussures heurant le pavé. Ils traversaient un quartier où des courageux avaient réussi à construire quelques jolies maisons en bois.

"Mince, je crois que je nous ait encore perdu!" s'exclama tout à coup Zack, en se passant la main dans ses mèches jais, l'air contrit. "C'est le quartier où vit Aéris!"

Cloud l'observa un moment. Ses yeux bleus, remplis d'une lueur indéchiffrable, le fixèrent. Puis son expression neutre s'adoucit et un sourire d'indulgence tendre s'étira sur ses lèvres.

"Allez, suis-moi. Je connais le bon chemin."

C'était un trop bon moment pour poser des questions.


"Tu surchauffes."

"Je ne surchauffes pas. Je suis très calme."

"C'est ça le problème. Si tu étais très en colère et que tu avais jeté un regard pareil à ta tasse de café, j'aurais compris. Mais là, tu es trop calme."

"Tu sais quoi? Je déteste tourner en rond comme ça. "

"C'est marrant, tu le fais beaucoup pour quelqu'un qui n'aime pas ça. Pourquoi tu ne vas pas voir ton mari pour lui en parler? Au pire tu te prendras un rataud et je me foutrais de ta gueule pendant les dix années à venir."

"...Tu sais que tu ferais un psychologue pitoyable?"

"C'est pour ça que je me suis engagé dans le Soldat."

"Tu es aussi un très mauvais mercenaire."

"Le seul truc intéressant dans la branche militaire c'est le fric qu'on y gagne. Que veux-tu que je te dise?"

Storm fit crisser les pieds d'acier en reculant sa chaise, dessinant une grimace sur la mine déjà sombre et agacée de son colocataire. Il était cinq heures du matin et Cloud, encore habillé d'un tee-shirt noir trop large et d'un pantalon de sport, râlait au-dessus de sa tasse de café. Son humeur massacrante dégageait une aura telle qu'un homme autre que Storm -à qui il manquait sérieusement une case- n'aurait osé chercher à le contrarier.

"Tu sais quoi?" intervint le chatain. "Cette nuit j'ai rêvé que je mangeais du pop-corn avec le général Sephiroth. "

"Splendide..."grogna le blond toujours embourbé dans sa mauvaise humeur. "Je suis désormais sûr que la camisole de force que je t'ai acheté fera un parfait cadeau à Noël."

"On ne plaisante pas avec les signes!"

Avant que Storm n'ait pu se lancé dans une tirade épique -et particulièrement détaillée- de la façon dont les ondes planétaires et les esprits des êtres passés envoyaient des signaux via le réseau des rêves, un son lourd et perçant s'éleva comme une plainte dans le bâtiment. Le silence s'abbatit comme une lame dans l'étroit appartement, les deux hommes se fixant avec étonnement en écoutant la sirène. La seconde d'après ils enfilaient en vitesse leur uniforme, se jetant par la suite à corps perdu dans le couloir pour rejoinbdre à la hâte la cour principale.

Ils passèrent avec beaucoup d'autres soldats devant Kunsel, qui distribuait à tour de bras les armes. Cloud, qui avait déjà brièvement discuté avec lui un jour que le Seconde Classe se trouvait chez Zack, se permit de lui faire un léger signe de tête pour le remercier.

Ce n'était qu'un exercice de rassemblement destiné à entraîner les jeunes troupes à se rassembler rapidement en cas d'attaque surprise -bien qu'elles fussent impossibles au sein de la Shinra même, elles étaient relativement courantes sur les champs de bataille. Pourtant, Cloud put aisément apercevoir l'inquiétude logée dans le regard de son supérieur.

Oui, Kunsel s'inquiétait. A juste titre d'ailleurs! Hier, il avait croisé Zack alors qu'il sortait de son bureau.

Le joyeux luron n'avait prononcé qu'une phrase.

"J'ai fait une connerie."

Il se doutait que Zack réglerait très vite son problème avec Cloud, car il était inévitable que le coeur volé du brun ne finisse par se trahir un jour. Toutefois, le voir aussi mal lui tordait l'âme: était-il possible d'envoyer un tel bloc d'optimisme aussi loin dans les ténèbres?

Ses pensées s'écrasèrent brutalement sur le béton quand une main amicale lui fila un grand coup dans le dos. Il balança son regard le plus noir possible en priant le ciel pour que l'individu saisisse que ce geste d'amitié viril (et trop douloureux à son goût) ne rentrait pas dans la case "action admise".

Mais Le Grand Zack Fair n'en avait que faire et lui sourit pleinement avant de partir au pas de course rejoindre les troupes. Il faisait partie des Soldats qui devaient instruire les bleus des règles à appliquer dans les situations d'urgence et un retard dans cette fonction lui vaudrait une heure de remontrances à la Sephiroth. Ce qui s'apparentait à un superbe bottage de cul avec Masamune.

"Bonjour tout le monde!"

Ce matin il avait enfilé son sourire en même temps que sa veste. Il fit donc le discours habituel aux recrues, essayant de ralentir la dangereuse réflexion de ses petites cellules grises. Comme tous les autres, Cloud le fixait. Le regard océanique posé sur lui, cependant, se révélait bien différent de tous ceux braqués sur lui. Les orbes se paraissaient ni endormies ni ennuyés malgré l'heure très matinale. Bien au contraire! Son ami semblait réflechir très profondément. Se rémémorait-il l'incident de la veille? Zack enfouissait cette angoisse sous son devoir présent et ne manifestait qu'une joie ordinaire durant ses explications.

La bonne humeur...une question d'entraînement!

"Rompez!"

La foule de combattants se dispersa bruyamment, quelques-uns pestant contre ce qu'ils considéraient comme une perte de temps. Profitant de l'occasion Cloud s'approcha de Zack. L'épéiste ne prit conscince de sa présence qu'au moment où il entendit une paire de botte racler contre les graviers. Il releva descendit du nuage où son esprit avait trouvé refuge et tenta un sourire chaleureux.

"Hey, Cloudy!" l'acceuillit-il.

"Salut Zack. Tu as deux minutes?"

"Mais pour toi Cloudy j'ai toujours du temps! Tu veux qu'on aille prendre un café ensemble?"

"La cafétéria est bondée à cette heure-ci. Tu ne veux pas qu'on aille s'asseoir par là-bas?" fit-il en désignant un banc à l'écart. "Je commence bientôt mon service mais je voudrais régler un truc avec toi avant."

Face à cette franchise et au sérieux inscrit sur le visage de son compagnon Zack comprit que toute tentative d'ignorer le malaise entre eux serait inutile. Le blond avait visiblement déccidé de saisir le chocobo par les plumes. Ils allaient cette fois résoudre le problème en discutant à coeurs ouverts, en adultes. L'originaire de Gongaga redoutait quand même les conséquences d'un tel acte. Cloud se sentirait-il capable de maintenir leur amitié tout en sachant ce qu'il éprouvait pour lui? Il en doutait effroyablement.

Ils s'assirent tous les deux côtes à côtes, les bras croisés pour maintenir la doudoune chaude contre eux, inestimable rempart du froid humide tombé sur la caserne.

"Je voulait qu'on éclaircisse ce qui s'est passé hier."

Etonnament la voix de Cloud ne tremblait pas. Non, les mots étaient sortis naturellement de sa bouche, posés. Après avoir atteind un certain point de non-retour on ne pouvait plus craindre ses actions.

"Dans la boite?"

"Dans la boite."

"Je suis désolé si je t'ai parut bizarre. J'avais un peu bu et j'étais fatigué. Je ne savais plus trop ce que je faisais."

Il était hors de question de perdre Cloud. Tant pis pour les mensonges. Point barre.

"Oh...Il me semblait que tu tenais pourtant très bien l'acool même lorsque tu rentres de mission." remarqua-t-il. "Donc est-ce que c'est vrai ce mensonge?"

Zakc avait baissé les yeux. Observation triste et résignée de ses chaussures. Cloud ne retînt pas une moue. Pourquoi se retrouvait-il confronté à ce silence buté? C'était vraiment le monde à l'envers aujourd'hui, la situation ne pouvait plus durer.

"Je ne sais pas pour toi "débuta-t-il en se forçant à paraître sûr de lui "mais je déteste laisser les choses s'éterniser. Il y a quelque chose qui cloche depuis un bon moment et je ne t'en ai pas parlé, mais là, il faut mettre tout à plat. J'aurais l'esprit plus tranquille et la tête plus claire quand je serais fixé. Alors voilà ce que je pense."

Il s'appuya d'une main sur le dossier du banc pour garder l'équilibre tandis que l'autre s'empara d'un pan de col du brun, l'amenant sans possibilité d'échappatoire jusqu'à lui.

Il prit son temps pour embrasser Zack. Ce serait sans doute l'unique fois où cela serait possible et il tenait à en profiter au maximum. Par ailleurs son ami possédait assez de force pour le repousser si l'envie l'en prenait, par conséquent il ne voyait aucune raison valable pour se presser.

Il ferma les yeux et apposa ses lèvres sur la bouche stupéfaite du Première Classe. Tendrement il en savoura la chaleur et le saveur de chair douce qui en émanait. Il le goûta en surface, son coeur s'emballant à la fois de l'audace de son geste et des sensations que provoquait chez lui ce seul baiser. A présent le muscle qui propulsait vigoureusement la vie dans ses veines cognait si fort qu'il semblait vouloir crever la paroi où Dame Nature l'avait placé et rejoindre la poitrine de Zack. Son coeur ne lui appartenait plus, entièrement destiné à l'être à qui il démontrait toute son affection.

Le baiser ne dura que quelques secondes. Trop court pour que Zack, qui venait de heurter la réalité, puisse réagir, et suffisamment long pour que le benjamin ait l'impression qu'une drogue vienne de le faire décoller.

Il brisa le contact en rougissant furieusement sans pour autant baisser les yeux.

"La balle est dans ton camp." murmura-t-il.

Le souffle de Zack s'était simplement arrêté net. Rêvait-il? Il n'osait bouger et fixait d'un air abasourdi son ami. Sa discussion avec Aéris lui revenait en mémoire. Sous ses yeux hébétés, Cloud perdait peu à peu contenance et ne savait plus où se mettre, se tortillant nerveusement le poignet droit de la main gauche.

"Ah!" s'écria tout à coup Zack en sortant de sa torpeur. "Quoi? Stop! Attends, là...! Heu...juste...pouce! Temps mort! Tu me la refait?"

"Désolé..."

"Non!" fit-il en rattrapant Cloud par le bras alors que celui-ci faisait mine de partir. "Je t'aime!"

La phrase était sortie toute seule, comme pour retenir le blond de s'enfuir. Une brillante réussite puisque ce fut au tour du Troisième Classe de stopper tout mouvement. Un sourire s'étira lentement sur son visage alors que son cerveau analysait et intégrait les mots prononcés par le brun. Puis il éclata de rire tandis que Zack était toujours en état de choc et persuadé que s'il lâchait son ami, celui-ci ne reviendrait jamais.

Le plus jeune se laissa retomber aux côtés de l'épéiste, plus proche, contre lui et lâcha un audible soupir de soulagement.

"Et moi qui croyais que tu ne voudrais plus me revoir après ça!" rit-il encore en sentant le poids énorme s'envoler de sa poitrine.

Il nicha sa main dans la paume du brun qui riait doucement lui aussi. Zack passa un bras autour des épaules de son amant et le serra contre lui, lui témoignant en retour de la tendresse. Il fourra son nez dans le cou blanc, respirant l'odeur épicé de la peau jusqu'à s'en sentir ivre et détendu. Cloud se pressa un peu plus contre lui, bien décidé à câliner l'homme qu'il avait tant aimé de loin.


La joue posée contre le creux d'une épaule, Cloud savourait la chaleur moite qui se dégageait du torse musclé de son petit-ami, réprimant quelques frissons que les doigts de Zack provoquaient en effleurant son dos et ses hanches. Il se rencogna contre lui avec un soupir de bien-être, embrassa fugacement un coin de la mâchoire à sa portée.

"C'est la première fois que je fais ça dans un hôtel." commenta distraitement le Première Classe sans cesser ses petites caresses. "C'est quand même une chance qu'on ait pu trouver un établissement qui n'est pas complet à cette période de l'année, sans avoir loué à l'avance."

"C'est vrai qu'on a prit nos congés sur un coup de tête. Normalement on n'a pas le droit sauf circonstances exceptionnelles, non?"

"Mais ce sont des circonstances exceptionnelles! C'est notre premier mois ensemble!"

***

Plus loin, dans une ville grise, on toqua à la porte de l'appartement des deux Troisième Classe. Storm, surpris de ne pas avoir perçu les pas dans le couloirs avant, fronça les sourcils. Il énonça cependant un "Entrez", trop curieux de savoir qui se présentait chez eux

La porte s'ouvrit sur le général Sephiroth. Aussitôt Storm exécuta le garde à vous réglementaire non sans songer qu'il devait paraître bien ridicule dans son vieux jogging déformé.

"Repos, Troisième Hankt." fit-il calmement en pénétrant dans la pièce. "Je suis à la recherche du Lieutenant Fair, je pensais le trouver avec le Troisième Strife."

Storm, de retour à son stade habituel de neutralité exentrique, secoua négativement la tête.

"Ils ont pris leurs congés tous les deux. Partis ce matin, mais je ne me rappelle plsu où....à la mer, je crois."

Sephiroth soupira en se massant l'arête du nez.

"Au moment où il a le plus de retard dans ses rapports, évidemment..."

"Excusez mon audace, mon général, mais puis-je vous poser une question un peu personnelle?"

L'argenté arqua un sourcil. Toutefois il le lui permit d'un signe de tête.

L'air grave et sérieux, sans sciller, Storm demanda alors d'une voix curieuse:

"Est-ce qu'il vous arrive de manger du pop-corn?"

FIN


Et voilà, fini!^^

Pour tous ceux/celles qui se poseraient la question, cette fin est symbolique à mes yeux. (Symbolisme à deux balles, je sais! XD) Sephiroth et Storm ont été les deux principaux spectateurs de l'amour de Cloud et de Zack. Au départ je voulais mettre que Storm observait Cloud comme on regarde une série du genre "Les feux de l'amour" donc il devait manger du pop-corn en regardant cette 'série en live'. Mais finalement je ne l'ai pas fait et l'idée du pop-corn est restée...Le général et Storm sont liés, d'une certaine manière, parce qu'ils s'amusent à regarder comment Cloud et Zack se mettent ensemble!^^

Et désolée encore pour les fautes...j'ai essayé de corriger ce chapitre au fur et à mesure mais je reprendrais une correction générale de toute la fic plus tard...

En attendant merci beaucoup pour tous ceux/celles qui ont laissés des reviews ou qui ont juste lu!^^

Mais vous savez, il n'est jamais trop tard pour commenter! ;D