Note :

Je tiens à remercier toutes les personnes qui me laissent des commentaires et qui m'ont ajoutée à leur liste d'alertes.

Ce chapitre est plus court que d'habitude, pour plusieurs raisons que je ne développerai pas ici, le prochain sera beaucoup plus conséquent.

Résumé :

Angela Weber obtient l'aide de ses amies pour confondre son futur mari Tyler Crowley. Alice Brandon est l'appât. Lors du premier rendez-vous, elles ont la mauvaise surprise de croiser une connaissance Mme Denali.

Isabella Swan sur la pressante invitation du Docteur Carlisle Cullen accepte d'aider un proche ami de ce dernier, Anthony Masen.

Rosalie PDV

Convaincre Angela de se la jouer Future Epouse Rayonnante pendant encore une demi-journée, après lui avoir fait assister en direct au show de son dulciné en plein plan drague ne fut pas une sinécure.

Si j'étais elle, je l'aurais abandonné non pour son manque d'intégrité mais pour ses pitoyables prestations auprès du beau sexe. Mais ce que j'en dis !...Après tout, il réussit à en séduire, sinon on n'en serait pas là !

« Elle a la haine tenace, la garce ! » siffla Alice en me lançant un coca-light, avant d'ouvrir le sien et de me rejoindre sur le canapé.

Et c'est rien de le dire ! La première fois que j'avais eu le malheur de croiser sa route, ou plutôt celle de son ex à l'époque, j'avais perdu toute possibilité de carrière en Amérique.

Mais à toute chose malheur est bon, en émigrant à Londres, j'avais fait la connaissance de Bella dans l'avion. Comme moi, elle fuyait. Elle avait quitté un coin paumé de l'état de Washington nommé Forks, pour éviter de subir le bonheur de son meilleur ami, un certain Jacob, qui s'était entiché d'une fille de sa communauté. Officiellement c'était pour poursuivre ses études littéraires !

« Ouais, elle a la dent dure la Denali ! » Confirmai-je.

Pendant un an j'avais sué sang et eau pour m'en sortir, mais j'étais aussi grillée sur toutes les scènes anglophones. Et, oui elle a de sacrées bonnes relations !

« On fait quoi ? »

« Rien ! Elle ne peut plus rien me faire, j'ai un nom maintenant ! » Alice me regarda sans chercher à cacher son étonnement. D'accord, j'avais l'intention de lui jouer un vieux de ma vielle à la blonde Denali, j'attends juste le bon moment !

Avant qu'Alice ne fasse part de son scepticisme sur ma trop bonne réaction, Bella s'engouffra dans l'appartement et claqua la porte derrière elle.

Elle se mit ensuite à sautiller comme si elle avait un besoin urgent, mais que l'endroit était déjà occupé.

Instinctivement on alla à sa rencontre.

Alors, elle changea de mouvement et, j'eus l'impression d'être devant un aiguilleur du ciel qui, voyant le crash imminent d'un avion, faisait des signaux désordonnés pour empêcher la catastrophe.

Que voulez-vous, quand je vois une bête qui souffre, je retrouve mon esprit de bon samaritain ; ma gifle la figea sur place.

Elle s'arrêta effectivement de bouger, mais sa bouche s'ouvrit et se referma plusieurs fois.

Je relevai la main quand Alice m'arrêta en posant la sienne sur mon épaule « Elle y est presque ! »

« Mon dieu ! Mon dieu !... » Cette fois je sus qu'Isabella Swan devenait un cas intéressant pour la psychiatrie.

Je questionnai Alice du regard qui leva son index pour me demander de patienter encore.

« Trois ! Mon dieu, trois !... » Je sortis mon portable au cas où.

Elle souleva son sweat-shirt et le tortilla comme pour s'en débarrasser. Puis brailla une phrase en se cachant le visage derrière ses mains, ce qui m'empêcha de comprendre ce qu'elle disait.

Alice lui prit les mains. Elle cria.

« Vas-y Rose ! » m'encouragea Alice. Mais Bella recula en disant d'une voix de suppliciée, « Pourquoi, Pourquoi moi ? »

« C'est bien chérie ! » l'encouragea Alice « Sujet, verbe, complément ! »

« Je suis une gentille fille ! Pourquoi, dites-moi pourquoi, Docteur fantasme en chef m'a fait subir çà ! ». Hum ! Docteur ? Si c'est du seul et unique Docteur Canon Cullen dont elle parle, je ne comprends pas sa réaction ; on en avait déjà abondamment discuté et étaient toutes les trois d'accord pour qu'il nous fasse absolument tout ce qu'il veut. « Qu'est-ce que j'ai fait pour que Sexy bodybuildé tourmenteur à fossettes et beau ténébreux cheveux rebelles aux yeux verts puissent se retrouver dans la même pièce que moi quand je suis habillée comme çà ! »

Alice posa la main sur son front. « T'es un peu fiévreuse, tu veux une tisane… »

« Alice, je suis trop polie pour te dire ce que tu dois faire de ta tisane, mais si j'étais Rose je t'aurais dis de te l'enfonc… »

« Tut, tut, tut ! Chérie, les grossièretés donnent des rides ! »

« Tu en dis tout le temps ! »

« Moi, je suis naturellement immunisée, mon poussin en sucre ! Maintenant donne-nous la vraie raison qui t'as amenée à nous larguer exactement ! »

Bella n'est pas du genre à embellir dans la vie réelle, elle garde cela pour les récits qu'elle écrits en cachette. Aussi, en l'écoutant, je me découvris un sentiment étrange. Je n'aurais pas cru que j'aurais ressenti un jour de la jalousie envers Bella. Et bien ! En entendant son histoire, je connu l'amertume de n'avoir pu profiter de son incroyable coup de chance.

Il faut lui reconnaître çà à Bella, elle a une excellente vue et un don certain pour l'utilisation imagée des mots ; La description de monsieur muscle me donna l'envie urgente d'une douche froide.

Je laissai de côté mes fantasmes. « C'est peut-être pour cela que Denali est ici ! »

« Denali ? » Nous questionna Bella. Alice la mit rapidement au courant. « Oui mais je ne comprends pas ce que cela à voir avec moi ? »

« C'est vrai que tu ne suis pas la vie des peoples ! Tanya Daneli est la femme d'Edward Benefici ! »

« Ouais, » expliquai-je. « Et il y a de l'eau dans le gaz ! Elle est en France depuis un mois pour un tournage… » Pendant que Bella me regardait les yeux ronds, Alice battit les mains tout excitée. Les commérages sur les gens qu'elle n'aime pas l'intéressent toujours. Je rajoutai « …En fait on l'a vue s'afficher à nouveau avec Aro Volturi ! »

« Aro Volturi ? Ce n'est pas… ? » Me questionna Bella.

« Si, c'est le producteur avec lequel elle m'a surprise et qui me vaut d'être exilée ici ! » Avouai-je avec un petit sourire. Ce gros poisson là, j'en étais fière !

« Donc si je comprends bien, Edward Benefici serait ici pour récupérer sa femme… Et pourquoi employer Anthony Masen ? »

« Parce que, Bella, la faire revenir doit être un travail à plein temps ! Ils sont tous les deux en perte de vitesse, il a de gros problèmes pour finaliser son projet, et Denali a besoin de revenir au devant de l'affiche. Séduire Aro semble être un bon calcul ! »

« Donc il serait venu la chercher ! Et elle, elle ne pense qu'à sa carrière, c'est triste !»

« Bella, ton indécrottable romantisme m'étonnera toujours ! »

« A quoi il ressemble, Edward Benefici ? »

Là Bella me posait une colle. « On n'en sait rien, il ne donne jamais d'interviews, et sur toutes les photos qu'on a de lui, il a toujours un chapeau planté sur la tête et porte des lunettes fumées… Déprimant, je comprends que la Denali veuille s'amuser avec Aro ! »

« Oui, mais qu'est-ce qu'elle nous veut ? » On l'avait envoyée se faire voir chaque fois qu'elle avait appelé à l'Agence Cœur Fragile. On ne s'occupe pas des couples mariés et encore moins des psychopathes à la rancune tenace.

« Ca c'est la question à cent balles ! »

Aussitôt, Alice bondit tout excitée et alla récupérer la tirelire en forme de cochon et l'exhiba pendant que Bella et moi on grondait.

La main gauche sur les hanches, l'insupportable petit lutin frappa tranquillement son pied droit sur le sol. « La totale, les enfants ! Et encore je pourrais exiger plus, il a commencé à me faire du pied avant même qu'Angela ne quitte la table ! »

En soupirant nous lui tendîmes chacune cent euros.

« Vous savez quoi » lança Bella « Si on faisait une cagnotte commune pour nous offrir un cadeau commun, plutôt que de… »

« Qui va me payer ma tenue d'enfer pour la rentrée de la saison ? »

« Ou la nouvelle pièce pour mon bébé qui fera passer toutes les voitures de circuits pour des poussettes ! »

Elle leva les mains pour nous arrêter « Ok, vous avez gagné ! Mais, c'est injuste car vous avez eu plus de cas que moi ! »

« Oui, mais tu es celle qui a réussi à avoir le plus de concrétisations de mariage ! Soit directement quatre cent euros à chaque fois ! » Lui rappela Alice.

Mauvaise réponse ! Bella commença à bouder.

« Vous êtes des fantasmes vivants, je ne suis pas jolie, c'est pour cela ! Les mecs préfèrent retourner à leur fiancée ! »

« Bella tu es timide et tu n'as eu droit qu'à trois losers de moins que moi et deux de moins qu'Alice. Et, je suis certaine que comme moi, elle t'aurait avec plaisir refilé ces pros de la gâchette ! C'est ce qu'on fête ce soir, ton indépedan…Au fait, et les courses ? »

« Euh !... J'étais tellement bouleversée…Mes plus plates excuses ! »

« C'est ok, on ne sait pas à quelle heure vont prendre fin les joyeusetés de ce soir… » On lui fit part de nos derniers arrangements avec Angela . « Je propose de grappiller un morceau en cours de route et après Club…La soirée filles on la reporte à la semaine prochaine ! »

Alice pov

Le rouge est une couleur qui peut célébrer aussi bien le deuil et la vie, la fin et le mariage. Oui, le rouge me semblait approprié.

Il me faudrait juste les pendentifs en rubis…Où les ai-je mis ? J'étais trop organisée pour les avoir égarés….Quand les avais-je vu la dernière fois ?...Bella !

En sortant de ma chambre je l'entendis au téléphone. Je regardai ma montre. Depuis le déjeuner elle n'avait presque pas lâché le téléphone.

Elle l'aimait son Anthony Masen ! Cela faisait plus de trois heures qu'elle appelait et rappelait l'ensemble de ses amis et connaissances pour trouver un malade vivant dans le passé sanglant des Etats-Unis !

Je lui tirai sur la manche. « Bella ! » Rien.

Je souris en l'entendant parler français. Même si nous le maîtrisions, nous ne l'utilisions presque jamais. Nos amis faisaient toujours l'effort de parler anglais.

Elle voulait vraiment plaire à ses interlocuteurs ! Ou plutôt elle voulait vraiment caresser dans le sens du poil son Anthony.

Voire, le caresser tout court d'après la lueur dans ses yeux et la rougeur sur ses joues quand elle l'avait appelé pour demander des précisions que, dans son bouleversement, elle avait complètement oublié de vérifier ce matin.

« …Non son temps est compté, il ne reste que quinze jours ici à Paris avant de rentrer aux Etats-Unis, ce qui explique que je me suis permise de vous appelez à un moment aussi…! » Elle se passa la main sur le front, les joues écarlates. Je lui tirai la manche à nouveau, elle se contenta de me taper sur la main.

« Non, j'ai appelé le professeur Colin, ainsi que Mme Ballard…Oui j'ai appelé tous les professeurs de la chaire et les collègues dans les autres universités…Je sais les examens approchent !...Effectivement c'est plutôt l'histoire européenne…Oui, mais…En fait vous êtes un peu ma dernière chance !... » Même moi j'entendais le désespoir dans la voix de cette pauvre enfant !

« Ah !...Oui….Non…Absolument pas !... Si vous dites que c'était un élève brillant !...Oui, vous pouvez lui laisser mes coordonnées…Je comprends ! » Quoi que ce soit que son interlocuteur lui ai proposé c'était surement sa dernière bouée de sauvetage vu son air résigné, car elle semblait l'accepter plus par politesse que par choix.

« …Et sachez que je suis vraiment touchée que vous preniez la peine d'arrêter votre partie de golf pour… » Enfin, j'entendis un clic, l'autre avait du raccrocher. Bella soupira en regardant le combiné. « C'est décidément ma journée ! » murmura-t-elle.

« Bella ! » Elle sursauta. « Bella chérie autant je trouve moi aussi ce téléphone intéressant, autant je voudrais que tu me retrouve mes pendentifs en rubis…Et, ton Anthony Masen ne t'aidera pas à t'habiller…Quoique je suis certaine que tu veuilles plutôt qu'il fasse le contraire ! »

« Il est marié Alice ! Et, oui, je les ai dans ma chambre !... Alice que les choses soient bien claires, je le fais pour le docteur Cullen, s'il ne s'était pas porté caution on n'aurait pas eu ce loft, et sans ses recommandations, je n'aurais pas obtenu mon poste non plus ! »

« Mais oui ma chérie ! » Je n'allais pas achever un…une femme à terre !

« Elle arrive ? » soupirai-je. Ok, c'est miraculeux ! Rose et moi nous étions déjà fin prêtes alors qu' Isabella Swan, la dernière résistante sur terre des artifices de la mode et du maquillage, était toujours dans la salle de bain !

« Oui », me rassura Rose. « Ultime excès de timidité ! Laisse-la récupérer, je vous attends dans la voiture »

Cinq minutes plus tard, Bella n'avait toujours pas fait son apparition. Le téléphone sonna. Agacée je pensai ne pas y répondre.

« Vous pouvez prendre un message ! » Lança Bella

« Ok, mais dépêche-toi ! » Je n'en pouvais plus, c'est moi qui devais jouer le rôle le plus physique ce soir !

« Allo ? » Ma voix n'était pas des plus accueillantes.

« Madame Swan Isabella ? » Demanda en français une voix que je trouvais jeune et très sexy avec un léger accent du sud américain. Je m'adoucis. Le monde est petit ! Il reste encore quelqu'un sur le continent américain ?

Je testai ma théorie en lui répondant en anglais. « Elle ne peux vous répondre, mais je me ferais un plaisir de prendre un message ! »

« Et qui êtes vous ? » me répondit-il en anglais de sa belle voix sexy, qui me fit courir des frissons sur tout le corps.

« Alice Brandon son amie ! »

« Bien. Madame Brandon, pourriez-vous lui dire que Jasper Withlock accepte de rencontrer son ami. Qu'il vienne au bar « Le vétéran », il me donna l'adresse. « Ah, dites à son ami de venir en tenue décontractée, col roulé et manches longues. »

Je ne dis rien pendant un moment, incertaine. « Pardon !? »

« S'il arrive à me battre, j'accepterai de l'aider….Bien le bonjour Ma'am ! » Sa voix s'éteignit et ce fut la voix de Bella qui me réveilla de ma transe.

Je lui passai le message et la poussai dehors car on était pressés et je n'avais pas de réponse à ses questions.

Toutefois, en sortant de l'appartement j'avais toujours l'étrange sentiment, suite à ce coup de fil, d'avoir vécu l'un de ces moments fragiles et rares, comme ces rencontres qu'on pressent qu'elles engageront à tout jamais notre vie.

Et, ma capacité à prévoir les événements, ou mon instinct si vous préférez, ne m'a jamais fait défaut.