Harry avait pris son temps pour se préparer, non pas qu'il ait désiré séduire mais il avait envie de faire honneur à ses amis tout juste retrouvés. Pour cela il avait fait l'achat fort coûteux d'une splendide robe de sorcier griffée. Cette petite merveille était faite de soie crème, bordée de fils d'or. La coupe était faite sur mesures et tombait parfaitement sur le corps fin et élancé du jeune homme.
Il était désormais fier de son corps qui, après avoir été maigre, avait pris de jolies formes masculines. Harry n'était pas de ceux qui mettent leurs prouesses sportives, ou sexuelles, en premier plan. Il considérait que « ceux qui en parlent le plus, en fond le moins ».

Il se regarda dans le grand miroir et vérifia que sa robe n'avait ni faux- plis ni tâches. Satisfait, il passa une main dans ses cheveux indomptables et sortit de la chambre.
Il n'arriva pas en avance mais il n'arriva pas après les autres non plus, il ne voulait pas laisser croire qu'il tentait de se remettre au premier plan. Il avait fait tout son possible pour qu'on l'oublie même si régulièrement, la Gazette du Sorcier titrait « Mais où est donc le Sauveur ? D'après de sources sûres, il serait sur des plages hawaïennes. » pour faire passer quelques jours plus tard un tout petit « démentit » suivit d'un nouvel écrit toujours aussi plein d'erreur. Jamais Rita Skeeter n'avait supposé qu'il était tout simplement en France, en train de travailler à Beauxbaton comme professeur de Vol sous un déguisement depuis près de huit ans. Huit années de solitude, loin des médias, des articles de presse, loin de l'Angleterre et de Poudlard. Il avait loué une petite maison dans le centre de la France, région campagnarde où personne ne s'occupait de cet étrange voisin que l'on voyait rarement sortir de chez lui, et pour cause puisqu'il était drapé dans sa cape d'invisibilité.
De temps en temps, il faisait venir jusque chez lui des journaux comme le Chicaneur ou la Gazette afin de savoir où en était son pays.
Il avait appris à parler français et camouflait soigneusement sa cicatrice lorsqu'il était à Beauxbaton.

Harry pénétra la Grande Salle et comme autrefois son regard fut subjugué par la beauté du ciel magique. Des centaines d'étoiles brillaient dans le ciel d'un noir bleuté, de-ci de-là, des étoiles filantes traversaient en un scintillement féerique. Il constata au passage que le lune n'était pas pleine et Harry se demanda s'il y
avait eu beaucoup de contaminés par Fenrir Greyback.

Une main posée sur son épaule le troubla dans sa contemplation.
« - Eh bien Harry, serait-ce possible ? Seriez-vous en train de réfléchir, à moins bien sûr, que vous ne soyez sur la Lune? »

Le jeune homme regarda son aîné et rigola de sa plaisanterie.
« - Vous pouvez mourir en paix Severus, j'étais en train de réfléchir. Savez vous combien d'enfants ont été contaminés pendant la guerre ? »

L'homme le fixa d'un regard sombre et lâcha tout bas :
« - Cela fait partie de ce dont on ne parle pas. Il y a eu beaucoup de personnes atteintes et nombreuses sont celles qui n'y ont pas survécut. Greyback et ses amis avaient soif de vengeance et ils ont fait beaucoup trop de victimes. Mais ne parlons pas de ça maintenant, plus tard, un autre jour nous en reparlerons si vous le voulez bien. Venez, vos amis vous cherchent. »

Harry se fit la remarque que c'était bien la première fois que Rogue le touchait et que cela ne le gênait absolument pas.
Au milieu de la foule, il distingua Hermione, splendide dans une robe bleu ciel et Ron qui portait une robe noire agrémentée de petits balais poursuivant des Vifs d'Or à ce qu'il lui semblait.
A ses cotés, Rogue poussa un soupire de découragement lorsqu'il aperçut lui aussi la tenue pour le moins excentrique du rouquin ;
« - Par Merlin, quelle faute de goût ! Je pensais qu'à vivre près de sa jeune épouse il améliorait ses tenues mais je vois que sur ce point elle n'a aucun pouvoir.
- Que voulez vous, Severus, lors du bal du Tournoi, Ron avait honte car il portait une robe vieillie et élimée, maintenant il en profite. Avec son statut de joueur de Quidditch, personne n'y verra rien à redire… enfin, en face de lui.
- Je croyais que vous vous étiez coupé du monde sorcier ?
- Oui en effet, mais je me tenais au courant de temps en temps. C'est ainsi que j'ai appris que Ron faisait partie de l'Equipe des Bavboules. D'ailleurs, avec mon poste d'enseignant, j'ai souvent l'occasion de parler de Quidditch avec mes élèves.
- Je ne savais pas que vous enseigniez Harry. Mais dites-moi, où travaillez vous ?
- A Beauxbaton, je suis professeur de Vol. En France, les gens sont moins curieux qu'ici. Avec un sort de Camouflage, j'ai fait disparaître ma cicatrice. Voilà comment je fais pour vivre tranquillement. Si vous le vouliez, vous pourriez venir chez moi dans ma petite maison campagnarde. C'est très calme et très agréable à vivre. Je la préfère à la maison de Sirius. Cela vous changerait de vos cachots.»

Severus le regarda fixement dans les yeux et dans sa poitrine, son cœur faisait des bons d'étonnement.
« - Est-ce une invitation Harry ? Je ne pensais pas que vous voudriez me revoir après cette soirée, toutefois si vous êtes sérieux, c'est avec plaisir que je me rendrais dans votre demeure. Il vous suffira de me communiquer le lieu et je viendrai chez vous. »

Il baissa la voix lorsqu'ils arrivèrent près du couple. Hermione se tourna vers lui et poussa un petit cri de ravissement.
« - Oh Harry ! Que tu es beau dans ta tenue ! J'avais oublié que tu avais autant de classe mais il faut dire que cela fait bien longtemps qu'on ne s'était pas vus.
-Tu es très belle toi aussi Hermione. Je comprends maintenant pourquoi Ron est amoureux de toi. »

Hermione rougit et fixa son regard sur Albus qui venait d'augmenter sa voix grâce au Sonorus :
« - Jeunes gens, professeurs, je suis enchanté de vous revoir en cette belle soirée. Je vous conseil le buffet qui a été composé par les elfes et qui promet d'être délicieux. Je vous rappelle que la Forêt est toujours interdite. Sur ce, je vous souhaite à tous et à toutes de joyeuses retrouvailles. Dansez bien. Ah je voulais vous dire que vous aurez accès à vos dortoirs et que vous n'aurez pas besoin de mot de passe. Les tableaux et statues sont au courant. Si jamais le réveil est dur demain matin, n'hésitez pas à demander à Pompom une potion de « Lendemains- difficiles » Sur ce, bonne soirée. »

Le bruit revint progressivement tandis que les Bizarres Sisters accordaient leurs instruments et commençaient à jouer l'un de leurs morceaux préférés. Hermione suivit Albus du regard jusqu'à ce qu'il se soit rendu au buffet. Elle observa ensuite Rogue et se demanda pourquoi il était resté avec eux depuis le déjeuner. Elle se rendit compte également que Harry semblait heureux d'être avec eux et que leur ancien professeur de Potions tyrannique regardait très souvent leur ami de son regard noir qui semblait ce soir chaleureux. Elle prit la main de Ron et l'entraîna dans un rock endiablé, permettant ainsi aux deux anciens ennemis de discuter ensemble.

Harry se dirigea vers les tables et demanda à l'homme qui l'avait suivit ce qu'il désirait boire. Ils prirent tous les deux un verre de champagne et trinquèrent. Dans les heures qui suivirent, ils discutèrent beaucoup et burent énormément.