Cuddy regardait sa montre nerveusement : dix heures sept. Elle se leva de son bureau, se dirigea vers la fenêtre et écarta les stores. Elle espérait que House était bien rentré la nuit dernière. Elle regarda encore sa montre avant de s'asseoir. Elle savait qu'elle avait laissé House tout près de chez lui, mais quand même. Lisa frissonna en repensant à ce qui c'était passé. Elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille en tenta de se concentrer.

House était toujours chez lui, il tournait en rond dans sa salle à manger en attendant que la vicodin fasse effet. Il avait encore plus mal dormit que d'habitude. Depuis un mois, les insomnies étaient fréquentes et lorsqu'il s'endormait, il ne rêvait pas, il cauchemardait. Il revivait l'accident, il revoyait le visage ensanglanté de Amber et toujours Wilson, enfin son regard glacé et triste. Cette nuit, il avait eu du mal à s'endormir vu les évènements d'hier soir. La nuit fut agitée : il rêvait de Cuddy, assise sur le capot de sa voiture, en train de pleurer silencieusement. Amber apparaissait comme par magie et venait consoler Cuddy. Amber portait la même tenue que le jour de l'accident. La scène était surréaliste. Amber se dirigea vers House et lui dit :

- Vous êtes content ? Regardez dans quel état elle est maintenant !

Les yeux bleus de Amber s'assombrir jusqu'à devenir marron. House connaissait ses yeux, mais il ne savait plus à qui ils appartenaient. Lentement, le visage de la jeune femme changea, les traits se durcirent, ses cheveux devinrent châtains foncés. House se sentait mal.

- Regarde dans quel état elle est maintenant !

House recula : c'était Wilson qui venait de parler. Ils étaient maintenant dans le bus et Amber était allongée plus loin, dans un coin sombre, recouverte de sang. House se retourna et se retrouva nez à nez avec un homme âgé. Il reconnaissait ses traits durs : son père. House avait alors l'impression d'avoir dix ans. Il regarda son père droit dans les yeux et attendit la sanction. Son père leva sa main et frappa Grégory…

House était alors tombé de son lit. Son cœur battait la chamade. Il avait la gorge sèche et tentait tant bien que mal de reprendre son souffle. Il était encore dans son cauchemar et s'attendait à revoir son père resurgir d'un moment à l'autre dans sa chambre. Il détestait cette impression de vulnérabilité, l'impression qu'il avait à ce moment même. Son souffle s'était calmé au bout de quelques secondes et il revenait à la réalité. Il regarda l'heure : dix heure sept, et merde je suis en retard, se dit-il.

- Quoi ?! s'écria-t-il en voyant le regard de Cuddy.

Elle était appuyée sur le muret où il prenait les dossiers pour ces consultations.

- Panne de réveil, se justifia-t-il en voyant que Cuddy ne réagissait pas.

- Dans mon bureau, aboya-t-elle.

House la suivit sans broncher. Cuddy contourna son bureau et s'assit. House fit de même en râlant quelque chose d'inaudible.

- Je veux que vous parliez à Wilson, dit-elle d'un ton autoritaire.

House l'observa un moment avant de dire :

- Vous avez de vilaines cernes. Mal dormi ? On s'inquiétait d'avoir laissé le boiteux loin de chez lui ?

- D'une, répondit Cuddy, je vous ais déposé à une dizaine de maison de chez vous, de deux, vous aussi vous avez des cernes alors que vous avez sûrement dormi jusqu'à dix heures. Insomnies ? Cauchemars ? Ou les deux peut être ?

- Vous êtes une piètre imitatrice de moi, vous n'êtes qu'une petite copieuse, finit-il avec une voix aiguë.

- C'est ça, cachez vous derrière vos sarcasmes.

House se renfrogna encore plus.

- Allez lui parlez, il traverse quelque chose de très difficile, reprit doucement Cuddy.

- Vous croyez que c'est de moi qu'il a besoin ? A votre avis, pourquoi il est parti de Prinston ?! Hurla-t-il en se levant de la chaise. Si vous croyez que c'est la solution à mes problèmes comportementaux ?! Vous vous fourrez le doigt dans l'œil jusqu'au coude ! Allez y ! Collez moi toutes les heures de consult' que vous voulez ! Je n'irai pas lui parler, plus je suis loin de lui mieux il s'en portera !

Cuddy s'était aussi levée, devant la violence de House. Elle ne savait plus quoi dire.

- Je n'ai pas besoin d'aide, reprit-il en baissant la voix. Ca va passer. Il faut juste un peu de temps.

- Non, je crains que cette fois ci, ça ne passera pas, osez dire le contraire…

- Pourquoi vous vous souciez de moi ? Pourquoi se soucier de quelqu'un qui ne veux pas qu'on se soucie de lui !

- Parce que ça pourrait mal tourner ! s'écria Cuddy.

- Quoi ! Vous avez peur que je fasse une over dose dans mon salon, qu'on m'y retrouve décomposé ? Si je dois mourir comme ça, et bien soit ! cria-t-il en claquant la porte de son bureau.

Lisa sursauta au bruit de claquement. House avait des propos durs, les plus durs qu'il n'avait jamais eus. La violence de ses mots était telle que Cuddy avait eu l'impression d'avoir reçu une immense giffle.