Bonjour à toutes et à tous!
Comme promis voici le chapitre IV.
Certains y trouveront des références à d'autres œuvres et c'est normal.
Si vous les repérez, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me le dire.
J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas.
Merci à tous celles et ceux qui laissent des reviews, c'est mon salaire ;)
Bon réveillon de la Saint Sylvestre à vous!
Et à la semaine prochaine.
Bonne lecture.
CHAPITRE IV
La soirée de ce vendredi 31 octobre était très noire : les étoiles et la lune étaient masquées par de gros nuages qui, gris dans le jour, étaient maintenant du noir le plus sombre. Ginny et moi avions du faire la route de l'usine à la maison de Mrs McGonagall seules. Notre hôtesse n'était pas venue au travail aujourd'hui, elle nous avait seulement accompagnées le matin avant de disparaître dans la foule à contre-courant. J'avais remarqué qu'elle n'avait pas l'air comme d'habitude, son masque de dureté semblait avoir été ébranlé, mais je mettais cela sur le compte d'une mauvaise nuit, un méchant rêve les journées de l'usine ne me permettaient pas d'avoir beaucoup d'attention pour les autres et la fatigue, en cette fin de semaine, gagnait mon corps et embrumait mon esprit sans doute bien trop pour que je puisse m'intéresser à mon hôtesse avant la journée.
La journée de travail avait été éprouvante. Depuis quelques jours déjà mes doigts étaient devenus douloureux, à cause du froid plus que du travail, et rendaient mes mouvements difficiles et ma productivité s'en ressentait. Ce qui m'inquiétait plus que les douleurs dans mes phalanges étaient la peur que l'un des superviseurs viennent me faire une remarque sur ma lenteur. L'idée que l'on me mette à la porte et que je me retrouve soudain mise à la porte sans revenu. Toutes ici nous savions que, pire encore que l'usine, se trouvait la rue et son 'travail'. Je tremblais à l'idée de devoir faire payer mes charmes à des hommes puis d'être retrouvée, un matin, gisant dans mon sang comme cela avait été le cas pour quelques filles de joie de la banlieue de Londres que nous croisions en nous rendant à l'atelier Malefoy. Que Dieu me préserve de cette tragique destinée. La terreur de cette perspective ne me faisait pas oublier la douleur, mais me permettait de passer outre celle-ci.
Le soir, quand la sirène sonna la fin de notre journée de travail, Ginny et moi, ne voyant pas notre logeuse nous attendre, avions pris la décision de rentrer toutes les deux en nous hâtant. Les rues de la cité ouvrière étaient effrayantes éclairées seulement sur l'axe principal par la faible lueur des réverbères.
Lorsque nous arrivâmes enfin à la maison rien n'aurait pu nous laisser présager du spectacle qui nous y attendait.
A peine avions nous poussé la porte que nous pûmes distinguer que notre hôtesse ne se trouvait pas seule dans le salon. Assis sur le sofa se tenait un homme. Mon sang se glaça et je sentis que mes joues perdaient leurs couleurs en reconnaissant le contremaître de l'usine, celui que Mrs McGonagall appelait Monsieur.
Mon amie et moi nous retrouvâmes ainsi, figées par la surprise de découvrir cet homme dans le salon.
« Mesdemoiselles, lorsque l'on est bien éduqué, on commence par saluer les invités de son hôtesse. Éventuellement, on peut proposer de servir du thé. Mais on ne reste pas planté là, la bouche ouverte, comme des truites hors de l'eau. » nous dit-il avec un sourire méprisant.
Je fermais la bouche et essayait de reprendre un peu de contenance sans pouvoir détacher mon regard de l'homme.
« Vous m'examinez Miss Granger, me trouveriez-vous beau ? »
Sa question me prit totalement au dépourvu et je ne pu retenir la réponse qui franchit mes lèvres bien malgré moi tandis que le rouge me montait aux joues :
« Non, Monsieur. »
J'étais terrorisée. L'idée d'avoir pu lui répondre que je ne le trouvais pas beau, même si cela était la vérité et que le mensonge était péché, me fit soudain prendre conscience qu'il avait le pouvoir de me priver de source de revenus. Ne pouvant supporter de rester là à contempler la mise en place des conséquences de mon erreur je crus bon d'ajouter précipitamment :
« Je vous prie de bien vouloir m'excuser Monsieur. Je n'avais pas l'intention de vous blesser ou de vous manquer de respect. Je n'aurai pas du vous répondre cela. Je ne pense pas être en mesure de juger de la beauté d'une autre personne. »
Il se tourna vers notre hôtesse qui n'avait pas réagit à mes paroles, ce qui m'aurait sans doute étonnée si je n'avais pas été aussi choquée, et lui dit :
« Minerva, ne trouvez-vous pas que cette jeune fille, sous ses airs de moniale discrète et tranquille semble avoir un peu de répondant lorsqu'elle est prise à me dévisager. Et la voilà qui tente de s'excuser en me faisant comprendre qu'elle n'est pas en mesure de juger de ma beauté. N'est-ce pas amusant ? C'est son avis que je demandais, elle me l'a donné sans retenue et voilà qu'elle s'en excuse. »
Il n'attendit pas la réponse et se tourna ensuite vers moi en affichant un sourire qui n'avait rien de chaleureux et dont il semblait coutumier. Je tremblais d'angoisse à l'idée de voir la sentence s'abattre sur moi.
« Vous ne me semblez pas impertinente et, je ne dirai pas que j'apprécie votre honnêteté mais, du moins, vous avez le mérite d'être franche. Vous avez l'air embarrassé, si cela peut vous rassurer Miss Granger, vous n'êtes pas plus jolie que je ne suis beau. Cependant un air embarrassé vous va bien : d'ailleurs cela me convient, c'est un moyen d'éloigner de ma figure vos yeux scrutateurs et de les reporter sur les motifs du tapis. Ainsi donc je vais continuer à vous embarrasser, Miss Granger. »
La manière dont son regard se posait sur moi alors que je contemplais le tapis du salon me mettait mal à l'aise mais j'avais l'impression qu'il m'ôtait un poids de la poitrine en me laissant comprendre que ma remarque n'aurait pas de conséquences sur mon poste. Je commençais même à me demander si cette idée lui avait même effleurée l'esprit mais je ne dis rien, contente de m'en tirer à si bon compte.
Enfin il amorça un mouvement vers notre hôtesse, et il s'adressa à elle toujours en souriant:
« Bien Minerva, je vais vous laisser vous occuper de ces deux jeunes filles, elles ont l'air d'avoir grand besoin de vos enseignements en matière d'éducation et de savoir vivre. »
Joignant le geste à la parole, il se leva. Il était encore plus impressionnant debout, cintré dans son costume noir, son long manteau tombant avec élégance le long du corps, il tenait son chapeau à la main mais je tentais de ne pas l'observer ou du moins de le faire sans qu'il ne s'en rende compte ou me le fasse remarquer à nouveau mes joues étaient toujours rouges de gêne.
Il s'avança vers nous pour rejoindre la porte et nous nous écartâmes de son chemin.
« Madame. » adressa t-il à notre hôtesse en s'inclinant légèrement. Puis se tournant vers nous : « Mesdemoiselles. » Lorsqu'il se redressa il affichait son étrange sourire qui me fit me sentir à nouveau très mal à l'aise.
Il ouvrit la porte, remit son chapeau, et avança dans l'obscurité de cette dernière nuit d'octobre, celle dont on avait coutume de dire qu'elle était un passage entre le monde des morts et celui des vivants en cette nuit qui nous séparait de la Toussaint. Je ne pus m'empêcher de penser qu'il n'y avait pas un moment dans l'année dans lequel il eut pu paraître plus dans son élément tant il m'effrayait.
Ginny referma la porte, et le bruit de celle-ci me sortit de ma réflexion. Je retirai mon manteau et rejoignis mon hôtesse et mon amie dans le salon.
Mrs McGonagall était assise dans son vieux fauteuil, elle se tapotait le coin des yeux avec un mouchoir comme pour éponger des larmes elle ne fit aucune réflexion sur l'échange que nous avions eu avec le contremaître devant elle.
« Monsieur Rogue vous a licenciée ? » osa demander Ginny en s'approchant doucement d'elle.
« Grand Dieu non, ma chère enfant, bien sûr que non. » me répondit-elle avec un sourire compréhensif face à mon erreur d'interprétation. « Jamais Severus ne me licencierai. Il m'a raccompagnée à la maison voilà tout. »
Je lançais un regard à Ginny qui haussa les épaules, aussi désorientée que moi par les propos que tenait notre hôtesse. Mrs McGonagall venait d'appeler le contremaître de l'usine par ce qui semblait être son prénom – et quel prénom ! - Je tressaillis. Qui avait-il de plus effrayant qu'un nom qui se rapprochait tellement de ce qu'il semblait être ?
« Voulez-vous du thé ? » demanda alors Ginny, tentant sans doute de nous ramener à nos habitudes quotidiennes.
« Ma foi Miss Weasley, il semble que ce soit l'heure de préparer le dîner. Je manque à tous mes devoirs aujourd'hui. » me répondit-elle en amorçant un mouvement pour se lever.
Ginny l'arrêta : « Hermione et moi allons nous en occuper. Restez assise, il semble que vous ayez eut votre lot d'émotions pour la journée. »
Elle me gratifia d'un faible sourire et retomba dans ses pensées pendant que j'entraînais mon amie dans la cuisine.
« N'oubliez pas l'assiette en plus Miss Granger. Nous sommes Allhallow-even* aujourd'hui et il se peut que quelqu'un veuille venir manger cette nuit. »
La nuit précédant la Toussaint, il était coutume de laisser un repas pour les âmes qui voudraient manger avant de retourner de l'autre côté, ainsi je ne fus pas surprise de la demande de mon hôtesse. Nous ne le faisions pas forcément à l'orphelinat mais quelques unes de mes camarades laissaient un bout de pain sur leur table de nuit pour ceux qui reviendraient et qui pourraient être, possiblement, nos parents.
Tandis que nous commençâmes à faire le repas Ginny se pencha vers moi et me dit à voix basse :
« J'ai bien cru que tu ne t'en tirerai pas à si bon compte Hermione... Tu as osé lui dire qu'il n'était pas beau ! »
Je rougis à nouveau en repensant à la scène qui s'était déroulée peu avant.
« Les mots ont franchi mes lèvres bien malgré moi Ginny. » lui avouais-je honteuse. « Que faisait-il là ? » murmurais-je à nouveau à mon amie.
« C'est une des questions que je me pose également. » me répondit-elle sur le même ton. Et d'ailleurs « Qu'est-ce qu'il a bien pu lui dire pour faire pleurer Mrs McGonagall ? »
Je ne répondis pas. Je n'en avais aucune idée. J'avais conscience que cela nous affectait toutes les deux mais je n'arrivais pas à trouver une réponse logique à ces questions et mon esprit était encore embrumé par la conversation qu'il avait eut avec moi, si tant était qu'on eut pu qualifier tout ça de conversation. J'essayais de penser à notre hôtesse et me prêtait à croire que, peut-être ne l'avait-il pas renvoyée mais s'était-il seulement contenté de lui faire une remontrance. Mrs McGonagall n'était plus en âge de tenir les cadences infernales qu'on nous imposait. Je tremblais en pensant à ce qui pourrait lui arriver lorsqu'elle n'aurait plus la condition nécessaire au travail. Allait-il la jeter à la rue malgré toutes ses années de bons et loyaux services à l'usine ? Elle avait l'air de penser qu'il ne se séparerait pas d'elle. Elle avait même oublié le Monsieur pour l'appeler par son prénom. Cependant une petite voix me disait qu'il aurait pu la convoquer à l'usine pour lui signifier tout ça hors Mrs McGongall n'était pas allée travailler aujourd'hui.
Cette journée semblait nous cacher bien des secrets.
Nous servîmes le dîner dans le salon, et nous mangeâmes toutes les trois dans un silence religieux comme nous imputions à la fatigue autant qu'à nos pensées. Personne ne posa de questions sur ce qui avait pu se passer et Mrs McGonagall nous en fut sans doute reconnaissante au delà des mots.
Ginny et moi avions débarrassé nos assiettes puis nous avions salué notre hôtesse qui n'avait pas bougé de son fauteuil perdue dans ses pensées. La voir dans cet état alors que nous la connaissions forte et droite nous perturbait toutes les deux. Nous ne savions pas comment agir, ni ce que nous devions faire. Si ça n'avait pas été la nuit d'Halloween, je lui aurai proposé de rester près d'elle mais je voulais m'endormir avant que les esprits ne décident de se promener.
Je me levai le lendemain avec l'immense soulagement de constater que les fantômes m'avaient laissé dormir et l'impression que ce qui s'était passé la veille n'avait été qu'un mauvais songe. Tout cela me paraissait tellement surréaliste. J'avais toujours était un peu impulsive à l'orphelinat mais en grandissant j'avais appris à modérer mes propos et mes paroles pour justement éviter ce qui s'était passé la veille. Comment avais-je pu lui dire que je ne le trouvais pas beau ? Évidemment, c'était le cas je ne le trouvais pas beau mais il avait raison, je n'étais moi-même pas belle avec mes cheveux indomptables et mes dents trop longues. Ses propos avaient été aussi blessants que ma réponse et quelque part c'était un juste retour de bâton.
Ginny frappa à ma porte faiblement et l'entrouvrit.
« Mione ? » appela t-elle. « Tu es réveillée ? »
Je lui fis signe que oui et elle ouvrit la porte pour entrer dans ma chambre.
« Mrs McGonagall a dormi dans son fauteuil. » me dit-elle avec une voix qui laissait percer son inquiétude. « Elle y dort toujours d'ailleurs. »
Je hochais la tête, mettant de côté mes propres soucis pour me concentrer sur notre hôtesse dont l'attitude nous inquiétait depuis la veille.
« Peut-être devrions nous aller lui préparer du porridge et du thé. » Je suggérais.
Ginny acquiesça et me laissa passer ma robe avant de la rejoindre en bas.
Mrs McGonagall dormait dans son fauteuil paisiblement. Elle avait un plaid posé sur elle et tenait dans sa main l'un des livres de la bibliothèque dont l'auteur était Lord Byron.
Elle se réveilla tandis que nous dressions la table et nous adressa un regard de gratitude avant de venir s'installer près de nous.
« Veuillez m'excusez Mesdemoiselles. » nous dit elle doucement.
Nous échangeâmes un sourire Ginny et moi avant de commencer à manger.
La Toussaint était un jour férié à l'usine, et, cette année, elle tombait un samedi, nous permettant de profiter de deux jours libres. Évidemment, nous allions nous rendre en premier lieu à l'église assister à la prêche de Dumbledore et, Ginny et moi, espérions pouvoir passer le reste de la journée avec les garçons. Cependant nous constatâmes avec une certaine amertume que la météo ne semblait pas vouloir se plier à nos intentions : des nuages sombres et un fort vent de nord-est rendaient le temps extrêmement froid et triste.
La prêche en ce jour de célébration de Tous les Saints fut sympathique. Dumbledore continuait de nous montrer qu'il était l'un des meilleurs pasteurs de la profession et je ne vis pas le temps passer.
Lorsque nous sortîmes de l'Église, nous dûmes nous rendre à l'évidence, le temps n'était pas avec nous mais, sans doute pour nous remercier d'avoir pris soin d'elle, Mrs McGonagall nous suggéra de rester discuter avec les garçons dans la salle paroissiale avec Dumbledore, ce que nous fîmes avec plaisir après nous être assurées qu'elle n'allait pas avoir de soucis en rentrant seule à la maison.
Le vieux pasteur servait du thé à quelques fidèles dans la salle paroissiale parmi lesquels figuraient des personnalités connues de l'usine comme Mrs Pomfresh, l'infirmière et Mr Rusard, celui qui avait conduit la voiture lors de mon arrivée.
Ginny et moi nous étions installées à une table dans un coin de la pièce que les garçons nous avaient désigné. Harry et Ronald s'étaient assis en face de nous et bientôt nous fûmes rejoints par Fred et Georges qui portaient un plateau et une théière.
« Alors comme ça tu as dit à Rogue que tu ne le trouvais pas beau ? » me demanda Fred en posant une tasse devant moi.
Je lançais un regard à Ginny qui rougit jusqu'aux oreilles, la fuite ne pouvait venir que d'elle.
« Je n'ai pas dit ça... » répondis-je.
« Non, il lui a demandé si elle le trouvait beau. » reprit Ginny à qui je donnais un coup de pied sous la table dans l'espoir de la faire taire.
« Il faut bien avouer qu'il est plutôt beau... pour une chauve-souris ! » commença à rire bruyamment Harry.
« ou un corbeau ! » enchaîna Ronald sans rire pour sa part. Il baissa même d'un ton pour ajouter : « Vous savez que je l'ai vu traîner dans le cimetière hier soir ? »
Je tressaillis. Quel genre d'homme pouvait aimer traîner dans les cimetières la veille de la Toussaint la nuit ? Quel genre d'individu pouvait aimer traîner dans les cimetières la nuit ? Quel genre de personne pouvait aimer traîner dans les cimetières tout court ?
« J'ai toujours trouvé qu'il ferait un bon fossoyeur. » dit Georges pensif. « Il a déjà la tenue et la mine qui va avec. »
« Mais comment tu peux être sur que ce soit lui Ron ? Il faisait nuit noire. » demanda Ginny sceptique.
Le plus jeune de ses frères rougit jusqu'à la racine des cheveux visiblement il ne savait pas comment nous expliquer qu'il était sur que ce fut Rogue.
« Il a sans doute reconnu son nez. » dit Fred.
« Peut-on encore appeler ça un nez Fred ? N'est-ce pas une trompe comme ses animaux que les officiers ramènent d'Afrique ? » continua Georges provoquant les rires des autres.
« Vous semblez de fort bonne humeur mes enfants. » dit Dumbledore qui s'était approché de notre petit groupe.
« Et nous le sommes. » répondit Fred. « Vous reconnaissez là notre sœur Ginny. » dit-il en désignant la jeune fille aux cheveux si roux qu'il aurait été difficile de nier la parenté qui les unissait.
« Bien évidemment Mr Weasley et vous êtes ? » me demanda t-il sans perdre son sourire.
« Miss Granger. » répondis-je. « Je vis chez Mrs McGonagall. »
« Bienvenue parmi nous alors Miss Granger. Considérez cet endroit comme un refuge si d'aventure vous deviez en avoir besoin. » continua-t-il.
Je lui souris pour toute réponse espérant que la fortune m'éviterai de devoir recourir à l'offre du vieil homme.
« Voulez-vous déjeuner ? » nous demanda Dumbledore. « C'est Miss Lovegood et son père qui ont préparé le repas, bien entendu. Ils font les plus délicieuses tartes au potirons de la région. » Il s'adressa à Ginny et à moi en levant les yeux au ciel : « Ils n'aiment pas ma cuisine. »
Les garçons répondirent positivement à l'unanimité et le pasteur fit signe aux jumeaux de le suivre pour porter les plats.
Lorsqu'ils furent hors de portée de voix, Ginny dit : « Tu as vraiment vu Rogue au cimetière ? »
Le roux hocha la tête et ajouta : « Ma main à couper ! »
« Ron ! C'est 'ma tête à couper' ou 'ma main au feu' mais pas un mélange des deux. » lui reprocha son ami.
« Que pouvait-il bien faire là-bas la nuit précédant la Toussaint ? » demanda Ginny. « J'ai du mal à l'imaginer quittant notre maison pour aller déterrer... » Elle eut une grimace de dégoût.
« Peut-être qu'il cache un trésor. » dit Ron plein d'espoir.
« Ou peut-être qu'il pratique la sorcellerie. » dit Harry à voix basse. « La magie noire. Mon oncle a toujours dit que c'était un suppôt de Satan et il ne vient jamais près de l'église. »
Machinalement j'attrapais la croix autour de mon cou pendant que mes camarades se regardaient en silence. Harry avait réussi à nous inquiéter avec sa théorie bien plus que je l'aurai cru.
Nous ne retrouvâmes la parole qu'avec l'arrivée du ravitaillement porté par les jumeaux et de Dumbledore. Il avait détendu l'ambiance en nous racontant quelques un de ses grands ratés culinaires pendant que nous mangions un délicieux repas.
L'après-midi continua dans la bonne humeur et nul ne mentionna à nouveau le nom du contremaître.
* Nom écossais possiblement à l'origine du mot « Halloween »
