Chapitre 3 :

Bilbo avait rendez-vous avec les deux héritiers de Thorin devant la salle du Conseil. Ils lui avaient promis que cela allait énormément lui plaire, ce qui avait évidemment piqué sa curiosité. Il se demandait tout de même si ce n'était pas encore un sale coup de la part des deux nains.

Cela faisait une bonne quinzaine de minutes qu'il les attendait. « Je patiente encore un peu. » pensa-t-il. Des éclats de voix se firent entendre, provenant du fond d'un couloir, Kili et Fili apparurent quelques secondes après. Le blond avait son bras autour des épaules du plus jeune et semblait prendre un malin plaisir à le taquiner. Ils ressemblaient à s'y méprendre à un jeune couple d'amoureux, même pour Bilbo qui les savait liés par le sang.

- Vous êtes en retard, j'étais sur le point de partir, menti le Hobbit.

-Vous n'allez tout de même pas nous en vouloir ? Nous avions des devoirs princiers à terminer.

-Fili à raison, ne soyez pas en colère. Nous avons aussi des obligations.

- Comme quoi ? Faire enrager votre Oncle ? Faire tourner Balin en bourrique ? Ou encore cacher les livres d'Ori ?

- Entre autre, oui, sourit Fili

-Sans oublier échanger les étiquettes des potions d'Oin ! rigola Kili.

- Ah oui ! Quelle joie d'être prince…

-Je me demande comment Thorin fait pour vous supporter tous les deux …

Les deux frères échangèrent un regard entendu.

-En parlant de notre Oncle, où en êtes-vous ?

Fili remarqua la réaction de Bilbo en entendant sa question. Il ne savait pas quoi répondre. Où en était sa relation avec le grand Nain ? Il décida simplement de changer de sujet en lançant une autre question.

- Que voulez-vous me montrer au juste ?

- Savez-vous, commença Kili, que Erebor abrite de magnifique potagers ? Des sortes de jardins en hauteur débordants de fruits et légumes.

- Mais…mais… Comment est-ce-possible ?

- Ne faut-il pas approvisionner les cuisines ? Fili et moi pensions que pouvoir visiter de telles merveilles vous plairait.

- Bien sûr ! J'ai hâte d'apprendre quelles techniques sont utilisées par les Nains en jardinage…

Fili et Kili se retenaient de rire devant la naïveté du plus petit. Comment avait-il fait pour sortir indemne de l'Aventure ? Il croyait presque tout ce que l'on pouvait lui raconter, et il était d'ailleurs étrange que Thorin n'ai pas sauté sur l'occasion afin de mettre un terme à ce pari et prouver à ses neveux qu'il avait les capacités de gagner aisément.

-Suivez nous Maitre Cambrioleur.

Le trio emprunta un premier couloir de pierre menant à un escalier qui semblait monter à l'infini dans la Montagne Solitaire. Fili menait, suivi de Bilbo puis de Kili qui fermait la marche. Ils ne mirent pas très longtemps avant d'arriver dans un immense hall truffé d'entrées de toutes parts. A chaque passage se trouvait des torches d'où se diffusait une douce et chaude lumière. Les Nains firent une pause pour permettre au Hobbit de reprendre son souffle car il n'avait visiblement pas l'habitude de monter de grands escaliers, voir des escaliers tout court. Ils reprirent la route en choisissant une galerie sur la droite, bien plus étroite que les autres. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, la lumière que projetait les torches du hall diminuait jusqu'au point où Bilbo n'arrivait plus à faire deux pas sans trébucher. Plus le temps passait et plus Kili semblait être à la traine, Fili le prévenant à chaque fois :

- Dépêche-toi p'tit frère ! Ou je devrais venir te chercher et je n'hésiterai pas à te trainer jusqu'à ce que nous soyons arrivés …

Malgré cela, le Nain brun fini par disparaitre complétement, le premier héritier de Thorïn laissa s'échapper un long soupir et s'adressa au semi homme.

- Je ferais mieux d'aller le chercher, l'entrainement de ce matin à du le fatiguer plus que d'habitude, mais ne nous attendez pas et continuez tout droit Monsieur Bilbo.

- Très bien, dans ce cas on se retrouve plus tard.

Chacun allant dans un sens opposé, Bilbo continua son chemin comme le lui avait indiqué Fili. Effectivement à la fin de galerie se trouvait une porte entre-ouverte. Le Hobbit passa par l'ouverture et se retrouva sur une corniche à une altitude vertigineuse et bien sûr aucun jardin ne se trouvait à l'horizon. Il s'était encore laissé embarquer par ces deux scélérats. Et pour couronner le tout, le seul moyen qu'il avait de partir se referma devant ses yeux. Bilbo s'était jeté sur la porte essayant, en vain, de la retenir. S'il voulait quitter cet endroit il n'avait qu'une solution : sauter. Ce qui était hors de question, parce qu'il avait bien trop peur et que c'était bien trop haut. Il se concentra de nouveau sur la porte, sauf que celle-ci avait disparu. Le semi homme examina scrupuleusement le mur, à la rechercher d'un éventuel interrupteur, levier ou même d'une simple poignée. Soudain, l'image de Gandalf s'imposa à lui, qu'avait dit le vieux magicien ? « Une fois close les portes naines sont invisibles. ». Bilbo soupira rageusement, il avait décidemment pris l'habitude de se faire enfermer là où il ne fallait pas. Ses yeux se perdirent dans la contemplation du sol et s'arrêtèrent sur un caillou. N'y tenant plus, son pieds envoya valser la petite roche qui se perdit en contre-bas. « Maintenant que je suis là, voyons voir si je peux faire quelque chose de cette terre… » pensa Bilbo.


Fili et Kili descendaient les escaliers en riant aux éclats. Piéger Bilbo était de plus en plus drôle, et le pauvre n'avait toujours pas compris ce qui se passait. Kili passa un bras autour des épaules de son frère

- Tu penses que l'on aurait dû lui dire que toutes les galeries mènent à la Corniche ?

- Oui on aurait dû…mais on verra ça demain !

D'un coup de pression sur l'épaule du blond et d'un saut agile, le brun se retrouva sur le dos de Fili. Kili pointa du doigt le couloir et en lança un « A L'ASSAUT ! », le premier héritier se prenant au jeu, se mit à courir tout en soutenant le plus jeune. Dans leur euphorie, ils n'avaient pas remarqué le Grand Nain qui se dirigeait vers eux, le nez plongé dans des papiers. L'impact fut brutal, Thorin vacilla mais resta fièrement debout, le dos bien droit et la tête haute tandis que ses turbulents neveux gisaient sur les fesses, continuant à rire. Du moins jusqu'à ce qu'ils comprennent que ce n'était pas un mur ou une armoire à glace qu'ils avaient percuté, mais leur Oncle.

- Je peux savoir ce qu'il y a de si drôle ? demanda le Grand Nain.

- Absolument rien Oncle Thorin, nous nous amusions simplement … répondit le blond.

Peu de personnes savaient que Fili touchait les tresses de son menton lorsqu'il disait un mensonge, et il venait de le faire à l'instant. Le Roi sous le Montagne haussa les sourcils.

- Vraiment ? Dans ce cas j'aimerais savoir où se trouve le Cambrioleur, Ori vous à vue l'embraquer il ne sait où…

Fili, qui était déjà debout, aida son frère à se relever puis lui lança un simple regard, ils avaient l'habitude de communiquer par les yeux ce qui se révélait fort utile dans certaines situations. Sans attendre ils se mirent à courir, avec Thorin à leurs trousses en prime. Le Nain blond attrapa le brun par la taille pour l'embarquer avec lui dans un escalier. Ils couraient vite mais ne semblaient pas vouloir semer leur Oncle, du moins ce fut le cas pour un temps, au détour d'une galerie, Thorin ne voyait plus ses neveux. Du bruit provenait de sa gauche, sans hésiter il s'engouffra dans cette direction et l'obscurité l'enveloppa. Au bout du couloir se trouvait une ouverture, une légère lumière s'en diffusait accompagnée d'une brise qui se promenait sur le visage du Nain. Il entra par la porte mais celle-ci se referma aussi tôt et disparu. Ces neveux avaient vraiment tout prévu …Thorin eu un petit sursaut en entendant une voix provenant de son dos.

-Rien ne peut pousser ici, ce n'est même pas la peine d'essayer, la terre n'est pas bonne.

Le Nain se retourna doucement pensant faire face à Bilbo mais il fut déstabilisé, et il en fallait pour déstabiliser un Roi Nain, en ne voyant non pas le visage du Hobbit mais bien ses fesses qui se tortillaient pendant que leur propriétaire était penché examinant le sol. « La terre peut être pas, mais le reste doit l'être… » souffla une petite voix à l'intérieur de Thorin, il était complètement décontenancé. Et puis ce derrière qui se délectait de le narguer. Ses jambes lui firent défauts, il se retrouva sans comprendre comment suspendu par une main au-dessus du vide. Bilbo qui s'était relevé en entendant du bruit, lança un regard horrifié au Nain. Il se précipita au bord de la corniche et tenta d'attraper la main de Thorin qui semblait ne pas avoir conscience de ce qui se passait.

- Thorin je veux bien vous venir en aide mais il faudrait y mettre un peu du votre !

A ces mots, le Roi sous la Montagne sorti de sa torpeur et fixa intensément Bilbo avant de comprendre c qu'il devait faire. Tout en gardant son calme il tendit son bras vers le Hobbit, leurs mains se rencontrèrent. Ni l'un ni l'autre n'eut le temps de s'attarder sur les sensations que provoquait ce simple contact ni sur la chaleur qui s'en dégageait. Le plus petit aidait Thorin tant bien que mal en y mettant toutes ses forces. Il fallut plusieurs minutes de labeur avant de réussir à hisser le Nain sur la corniche en sécurité. Ils avaient le souffle court, leurs cœurs battaient la chamade sans vouloir se calmer et leurs visages étaient rouges. Enfin, petit à petit tout redevint à la normale. Thorin en profita pour détailler le Cambrioleur qui venait de lui sauver la vie sans même savoir que c'était lui qui l'avait mis dans cette situation plus que délicate. Ses adorables boucles étaient en bataille et certaines mèches lui collaient au front. Sa bouche était légèrement ouverte, la peur quittait ses yeux doucement même si il tremblait encore un peu. Etait-ce à cause de l'effort ou bien de la peur d'avoir perdu le Nain ? Il ne put pousser la réflexion plus loin, car en une fraction de seconde, l'attitude du plus petit se modifia. Son regard était devenu rieur et ses lèvres étaient étirées en un merveilleux sourire en coin absolument

- Vous avez une forte poigne vous savez…

Thorin décrocha ses yeux de ceux du Hobbit pour descendre, sans se presser, vers leurs mains. Il ne s'en était pas rendu compte mais ils avaient toujours leurs doigts entrelacés, et Thorin ne paraissait pas vouloir lâcher le plus petit. Alors il revint capturer le regard de Bilbo et desserra lentement et retira un à un ses doigts. Puis sans crier gare l'attira contre lui pour une étreinte. C'était différent de la première et Bilbo le remarqua. Il ressentait son soulagement, sa gratitude. Il y avait cette fois un petit quelque chose en plus qui faisait que Bilbo se sentait bien, comme s'il était à sa place. Ce petit quelque chose l'empêchait de résister à ces bras puissants, il ne le voulait pas de toutes manières. Malheureusement, Thorin rompit ce moment beaucoup trop tôt pour eux deux. La porte qui avait était jusque-là invisible s'ouvrit, laissant apparaitre Balin.

- On m'a rapporté que vous étiez coincés sur la Corniche Nord. Vous n'avez pas de chance mes amis… fit remarquer le Vieux Nain de son accent chantant.

- Tout dépend de quel côté de la porte tu te trouves Balin, répondit Thorin un sourire dansant discrètement son visage.

Le Vieux Nain haussa simplement les épaules, s'assura que la porte resterait en place et quitta les lieux. Thorin qui était toujours derrière Bilbo pausa ses grandes mains sur les frêles épaules du Hobbit et se pencha vers lui.

Je te remercie Bilbo.

Thorin n'avait fait que susurrer ces mots avant de s'écarter et partir. Le Hobbit sentait encore le souffle chaud du Nain s'attarder au creux de son cou, ses joues le brulaient affreusement et son cœur avait décidé de s'emballer sans demander son accord. Qu'est ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Il ressemblait à sa sœur quand elle était plus jeune et qu'elle parlait d'un Hobbit qu'elle avait rencontré … Une Hobbit amoureuse, voilà à quoi il ressemblait à l'instant. Or il n'était pas une Hobbit mais bien un Hobbit qui avait fait un pari. Il était bien décidé à gagner quoi que cela lui en coute. Il commença à avoir froid, il se dirigea vers la porte et redescendit les escaliers.


Kili et Fili n'avaient rien perdu du spectacle depuis le balcon qui surplombait la corniche. Et l'intérêt que Thorin portait à Bilbo crevait les yeux, et c'était réciproque

- Tu vois Fili, je pense que l'on est sur la bonne voie. Adieu les cours d'Alchimie !

- Tu as raison, ce petit jeu prendra bientôt fin…

- Ne t'inquiète pas, on en trouvera un autre !

Kili trouva que son frère avait l'air abattu. C'est vrai qu'ils s'amusaient énormément grâce à ce pari mais ils ne pouvaient durer éternellement. Le Nain brun changea de sujet pour que son frère arrête de bouder.

- Je suis persuadé que tu n'aurais pas fait comme ça, je me trompe ?

Fili acquiesça et souriant.

- Aller explique moi au lieu de rester dans ton coin.

-D'accord. Déjà je n'aurais pas lâché sa main et je ne l'aurais pas quitté des yeux. Un peu comme ça…

Fili planta son regard dans celui de Kili et lui attrapa la main. Leurs doigts s'entremêlèrent délicatement.

- Jusque-là je vois, ensuite ? demanda Kili

- J'aurais amené sa main à mon visage, répondit Fili sans lâcher son frère des yeux.

C'est ce qu'il fit, il porta la main de Kili à son visage. Il la posa contre sa joue, puis embrassa doucement chacun des doigts. Kili déglutit, en effet cela faisait son petit effet et nul doute que Bilbo tomberai immédiatement.

- Le problème étant que je ne suis pas Thorin, et que je n'agis pas vraiment comme lui … commença Fili

- Comment ça tu …

- D'abord, je ne te laisserai même pas le temps de parler, coupa le blond.

Il fit reculer son frère puis lâcha brusquement sa main, mais ses yeux n'avaient pas bougé.

- Je croyais que tu ne lâcherais pas la main… fit remarquer le Brun

- Et je croyais t'avoir dit que tu ne pouvais pas parler, mais comme tu es tellement curieux je vais t'expliquer. J'ai besoin de mes deux mains pour la suite…

Sans laisser le temps à Kili de répondre, Fili souleva son frère et s'arrangea pour que celui-ci enroule ses jambes autour de ses hanches. Le deuxième héritier trouvait son frère absolument parfait dans ce rôle, et il ne put s'empêcher de se demander combien de Naines avaient eu ce privilège. Et cette question forma une boule dans sa gorge. Non pas de tristesse, non de colère mais de jalousie. Elles n'avaient pas le droit de s'accaparer de son frère comme ça. Fili qui observait toujours son frère rigola gentiment. Kili sorti de ses pensées.

- Qu'est-ce qui te fais rire ?

- Je ne pensais pas te plaire au point de te faire vraiment taire.

Le Brun rougit franchement, il ne pouvait pas se cacher, son frère le tenant toujours contre lui. Le cœur du Blond en eu un raté, décidemment son frère était franchement beau, pas étonnant qu'autant de prétendants et prétendantes se présentent… Kili posa une question qui permit à Fili de ne pas trop fulminer.

- Dis-moi, une fois que tu me tiens comme ça, que comptes-tu me faire ?

Le plus vieux ne remarqua pas que Kili ne jouait plus le rôle de Bilbo et lui de Thorin, ils étaient simplement eux même. Le jeu avait pris une autre tournure sans même qu'ils s'en rendent compte et ils s'en contre fichaient.

- Disons que je t'emmène jusqu'à ma chambre pour une durée indéterminée et qu'à la fin tu y perdrais surement la raison…

- J'voudrais bien voir ça …

Les deux frères se sourirent mutuellement. Fili fini par poser Kili mais il reprit tout de même sa main.

- Plus tard peut être, pour le moment on a des choses à faire.

- Comme quoi ?

- Comme montrer à Bilbo que dans la vie tout n'est pas que fierté ainsi que de faire comprendre à Thorin que l'amour vaut la peine, surtout avec la bonne personne.

Et ils descendirent les escaliers, main dans la main, troublés par ce qui venait de ce passer.


Comment ça on ne m'attendait plus ? Je ne suis absolument pas en retard ... *s'étouffe avec son mensonge*

Je suis vraiment désolée j'avais des choses à faire, des séries à regarder et surtout une flemme olympique d'écrire. Je vous avoue que je n'ai que le début du chapitre suivant, je ne sais donc pas du tout quand je vais le poster, peut être pendant les vacances ou même après . Qui vivra, verra !

Encore et toujours merci à Eladda mais aussi à Sofinette pour la correction de mes phrases complètements biscornues et incompréhensibles !

Si jamais vous avez des idées, n'hésitez pas parce que là c'est la galère...

Pour me faire pardonner je vous offre mon twitter : /JolyCharlene , j'essaierai de poster mes avancées (si ça vous intéresses bien sûr !).

Sur ce, je vous laisse.

Bon week-end à tous .