Auteur : Minakochan

Pairing : HP x LM

Aux Fleurs empoisonnées

Chapitre 4 : Contres temps

La nuit fut courte pour le jeune Harry Potter ; après son escapade dans la maison close, un oreiller avait été le bienvenu… Du haut de ses 17 ans, il incarnait déjà la perfection, il n'était pas étonnant qu'il ait eu tant de succès la nuit passée. Ses mèches brunes s'emmêlaient sur son visage aux formes plus tout à fait enfantines, sa respiration était calme et passait au travers de ses lèvres légèrement gonflées. Dans l'urgence, il ne s'était pas débarrassé de sa chemise qui restait entrouverte et dévoilait sa peau. Le tissu tirait par endroits et serrait son corps, tout comme son pantalon qui moulait parfaitement ses jolies jambes. Pour tout dire, si un homme s'était trouvé dans la même pièce, il n'aurait put résister à l'envie ne serait-ce que de l'effleurer…

Trois coups à la porte l'éveillèrent. Il ouvrit difficilement les paupières et vit son meilleur ami ouvrir la porte. Ron ne parla pas tout de suite tant la position d'Harry était tentatrice, il ne l'avait jamais vu ainsi ! Moulé dans ses vêtements, il était tellement… tellement…

Harry parla donc le premier :

« - Oui ? Tu veux quoi ? »

Ron sortit de sa léthargie et lui répondit enfin.

« - mm…euh…Je venais te dire de descendre manger. »

« - J'arrive… » dit Harry en se levant et en enlevant sa chemise, chose qui mit encore plus mal à l'aise son ami Ron. Pourquoi trouvait-il qu'Harry était très bien fait ??!! Il rougit et se retourna.

Harry ne comprit pas pourquoi Ron s'était retourné et de toute façon il s'en moquait bien ; il pensait à Dante, cet homme à l'aura si puissante ; il lui semblait étrangement familier, ses mains, son corps, ses lèvres, sa voix chaude et sensuelle… Harry s'était sentit tellement bien dans son étreinte, il n'avait jamais soupçonné la sensualité dont étaient capables les hommes mûrs.

Entouré de la famille Weasley, Harry tournait inlassablement la même tartine dans son chocolat matinal. Quand le pain, trop humide, se détachait et coulait dans le fond chocolaté, Harry marmonnait un juron puis recommençait avec une nouvelle tartine et ainsi dix tartines moururent lamentablement…

Personne n'osait lui faire la réflexion qu'on ne devait pas jouer avec la nourriture, surtout chez les Weasley… mais Weasley mère jugea que « ce pauvre Harry avait déjà bien assez de soucis ». Merci à Voldemort et au prince huileux…

Finalement, aucune tartine n'atterrit dans l'estomac du jeune garçon. Il débarrassa la table et alla traîner ses guêtres dans le jardin.

Harry pensait. Il pensait à ce soir. A la chambre 40. A Dante. A la perte de sa virginité. Il n'avait plus en tête sa mission de retrouver les Horcruxes. Plus tard…

Il découvrait un monde de chair, de désir, d'odeurs enivrantes…

Il voulait accélérer le temps, faire tourner l'horloge à cent à l'heure pour se trouver au chaudron baveur. Là, il monterait à la fameuse chambre, Dante l'y attendrait, et le dévêtirait lentement, très lentement… Caresserait son corps de ses mains et de ses lèvres ; lui prodiguerait de douces caresses intimes, comme à la maison close. Sa respiration s'accélèrerait, son désir s'expatrierait jusqu'à insuffler tous ses phéromones à son amant… Les gestes deviendraient plus sauvages, plus puissants, plus virils. Et à ce moment-là, Dante le regarderait dans les yeux et s'introduirait au plus profond de lui… Aurait-il mal ? Peut-être… mais l'idée même de cette pénétration le serait dans ses vêtements.

Stop !! Il fallait qu'il arrête de penser à cela ! Harry avait oublié qu'il n'était pas seul dans le jardin ! Il avait été sur le point de pousser un gémissement qui aurait eu du mal à se faire passer pour de la douleur…

Il regagna la maison et monta dans sa chambre.

Harry s'allongea sur son lit après avoir fermé la porte à clef. Il desserra son pantalon et y plongea timidement sa main. Il lui fallait ce soulagement, autrement, il exploserait à la première vue d'un homme. Quelques secondes suffirent à lui sortir un son du gosier, qu'il voulait étouffer au maximum.

Il relâchât son étreinte autour de son intimité et resta à penser pendant toute l'après-midi qui lui sembla une éternité…

Le jeune sorcier ne crut pas que le temps pouvait être si extensible tant le soleil mit du temps à se coucher.

Arriva enfin le soir. Harry ne tenait plus : il faisait quelque chose puis deux secondes plus tard, une autre, il froissa Ginny qui avait eu la mauvaise idée de le serrer dans ses bras…

Ils dînèrent et c'est alors qu'Harry crût qu'il était maudi : Mme Weasley annonça d'un sourire radieux qu'elle les emmenait à l'Opéra magique de Londres. Le jeune homme lui fut reconnaissant pour le lieu mais pas pour l'activité…

Les enfants Weasley furent d'un avis mitigé étant donné leur ignorance dans ce domaine. Harry s'apprêtait à s'opposer puis se ravisa : il n'était jamais allé à l'Opéra mais se disait que ce devait être comme le cinéma et, une fois la séance commencée, il pourrait s'éclipser dans le noir.

« - Parfait ! » s'exclama Mrs Weasley « quelle belle soirée en perspective ! »

Les adolescents secouèrent la tête en signe de leur mécontentement.

Quand la gente féminine fut prête, tout ce petit monde sorti de la maison et marcha jusqu'à une vieille botte portoloin. Ils touchèrent ensemble la botte et se retrouvèrent au Royal Albert Hall, à Londres.

Harry n'était pas des mieux habillés et le regrettait, non pour le lieu prestigieux, mais pour l'homme magnifique qu'il irait bientôt rejoindre…

Les Weasley juraient cruellement avec la beauté du lieu, malheureusement…

Ils se présentèrent aux guichets et retirèrent leurs billets. Une ouvreuse les plaça et Harry constata qu'ils se trouvaient aux premières loges, les plus chères, au premier balcon.

Harry s'assit dans le beau fauteuil et regarda les sièges alentours : quelques sorciers du Ministère, bien évidemment, mais pas de connaissances personnelles… A moins que…

Harry plissa les yeux : il reconnut le puissant mais néanmoins dangereux Lucius Malefoy, en compagnie de sa femme et de son fils. Harry détourna le regard et pria Merlin que l'homme ne le verrait pas.

L'Opéra débuta, le noir se fit et l'orchestre entama l'ouverture.

Harry se leva, mais au moment de pousser la porte, Ron l'interpella :

« - Où tu vas ? »

« - Aux… aux toilettes ! » souffla Harry, mal à l'aise.

« - Attend ! je viens ! » s'écria Ron

« - Non, vraiment Ron… je… j'ai envie de vomir et c'est… »

Apparemment, Ron n'était plus du tout d'accord pour le suivre.

« - O…Ok. Appelle moi si ça empire, ok ? »

« - Ok. » fit légèrement le brun en tirant la porte.

Une fois dans le couloir, il s'adossa un instant à la porte et soupira.

Il était neuf heures passées et Harry avait peur que Dante ne s'impatiente…

Il se mit à courir et ne vit pas l'homme qu'il bouscula : il s'excusa et se remit à courir. Mais l'homme l'interpella.

« - On vous a déjà fait remarquer vos manières de barbare, Mr Potter ? » lança la voix cinglante de Lucius Malefoy.

Harry s'arrêta net. Il se retourna lentement et leva à peine les yeux à l'adulte.

Lucius sourit. Il aimait le mettre mal à l'aise, le déstabiliser, l'humilier…

« - Que faites-vous ici, Mr Potter ? » demanda-t-il innocemment.

« - Je suis à l'Opéra. » répondit-il avec désinvolture.

« - Je le vois bien ! Mais que faites-vous dans le couloir ? »

« - Je vous retourne la question. »

Lucius ne répondit pas. Le garçon était définitivement à son goût… Tenace, fougueux, courageux et méprisant des règles…

L'homme blond s'approcha d'Harry, suffisamment près pour le déstabiliser justement.

La respiration d'Harry s'accéléra incroyablement vite. Lucius allait le livrer à Voldemort, c'était certain, et pour l'instant, il le faisait mijoter, il s'amusait avec lui… Harry pensa à Dante qui était au chaudron baveur à l'attendre. Il s'impatienterai, et partirai.

« - S'il vous plaît, laissez moi passer, j'ai…j'ai quelque chose à faire et je suis en retard. »

« - Oho… Mr Potter a un rendez vous galant ! Comme c'est charmant… Quel dommage que je vous retienne… »

Harry eut peur et espéra que Lucius ne le remarque pas.

« - C'est très important ! »

« - Dites-moi avec qui et je jugerai si ça l'est. »

« - J'ai rendez vous avec un inconnu, je ne connais pas son nom. » avoua lamentablement Harry.

« - Merlin quelle horreur ! Je vous croyais plus haut que les bassesses de l'allée des embrumes, Mr Potter. Vos parents auraient honte de vous ! »

« - NE PARLEZ PAS DE MES PARENTS !!! » cria Harry sans faire attention.

A ce moment, une ouvreuse accourut et demanda des explications à Lucius pour le comportement de 'son' fils.

Lucius la rassura et emmena Harry en dehors du Théâtre.

Une fois dehors, Lucius arrêta de jouer la comédie du respectable aristocrate.

« - Vous avez de la chance que j'ai, moi aussi, un rendez vous important, Potter. Vous échappez une nouvelle fois à la mort, mais la prochaine fois sera la bonne, je vous le garanti ! » lâcha-t-il en l'empoignant par le col.

En le reposant au sol, Lucius eut une impression bizarre. Harry aussi, d'ailleurs… Ils se regardèrent un instant qui sembla des heures… Une tension se créa entre eux, de plus en plus intense ; tout naturellement ils s'étaient rapprochés et Lucius étant le plus grand, il se penchait lentement vers Harry. Il ne savait pas pourquoi, et qu'importe… Tous deux ne sentaient plus que leurs souffles, et bientôt un effleurement. La chaleur du corps de l'homme blond envahissait peu à peu Harry, il eut l'envie de s'y abandonner, d'être dans son étreinte. Leurs lèvres s'effleuraient de moins en moins timidement ; chacun en avait envie et aucun des deux ne savais pourquoi… Les paupières se fermaient et Lucius allait enfin embrasser celui qu'il désirait inconsciemment.

Mais il se détacha subitement, comme s'il venait de reprendre conscience. Il s'écarta et tourna le dos à Harry. Lequel resta un instant, hébété par ce qu'il venait de vivre : son ennemi mortel avait eu envie de lui et lui aussi…

Harry se ressaisit et alluma sa baguette pour prendre le magicobus.

A suivre…