Chapitre 3 : Peut-on réellement… supporter son père ?

On toque à ma porte. Je le sais… mais j'ai vraiment, vraiment, vraiment, vraiment pas envie de me lever ! Mais là, l'illumination ! Et si c'était Harry ? Cela me réveille en un sursaut horrible qui me fait tomber du lit. Et s'il vient m'annoncer qu'il ne se marierait pas avec Gros machin ! Oh ouiiii ! Il ne vient sûrement pas pour rien non ? Peut-être qu'il me donnerait encore un baiser… comme hier, Mais sur la bouche, cette fois-ci ! Et puis ça finirait dans ce lit justement, totalement nu et en sueur ! Oh yeah !

On refrappe.

- Ouais, ouais, j'arrive !

Encore en plein dans mes fantasmes, je me mets à m'habiller rapidement. Je dois m'y prendre à trois fois pour enfiler mon pantalon puisque la première fois, je le mets à l'envers, la seconde fois je m'étale parterre dans un grand fracas… « Et merde » ai-je grogné. Et ce n'est qu'une fois devant la porte que je m'arrête deux secondes pour réfléchir.

Harry ne savait pas où j'habitais !

Oh…

Le…

Con !

- Combien de temps feras-tu patienter ton père encore !

J'ouvre la porte en replaçant les mèches rebelles du matin derrière mon oreille. Le grand blond devant moi qui se trouve être mon père mais aussi mon sosie si on omet sa longue tignasse qui lui arrive jusqu'aux fesses et ses traits de vieux me fait un sourire narquois.

- Tu attendais quelqu'un d'autre ?

- Tout le monde sauf toi, Père !

- Fils indigne !

Il rit et me prend dans ses bras. Je lui rends son étreinte puis l'invite à entrer. Il se presse d'aller s'asseoir sur le canapé et pose sa drôle de canne qu'il emmène partout avec lui sur ses genoux. C'est une canne noire avec un mini serpent aux yeux constitué de deux émeraudes sur le dessus. Lui est habillé d'une grande veste noire du genre prêtre. Nous n'avons pas les mêmes valeurs !

Hum… Sans commentaires.

- Un café ?

- Avec plaisir ! Alors mon fils que racontes-tu de nouveau.

- Rien.

Ben oui, il me sort de mon lit un dimanche, me fait croire que c'est Harry… Comment ça je me suis fait des films tout seul ! Mais pas du tout ! En tout cas je n'ai pas vraiment envie de lui faire plaisir ! Bon bref… Je lui apporte son café avec un sucre et une petite cuillère puis m'en fait un. Bien noir !

- Allons, allons ! Dis moi tout, tu as des problèmes ?

- Pourquoi me demandes-tu ça ?

- Sirius m'a appelé… Il semblerait que tu ais des problèmes de sommeil…

- Je vais parfaitement bien, père… Cesse de t'en faire.

- Bien sur que je m'en fait ! Est-ce des problèmes du au travail ?

- Non…

- Ton appartement ?

- Non…

- Tes amis !

- Non…

- Ta vie sexuelle ?

- Non…

- Harry Potter ?

- No…

Je me réveille en sursaut et recrache mon café par les trous de nez. Je peux vous l'assurer, c'est tout sauf très bon. Surtout que j'ai failli m'étouffer ! Mon père se lève d'un coup et vient me donner quelques petites tapes amicales sur le dos. Il essuie d'une serviette posée sur la table le café renversé et ensuite s'en prend à mon coin de bouche comme lorsque j'avais six ans ! Je me lève brusquement et me dirige vers ma chambre.

- Je… j-je vais changer de chemise.

Mon père me suit mais s'arrête à l'encadrement de la porte ou il s'y appuie. Il leva un sourcil made in Malfoy et sourit tout en me regardant chercher à la va-vite une autre chemise identique à celle trempée que je porte.

- C'est donc lui…

Suis-je si transparent que cela ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles père !

- Tu ne vois pas ? Un jeune homme brun… Qui ressemble d'un point de vue mental et non physique à ton patron !

- Aah… lui ! Oui je le connais et ?

- Mon fils, ne joue pas au plus malin avec moi, s'il te plait !

Je laisse mon bras en suspens une seconde tant je suis troublé. Je devrai lui dire ou pas… ? Ça me donnes envie de chialer rien que de parler de lui… et du fait que se sera peut-être impossible… Pourtant… la soirée de hier m'a redonné l'envie de le courtiser peu importe le fait qu'il va se marier. Non, parce que… si Shtruck avait été quelqu'un de bien comme moi ou même Ron Weasley… Je ne pense pas que je m'y serais interposé… Mais là ! Faut pas pousser mémé dans les orties, quoi !

- Draco ?

- Hum…

- Alors ?

- Que veux-tu que je te dise ?

- Tu l'aimes… ?

J'ai un sourire vague… Un regard vague aussi… Complètement plongé dans ses pensées où Il était le roi… Où Lui m'aimait et où Nous vivions ensemble, heureux… Il n'y avait pas que du sexe, il n'y avait pas que moi et surtout, il n'y avait pas Gros con… C'est là où règne son sourire angélique, ses yeux magnifiques, sa peau bronzée, son rire tendre. Là où règne l'amour et l'envie que l'on porte l'un envers l'autre…

- Tu l'aimes ? Me répète-t-il.

- Oh oui… Plus que tous… plus… que tout…

Je tombe à genoux… Mes mains et mon corps tremblent alors que des larmes glissent sur ma joue. La dernière chose que je sens se fut les bras chauds et réconfortant de mon père… Comme après un cauchemar lorsque j'étais petit… comme lorsque je me faisais mal… Après, je m'endors.

Je me réveille une heure plus tard, dans mon lit. J'ai peur que mon père ne me fait faux-bond, c'est pourquoi je me lève rapidement et me dirige vers le salon. Mais heureusement, il est là, à siroter un jus d'orange à la paille en regardant la télé. Il me sourit à mon arrivée.

- Bien dormi ?

- Excuse-m…

- Non, non c'est bon !

Il pose son verre et me montre le fauteuil d'en face. J'y prends place et lui sourit doucement.

- Sirius m'avait prévenu que tu avais des problèmes mais je ne pensais pas que c'était si grave…

- Ce n'est pas grave je t'assure c'est juste… il me hante… Je l'aime à en devenir fou ! Mais il va se…

- Marier ?

- Oui…

Je me lève brusquement et brandis mon poing.

- Je vais le kidnapper !

Mon père me regarde, atterré, puis éclate de rire.

- Quoi ?

- Pour commencer, pourquoi ne vas-tu pas simplement lui dire que tu l'aimes ?

- Je ne peux pas… Dis-je me rasseyant.

- Timide ?

- Non !

Mais je rougis.

- C'est juste que… Harry ne veut pas fuir son mariage pour son père. Et il est trop fidèle pour avoir une aventure secrète avec moi. De plus je ne veux pas que son corps, moi ! Pas comme l'autre enflure…

Mon père écarquille les yeux. C'est vrai que je ne m'amuserai jamais à parler du mal de quelqu'un si celui-ci ne m'avais rien fait, même par jalousie ! Il rit légèrement.

- Tu dois vraiment l'aimer…

- Il n'y pas que ça ! Je… crois que son… « fiancé » n'est pas un homme bien…

- Tu veux que je le fasse tuer ?

- Père !

- C'est juste une suggestion ! Que veux-tu dire par bien ? Il le trompe ? Il le… bat ?

- Je sais que je n'ai aucune preuve mais je dirais les deux. Mais je ne peux pas me permettre de dire ça à tous alors que même un type comme Sirius à découvert mon attirance pour Harry. On dira que j'ai agis juste par jalousie… en bref je ne peux rien faire…

- Eh bien… Je peux peut-être…

- Non ! Père, ne fait rien, s'il te plait… je suis sure que je peux me débrouiller seul…

- Peut-être que cette histoire de kidnapping n'était pas stupide en fin de compte ! Rit-il.

Je ris avec lui.

- De toute façon, si tu l'aimes vraiment et si tu le veux vraiment… tu dois réellement être prêt à tout perdre pour lui… tu dois réellement être prêt à tout…

- Je sais… Bref ! Passons !

La conversation dérive vers de sujet plus joyeux tel que : mon père avait acheté une fabrique de jus de fruit ! Pourquoi faire, franchement ! De toute façon, il est tellement riche qu'il peut tout se permettre. Une demi-heure plus tard, il prend congé avec son habituel « Prends soin de toi, mon fils » et c'est plus que vanné que je regagne mon lit pour y plonger la tête la première. Mais à peine dans le pays des songes, la sonnette retend encore.

- Putain de sonnette de merde, je vais la faire désinstaller !

On me recoiffant à peine je me redirige vers la porte et l'ouvre doucement.

- Oui ?

- Bonjour… me vient une voix timide.

Et là, gros blocus ! J'écarquille les yeux et claque la porte. Et merde ! Je la rouvre immédiatement.

- Excu… se-moi… J-je…

- Pas très réveillé ? Rit-il.

- Euh… ouais ! Mais en-entre ! La… le… salon c-c-c'est par là, je reviens tout de suite !

Une fois dans ma chambre, je passe une main dans mes cheveux. Mon cœur bat à tout rompre. Bon on se calme ! Ok ! Automutilation ! Je me frappe le front contre la porte plusieurs fois avant d'arriver à me calmer. C'est rien ! C'est vrai, tu as juste Harry Potter, aussi sexy que d'habitude, dans ton salon ! C'est pratiquement rien !

Il n'est pas censé avoir mon adresse, bordel de Dieu ! Je me regarde dans une glace et m'horripile encore plus. Je suis torse nu ! Et j'avais même pas remarqué ! Bon il est vrai que je préfère qu'il me voie ainsi qu'avec une grosse tache de café sur le ventre ! J'enfile une chemise en soie blanche et replace mes cheveux avant de le rejoindre. Le tout c'est de bien respirer ! On dirait une femme enceinte !

Il est debout, là devant moi, à regarder un peu partout en se mordant la lèvre. Il porte un jean bleu et un t-shirt vert. Je ne peux m'empêcher de le regarder en long, en large et en travers tant il dégage sur moi ce magnifique sentiment de beauté de dieu grecque !

- Mon apparte te plait ?

Il se retourne brusquement et rougit.

- Oui ! Il est très… différent de là… où je vis.

- Tu n'as qu'à venir vivre ici, ries-je.

Ta gueule, Draco, ta gueule !

- Euh… un café ?

- Avec plaisir…

- Ok…

J'allume la cafetière pour la troisième fois de la matinée et me sers un jus d'orange.

- Assis toi, si tu veux, tu ne payeras pas plus !

Il rit. C'est bien ! Là tu gères, sérieux ! Un à zéro pour toi ! Bon si on ne compte pas que Harry ait déjà mille point d'avance… Enfin bref, il s'assit sur mon canapé tant aimé aujourd'hui et relève sa tête vers moi.

- Tu dois te demander qu'est-ce que je fais ici sûrement ?

- Je me le demande, en effet… Mais tu n'es pas obligé de m'en dire la raison !

- Ah… si, si… Eh bien, je suis venu t'inviter à un déjeuner avec des amis.

Je lui tends la tasse qu'il prend puis m'assoit.

- Merci. Je n'avais pas ton numéro alors j'ai demandé à mon père mais il m'a juste donné ton adresse, je ne sais pas pourquoi…

- Ce n'est pas grave… Je ne dis pas non pour le déjeuner…

Il sourit et baisse la tête soudainement.

- Je suis désolé pour hier…

- Pour ton fiancé ? Ne t'ai-je pas déjà dis que…

- Non, non… Pour le baiser…

- Oh…

- Je ne voulais pas du tout te mettre dans une position inconfortable.

Une position inconfortable… une position inconfortable ! Mais j'y suis déjà à cent pour cent dans cette foutue position inconfortable ! A chaque fois que je baisse les yeux sur toi ! J'ai envie de t'embrasser, de te serrer dans mes bras, de te faire des choses… Oh la ! On se calme !

Je lui souris.

- Tu ne m'as pas déranger pour un sou !

- Ouf… tant mieux…

Je vais commettre un meurtre ! Soudain il se lève.

- Eh bien je vais…

- Non attends ! Maintenant que tu es là, me laisseras-tu te soigner ?

Il regarde son bras et sa main toujours bandée.

- ça va mieux, tu sais…

- Oui c'est ça, prends pour un con !

- Oh non, je…

- T'inquiètes… assis-toi et laisses-moi faire !

Je me rends dans ma salle de bain et prends ce dont j'avais besoin avant de retourner dans le salon. Je m'assois sur la table en face de lui. On est tellement proche que nos genoux se toucher mais je réussi à calmer les battements de mon cœur… Je prends sa main.

- Alors voyons voir ça !

- Je peux voir ton diplôme de médecin ?

Je ris tout en commençant à masser sa main de la crème pour les brûlures.

- Lequel ! Celui que j'ai raté ou celui que j'ai brûlé ?

- Tu ne me rassures pas vraiment ! Rit-il.

Je relève sa manchette pour passer de l'arnica sur son épaule blessée.

- Combien de crèmes différentes tu as ?

- Une centaine ! Mon père a carrément ramené la pharmacie chez moi ! Il a toujours eu peur que je me fasse mal et ça depuis que je suis gosse. Un vrai papa poule !

Je refais lentement le bandage, profitant de ces instants précieux à ses cotés. Une fois terminé, je lève les yeux pour la première fois, depuis que j'avais commencé, vers son visage et le vois rouge et se mordant la lèvre. Ces lèvres, roses rouges… douce… Eh là se fus plus fort que moi ! Je penche ma tête vers lui et pose ma bouche sur la sienne, tant désirée…

Je m'attends à un refus, qu'il me repousse… Mais il ne fait rien. Je le questionne du regard, il ferme les yeux… et presse un peu plus sur mes lèvres. J'en suis heureux… Plus que jamais ! Il m'accepte ! Il m'accepte. Je lâche sa main pour le prendre par la taille et l'embrasser encore plus fort. Pinçant ses lèvres des miennes, mon autre main vient prendre doucement son menton pour le relever.

Et c'est lui qui quémanda plus… Ne faire qu'un de nos langues. Les faire danser comme il faisait déjà danser mon cœur… comme on faisait danser nos corps la veille. Je n'ai pas envie que cela s'arrête… Mais je ne veux pas non plus qu'il pense que je n'en veux qu'à son corps ! C'est pourquoi je le relâche doucement. J'ai peur qu'en reprenant conscience, il ne s'enfuit en s'excusant comme dans tous les mauvais film à l'eau de roses.

C'est la première chose que je m'attendais de lui lorsque nos regards se recroisent dans l'attente que l'autre fasse un geste… Je m'attends à tout… sauf à ce qu'une larme glisse sur sa joue… J'écarquille les yeux.

- Harry ?

J'avais murmuré son nom, paniqué et angoissé… Je n'aurais pas dû ? Question stupide ! Bien sûr que je n'aurais pas dû ! Non, mais quel…

- Est-ce que tu peux… recommencer ?

… con… Heiiiiin ?

- Pourquoi pleures-tu, alors ?

- On… on ne m'a jamais embrasser comme ça…

- Même pas ton fiancé !

- Han… Surtout lui !

Il se lève soudainement.

- Excuse-moi…

- Non… c'est à moi de m'excuser…

Il a un rire sans joie.

- Quel piètre mari je vais faire, d'être tomber amoureux d'un autre…

J'en fus plus que surpris alors qu'il se mord la lèvre. Je lui souris puis baissz les yeux. « Si tu l'aimes vraiment et si tu le veux vraiment… tu dois réellement être prés à tout perdre pour lui… tu dois réellement être prés à tout… »

- Harry ?

- Hum…

- Ça ne te fera rien si je te kidnappe ?