Titre : Septentrional

genre : aventure, romance

pairing : Draco/Blaise

rating : T

plot : Au plein cœur de la guerre, Draco Malfoy remet en cause son éducation et décide qu'il faut en finir avec Voldemort. Mais au même moment, il découvre un arbre mystérieux sous les fondations de l'école. Ne serait-ce pas là la clef de leur survie dans une guerre funeste ?

disclaimer : les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas. Coucou JKR

nombres de mots : 49 993

nombres de chapitre : 17 + un épilogue

Notes : C'est une histoire terminée, je vais la publier à un rythme d'un chapitre par semaine.

Merci pour vos reviews! Elles me font toujours beaucoup plaisir!

TW: ce chapitre comporte des insultes homophobes dirigées envers notre cher Draco


Septentrional

Chapitre 4

Il était fort, il ne devait pas céder. Il serait fort.

Céder à quoi ? Eh bien, il avait plus que l'embarras du choix.

Une semaine de cours s'était écoulée depuis le match de Quidditch, nous étions vendredi soir, la nuit d'Halloween. Il avait tenu bon et n'était pas retourné voir le chêne, mais cela lui en avait coûté. Il dormait très mal, encore pire qu'avant. Blaise l'avait remarqué, et essayait de trouver un moyen de l'aider, sans succès.

Les arabesques sur son bras n'avaient pas changé, il avait espéré silencieusement qu'elles se résorbent d'elles-mêmes. Mais elles étaient toujours là, aussi nettes et délicates que le premier jour. Il n'avait senti aucun changement dans sa magie, il prenait chaque matin quelques instants pour vérifier, il craignait une malédiction.

Il avait tout de même tenté de faire des recherches et dans la bibliothèque de Poudlard et dans sa collection personnelle, mais sans succès. Des arbres, il en existait plein, et en même temps, il n'y en avait aucun. Des légendes avec des arbres magiques il n'y avait que ça : la nymphe Daphné, Merlin l'enchanteur qui fut transformé en buisson par Viviane la Fée, l'arbre de la vie dans l'ancienne culture elfique, les moldus et leur religion avec un buisson divin, le chêne était aussi le lieu de pouvoir des druides. On raconte que le cœur de chêne était la matière dans laquelle était fabriqué les artefacts magiques les plus puissants. Dans la culture sorcière des premiers temps, le chêne était un grand symbole de pouvoir et était utilisé comme tatouage au moment du passage à l'âge adulte.

Mais en même temps, aucune mention n'était faite d'un chêne en particulier comme étant magique, et encore moins dans les montagnes du nord de l'Écosse où on préférait le plus souvent les pins sylvestres aux chênes, qui le plus souvent poussait plus au sud.

Il avait établi une hypothèse selon laquelle cette clairière était l'équivalent de la Chambre des secret de Serpentard, mais construite par un ou une autre fondatrice. C'était le plus probable, sinon pourquoi les fondateurs auraient construit l'école au-dessus d'un chêne magique ? Il savait pourtant qu'il ratait quelque chose.

Et il n'avait pas eu plus de succès quand il avait commencé à se renseigner sur ce que ces marques pouvaient être. C'était de la magie assez ancienne, certes, mais c'était à peu près tout ce qu'il avait. Le pourquoi et le comment étaient restés sans réponse. Le chêne devait en être responsable, mais ça n'avait fait que complexifier ses recherches.

Il sortait de la bibliothèque l'esprit encombré par ces préoccupations. Le climat dans l'école était devenu pesant. Les Serpentards responsables des désordres pendant le match avait été suspendu pendant deux semaines, Dumbledore n'avait pas obtenue leur renvoie au conseil d'administration, où les familles sang-pures conservatrices régnaient en maître. Les Gryffondors faisaient front commun contre tous ceux qui osait ne serait-ce que regarder Potter un peu trop longtemps. Et chez les Serpentards, un coup d'État avait eu lieu, Pansy Parkinson était la nouvelle figure, ouvertement pro-Voldemort, elle avait remplie l'espace vide laissé par Draco. La maison de Salazar avait choisis son camp et les élèves de l'équipe de Quidditch hissés au rang de martyrs. Draco avait de la chance d'être préfet en chef, sinon il n'aurait pas donné cher de sa peau. Il ne comprenait pas vraiment comment il était arrivé à être considéré comme opposant à sa maison et par là opposant au Seigneur des Ténèbres. Ce qui en soit n'était pas faux, il n'était pas pour Voldemort, donc il était contre lui. Mais comment déduire cela du match ? Ce devait être un prétexte. Mais dans tous les cas, il était dans une position extrêmement fragile. Il déplorait le fait que son parrain n'ait pas eu le temps d'avoir une conversation plus longue avec lui.

Évidemment, Blaise était resté à ses côtés, lui avait choisis d'afficher sa position un peu plus franchement qu'avant, il ne voulait pas qu'on l'assimile à un mangemort. Mais bien sûr, les conflits internes à Serpentard échappaient complètement au reste de l'école, qui pensait plus que jamais que tout ces élèves n'étaient que danger. Sans réaliser un instant que certains élèves étaient en danger au sein même de Serpentard, ceux qui n'étaient pas en faveur de Voldemort et évidemment les né-e-s moldus, qui n'attendaient qu'une chose : que les vacances arrivent pour ne jamais revenir.

- Alors, Malfoy, on est tout seul ?

Il se figea. Merde. Les Gryffondors. Il avait réussi à éviter Weasley depuis la bagarre, mais il avait été trop distrait aujourd'hui.

Il leva les yeux et se retrouva encerclé par quelques rouges et or. Certains dont il ignorait même le visage, et évidemment Weasley et Finnigan. Un air profondément mauvais s'étalait sur le visage du rouquin.

- On a quelques trucs à te dire, ajouta-t-il. Et je te devais ça, au fait...

Il se jeta le point en avant en direction de la mâchoire de Draco. Il réussit à éviter de justesse le premier coup, mais un second l'atteignit dans le ventre. Sous le choc, il se tordit en deux en laissant échapper un gémissement. Les autres ricanèrent en le regardant méchamment.

Si les autres se joignaient au jeu, il ne donnait pas cher de sa peau.

Un grand brun lui lança un coup de poing dans le nez qu'il ne pu esquiver. Il sentie le cartilage craquer. Il se redressa malgré la douleur pour faire face à Weasley qui ne cachait pas le plaisir sadique qu'il semblait prendre. S'il se lançait dans le combat physique, seul contre cinq ou six, il avait aucune chance, et s'il sortait sa baguette, il était renvoyé, mais peut-être qu'il sortirait de la vivant.

Au moment où sa baguette descendit dans sa main, Weasley crachat à nouveau sa haine à plein poumon :

- Alors, Malfoy, ton copain est plus là pour te défendre ? J'espère qu'il t'a bien enculé la nuit dernière hein, grosse pédale, c'est peut-être pour ça que tu as un balai dans le cul !

Ses amis ricanèrent encore grassement. C'était gratuit.

Mais Draco ne s'attendait clairement pas à ce que Finnigan envoie son point avec de l'élan contre la mâchoire de son ami. Weasley tituba et se rattrapa à un blond.

- Va te faire foutre, Ron, si c'est ce que tu penses de moi ! S'exclama-t-il

- Mais, Seamus ?! Bégaya le rouquin sans comprendre.

- Ce n'est pas parce que c'est Malfoy et que c'est un connard que tu dois être comme lui ! Si jamais tu es homophobe, ne m'adresse plus jamais la parole !

Il tourna les talons fièrement devant ses camarades abasourdis. Draco grinça des dents, alors comme ça tabasser un camarade de classe c'était parfaitement moral tant qu'on n'utilisait pas d'insultes homophobes, très bien. Il profita de la diversion que cela produit pour invoquer un sort de désillusions et s'éclipsa discrètement du cercle des Gryffondors.

Il allait devoir passer par sa chambre avant de rejoindre la grande salle, il ne pouvait pas arriver dans cet état : le nez cassé, en sang et la joue tuméfiée. Deux sorts et une chemise plus tard, il était à nouveau présentable, plus ou moins, mais les cernes ne comptaient plus à ce niveau-là. Il était épuisé. Pendant toute la semaine, il avait dû se battre chaque jour contre soit des Serpentards, soit des Gryffondors, mais jamais encore il avait dû en venir aux mains de cette manière, c'est-à-dire qu'il n'avait pas encore été frappé ainsi. Un fort sentiment d'impuissance s'emparait de lui. Il avait l'impression de se retrouver éveillé dans son pire cauchemar. Les choses allaient bien trop vite pour lui, cela faisait à peine quelques mois qu'il avait remis en cause son éducation, sa famille et ses valeurs. Mais entre comprendre au fond de lui qu'il ne voulait pas être serviteur de Voldemort et être considéré comme un traître ouvertement par sa maison supposant son opposition, il y avait un glissement non-négligeable. Il se sentait comme dépossédé de cette décision, il aurait dû être celui qui arrivait à cette conclusion, on ne devrait pas la lui appliquer de force.

Heureusement, il ne croisa personne d'autre sur le chemin de la grande salle, tout le monde était déjà à table. Blaise l'attendait, à l'extrémité de la leur. Les Serpentards avaient une manière bien particulière de montrer l'ostracisation de leur membre, pas de scandale public, pas de désapprobation, mais tout le monde savait, et plus aucune interaction n'était possible. Blaise et Draco mangeaient seul, à l'extrémité de leur table, séparés de leurs camarades par plusieurs sièges vides.

Quand il posa son séant aristocratique sur le banc, Blaise commença sans attendre la discussion en jetant un coup d'œil vers la table des Gryffondors :

- Tu as entendu parlé du coming out de Finnigan ? Ça fait jaser tout le monde ! J'en reviens pas...

Ce dont Draco ne revenait pas, c'était la vitesse de l'information dans cette école.

- On peut dire que j'ai été aux premières loges, grinça-t-il entre ses dents.

- C'est quand même incroyable !

- Pourquoi ? Tu veux tenter ta chance avec lui ? Ricana Draco.

- Naan, et puis même si je voulais, je devrais sûrement passer sur le cadavre de Dean Thomas, ils sont soudés ensemble depuis le début du repas, même pas une feuille de parchemin passe entre eux, et je peux te l'assurer parce que j'ai vu Granger essayer. Cette femme est fantastique.

- Tu as quelques choses pour les Gryffondors aujourd'hui, on dirait, Zabini, fait attention,ça pourrait devenir une tendance.

- Oh, tout doux, Malfoy, ne soit pas jaloux, pouffa-t-il, j'aime aussi les Serpentards, tu sais.

Et il agrémenta sa réplique d'un clin d'œil tendancieux. Ces tentatives pour lui remonter le moral, parce que c'était bien cela, restait bien infructueuse. Même si avoir un Blaise d'humeur à flirter était toujours agréable.

Ils avaient eu une longue discussion au sujet de leur maison et de cette épreuve qui lui avait été imposé par surprise. Blaise était de son côté, bien sûr, et n'avait pas hésité à s'ostraciser pour rester avec lui. Et Draco était touché par ce geste.

D'office, Blaise avait rempli l'assiette de Draco et lui donnait des coups dans le bras pour l'inciter à manger. Ce à quoi Draco répondait par des roulements d'yeux effrénés. Il se prenait pour une sorte de papa poule.

Contrairement à ce qui était d'usage à ce moment de la journée, des chouettes et des hiboux pénétrèrent en masse dans la grande salle. Des éditions spéciales du Daily Prophet atterrirent sur les assiettes des élèves et des professeurs, qui n'étouffait même pas leurs braillements surpris. Quand les deux Serpentards eurent enfin le journal entre les mains, un glapissement s'étouffa dans la gorge de Draco.

En Une, une photos spectaculaire montrait l'immense prison d'Azkaban semi-écroulé, d'où sortait une masse de prisonnier, et le titre « Azkaban attaqué cette nuit, des mangemorts en fuite ».

Le sang de Draco se figea dans ses veines alors qu'il ouvrait l'édition spéciale pour lire l'article. C'était une information qu'il avait espéré de tout cœur ne jamais lire. Sur la deuxième page, en gras, le nom qu'il redoutait était inscrit : Lucius Malfoy était échappé. Blaise perçu son trouble, mais ne pouvait pas faire grand chose. Il se contenta de poser une main sur son épaule en silence. Les tripes de Draco se resserraient.

Maintenant, il était réellement dans le pétrin. Il allait vouloir planifier son introduction parmi les mangemorts. Il allait entendre parler de son exclusion de Serpentard.

Il n'avait pas senti ces sueurs froides le long de son dos depuis longtemps. En laissant couler son regard le long de la table de sa maison, il pouvait voir des regards et des sourires fiers parmi ses camarades.

Un hibou grand duc entra après les autres dans la grande salle, mais personne n'y prêta vraiment attention, et il se posa à côté de Draco Malfoy. Blaise jura entre ses dents. Les mains tremblantes, le blond ouvrit la missive. Il reconnaissait très bien l'écriture. Le cœur au bord des lèvres, il la lit.

Fils,

Je suis libre, notre maître dans sa grande bonté m'a délivré pour que je puisse mieux le servir. Et maintenant, c'est à ton tour de montrer ta gratitude.

Rejoins-moi dans ce combat pour la dignité de notre race.

Tu prendras la noble marque de notre combat à la prochaine pleine lune de la main de notre Seigneur et tu lui jugeras obéissance et fidélité comme je l'ai fait et comme mon père le fit avant moi.

Longue vie à Voldemort, Seigneur des Ténèbres

Ton père.

Draco crut qu'il allait vomir. Non, non. Jamais. Jamais il ne le rejoindrait. Ses mains tremblaient. Il sentait sur lui le regard inquiet de Blaise, celui scrutateur de Dumbledore et celui de plusieurs membres de sa maison qui semblait se délecter du spectacle.

La lettre se froissa dans ses mains. Il devait sortir. Il se redressa, et sorti de la salle. Il crut entendre une voix appeler son nom, sûrement Blaise, mais comme s'il était perdu dans le brouillard. Il tituba légèrement une fois qu'il eu passé la porte. Les couloirs s'enchaînaient de manière automatique autour de lui. Il tomba à genoux et vida le contenue de son estomac sur le sol sous les cris d'indignation des tableaux autour de lui. En se relevant, il réussit tout juste à nettoyer les dégâts d'un coup de baguette avant de se mettre à courir, aussi vite que ses jambes pouvaient le porter.

Cette fois, il vit devant lui s'ouvrir l'escalier en colimaçon. Il avait besoin de descendre dans la clairière, c'était un appel viscéral. Il dévala l'escalier comme si ça vie en dépendait. Et elle en dépendait sûrement à ce moment précis. Il ne réfléchit même pas en franchissant l'arcade. Il se jeta au pied du grand chêne, et éclata en sanglots. La tête posée contre le tronc, il pleurait, traversé de spasme de douleur. Son pire cauchemar venait réellement de se réaliser.

A travers ses larmes, il commença à percevoir une lumière incandescente. En se redressant légèrement, il réalisa que c'était le tronc qui brillait de mille feux de l'intérieur. Une fine fissure laissait s'échapper la lumière. Mais petit à petit, elle s'agrandit. La fissure s'étendait de toute la hauteur du tronc et commençait à s'élargir, renforçant la lumière dans la clairière. Draco était ébloui par tant de luminosité. Il dut se couvrir les yeux d'une main.

Et il distinguait comme une ombre. Une ombre qui se rapprochait lentement.


A suivre...

Mais quelle est donc cette ombre? ;)

Dites moi ce que vous en avez pensé!