Chapitre 4

Un claquement de porte se fit entendre. J'ouvris les yeux. Une lueur rougeâtre m'éblouit, m'obligeant à les refermer aussi vite. Je me tournais de l'autre coté et me frottait les yeux. Doucement, je les ouvris de nouveau, essayant de m'habituer à cette luminosité pour le moins aveuglante.

Je ne vis que du rouge. Un long rideau rouge barrait mon champ de vision. Je me redressais et ouvrit le rideau brusquement. J'étais dans une pièce circulaire où se trouvaient quatre autres lits. J'étais donc bien à Poudlard. Ce n'était pas un rêve. Je jetais un coup d'œil vers ma montre et vis qu'il était 9h35. Je me souvins avoir rendez-vous avec Dumbledore. Il fallait que je me lève.

Dans un effort surhumain, je mis pied à terre. Les autres lits, dont les rideaux étaient ouverts, étaient vides. Cela me soulagea. Je n'avais pas à affronter les regards des autres filles ni à stopper leur élan de sociabilité dont les élèves faisaient preuve depuis hier soir.

Je pris l'élastique qui entourait mon poignet et je remontais mes cheveux en un chignon lâche dont s'échappaient quelques mèches. Puis, je me rendis dans la salle de bain.

J'arrivais, dans une pièce de taille moyenne, couverte de petits carrelages bleus et blancs. Trois lavabos étaient alignés contre un mur, en dessous d'une glace qui mesurait plus de deux mètres de largeur. De l'autre coté de la pièce se dressaient trois cabines de douche, séparées par des parois de carrelage blanc, et fermées par des portes en bois blanc.

Faute de pouvoir prendre une douche, je me passais de l'eau froide sur le visage, histoire d'avoir les idées bien claires. Après tout, peut-être que j'allais me réveiller ? Peut-être que je me rendrais compte que tout ceci n'était qu'une hallucination sortant tout droit de mon esprit complexe ?

En vain. Il fallait que je me résigne, un jour ou l'autre, à admettre que tout était bien réel. Cela s'imposait à moi comme une fatalité à accepter. Et quelle fatalité ! Devoir vivre dans un monde inconnu sans être consentante. Eloigné de tout repère, qui plus est. Cela faisait trop d'un coup. Mais, avais-je vraiment le choix ? La réponse était évidente…

Je regagnais le dortoir et je pris mon sac avant de quitter la pièce. Je descendis les escaliers et je me retrouvais dans la salle commune. Il n'y avait personne. Tout était calme. Je traversais la pièce, enjambant les livres, rouleaux de parchemin et plumes qui jonchaient la moquette rouge sang.

Arrivée devant, ou plutôt derrière le tableau, j'appuyais doucement dessus. Il pivota, libérant ainsi le passage. Je passais l'arcade et m'engageais dans un long couloir. Je devais me rendre dans le bureau de Dumbledore et tout ce que je savais, c'est qu'il se trouvait au quatrième étage dont l'entrée était protégée par une statue de très mauvais goût.

Après avoir longé le couloir, je m'engageais donc dans ces horribles escaliers. Je commençais à regretter amèrement les ascenseurs de mon immeuble qui tombaient en panne tous les deux jours. Ascenseurs dans lesquels je m'étais retrouvée coincée une bonne vingtaine de fois qui plus est.

Après cinq minutes de descente laborieuse dans les escaliers fous, j'arrivais enfin sur le pallier du quatrième étage. Je longeais le couloir, cherchant des yeux parmi les gargouilles celle qui s'ouvrait sur le bureau du directeur. Elles se ressemblaient toutes.

Je traversais le couloir entièrement, puis le retraversais, jurant intérieurement de ne pas avoir fait plus attention à cette stupide gargouille. Puis, un bruit sourd résonna dans le couloir. Je sursautais. Je tournais la tête dans tous les sens, essayant vainement d'apercevoir ce qui menaçait de s'écrouler sur ma tête.

Je vis une statue bouger. Elle glissa sur le coté, dévoilant les premières marches d'un escalier. Puis, le directeur apparut. Il s'arrêta sur la dernière marche, m'observant derrière ses lunettes en forme de demi-lunes.

-« Nous vous attendions, Miss DiMaggio. » dit-il d'un ton serein.

-« Je serai arrivée plus tôt si je ne m'étais pas perdue. » répliquais-je sèchement.

-« Et bien, maintenant que vous êtes là, nous pouvons rejoindre mon bureau. » répondit-il sur le même ton calme, avec une petite pointe d'amusement dans la voix cependant.

Je le suivis donc dans l'escalier en colimaçon. Lorsque nous arrivâmes dans son bureau, Je vis un vieil homme, assis dans un fauteuil. Il avait de grands yeux clairs, semblables à ceux d'une chouette. Son crâne était parsemé de petites touffes de cheveux gris.

Lorsqu'il nous vit, il se leva d'un bond et s'approcha de moi. Je sursautais.

-« Miss DiMaggio, je présume. » dit-il lentement en se penchant vers moi.

Je le regardais, méfiante, et fis un pas en arrière. Je le vis mettre sa main dans sa poche et en sortir un petit mètre ruban.

-« Etes-vous droitière ou gauchère, Miss ? » me demanda t-il.

-« Droitière. » répondis-je

-« Bien, tendez le bras droit, que je prenne vos mesures. »

Je mis quelques instants à réagir, puis, je tendis le bras, sans m'approcher de lui pour autant. Il déroula son mètre ruban qui n'était même pas gradué et commença à prendre quelques mesures, de l'épaule au bout des doigts, du poignet jusqu'au coude, et de nombreuses autres dans ce genre.

-« Voyons voir. » dit-il en s'approchant d'une malle de taille honorable.

Il commença à en sortir des boîtes en carton plutôt étroites mais très longues qu'il posa sur le bureau. Je le regardais faire, sans un mot, me demandant ce qui allait encore m'arriver.

-« Ha, voilà ! » s'exclama t-il, me faisant sursauter de nouveau.

Il ouvrit une boîte et en sortit une baguette. Il me la tendit.

-« Bois d'if et plume de phoenix, 20,5 centimètres. Très souple. » dit-il

Je pris la baguette. J'avais l'impression d'être complètement ridicule avec ce bout de bois dans la main. Je lui lançais un regard interrogateur, me demandant ce qu'il attendait de moi. Pour simple réponse, il me regarda avec insistance. Puis…

-« Non. » s'exclama t-il en m'arrachant la baguette des mains.

Il retourna près de sa malle, cherchant après quelque chose. Il en sortit encore une bonne dizaine de boîtes, faisant disparaître peu à peu la surface du bureau.

-« Celle-ci devrait vous convenir. » déclara t-il en m'en tendant une nouvelle, « Bois de chêne et ventricule de cœur de dragon. 22,5 centimètres. Parfaite pour les sortilèges. »

Je la pris donc. Toujours rien. Je commençais sérieusement à douter que j'avais réellement un pouvoir quelconque. Ollivander m'arracha de mes pensées en me reprenant brutalement la baguette des mains.

Il recommença à fouiller dans son coffre. Je soupirais. Tout cela devenait complètement ridicule. A quoi s'attendaient-ils ? Je n'étais qu'une simple moldue, comme ils disaient. Pas une sorcière.

-« Tenez. » dit-il en me présentant une nouvelle baguette, « Bois de houx et poil de licorne. 25,7 centimètres. »

Je la pris. J'allais ouvrir la bouche pour leur dire d'arrêter tout ce cinéma lorsqu'une drôle d'impression m'envahit la main. Une sensation de chaleur…Je fis une petit geste sec en direction du mur et des étincelles rouges et or jaillirent de l'extrémité de la baguette.

-« Très bien. » déclara le vieil homme.

Il prit la baguette qu'il plaça dans une boîte et me la rendit. Puis, il revint vers sa malle et se mit à ranger les petites boîtes éparpillées sur le bureau.

-« Mr Ollivander, je vous suis reconnaissant d'avoir accepté de vous déplacer jusqu'à Poudlard. » dit Dumbledore en s'avançant vers le vieillard.

-« Mais ce fut un plaisir de vous rendre service. » répondit-il en serrant la main que lui tendait le directeur, « Bon, je ne vais pas faire patienter mon cocher plus longtemps. Je vous souhaite une bonne journée Albus. Toutes mes salutations Miss. » ajouta t-il en se tournant vers moi.

Je le saluais d'un signe de tête. Il prit sa malle par la poignée et quitta le bureau. Je me retournais vers le directeur. Il avait reprit place derrière son bureau et me fixait de ses yeux pétillants. Je le regardais…incapable de faire le moindre geste…incapable de dire le moindre mot.

Je me sentais complètement perdue. Les évènements s'enchaînaient à une telle vitesse…Pas le temps de s'habituer, ni même d'accepter…Ca s'enchaînait…encore et encore. Qu'est ce que le destin pouvait bien me réservait ?

-« Vous pouvez vous asseoir. » déclara le directeur en désignant le fauteuil face à son bureau.

Dans un geste lent, mes pieds se décollèrent de la moquette bleue nuit. Je me dirigeais vers le siège et y prit place. Je ne le lâchais pas des yeux. Il ouvrit un tiroir et en sortit un paquet…de bonbons !

-« Désirez-vous un bonbon au citron Miss ? » me demanda t-il en me tendant le paquet.

-« Non…avez-vous trouvé le moyen de me ramener chez moi ? » dis-je, exprimant ainsi la question qui me brûlait les lèvres.

Il soupira. J'attendais.

-« Miss DiMaggio, votre cas me paraît complexe. Même avec l'étendue de mes connaissances sur l'ancienne magie, je n'arrive à définir la façon dont vous êtes arrivée ici. » m'expliqua t-il, « Je ne pense pas que votre présence dans notre monde soit le fruit du hasard. Vous devez avoir un dessein particulier. Pour le moment, je ne peux me contenter que de formuler des hypothèses, mais je suis sûr de pouvoir vous apporter une réponse rapidement…Il me faut du temps. »

-« Attendre ! De toute façon, que pourrais-je faire d'autre. Je suis prisonnière ici. » répliquais-je froidement en croisant les bras.

-« Ne prenez pas votre arrivée ici comme une fatalité. C'est peut-être une chance…une chance de changer quelques chose…ici ou en vous. » dit-il calmement.

-« Non, c'est une fatalité ! » m'exclamais-je en tapant du poing sur le bureau.

Le meuble vibra sous le coup mais cela n'affecta en aucun cas la bonne humeur et la sérénité de Dumbledore. Il se contentait de me regarder, sans exprimer la moindre émotion.

-« On ne m'a pas demandé mon avis. » repris-je sur le même ton glacial, « On m'a mise au pied du mur. Il, quelque soit la chose ou la personne qui m'a envoyé dans ce lieu, n'avait pas le droit de m'arracher à ma vie. »

-« Je ne cautionne en aucun cas ce qui s'est passé. Je comprends ce que vous pouvez ressentir. Ce n'est pas facile de se retrouver coincé dans un monde inconnu. Mais prenez votre mal en patience Miss. »

Je ne répondis pas. Il ne pouvait pas me comprendre. Il n'était pas à ma place. Je soupirais. Ma jambe se mit à trembler, signe de stress intense chez moi. J'étais partagée entre la colère et l'angoisse. Colère car il restait passif face à ma situation, et angoisse car je commençais à douter de revoir un jour ma famille.

-« Pour continuer, » reprit-il, « je dois vous avertir que Le professeur McGonagall, qui est… »

-« Je sais qui elle est. » le coupais-je, « allez droit au but. »

-« Bien. » dit-il, « je vous disais donc que le professeur McGonagall a prit sur sa matinée de libre pour aller vous chercher les affaires dont vous aurez besoin pour suivre vos cours ainsi que des vêtements et autres. Et… »

Il s'interrompit et jeta un coup d'œil sur une pendule accrochée au mur entre les nombreux tableaux. Elle annonçait 10h42.

-« …je crois même qu'elle doit être déjà rentrée. » termina t-il.

-« Je vais donc vraiment suivre les cours de magie ? » m'étonnais-je.

-« Bien sûr. » répondit-il comme si cela paraissait évident, « et, en parlant de cela, je crois qu'il serait nécessaire que quelqu'un vous aide pour vos cours ainsi que pour vous enseigner quelques bases. Vous pourriez demander de l'aide à Mr Potter, Mr Black ou Mr Lupin. Ce sont les trois meilleurs élèves de l'école. Sans oublier Miss Evans, la préfète de Gryffondor. »

-« Et je suis sensée apprendre quoi ? » demandais-je.

-« Et bien…tout ce qui est indispensable et qui a été vu les cinq année précédentes. Je préviendrai Mrs Pince, la bibliothécaire de notre établissement, pour que vous pussiez avoir accès à tous les manuels. Une classe sera aussi mise à votre disposition pour vos entraînements… »

-« Entraînements de quoi ? » m'exclamais-je en lui coupant la parole.

-« J'allais y venir. » répondit-il, « Je ne sais pas, et je n'ai pas envie de savoir comment cela se passe dans le futur dont parlent vos livres, mais ici, vous devez savoir qu'un mage noir… »

-« Voldemort. » intervenais-je.

-« A l'évidence, vous devez en avoir entendu parler. » constata t-il, « Quoi qu'il en soit, j'aimerai que vous appreniez vite quelques sortilèges de défense. Avec les temps sombres qui arrivent, j'ai bien peur que plus personne ne soit à l'abri. »

Je ne fis aucun commentaire. Je m'étonnais moi-même. D'habitude, j'avais réponse à tout. On me reprochait même d'être blessante dans mes répliques. D'après les gens, j'étais le cynisme incarné…Ils devaient sûrement avoir raison. Et ça m'amusait.

Soyons un peu réaliste ! Je ne cherchais pas à plaire aux gens. Ce que les autres faisaient, disaient, ou pensait…ça m'était complètement égal. A quoi bon se soucier des autres quand les autres ne se soucient guère de vous ? Je pouvais paraître égocentrique…mais me ferais-je un sang d'encre pour mes frères si je l'étais vraiment ?

Il ne fallait pas oublier que, d'où je venais, il valait mieux être égocentrique. Etre gentil avec quelqu'un n'apportait rien, mis à part de mauvais coups dans le dos ! Je crois que les trahisons étaient ce qu'il y avait de plus répandu là-bas. Les gens ne s'en offusquaient même plus.

Ici, je ne savais pas comment ça se passait. L'époque des maraudeurs n'avait été que brièvement évoquée dans les livres. Je n'avais pas d'idée précise. Il fallait donc que je le découvre par moi-même…Ce qui insinuait que je devais faire connaissance avec des élèves. Cette perspective ne m'enchantait guère, mais il fallait que je fasse des efforts. Vivre comme un ermite ne me tentait point !

-« J'ai encore une chose à vous dire. » reprit le directeur, me sortant pensées, « d'ici quelques semaines, les sorties à Pré au lard vont commencer. Aussi, comme je suis dans l'incapacité de demander l'accord de vos tuteurs, je vous autorise personnellement à vous rendre au village à condition que vous soyez accompagnée. »

-« Je ne suis plus une gamine. » protestais-je, « je peux me promener toutes seule, je n'ai pas besoin de baby-sitter. »

-« Je le sais bien, Miss DiMaggio. Je ne doute guère de vos compétence pour rentrer jusqu'au château, mais, au village, vous n'êtes pas à l'abri d'une attaque de mangemorts ou autres. Vous ne connaissait pas la magie et je serais plus rassuré de vous savoir en compagnie de quelqu'un de compétent. Je ne vous oblige pas à ce que ce soit un professeur. » ajouta t-il alors que j'ouvrais la bouche pour riposter, « mais au moins un ou deux élèves. »

-« Ouai, on verra bien si d'ici là, j'arrive à me faire supporter par quelques élèves. » répliquais-je, « même si ça relève du miracle. » grognais-je entre mes dents plus pour moi-même que pour lui.

Je dus parler un peu trop fort. Le directeur sourit à cette remarque.

-« Bien. Puisqu'il est samedi, vous reprendrez les cours à partir de lundi. Je vous invite à aller voir votre directrice de maison pour choisir vos options. » déclara t-il, « Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à en demander auprès des préfets de votre maison. Mais sachez que ma porte est toujours ouverte si vous avez besoin de parler. »

-« Je ne suis pas une grande bavarde. » répondis-je sèchement.

-« Je crois l'avoir remarquer. » dit-il avec amusement, « bon, je ne vous retiendrai pas plus longtemps. Bonne journée Miss DiMaggio. »

-« Au revoir. » répondis-je en me levant.

Je tournais les talons et quittais la pièce aussi vite. Je n'avais qu'une idée en tête : prendre la douche chaude la plus longue de toute mon existence. Je repris donc le chemin de la tour, en marchant le plus vite possible.

Seulement, quelque chose n'allait pas. Dumbledore m'avait dis que McGonagall s'était chargée de me trouver des vêtements. J'appréhendais de voir le genre de fringues qu'elle avait pris. Je n'avais aucune envie de ressembler au stéréotype grand format de la poupée plastique dont toutes les gamines raffolent. Intérieurement, je me mis à prier.

J'arrivais enfin devant le tableau de la grosse dame.

-« Le mot de passe ? » me demanda t-elle.

Un autre problème vint s'imposer à moi comme une évidence très frustrante : je ne me souvenais plus du mot de passe. Je soupirais. On m'a parfois dis que la politesse était payante. Pourquoi ne pas essayer ?

-« Heu…je suis désolée mais, je l'ai oublié. » dis-je posément.

-« Pas de mot de passe, pas d'entrée. » répliqua t-elle en me snobant du regard.

-« Mais, je suis nouvelle. » tentais-je en essayant de paraître à peu prés aimable.

-« Pas de mot de passe, pas d'entrée. » répéta t-elle obstinément.

Règle numéro un : ne pas perdre son calme face à l'ennemi. Savoir maîtriser ses émotions.

-« Femme sans cervelle. » grognais-je.

Pour cette fois, c'était raté. Je m'étais rapidement emportée. Il faut dire que le stress ne m'aidait pas beaucoup. Face à ce problème, je n'avais qu'une seule solution : attendre que quelqu'un entre ou que quelqu'un sorte. Je pouvais aussi bien aller le demander au professeur McGonagall. Seulement, j'ignorais où elle pouvait bien se trouver. Et il était hors de question que j'aille revoir le directeur. Je préférais attendre.

Je m'assis par terre. J'ouvris mon sac à dos et me mis à fouiller dedans à la recherche de…En fait, je ne savais pas ce que je cherchais. Simple réflexe pour tuer le temps ! Je sortis mon bloc de papier. Je commençais à le feuilleter.

Il y avait mes cours de littérature qui portaient sur une œuvre de Shakespeare, Roméo et Juliette. Le roman à l'eau de rose en puissance, quoi qu'un peu plus triste que les histoires d'amour ordinaires. De toute façon, ce n'était pas ma tasse de thé.

J'avais aussi quelques cours de Français et d'Espagnol, les langues que j'avais choisi d'étudier. J'avais un peu de mal avec l'Espagnol, surtout pour la prononciation. Mais bon, j'y travaillais et cela ne m'empêchait pas d'avoir des résultats corrects.

Je tournais les pages. Plusieurs feuilles volantes s'échappèrent et glissèrent jusqu'au milieu de l'escalier. Je me levais et allais les récupérer. Lorsque je vis de quoi il s'agissait, je souris. C'étaient des dessins des personnages d'Harry Potter.

J'avais en effet un petit don pour le dessin ; Craig et Kurt ayant hérité d'un don pour la musique. Sur une feuille, j'avais dessiné Harry et ses deux amis au bord du lac. Le lac et le parc n'étaient pas vraiment comme je les imaginais…

Un second dessin représentait le trio de professeurs : Dumbledore, McGonagall et Rogue. Comme pour le premier dessin, il ne ressemblait pas trop a ce que je pensais. Une dernière feuille illustrait les maraudeurs sous leur forme animale, un soir de pleine lune, prés du saule cogneur.

Je n'eus pas le temps de détailler davantage mes gribouillages que des pas retentirent dans les escaliers. Je fourrais précipitamment les feuilles dans mon sac que je refermais et je me levais.

Un petit garçon de onze ou douze ans arrivait. Il portait l'écusson des Gryffondors. J'allais enfin pouvoir prendre une douche. Le petit blond s'avança vers le tableau en jetant quelques regards anxieux vers moi.

-« Hé, le mioche, tu connais le mot de passe ? » demandais-je en m'approchant de lui.

Celui-ci sursauta. Il se tourna vers moi, l'air méfiant. Faisais-je si peur que ça ?

-« Pourquoi veux-tu le mot de passe ? » me demanda t-il de sa petite voix.

-« Pour pouvoir rentrer et aller prendre une douche. » m'exclamais-je.

-« Tu n'es pas à Gryffondor, je n'ai pas le droit de te le donner. » répliqua t-il en essayant de paraître sûr de lui.

-« Je suis à Gryffondor, tête de lard. » répondis-je plus qu'agacée par son manque de logique, « Je suis la nouvelle, ça ne te dit rien ? »

-« D'accord, c'est Vita Flagitiosa. » dit-il, légèrement apeuré du haussement de ton.

Il y eut un déclic et le tableau s'ouvrit. Le petit entra et je le suivis. A notre entrée, quelques têtes émergèrent des canapés de velours rouge. Je ne pris pas le temps de m'arrêter pour les regarder. L'idée de prendre une bonne douche devenait plus qu'obsédante et je me ruais vers mon dortoir.

Il n'y avait personne, ce qui ne me déplaisait pas. Je m'approchais de mon lit. Des paquets en tous genres recouvraient presque la totalité de la surface de mon lit.

« La douche attendra encore un peu. » songeais-je en attrapant un des nombreux paquets.

Je déchirais le papier kraft qui entourait quelque chose de rond. Je découvris qu'il s'agissait d'un chaudron, comprenant aussi une boîte remplie de divers ingrédients répertoriés sur l'étiquette de l'emballage. Je le mis sur le coté pour m'attaquer aux autres paquets.

Les suivant contenaient tous les manuels dont avaient besoin les élèves de sixième année. Sortilège, botanique, potion et j'en passe…tout cela ne me paraissait pas très intéressant ! Puis vint le tour des rouleaux de parchemin vierges, des plumes et encriers. Non seulement je devais apprendre la principal de ce qui avait été vu pendant cinq années de cours, mais en plus je devais d'abord apprendre à écrire avec une plume. Moi qui ne jurai que par les stylos à bille, c'était prometteur !

Dans le paquet suivant, je découvris enfin les premiers vêtements. Quel fut le choc lorsque je vis qu'il s'agissait d'un tablier vert gazon et d'une paire de gant en une sorte de cuir marron. Peut-être imaginaient-ils que j'allais faire la cuisine ? Réflexion faites, après avoir vu l'étiquette des gants indiquant qu'il s'agissait de la peau de dragon, je compris que cette tenue devait être nécessaire pour les cours de botanique. Heureusement que j'avais lu les livres !

La suite devint plus intéressante. Je découvris avec bonheur…et soulagement, que les vêtements choisis étaient tout ce qu'il y avait de plus simple. Des jeans, des t-shirts unis de différentes couleurs, des chemisiers et des pulls « normaux »…des shorts ? Je trouvais qu'il faisait un peu froid pour mettre des shorts ! Nous n'étions qu'en octobre.

Il y avait aussi de nombreuses paires de chaussettes, ainsi que des ensembles de lingerie, soit en coton, soit en dentelle. De la dentelle ! Cela m'étonna, sachant que celle qui les avait achetés était une femme d'une cinquantaine d'années qui avait l'air coincée et puritaine. Après tout, il ne faut pas se fier aux apparences !

L'avant denier paquet renfermait deux paires de chaussures : une paire de bottes noires et une paire de baskets blanches. Dans le dernier paquet, je trouvais tout ce dont j'avais besoin pour mon hygiène. Elle avait même pensée à la brosse à dents !

Je pris tous les vêtements et entrepris de les ranger dans l'armoire. Quand à mes affaires de classe, je les mis au pied de mon lit, ne sachant pas où je pouvais les ranger. Il ne me restait plus qu'une chose à ranger…ou plutôt, à cacher. Je me doutais que les armes ne devaient pas être autorisées dans l'enceinte de l'établissement. Je n'avais pas envie que l'on me la prenne. Il fallait donc que je la mette en lieu sûr.

Je m'accroupis prés de mon armoire. Peut-être pouvais-je la cacher en dessous ? Je m'abaissais et cherchais de la main un endroit approprié. En me penchant vers l'avant, je sentis une lame de plancher bouger sous mon genou. Je me reculais. La lame de plancher n'avait pas l'air de tenir.

J'attrapais mon sac qui gisait sur mon lit mon sac et en sortit ma trousse. Je pris mes ciseaux que je glissais dans la fente qui séparait les deux lames de plancher. Je m'en servis comme d'un levier. La planche s'arracha du sol. Il y avait un trou, séparé par une poutre de bois. C'était bien assez grand !

Peut-être par précaution, je sortis l'arme de mon sac et l'enroulais dans le papier kraft qui avait servi pour l'emballage de mes affaires. Puis, je la glissais dans le trou et replaçais aussi vite la lame de plancher branlante. Rien ne pouvait être perçu.

Je me relevais et prit de nouveaux vêtements. Je me dirigeais ensuite vers la salle de bain avec l'agréable pensée que j'allais enfin pouvoir prendre une douche…