Ce chapitre est un peu différent. La première partie risque d'être assez pénible à lire, la seconde partie se passe à Poudlard donc, ca devrait aller mieux.

Bonne lecture!


Chapitre 3

Albus Dumbledore avait accouru dès que les sirènes dans son bureau avaient retentis. Il avait placé les alarmes le soir où il avait déposé Poly chez Pétunia comme Lily le lui avait demandé. Il s'était préparé à tout, y compris au pire… Mais pas à ça. S'il y avait un échelon au dessus du pire, il venait de le franchir. Même les mangemorts ne faisaient pas ce genre de choses. Il n'y avait que 3 corps ou du moins, ce qu'il en restait. L'odeur de chaire brûlée peinait à disparaître dans la fraîcheur de la nuit. Il se couvrit le visage et pénétra dans le salon quasiment intact si ce n'étaient les 3 corps carbonisés et à moitié dévorés. Des animaux ? Non ! Quels animaux… Cuisaient leurs repas ? Rien dans le monde de la magie ne faisait ce genre de choses. Mais peut être que dans le monde de Lily… Il y avait des créatures capable de pareilles atrocités. Dans ce cas… Où était Appolymia Potter ?

En sortant de cet enfer, il contacta ce qui restait de l'ordre du phénix et bien sur, Rémus Lupin. Il avait eu raison. Jamais le ministère n'aurait autorisé un loup garou à avoir la garde de la survivante. Depuis, son ancien élève avait disparu. La folie probablement. Sa meute avait été détruite et le loup n'avait sans doute pas supporté ça. Mais il aurait besoin de lui pour retrouver la petite fille. Elle n'avait que 6 ans et ce n'était vraiment pas bon.

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Visionner 11000 ans d'existence ne se faisait pas en quelques minutes. Poly l'avait appris à ses dépends quand elle avait dit à sa grand-mère qu'elle voulait tout savoir. Et quoi de mieux que de suivre la vie de son père ? Il avait traversé les âges, avait vécu les plus grands évènements de l'histoire et rencontré des gens tout bonnement exceptionnels. Et puis il y avait les mauvaises choses. Artémis en tête de liste. Plus elle apprenait à la connaître par le biais de la Sfora et plus elle la haïssait. Ça faisait des millénaires qu'il en bavait à cause d'elle. Bon sang, il était mort à cause et pour elle. Elle n'avait pas bougé le petit doigt quand Apollon avait ouvert son père comme un poulet, le laissant mort, baignant dans son sang sur le marbre blanc du palais de Didymos, auprès du cadavre de sa sœur mortelle Ryssa et de son neveu mort lui aussi. La jeunesse de son père est ce qu'il l'avait plus choquée. Ils avaient eu une enfance très similaire en fait. Acheron avait grandi auprès de son oncle, un monstre violent qui avait abusé de lui, l'avait vendu au plus offrant, l'avait battu, affamé, l'avait traité comme un animal, avait bafoué son humanité. Elle comprenait ça à merveille. Sa grand-mère avait eu beaucoup de mal a refermer le mot « MONSTRE » gravé au couteau sur son dos. Elle se souvenait encore de l'odeur fétide de Vernon quand il la rejoignait dans son placard le soir. Poly secoua la tête pour échapper à ce souvenir. Comment son père avait il fait pour survivre à tout ça ? Pour continuer à avancer et garder foi en l'humanité ? Quand elle l'observait maintenant, elle voyait un homme fort, redoutable, qui avait verrouillé ses souvenirs, qui ne se laissait approcher par personne et qui cachait sa véritable apparence derrière un déguisement qui se voulait rebutant ou terrifiant. Ça aussi elle le comprenait. Devenir le plus fort, le plus puissant afin que plus jamais il ne se retrouve dans cet état de faiblesse qu'il avait connu enfant.

Son attitude semblait même repousser la marque d'Epithimia. Bien sur, les femmes et les hommes à la sexualité ambigue le désiraient encore, mais ils n'auraient jamais osé l'approcher. C'est ce qu'elle devait faire. C'est ce qu'elle devait devenir. La plus forte, la plus puissante. Afin que personne n'ai plus jamais l'occasion de se moquer d'elle.

- Sabina ! Chantonna t elle en sautillant vers sa démone.

La Charonte haussa un sourcil en observant ce petit bout de femme de 9 ans lui faire un sourire radieux. Le genre de sourire qui la faisait fondre. Peu importe ce qu'elle lui demandait avec ce sourire, elle était certaine de lui dire oui.

- Oui Akra ?

- Est-ce que tu accepterais de m'apprendre à me battre ?

Sabina tiqua et grimaça. Elle aurait aimé que l'enfant se limite à ses pouvoirs mais avec ce que la grande déesse avant vu, c'était sans doute une bonne chose que la petite veuille apprendre à se battre. Et qui de mieux qu'un démon charonte pour lui apprendre ça ? Ils étaient de merveilleux combattant sinon les meilleurs. Mais elle ne serait pas assez. Poly avait besoin du meilleur des meilleurs. Et il n'y en avait qu'un seul… Après Apostolos.

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- As-tu perdu la tête ?

Appolymi leva les yeux au ciel pas du tout affectée par le géant brun en short de plage qui se trouvait devant elle. Savitar. Le seul ami de son fils. Le seul homme en qui elle pouvait avoir confiance pour s'occuper de Poly. Et il était furieux. S'il y avait une chose qu'elle savait, c'est que Savatar adorait les vagues et qu'elle lui en avait probablement fait louper une. Mais c'était pour une bonne raison.

- Tu me dois encore un service ! Annonça t elle tout de go.

Ça ne servait à rien de faire dans la dentelle avec lui. Ils n'étaient pas doués pour les civilités, ni l'un, ni l'autre.

- Je croyais qu'apprendre l'art du combat à ton fils suffirait…

- Suffirait à quoi Savitar ? A n'avoir pas bougé le petit doigt quand mon défunt mari a ordonné la mort de mon fils ?

- Oublies tu que je n'ai pas regardé de ce côté ci quand tu as décidé de détruire ton panthéon ?

- J'ai besoin que tu entraînes quelqu'un.

Savitar garda le silence. Sa curiosité était piquée. D'autant plus qu'il ne voyait pas qui il devait entraîner. Appolymi fit un signe dans un coin et la porte s'ouvrit sur une petite fille. Elle ne devait pas avoir plus de 7 ou 8 ans. Vraiment petite, et à l'air fragile mais son regard était plus vieux. Et argents. Les yeux d'Acheron. Et d'Appolymi. Il savait que la déesse n'aurait eu aucune de mal à concevoir un enfant seule mais tout en lui, lui disait que cette fillette était la fille de son meilleur ami.

- Vous êtes Savitar ! Déclara la fillette d'une voix chantante comme un son de cloche.

Là tout de suite, il comprenait Acheron. Il n'avait jamais compris pourquoi les femmes se jetaient sur lui. Quel genre d'attraction pouvait faire une chose pareille et privée une personne normale de son jugement. Là, il comprenait et était reconnaissant de n'être pas un simple mortel. Mais cette petite fille… Son avenir serait vilain si elle était relâchée dans le monde sans préparation. Il ne pouvait pas permettre ça. Il ne devait rien à Appolymi. Mais il devait beaucoup à Acheron. Et c'était sa fille qu'il avait sous ses yeux.

- C'est d'accord ! Souffla t il. Mais pas ici. Ça sera chez moi… Ou ça sera sans moi.

Il observa fasciné le visage d'Appolymi se tordre de fureur mais elle comprenait et finit par hocher positivement la tête.

- Est-ce que Sabina peut venir avec moi ?

Savitar observa la démone. Elle était extrêmement protectrice envers la fillette. Totalement l'inverse de la relation entre Acheron et Simi, son propre démon. Son ami considérait plutôt la jeune Charonte comme sa propre fille. Dire qu'il en avait une vraie, en chaire et en os et qu'il ignorait tout d'elle. Il allait devenir dingue quand il apprendrait la vérité.

Sabina revint avec un sac probablement rempli de vêtements tandis qu'Appolymi prenait grand soin de nouer la sfora autour du cou de sa petite fille.

- Ecoute bien ce que Savitar te dit d'accord ? Je ne le porte pas dans mon cœur mais s'il y a bien un homme que ton père appelle un ami, c'est lui. Il te protégera… Il n'a pas le choix ! Termina sombrement la déesse.

- Je reviendrai vite Metera. Promit Poly en se laissant étreindre et en la lui rendant.

- Je sais.

Elle regarda ensuite partir son unique petite fille avec Savitar. 3 ans. Elle avait pu profiter d'elle durant 3 merveilleuses années. Mais ce n'était pas terminé et elle avait hâte de voir ce qu'elle deviendrait.

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- Je crois que je me vois bien rester là ! S'exclama Poly en se laissant tomber dans le sable, les bras en croix.

- Elle est aussi pire que ce vieux Ach ! S'exclama Takeshi en riant.

D'après Savitar, c'est lui qui avait littéralement inventé la guerre. Poly ne savait pas ce qu'il était ni d'où il venait. Personne ne le savait à vrai dire. Mais ça ne la dérangeait pas. Il était un maître d'arme absolument parfait. Dur, exigeant… Mais elle en avait besoin. Et elle progressait vite. A chaque fois que Savitar lui faisait remarquer à quel point elle ressemblait à son père, elle s'illuminait. Littéralement. Rester avec deux fortes têtes qui connaissaient son père était parfait. Et en plus de lui apprendre à se battre, Savitar lui apprenait aussi à cultiver l'apparence inquiétante d'Acheron. Ses cheveux, habituellement blond, avaient virés au noir, Sabina, sous sa forme de dragon, prenait de la place sur une bonne partie de son dos. Elle n'était pas très grande alors, ce n'était pas compliqué. A presque 11 ans, elle pouvait difficilement adopter complètement le look gothique mais elle comptait bien le faire plus tard. Pour les mortels, elle passerait de toute manière pour un enfant très précoce et elle ne comptait certainement pas se rendre plus bête pour éviter les soupçons. Elle était qui elle était… Et elle en était fière.

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- C'est… Inhabituel ! Déclara Savitar en regardant un hiboux fièrement perché sur une chaise en bois.

- Il porte une lettre !

- Je vois ça.

- Elle est au nom d'Appolymia Potter. Grommela la fillette.

- J'ai vu.

- Y a un hiboux qui m'a amené une lettre !

Savitar soupira en décrocha la missive de la patte de l'animal. Elle était effectivement au nom d'Appolymia Potter sur Neratiri. Le chtonian serra les dents. Il n'aimait pas l'idée que des gens connaissent le nom de son île… Ni son existence en fait. Poly la lui prit des mains et la décacheta en vitesse.

- Chère mademoiselle Potter, nous sommes heureux de vous confirmer votre insciption à l'école de sorcellerie Poudlard… Lut elle lentement avant de lever les yeux sur Savitar. Sorcellerie ?

- Désolée princesse ! Je connais pas ta mère. Parles en avec ta grand-mère. Peut être qu'elle aura plus de réponses. De toute manière, je ne peux pas t'apprendre plus que tu sais. Entraînes toi. Garde la forme et si tu a besoin de moi… Tu sais comment me joindre.

Elle le prit pas surprise en enroulant ses bras autour de sa taille. Même si ça faisait près de 5 ans que Sabina l'avait sauvé de chez les Dursley, elle avait toujours eu beaucoup de mal à combler 5 années de malnutrition. Elle n'aurait jamais la taille de son père mais elle illustrerait à merveille le dicton : L'habit ne fait pas le moine.

N'importe qui la jugerait hâtivement. Probablement faible, fragile… Tout ce qu'elle n'était pas. Et d'ici ses 17 ans, quand ses pouvoirs de déesse seraient débloqués, elle serait préparée… Et probablement invulnérable. En attendant, elle avait les pouvoirs de sorcière de sa mère et un peu aussi de son côté apollite. Largement assez pour survivre jusqu'à ses 17 ans.

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- Est-ce que ma mère était une sorcière ? Demanda doucement Poly à sa grand-mère qui lui brossait ses longs cheveux blonds.

- Très franchement ma komatia, je l'ignore. Je n'ai rencontré ta mère qu'une seule fois. Je ne sais pas quelle sorte d'identité elle avait parmi les mortels. Mais je sais qui pourra t'aider. Il y a un homme là bas. Un homme qui, je le crois, pourra répondre à toutes tes questions. Voudrais tu le rencontrer ?

Poly y réfléchit quelques instants. Voulait elle retourner chez les mortels ? Bien sur, elle y était prête mais en avait elle envie ?

- Est-ce que je pourrai revenir ici si ce que je découvre là bas ne me plaît pas ?

- Bien sur. Mais, même si rien ne me ferait plus plaisir que de t'avoir auprès de moi pour l'éternité, ça serait bien que tu apprennes à connaître ce monde par toi-même. Je vais envoyer Sabina le prévenir que tu le rejoindras bientôt et qu'il a plus qu'intérêt à t'accueillir comme il se doit. Ça te va ?

- C'est parfait Metera !

- Sabina, Retrouve un homme du nom d'Albus Dumbledore. Explique lui la situation et fais lui bien comprendre que s'il ne prend pas soin d'elle, je ferais de sa vie un véritable enfer !

Sabina hocha la tête avant de disparaître.

- Que dirais tu d'un bon bain mon ange ? Proposa tendrement Appolymi en serrant sa petite fille contre elle.

Poly hocha doucement la tête, reconnaissante. Sa vie n'avait pas toujours été parfaite mais grâce à sa grand-mère, elle le devenait jours après jours.

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A Poudlard, s'était un samedi de vacances comme les autres. C'était le petit déjeuner, les élèves étaient en vacance et seuls les professeurs étaient présents pour préparer la rentrée comme ils le devaient. Les portes de la grande salle s'ouvrirent d'un coup sur une pulpeuse blonde au regard furieux. Vêtue d'une robe qui ressemblait vaguement à un péplum grec, elle s'avança rapidement, promenant son regard miel sur l'assemblée.

- Albus Dumbledore ! Réclama t elle d'une voix claire, teintée d'un fort accent que le directeur ne reconnut pas.

- Que puis je faire pour vous ? S'enquit il plaisemment.

- J'ai besoin de vous parler seule à seul !

- A quel sujet ?

- Appolymia !

Le vieil homme se leva, immédiatement inquiet et alerte. Ça faisait 5 ans que la petite avait disparu. Il l'avait même crue morte jusqu'à ce qu'il voit les lettres pour les nouveaux élèves. Poly était bien dans la liste mais dans un endroit qu'il avait été incapable de trouver. Il invita la femme inconnue à s'asseoir et attendit qu'elle poursuive.

- Je me nomme Sabina. Je suis le démon Charonte de Poly. Sa grand-mère, la déesse Appolumi, m'a offerte à elle pour son anniversaire afin que je la protège et que je lui apprenne l'histoire de ses origines quand elle serait prête. Je n'ai pas pu la protéger avant ça. Surtout pas chez les gens auxquels vous l'aviez laissée. Un mortel obèse et cruel qui a pris beaucoup de plaisir à la battre, la torturer et probablement pire mais elle ne veut pas en parler. J'ai pris la décision de l'emmener là où elle serait en sécurité à Kalosis qui est l'enfer Atlante. Elle a appris tout ce qu'il y avait à savoir sur son père et elle a même été entraînée au combat. Mais elle veut en apprendre d'avantage sur sa mère et notre grande Déesse Appolymi semble penser que vous êtes la personne la plus indiquée pour répondre à ces questions.

- Merlin ! Souffla Albus, tentant de digérer tout ce qu'elle venait de lui apprendre. Lily pensait qu'elle serait en sécurité chez eux. Jamais nous n'aurions pensés qu'ils pourraient la blesser ou pire ! Elle peut venir vivre ici. Je serais plus que ravi de l'accueillir à Poudlard !

- Dites moi, est-ce qu'une protection a été posée sur Poly?

- Oui. C'est moi qui l'ait posée quand elle était petite !

- Alors, je vais vous demander d'enlever cette protection. Elle est inutile et avec elle, je ne peux pas la protéger convenablement.

- Vous resterez toujours avec elle ?

- Toujours. Poly a besoin de quelqu'un qui la comprend et qui pourra l'aider. Vous ne me verrez qu'en cas d'extrême urgence. Mais même adulte, je continuerais à veiller sur elle. C'est le travail et le privilège des Charontes de veiller sur la lignée royale des dieux Atlantes. Poly est ma princesse et je ferais tout pour la protéger. Vous tuer si j'estime que c'est nécessaire.

Albus aurait du avoir peur, il n'était que rassuré. Au moins, la petite serait entre de bonnes mains juste au cas où !

- Quand allez vous l'amener ?

- Dès qu'elle sera prête à faire face à des mortels qui ne voudront pas la blesser. Je ne suis pas certaine que notre grande déesse soit prête à abandonner sa petite fille sans rien dire. Du moins, pas tant qu'elle ne sera pas le portrait craché des membres féminines de sa famille ! Pouffa t elle délicatement.

- Et à quoi elles ressemblent ?

- A des Atlantes ! Dangereuses, uniques, puissantes et diaboliquement mortelles ! Sa grand-mère a été surnommée la destructrice et elle a fait disparaître toute sa famille pour venger son fils.

- Vous voulez bien me parler un peu des dieux Atlantes ? Demanda Albus réellement intéressé.

- Il n'y a pas grand-chose à en dire dans la mesure où ils ont presque tous disparus. Ils ne sont dorénavant plus que 3 ! Notre grande déesse, son fils Apostolos qui est le messager de la destruction et Akra Poly qui sera dans un futur plus ou moins lointain la gardienne de nos dieux bien qu'elle l'ignore encore. Je dois retourner auprès d'elle à présent mais nous nous reverrons rapidement Albus Dumbledore ! Assura la démone avant de disparaître.

- Ca promet ! Soupira Albus avec une triste mine.

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« Tu peux venir Poly! » Sourit Appolymi en voyant une mèche blonde traîner derrière la porte de son salon.

Elle ne put s'empêcher de ressentir une intense tristesse à l'idée qu'après 5 merveilleuses années, Poly allait devoir retourner parmi les mortels. Les démons commençaient à se poser des questions sur les rires qui parcouraient souvent Kalosis et elle ne pouvait permettre que Stryker ou l'un de ses hommes découvre la vérité sur son fils ou sur sa petite fille. Déjà que cacher la vérité à Apostolos n'avait pas été une chose très simple… Il avait la désagréable habitude de lui rendre virtuellement visite quand elle s'y attendait le moins.

Du haut de ses presque 11 ans, Poly illuminait déjà les pièces quand elle entrait quelque part et elle espérait sincèrement que les mortels ne terniraient pas cette lumière. Finalement, elle devait tenir plus de son père que d'elle-même songea t elle amusée et attendrie tandis que Poly s'installait à ses pieds, lui tendant une brosse en argent qu'elle prit en souriant, ravie, avant de commencer à lui démêler ses longs cheveux blonds.

- Comment te sens tu ma Komatia ? Demanda t elle doucement.

- Je n'ai pas envie de partir d'ici. Mais je sais que ma présence devient suspecte. Tu crois que les mortels m'aimeront ?

- Ils te jugeront probablement différemment. Tu ne vois pas leur monde à leur manière chérie. Mais n'oublie jamais qu'ici, tu trouveras toujours un havre de paix et que Sabina ne te quittera jamais. Je suis fière de toi ma komatia et de celle que tu deviens. Ton père aussi serait fier de toi. Tout ira bien ! » Sourit Appolymi en tentant de la rassurer. « De toute manière, même si ca ne se passe pas bien, ca ne sera que provisoire. Une fois que tu auras 17 ans, tu pourras laisser derrière toi le monde des mortels et venir vivre ici avec moi. Ou même habiter Katoteros. De toute manière, tu feras ce que tu veux. Ne laisse jamais qui que ce soit dicter ce que tu dois faire. N'écoute que ton instinct.

- J'essaierais. Mais je ne compte plus accorder ma confiance à un mortel. Ils m'ont trahis par le passé et je n'accepterais pas d'être de nouveau trahie.

- Bonne philosophie. Leur vie est trop courte pour qu'ils la gaspillent en honnêteté. Je t'ai montré toute l'histoire de leur civilisation. Ils n'ont été capables que de se détruire et se trahir pour des raisons beaucoup plus triviales qu'il n'y paraît. Ton père semble penser qu'une poignée d'entre eux méritent notre confiance ou notre reconnaissance. Il est de bon jugement, ayant souvent subi le même traitement que toi, comme tu as pu le voir. Je suppose que tu apprendras ca avec le temps. »

- On verra. Est-ce que mes affaires sont prêtes ?

- Oui. Sabina est allée faire les magasins pour toi.

- Je suppose que débarquer en Foremasta n'est pas des plus subtils ! Pouffa t elle amusé, faisant briller ses yeux mercure semblable à ceux de son fils et aux siens.

- C'est sur qu'ils ne doivent pas y être habitués. Bon, prête à retourner de là où tu viens ?

- Puisqu'il le faut ! Soupira Poly tragique. Je prends une lamina ?

- C'est ce qu'il y a de plus sur. Tu vas arriver dans une école magique où ta mère a fait ses études. Le directeur, Albus Dumbledore, est au courant de ta nature, de ton passé et de ton arrivée normalement. Là bas, tout le monde te prend pour la fille de James Potter et ils doivent continuer à le croire. Courage ma chérie. J'ai comme l'impression que ta vie ne sera pas de tout repos là en dessous. Méfie-toi surtout des chasseurs de la nuit. Ils te prendront pour une apollite.

- Ma mère en était une ! On peut pas leur en vouloir ! Sourit elle tendrement en évoquant sa défunte mère.

- Allez, il est temps ! Sabina ?

- Nous y allons ! Sourit la démone en prenant les valises de la fillette.

- Protège là Sabina ! Lui rappela Appolymi avec une once de menace dans la voix.

La démone hocha la tête et emmena la fillette dans une des laminas après qu'elle eut fait un dernier câlin à sa grand-mère.

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Poly prit un instant pour reprendre ses esprits. Kalosis était l'enfer Atlante et le seul endroit où le soleil n'apparaissait jamais. Après tout, Appolymi était en guerre avec Appolon depuis près de 12000 ans. Un ciel bleu, quelques nuages cotonneux et blancs, une nature verdoyante, des fleurs de toutes les couleurs. Elle pouvait sentir les animaux qui s'ébattaient dans la forêt près du château qui surplombait la colline. S'était calme, reposant, puissant. Magnifique aussi même si jamais elle ne l'aurait avoué à haute voix. Et bien loin de Neratiri. L'île de savitar était chouette mais à part du sable, des plages et une cabane… Il n'y avait rien d'autre.

- Venez Akra ! Sourit Sabina en posant sa main dans son dos.

Il y avait peu de monde dans le château. Mais leurs pensées bourdonnaient dans son esprit. Sabina l'entraîna dans le dédale des couloirs jusqu'à une double porte en bois qui était fermée.

- Comment vous sentez vous Akra ?

- Un peu nerveuse je crois ! Ca fait longtemps que je ne me suis pas retrouvée avec des mortels !

- Tout ira bien ! Je ne vous quitterais pas un seul instant.

Poly inspira profondément et suivit sa démone quand elle ouvrit les doubles portes. Le directeur se leva immédiatement, reconnaissant la démone qui était venu le voir quelques jours auparavant. Il avait encore du mal à croire que la gamine elle était là, devant lui. Mal à l'aise dans cet univers tellement vivant. Ses grands yeux verts scrutaient les têtes inconnues qui la fixaient ahuris. Habillée étrangement d'une robe en velours noir, de hautes chaussettes noires et de bottes sortant probablement d'un surplus de l'armée, elle offrait un contraste assez saisissant entre ses sombres atours et son apparence lumineuse. Ses longs cheveux écarlates semblaient capter les rayons du soleil et lui conféraient comme une auréole. Elle ressemblait de manière troublante à Lily au même âge.

- Poly! Sourit il ravi de la revoir saine et sauve.

- Pouvons nous aller dans un endroit plus… Calme ? Proposa Sabina sur la défensive.

- Bien sur. Suivez moi toutes les deux.

Poly suivit le mouvement jusque dans le bureau du directeur où se trouvait un magnifique oiseau rouge et or qui poussa des trilles joyeuse en la voyant entrer.

- C'est un… Commença Albus avant que la fillette ne le coupe doucement.

- Un phénix. Je sais. C'est l'un de mes cousins qui les a créés. Ils servaient de messagers entre les dieux Atlantes. Mon grand père les a presque tous détruits pour ne pas que grand-mère puisse contacter les Sumériens ou les Chtonians pour réclamer de l'aide. Ce sont des animaux fidèles et rapides. J'en ai un aussi. Ce sont les seuls à pouvoir traverser les dimensions qui nous séparent de celle des dieux. Expliqua t elle en caressant la tête de l'animal.

- Tu en sais plus que moi sur eux ! Sourit Albus étonné du calme et du sérieux de la fillette.

- Akra Poly en sait probablement plus que vous sur beaucoup de sujet. Notre grande déesse a pris un grand soin à lui raconter l'histoire de votre monde. Est-ce que sa chambre est prête ?

- Depuis que vous êtes venue la dernière fois oui. Je l'ai installée dans mes propres quartiers. Venez, je vais vous la montrer. Je suis un peu resté sur l'idée d'une petite fille donc, il est probable que tu doives refaire la décoration Poly ! Pouffa t il amusé en ouvrant une porte donnant sur une grande chambre complètement rose pastel.

Pour elle qui était habituée au noir, ca lui faisait un sacré changement. Un grand lit rempli de peluches, une maison de poupée dans un coin, une grande bibliothèque qui couvrait tout le mur du fond, un bureau face à la fenêtre du balcon et deux portes donnant sur la salle de bain et la penderie. Finalement, ca ressemblait beaucoup à Kalosis… en plus joyeux.

- Elle ne vous en voudra pas si vous aimez cet endroit ! Sourit Sabina compréhensive, en atlante.

- C'est tellement lumineux !

- Vous devriez aller manger pendant que je range vos affaires. Je reprendrais ma place en vous une fois que tout sera en ordre ! Professeur Dumbledore, pouvez vous l'emmener manger ?

- Bien sur. J'imagine que tu dois être morte de faim. Il y a beaucoup de gens qui attendaient ton retour !

- Mais qui ne se sont pas bougés pour s'assurer que j'allais bien ! Remarqua t elle froidement.

Sabina la réconforta d'un rapide câlin tout en fusillant le directeur du regard qui eut le bon ton de se sentir honteux. Il l'emmena ensuite dans la grande salle qui ne s'était toujours pas vidée de ses professeurs.

- Votre attention s'il vous plaît. Comme vous l'aurez remarqué, nous accueillons une nouvelle pensionnaire à Poudlard. Poly entrera en première année dans quelques semaines.

Elle s'installa sur une chaise libre près d'un homme aux cheveux noirs et au regard charbon. Etrangement, il avait déjà l'air de la détester. Sa grand-mère lui manquait tout comme la présence de Sabina. Elle ne mangea pas grand-chose, picorant à contre cœur. Elle n'aimait pas ce monde. Elle avait l'impression d'y être pleinement connectée et tout ce qu'elle ressentait était si paradoxale qu'elle ne parvenait pas à se faire une réelle opinion. La guerre, la famine, la pauvreté concurrençait l'amour, l'excès, la richesse. Il avait tant de souffrance qu'elle en avait presque la nausée. Comme sa grand-mère l'avait dit, les mortels avaient une vie tellement courte qu'ils ne pouvaient s'empêcher de la gâcher. Et l'homme près d'elle la laissant songeuse. Il était plein de haine, de rancœur, de solitude. Comme s'il avait abandonné tout espoir pour un avenir meilleur. Ses interrogations intérieures lui filaient mal au crâne. La vieil homme était le plus étrange. Confiant, rassurant, enfantin et pourtant grave. Elle ne parvenait pas à discerner ses intentions envers elle. Etait il un ennemi ou un ami ? Voulait il se servir d'elle ? Il voulait qu'elle soit heureuse et qu'elle se sente chez elle dans ce monde ou dans ce château. Mais jamais elle ne s'y sentirait aussi bien qu'à Kalosis.

Elle repoussa son assiette avec une petite moue, sauta en bas de sa chaise et courut à toute vitesse jusqu'à sa nouvelle chambre où Sabina la reçut les bras grands ouverts.

- Je veux pas rester ici ! Je veux retourner près de grand-mère ! Murmura t elle.

- Je sais princesse mais pour le moment, les spathis sont encore trop soupçonneux. Ne vous inquiétez pas, vous vous habituerez un peu à la vie ici. Rien ne vous force à côtoyer les mortels. J'ai vu qu'il y a une grande forêt et un lac juste à côté. J'ai pu également ressentir pas mal d'animaux différents. Eux seront plus accueillants et auront moins de propension à trahir les leurs ! Vous devriez vous reposer un peu. Tout est rangé.

Sabina l'attira avec elle sur le lit et caressa machinalement les cheveux de la petite fille qui avait posé sa tête sur ses genoux glacés. Albus passa la voir un peu plus tard pour s'assurer qu'elle allait bien et il les retrouva dans cette position.

- Comment va-t-elle ? Demanda t il inquiet.

- Pas très bien. Elle ne veut pas rester ici. Elle veut retourner auprès de sa grand-mère mais pour le moment, ce n'est pas sur pour elle. Les Spathis devenait soupçonneux !

- Les quoi ?

- Les Spathis. C'est la garde personnelle de notre déesse. Des démons très entraînés, vieux et organisés. Leur chef est le fils adoptif d'Appolymi. Il s'appelle Stryker. L'ennemi juré du père de Poly. Seuls les dieux peuvent savoir ce qu'il ferait s'il venait à découvrir l'existence de Poly. »

- Je suppose qu'être restée seule pendant 5 ans a du la rendre un peu sauvage !

Mauvaise remarque songea t il tout de suite en voyant le regard de la démone briller d'une lueur meurtrière.

- Vous parlez d'une petite fille qui a été trahie, affamée, battue et violée par sa propre famille sans qu'aucun autre mortel ni le soit disant ami de sa mère n'y prête attention. Comment voulez vous qu'elle agisse ? Elle ne vous fait pas confiance. Elle ne fait confiance à personne en fait et sincèrement, ce n'est pas moi qui irait la blâmer. Je ferais tout pour la protéger et l'aimer mais ne comptez pas sur moi pour la sociabiliser parce que même à 11 ans, elle en connait plus sur la nature humaine que vous !

- Et pourtant, elle ne pourra pas passer sa scolarité ici sans se mêler un minimum au reste des élèves !

- Pourquoi pas ? Comprenez que Poly n'est pas comme les autres ou comme vous. C'est une puissante déesse en devenir. Elle ne perçoit pas le monde comme vous. Si elle tient de son père, elle reçoit les moindres émotions qui se faufilent dans l'air. Et ressentir l'émotion de la terre est très loin d'être reposant. Vous ne pourrez jamais voir le monde comme elle le voit mais vous pouvez peut être essayé de le lui faire expliquer. Elle a été rejetée par les mortels et c'est ce qui lui fait peur. Elle aimerait être totalement acceptée mais elle ne le sera jamais. Pas quand on ignore jusqu'à sa signification. Son père est le destructeur. Les Parques ont fait de lui le messager de l'apocalypse. Quoiqu'on fasse, Poly reste sa fille. Les Parques ont prédit pour elle qu'elle causerait leur mort à tous et que contrairement à son père, elle n'aurait besoin de personne pour semer la destruction. Je vous laisse imaginer ce que ca signifie.

- Est-ce qu'elle représente réellement cette menace ?

- Elle représente une menace comme toutes les déesses ou les dieux quand ils sont énervés. Ne vous inquiétez pas. Poly ne fera rien si elle ne se sent pas menacée et même dans ce cas là, je serais là pour la calmer ou l'emmener ailleurs. Ne la jugez pas hâtivement et ne lui donnez pas de raison de vous en vouloir. Trahissez là, mentez lui, utilisez là et elle sera votre dernier soucis. Autant vous le dire, nous autre Charontes sommes connus pour notre appétit sans fin ! Nous adorons manger tout ce qui nous ennuie et il y a longtemps, nous avions même le droit de manger des dieux ! Votre misérable carcasse ne tiendra pas plus de deux secondes face à mes flammes !

- C'est vous qui avez mangé sa famille ! Réalisa alors Albus pas du tout rassuré.

- Ils l'avaient mérité ! Rugit Sabina. Il auraient du souffrir bien plus que ça !

Albus ne sut que dire. Elle n'avait pas tort même si elle trouvait sa méthode un peu expéditive. Mai qui était il pour juger de la manière dont on venge un dieu bafoué.

- Je me fais vieux ! Soupira t il en sortant.

Il avait encore une rentrée à préparer !

A suivre…


Alors? Tout le monde suit encore? Pas trop perdus?

Oubliez pas la review! :)