Nouveau chapitre, nouveau disclaimer. Cette fois tous les lieux, objets etc appartiennent à Tolkien.
Que dire de plus ? Sinon, laissez une review s'il vous plait, que l'histoire vous plaise ou non.
Chap 4
Le ciel était bleu. Bleu clair. C'était tellement rare en ce moment que le canard caqueta de plaisir. Il sortit de sa mare de sa démarche habituelle et fit quelques pas palmés avant de remarquer une grande chose étendue dans l'herbe. Ça ne ressemblait pas à un renard ni à un prédateur quelconque, mais en s'approchant un peu plus le canard put distinguer ce qu'il décida être une tête prolongée d'un corps. Elle lui faisait penser à celles de ces êtres étranges qui marchaient sur deux pattes, et qui passaient parfois prés de sa mare. A chaque fois qu'il les voyait il se sentait bien et ne craignait plus les renards pendant quelques instants. Mais celui là n'était pas sur deux pattes et n'était pas grand. Le canard voulait ressentir à nouveau la sensation de bien être devant un de ces êtres au beau visage lumineux. Il s'approcha du visage et se mit à cancaner du plus fort qu'il pouvait dans l'espoir de le réveiller.
Après quelques cris puissants, la tête bougea, et l'être se redressa. Le canard émit un coin coin de joie et admira la beauté de la créature. Il ne savait toujours pas ce que c'était mais comme tous ceux de cette espèce il avait l'impression qu'elle pourrait presque lui parler.
Mais celui ci était un peu différent. Il ne saurai dire comment car à présent le visage était trop haut pour qu'il puisse le voir, la créature s'étant redressée. Curieux de ce nouvel individu qui ressemblait à ses amis sans en être un, le canard donna un coup de bec amical à son pied botté. Puis il lui demanda en canard qui il était. Ce qui donnait une suite de coin coin coin rapide.
Il vit la tête se pencher, la botte reculer, et tout d'un coup il fut propulsé en l'air par un vigoureux coup de pied au croupion. Paniqué, le derrière en feu et laissant des plumes derrière lui, le canard n'eut pas le temps de réfléchir assez pour déployer ses ailes et amortir l'atterrissage. Malheureusement pour lui il ne vit même pas le rocher qui se rapprochait de lui de plus en plus vite. A moins que ce ne soit le canard volant qui s'en rapproche. Toujours est il qu'il s'écrasa dans un petit tourbillon de plumes sur ledit rocher et se brisa le cou. Il mourut sans un bruit.
L'être qui venait de lui donner de l'élan s'étira et lança un regard circulaire. Son fin visage buriné par le temps était entouré de longs cheveux gris et ses traits trahissaient une colère muette.
Bregon car s'était lui compta quatre formes étendues prés de la mare à faible distance de l'endroit où il gisait. Il les rejoignit et entreprit de les secouer une par une. Et toujours un par un, le nain Dumaz, le centaure Chiron, l'humain Vaniart et l'elfe Calnya (qu'il secoua un peu plus vigoureusement) dévisagèrent le paysage autour d'eux sans comprendre
-Vous m'excuserez de dire à voix haute ce que chacun pense, fit Chiron à voix basse, mais où est on ?
A perte de vue autour d'eux s'étendait des collines verdoyantes. Ils étaient eux même sur une de ces proéminences et devant eux une pente douce menait jusqu'à un vallon. Le soleil était dans sa première phase.
-Ça ne ressemble à aucun des endroits que j'ai jamais traversé, et pourtant j'en ai connu répondit Vaniart
-Tant qu'il n'y a pas de montagne à l'horizon je ne saurai m'orienter grogna alors Dumaz.
Les deux elfes, l'un noir et l'autre pure ne parlaient pas mais s'étaient assis et se concentraient chacun de leur côté. Finalement Bregon se releva et rejoignit ses compagnons qui avaient fait quelques pas.
-La terre ne m'est pas non plus semblable bien que j'éprouve une sensation bizarre. Comme si elle ne m'était pas inconnu. Pourtant je suis certains de ne jamais être venu ici
-Et cette tour derrière vous, elle ne dit rien à personne ? s'écria Chiron, pointant du doigt un point dans leur dos.
Tous se retournèrent d'un seul mouvement. Sur le sommet de la colline une gigantesque tour se dressait. Elle était d'un blancheur éclatante et se découpait nettement dans le ciel, projetant une ombre imposante. D'un commun accord ils grimpèrent jusqu'à elle afin de s'orienter.
Arrivés à son pied, ils purent constater que la tour était lisse et ne comprenait aucune aspérité, comme si elle avait été sculpté à partir d'un même bloc. Elle devait faire dans les cinq cent ruis. Aucune fenêtre n'était visible, et aucun signe de vie leur permettait de la croire habitée. Seule une porte sans battants tranchait dans la blancheur immaculée de la pierre.
La compagnie était bouche bée devant la beauté de l'édifice. La tour ne semblait tenir que par la magie.
Après un moment qui lui sembla une éternité Vaniart prit la parole.
-Ne pourrait on pas monter à son sommet pour tâcher de s'orienter ?
-Cette Tour renforce le mystère de ces terres dit Calnya, prononçant ses premiers mots depuis leur arrivée. Elle me semble avoir été bâtit par mon peuple, et pourtant je n'en ai jamais entendu parler.
Bregon grogna quelque sarcasme sur son peuple si "brillant". Il défia la Tour du regard l'espace d'une seconde puis se dirigea vers l'ouverture.
-Eh l'ami qu'est ce que vous faites ? s'écria Dumaz.
-Je vais tâcher de nous sortir de ce pétrin. En l'occurrence trouver où nous sommes, Dawi (Nain).
Il s'enfonça dans la tour d'un pas rapide. Vaniart poussa un soupir, et sous les yeux médusés du nain et du centaure qui n'avaient pas l'habitude de courir vers un danger potentiel sans prudence, il suivit son ami.
-Ne bougez pas d'ici vous trois.
Dumaz et Chiron n'en avait manifestement pas l'intention, le Nain parce qu'il n'aimait pas les constructions elfiques et le centaure car les escaliers ardus n'était pas au goût de son espèce.
-Tu penses que c'est notre mystérieux employeur qui nous a amené ici ? questionna le petit guerrier
-Ah toi aussi tu ne sais pas qui il est ? Sûrement un magicien, car pour transporter cinq personnes si facilement dans un endroit inconnu faut pas être un seigneur de guerre des montagnes complètement abruti par la bière et les coups sur la tête.
Il éclata de rire à sa blague. Son rire s'éteint assez vite devant l'air soucieux du nain qui apparemment ne prenait pas cet incident à la légère. Il examina une nouvelle fois la tour, cherchant quelque indice quand il s'aperçut que...
-La fille a disparue !
-Quelle fille ?
-Celle qui était avec L'Humain et l'Elfe ! Elle devait attendre avec nous, et elle n'est plus là !
Ils fixèrent tous les deux l'entrée de la tour avec appréhension, sans oser bouger cependant.
Pendant ce temps là, Bregon avait découvert à l'intérieur un grand escalier qui occupait la majeure partie de la construction. Il commença son ascension, vite rejoint par son ami. Le temps s'écoulait lentement alors qu'ils montaient toujours plus. de temps à autre, un palier avec une salle brisait la monotonie de la montée. Les marches étaient toujours égales, et malgré son état d'abandon évident aucune trace de poussière ou d'insectes voire d'animaux nuisibles n'étaient visible. L'endroit semblait encore habité il y a une heure.
Perdus dans leurs pensées, ils arrivèrent soudainement à la fin de l'escalier, dans une immense salle lumineuse. Une grande ouverture se découpait dans tout un flanc, par lequel on pouvait admirer l'horizon. Alors que Vaniart fouillait quelques meubles, l'elfe noir fut irrésistiblement attiré par l'ouverture, et plus particulièrement par l'horizon. Là bas il semblait voir quelque chose de différent, mais il ne parvenait pas à découvrir quoi. Juste devant la fenêtre il y avait une petite colonne qui finissait à la taille. Sur sa surface supérieure un globe sombre d'un noir plus profond que la nuit reposait. De temps à autre un reflet couleur de lune parcourait sa surface.
Bregon sentit qu'il ne pouvait détourner son regard de l'objet. Il s'en approcha lentement, et une fois à côté il posa ses deux mains sur la boule.
Au début, rien ne se passa. Il entendit Vaniart se plaindre de ne rien trouver d'intéressant, et tout d'un coup vint un léger rayonnement et un mouvement au centre. Bientôt sous le regard enfiévré de Bregon des lumières intérieures se mirent à tourner, et tout fut noyé dans un tourbillon de flamme.
La sueur commençait à couler de son front, mais il voulait voir encore. Et le spectacle qui s'offrit à lui lui coupa le souffle.
Il vit une grande étendue de bleu.
La Mer.
Des vagues paisibles qui s'écrasait sur des rochers. Un grand port sur son côté gauche. Il avait l'impression d'être oiseau et de voler au dessus de l'océan. Il contempla les remous marins qui faisait des ondulations dans l'eau, il admira des poissons qui sautaient hors de l'eau.
Toujours il avait aimer la mer, mais rarement il avait pu la voir si bien. Prendre un bateau lui avait parfois effleuré l'esprit, mais les elfes n'étaient pas bon navigateurs.
Et là il volait en ce moment au dessus de l'immensité azurée.
Une joie sans borne l'envahit.
Il voulait en voir plus, encore plus.
Mais soudainement il sentit une autre présence. Il sut qu'il n'était plus seul et que quelqu'un pénétrait son espace.
A l'aide d'un énorme effort sur lui même et au prix d'un sacrifice de forces, Bregon parvint à s'extraire de cette vision. Il recula de quelques pas sous la puissance de l'effort. Furieux, il tourna la tête pour découvrir qui avait osé le...
Calnya. La petite elfe se tenait là, haletante, les yeux rivés sur le globe redevenu noir et le cheveux ébouriffé.
Bregon passa de la colère à la fureur mortelle. Il sembla grandir en taille, ses traits se durcirent considérablement et ses yeux lançaient des éclairs. Calnya prit conscience de sa présence sans même le regarder. Elle pivota lentement sur elle même. L'elfe noir ouvrit la bouche pour la maudire en des mots qu'aucune elfette bien élevée ne devrait jamais entendre, pour ensuite l'étrangler de ses propres mains.
Mais elle le regarda dans les yeux. Nulle peur ne s'y lisait, juste une grande joie à peine troublée par de l'incompréhension.
-Toi aussi tu as vu fit elle de sa douce voix. Aear. La Grande Eau.
-Tu...
Il fut incapable de proférer la moindre insulte. Toute colére s'était évanouie en lui. Oui il l'avait vu. Aear. De nombreuses chansons de son peuple exprimait leur amour pour la Mer d'où ils étaient venus selon les légendes.
Il fixa encore un instant l'elfe pure dans les yeux avant de se retourner vers la pierre. De nouveau elle était noire. Il n'osa la toucher de nouveau, de peur de ne pas avoir la force de quitter la salle.
Finalement il se détourna dans un grand bruit de cape et retrouva Vaniart qui les observait d'un peu plus loin. Celui ci lui apprit qu'il n'avait rien trouvé d'utile.
Ils redescendirent rapidement, tout aussi silencieusement. Le Nain et le centaure devisaient devant la porte sur leur possible localisation quand ils sortirent.
Bregon leur expliqua succinctement leur trouvaille, et tous purent s'accorder sur le fait qu'il ne connaissaient aucunement cet artefact. Dumaz proposa avec l'avidité propre à son peuple de retourner chercher l'objet pour en tirer bénéfice mais le regard de Bregon et de Calnya dissipa immédiatement l'idée.
-Pendant que vous regardiez dans le caillou magique j'ai pu voir une route au sud d'ici. Elle devrait se trouver derrière cette arrête.
-La côte est à l'Ouest, et il ne servirait à rien d'y aller. Je propose de partir vers l'Est une fois sur la route, nous verrons enfin où nous sommes. Mais je commence à craindre le pire de la part d'un sortilège de magicien.
Ils se mirent en route sans un mot. Chiron galopait légèrement en avant comme éclaireur, suivi de Dumaz discutant à voix basse avec Vaniart. Calnya était collée au bras du géant et suivait distraitement la conversation. La marche était close par Bregon perdu dans ses pensées, capuchon rabattu sur la tête.
La colline passée, ils rejoignirent bien une route, mais celle ci avait connue des jours meilleurs. Si elle était pavée des interstices éloignait désormais les pierres et l'herbe y poussait drue. Ils prirent comme convenu la direction de l'Est.
Plusieurs heures s'écoulèrent sans changement notable dans le paysage. Le moral baissait lentement dans le groupe de ne trouver aucun indice, hormis dans le cas du jeune centaure qui galopait parfois loin devant avant de revenir sur eux, insouciant comme un poulain.
Le temps s'écoula. Le soleil glissa dans leur dos, les ombres s'allongèrent. Les guerriers aguerris tel que Bregon, Vaniart ou Dumaz commençait à angoisser à l'idée de devoir camper dans une région dont la faune leur était totalement inconnue.
Alors que le crépuscule tendait à sa fin et que la cape de la nuit parsemée d'étoiles s'étendait sur le monde et qu'ils atteignaient le sommet d'une colline, un grand tapis lumineux se déroula devant eux. Une ville et ses lumiéres.
Enfin une quelconque trace de civilisation.
Chiron semblait prêt à dévaler la pente pour rencontrer les habitants des petites maisons qu'ils pouvaient voir dans l'obscurité. Mais un geste impérieux de l'elfe noir retint le fougueux aventurier juste à temps. Sans un mot il pointa son doigt sur la colline voisine. Un feu y brulait, et une silhouette courbée dessus cuisinait de toute évidence.
-Campement. Homme seul. Dumaz et Vaniart par la gauche, moi et le quadrupède sur la droite.
Manœuvre d'encerclement classique face à un intrus non identifié. Ils se mirent en mouvement dans le noir. Dumaz, Vaniart et Calnya qui n'était pas décidée à rester seule dans le noir même si l'elfe noir ne l'avait pas mentionné s'enfoncèrent dans les ténèbres de leur côté, pendant que Bregon et Chiron qui avait décidé de passer sur le "quadrupède" face à l'aspect amusant que prenaient les événements partaient du leur.
D'un autre geste Bregon fit signe au centaure de se pencher le plus possible et de se faire discret. Il avait instinctivement pris la tête de son groupe et son compagnon ne discutait pas le choix.
Ils progressèrent vers la crête et une fois à faible distance du feu et de l'homme emmitouflé dans un grand manteau gris ils s'embusquèrent dans l'herbe. Bregon allait pousser un cri d'oiseau pour avertir Vaniart de sa position selon un code établit depuis longtemps entre eux quand l'homme parla
-Il n'est nul besoin de se dissimuler ici. Approchez vous tous fit il d'une voix grave
Désarçonné par les paroles et de toute évidence repéré Bregon se releva.
-Venez vous autre intima t'il, tout en sortant son épée
L'autre groupe avança lui aussi vers le feu. Ce fut Dumaz qui arriva en premier prés de l'homme. Il put voir à la lueur des flammes qu'il s'agissait d'un vieillard de toute évidence bien avancé dans le cycle de la vie. Quand ils furent assez proches mais encore circonspects devant l'étranger il enleva son long chapeau pointu et leur apparut. Un nez anguleux ornait son visage et des cheveux gris teintés de blancs le cachait aussi en partie. Et s'il était en effet très âgé ses yeux sous les sourcils brouissailleux pétillaient de malice et la sagesse était contenue dans chacune de ses rides. Une longue barbe terminait le visage.
-Il n'est pas très poli de sortir son arme face à un innocent vieillard dit il dans sa barbe devant Bregon.
-A condition que ledit vieillard soit innocent. Je vous reconnait vieil homme s'écria Dumaz. Vous êtes celui qui m'a recruté à Klives ! Je devais vous revoir à notre point de rendez-vous à la maisonnée indiquée !
-Et vous ai je dit formellement que ce rendez vous serai là bas ? Mes paroles furent "Nous nous reverrons bientôt pour fixer l'objectif. Allez au 8 rue attenante à la Place de la Balance." Le rendez vous se fait ici expliqua l'homme dans un sourire
-Voici donc le commanditaire anonyme. Eh bien dites moi vieillard, où sommes nous ? Vous nous avez drogués et transportés ! Où donc ? fit Vaniart d'une voix autoritaire.
-Du calme voyons messieurs. Prenez place autour du feu.
Curieusement l'idée de lui désobéir n'effleura aucun d'entre eux et ils s'assirent docilement. L'homme sortit une pipe à long tuyau d'une des manches de son manteau, la bourra d'herbe odorante avant de l'allumer à l'aide d'un tison. Quelques bouffées plus tard il reprit la parole
-Pour répondre à votre question mon cher Vaniart vous êtes à Emyn Beraid en langage elfique ou Colline des Tours en langue commune. ne m'interrompez pas s'écria t'il devant l'air surpris de l'interessé. Aucun d'entre vous ne connait cette terre car vous ne faites pas partit de ce monde.
Mon nom est Gandalf le Gris et je suis responsable de votre présence ici. A l'aide d'un sort fort complexe je vous ai transporté sur plusieurs milliers de lieux sans effort. Laissez moi à présent vous conter une histoire qui répondra à vos questions.
Lorque Arda, ou le Monde pour les humains fut crée, deux immenses continents le composait; Aman ou les Terres Immortelles et la Terre du Milieu. Aprés bien des changements plusieures îles apparurent comme Balar, Númenor, les Iles Enchantées, et Tol Eressëa. La terre dont vous venez tous se trouve à l'ouest de la Terre du Milieu. Les Valars, créateurs de ce monde décidèrent de l'isoler des autres continents afin de la préserver du Mal qui y était tapi. Ainsi aucune guerre contre l'Ennemi n'y eut jamais lieu, et ses habitants furent préservés de toute dégénérescence.
C'est pourquoi par exemple il y existe encore des centaures dit il en désignant Chiron d'un mouvement de tête alors qu'ils ont ailleurs disparus des paturages comme des mythes, détruits par l'Ennemi.
Il leur laissa quelques secondes afin de digérer l'information avant de reprendre
Votre Terre fut donc entourée d'un brouillard permanent crée par un puissant sortilége. Les Valars enlevèrent toute connaissance navale aux Elfes et vous demeurèrent en paix, connus uniquement de quelques Sages.
Mais pendant ce temps, de grandes guerres eurent lieu, et principalement ici. Le Mal rongea les êtres et en fit des choses malfaisantes. Le Seigneur des Ténébres, dont je ne mentionnerai pas le nom de nuit, étendait son emprise voici de nombreuses années. Il créa plusieurs anneaux de pouvoir qu'il distribua aux Hommes, aux Nains et aux Elfes comme cadeaux. Mais ils n'étaient qu'un nouveau stratagéme pour les corrompre. Car en secret il conçut un maître anneau, l'Anneau unique, dans lequel il déversa sa cruauté, sa malveillance, et sa volonté de dominer toute vie.
Il s'ensuivit une nouvelle guerre, plus meutriére encore, mais au prix de sacrifices incroyable l'Ennemi fut vaincu, l'Anneau unique arraché de son doigt. Mais il ne fut pas détruit, l'Anneau ne l'ayant pas été. Il est lié à l'Anneau, et on ne peut le tuer qu'en anéantissant ce dernier.
Pendant plus de mille ans personne ne sut ce qui était advenu de l'Anneau. Le Seigneur des Ténébres reconstitua son armée, rebâtit sa forteresse de Barad Dür à l'Est et surtout il chercha son Anneau. Il le chercha longtemps et vainement au début. Il en a besoin pour vaincre ses ennemis et retrouver ses forces complétes.
Il y a quelques années de cela je retrouvais l'Anneau de pouvoir entre les mains d'un des habitants du village que vous pouvez voir derriére cette butte. Après m'être assuré qu'il s'agissait bien de l'Unique, je décidais de l'envoyer dans un Havre de paix, Fondcombe. Pendant ce temps je devais prendre conseil auprés du chef de mon ordre, le sage Saroumane et revenir à temps pour le voyage. Mais celui ci me retint prisonnier, dévoilant sa fourberie car il avait rejoint le camps de l'Ennemi.
Voilà quelques jours je parvins à m'echapper, et je galopais retrouver le Porteur de l'Anneau. Renseignements pris auprés de certaines de ses connaissances, ne m'ayant pas vu arriver il est partit il y a six jours de cela. Il va me falloir le chercher sur la route de Fondcombe. Mais auparavant je vous transportait ici pour vous confier une tâche.
A présent je me dois de vous éclairer sur votre rôle dans cette guerre. Je ne sais ce qui sera décidé à Fondcombe mais la décision la plus probable sera qu'on détruise l'Anneau. Nous trouverons un nouveau porteur et nous partirons dans l'Est, à travers l'Ombre. Car le seul feu capable de le consumer est celui de la Montagne du Destin où il fut crée, en plein milieu des domaines de l'Ennemi.
De votre côté une autre quête vous attends. Comme je le pense vous avez du monter au sommet de la Tour prés de l'endroit où vous vous êtes réveillés, non ?
Ils acquiésèrent tous en même temps.
Bien, bien. Dans ce cas je tiens pour aquit que vous avez testés les pouvoirs du Palantir. Il s'agissait d'un petit globe qui se tenait devant une grande fenêtre. Devant l'air songeur de Bregon il enchaina. Tout est donc pour le mieux. Les Palantiri sont des cadeaux des Valars aux Hommes. On les appelle aussi Pierres de Visions car elles permettent de se projetter en esprit dans n'importe quel endroit en Terre du Milieu. Ce sont donc des objets très précieux du nombre de sept. Celui que vous avez testé est le Palantir d'Elostirion, car tel est le nom de la Tour.
-Mais nous n'avons vu que la Mer dans ce « Palantir » s'écria un Bregon interloqué.
-Celui ci fut à l'aide d'une magie ancienne orienté uniquement dans cette direction par les Númenoréens ou Hommes de Numénor afin de contempler ce qui reste de leur Île engloutit par les flots. C'est pourquoi nul ne convoite cette pierre car elle ne sert à rien.
Mais ce n'est pas le cas de toutes. Il y a fort longtemps un royaume existait à l'ouest d'ici, le Royaume d'Arnor. Ils possédaient deux Palantiri et 'en servaient pour lutter contre leurs ennemis. Mais il advint que ce royaume fut détruit par le Roi-Sorcier d'Angmar. Le dernier Roi d'Arnor, Arvedui chercha refuge auprés d'un peuple sauvage mais accueillant dans le grand nord, les Lossoths. Finalement les elfes des Havres envoyérent un navire le chercher dans la baie glaciale de Forochel. Malheureusement le navire coula, emmenant Arvedui et les deux Palantiri dans les sombres profondeurs.
Tout le monde pensa que les deux pierres étaient perdus. Mais il y a quelques années de cela des rumeurs me vinrent qui disaient qu'une petite armée de trolls se regroupait dans les anciennes terres d'Angmar, et que cette armée attaquaient les Hommes de Bree ou les Elfes de la Forêt Noire pendant de grandes razzias juste aux bon moments quand les armées étaient au loin. Pour cela il fallait connaître les mouvements des troupes à l'avance.
Cette simple rumeur éveilla ma curiosité, et je décidais d'aller enquêter dans le Nord. Aprés avoir rencontré les Lossoths, et observé secrétement les trolls j'ai pu reconstituer toute l'histoire.
Quand Arvedui voulut quitter les Lossoths, leur chef qui l'avait vu manipuler les Palantiri et les avait immédiatement convoité parvint à en substituer un. Cette pierre fut par la suite volée par quelques trolls venus reconstituer leurs garde manger de chair fraiche. Et finalement un seigneur troll la récupéra. Cette créature répugnante est deux fois plus grand que ces congénéres et bien plus fort égalemment. Il s'agit de Rogash, un des généraux de l'ancien royaume d'Angmar détruit par les elfes. Il a réunit des centaines de trolls et vit dans un petit domaine d'où il part uniquement pour piller. Il a manifestement appris à se servir du Palantir car il anticipe chacun des piéges pour l'anéantir.
Ce que je crains principalement c'est qu'un jour il ne se contente pas d'observer les terres du nord et aille fureter de son esprit stupide à l'est. A ce moment là le Seigneur des Ténébres qui posséde lui aussi un Palantir pourrait l'appeller à le rejoindre.
Rogash aime seulement tuer et piller, nul doute qu'il rejoindrait l'Ennemi, emmenant avec lui des milliers de trolls ! C'est une armée si gigantesque qu'elle détruirai à coup sûr tout espoir de remporter la victoire. Ils ravageraient le Rohan puis le Gondor en surprenant nos forces par le nord. C'est pourquoi vous êtes ici.
-On va leur barrer la route et leur demander de faire demi tour ? Railla Dumaz
-Il vous faut trouver Rogash dans son domaine et lui voler le Palantir. Nous pourrons en faire ensuite une arme redoutable contre l'Est.
Tous restèrent muets sous l'annonce de ce qui semblait une mission suicide.
-Mais pourquoi nous ? Tempêta soudainement Vaniart. Pourquoi nous arracher à notre monde par je ne sais quel sortilége et nous plonger dans une guerre qui n'est pas la notre ?
-Mais parce que je vous ai choisis car vous êtes des héros, des héros comme on n'en trouve aujourd'hui plus en Terre du Milieu. La preuve aujourd'hui vous avez parcouru une longue distance dans un pays hostile et dangereux, bravants milles dangers au cours de sanglants combats.
Un sourire se dessinait sous la barbe et le chapeau oscilla un moment pendant qu'il riait sous cape de l'ironie.
-Et surtout si vous ne nous aidez pas à écarter cette menace, dit il en redevenant grave, le Seigneur des Ténébres régnera bientôt sur toute terre et votre monde sera menacé lui aussi. Pour cette mission une armée entiére échouerai, mais un petit groupe décidé peut réussir
Il les observa chacun un bref instant. Bregon le fixait comme s'il hésitait entre l'étrangler ou l'écouter encore, Vaniart avait un air grave et décidé, Calnya assise en tailleur regardait les étoiles d'un air pensif, Dumaz marmonnait dans sa longue barbe et Chiron semblait prêt à partir tout de suite pour Angmar.
-Et quelle serai la récompense ? Questionna Bregon, ayant apparemment choisit le dialogue.
-Vous deviendrez de véritables Héros, des légendes dans le coeur des Hommes et des Elfes et votre nom serai gravé à jamais dans...
-Notre récompense EN OR et n'essaie pas de m'embrouiller avec tes sottises vieille barbe, coupa l'irrascible elfe.
Ce fut au tour de Gandalf de marmonner dans sa barbe quelque chose à propos de la jeunesse qui ne savait pas apprécier les bonnes choses.
-Vous serez autorisés à puiser dans les caisses du Royaume du Gondor à la fin de la guerre tout ce qu'il vous plaira.
-Eh bien tu vois quand tu veux !
Dumaz appréciait aussi la mention d'or sonnant et trébuchant qu'on pourrai ensuite refondre en feuilleries. Seul Calnya ne souriait pas, totalement indifférente.
-Pour vous aider dans votre périple je peux vous confier une carte du nord continua t'il en leur tendant un parchemin que Dumaz s'empressa de déplier.
( )
Votre destination se situe au Nord-Est d'ici. Je vous déconseille de suivre la grande Route de l'est qui vous ferai traverser de nombreuses villes et villages. Votre groupe doit rester secret tout comme votre but. L'Ennemi a des espions partout. Vous prendrez donc une route vers le sud, afin de contourner la Comté et les populations humaines. Evitez autant que possible les rencontres, surtout avec un centaure parmi vous. Ici nul hormis quelques sages ne connait leur existence. Vous allez donc partir au sud d'ici, rejoindre le Chemin Vert que vous emprunterez jusqu'à ce que vous ayez atteint une grande riviére et un gué au milieu de ruines. C'est le Flot Gris qui traverse l'ancienne ville Tharbad. Là vous remonterez l'affluent le plus à l'ouest, la Bruinen, à travers les marais. Vous atteindrez alors Fondcombe où aide et conseils vous seront prodigués. Ensuite commencera la partie la plus dure de votre voyage, la traversée des Landes d'Etten jusqu'à Angmar et Carn Dûm la forteresse dont les ruines abritent Rogash.
La route est longue et difficile mais elle est le seul moyen d'éviter tout contact avec des populations hostiles et des espions. Vous devez vous mettre en route dès demain, sans traverser la Comté qui s'étend juste à l'est, pays des semis hommes.
Les dangers seront donc nombreux, mais je ne peux vous en dire plus. Le soleil va se lever et je dois me remettre en route.
Sur ces mots il se releva, recoiffant son chapeau. Il saisit un long bâton qu'ils n'avaient pas vu jusque là et s'en aida pour faire quelque pas vers l'ouest. Là il écarta les bras, et siffla longuement. Le son était aigue et strident. Soudain un cheval apparut de derrière une colline et galopa vers eux. Sa robe était d'une blancheur éclatante et son pas rapide donnait l'impression qu'il volait.
Arrivé à la hauteur du vieillard il stoppa net et Gandalf put sauter sur son dos d'un mouvement très souple et fluide.
-Nous ne nous reverrons probablement pas avant bien longtemps, et je ne pourrais pas vous guider. Suivez la route selon votre coeur, mais surtout ne vous fiez à personne qui ne soit elfe ou nain. Les Hommes sont bien trop facilement corruptibles pour qu'on leur fasse confiance et bien des animaux sont dans le camps du Mal. Prenez garde, et quand vous aurez le Palantir rejoignez moi dans le Sud. Et surtout n'oubliez pas que de votre quête dépend le sort de beaucoup !
Il se pencha alors sur Bregon qui était proche de lui et murmura quelques mots à son oreille. Puis il se courba sur sa monture et fit A toi de jouer Gripoil !
Le cheval hennit et s'élança dans le lointain, bifurquant vers le sud ouest. Rapidement il disparut avec sn cavalier.
Les membres du groupe se regardèrent alors et Dumaz résuma la pensée générale.
Il est gonflé le vieux...
