Léna Devans, Bureau du BAU, Fbi 12 h 31

Ils étaient tous assis autour de la table et lançaient des trucs dont j'avais du mal à suivre le cours. Je me demandais une seconde ce que je faisais là alors que je serais tellement mieux à ranger des dossiers et à faire du travail de bureau. Je regardais mon parrain avec son air concentré et sombre qu'il arborait toujours.

Devais-je faire quelque chose ? Dire que j'étais perdue était un joli euphémisme. Je crois que complètement paumée ferait mieux l'affaire. Tous parlaient dès qu'une idée leur venait et sans comprendre j'admirais leur relation étroite.

Je me fis toute petite et me dis qu'ils finiraient peut être par m'oublier. Alors que je me tassais dans mon siège avec une application rare, je vis le regard amusé de mon nouveau patron se poser sur moi. Je rougis et retins mon irrésistible envie de m'enfuir en courant.

" On va partir dans 30 minutes. Indiqua Hotch. Léna, tu viens avec nous.

- Heuuuu... D'accord. Enfin je suppose."

Je pense que je n'avais pas le choix de fait. Je sortis de la salle en traînant un peu les pieds, je n'avais jamais aimé prendre l'avion. Je téléphonais rapidement à ma voisine de palier pour qu'elle prenne soin de mon pauvre petit minou aux griffes acérés. Je déambulais entre les différents bureaux en téléphonant, le cœur au bord des lèvres.

Comme à chaque fois que je plongeais dans l'inconnu, je commençais à flipper avec toute l'exagération dont j'étais capable. Tous s'activaient autour de moi, à préparer leurs affaires et je songeais vaguement au sac qui pendait sur mon épaule. Je pense que je n'avais besoin de rien d'autre si Garcia acceptait de me prêter un ordinateur le temps de l'enquête.

Mon appel terminé, je squattais une chaise libre et tournais sur moi même comme si j'étais seule au monde. Il fallait que je calme des battements désordonnés de mon cœur où j'allais probablement hurler à la mort avant de me jeter par la fenêtre.

" Léna ? Je levais le nez du sol pour tomber sur Emily qui me souriait. Tu as l'air complètement paniquée, ça va ?

- Disons que je n'ai pas l'habitude de ce genre de boulot. Je me demande même ce que je fiche ici.

- Si JJ t'a engagé, crois moi, tu vas être utile. Allez, viens, il faut y aller."

Je me redressais et la suivis dans l'ascenseur où l'attendais les autres membres de l'équipe. Je n'avais jamais été particulièrement douée pour me faire des amis. En général, au bout de quelques heures, les gens me fuyaient comme si j'avais la peste.

Je m'appuyais contre une paroi de l'appareil et laissais tomber mes cheveux devant mes yeux. Il fallait que je réussisse, je n'avais pas le droit de décevoir une fois de plus mon parrain. Je ne savais pas si il se rendait compte à quel point son avis était important pour moi.

Sans savoir comment, je me retrouvais assise dans l'avion privé du BAU et scrutais avec attention les nuages qui m'entouraient. Les autres parlaient entre eux de l'affaire et j'ouvrais mon ordinateur avec discrétion. Garcia m'envoya aussitôt une flopée d'informations que je m'empressais de relayer à l'équipe.

Je farfouillais dans mon sac et dégotais un livre que je me dépêchais de commencer, voulant m'éloigner du fait que je ne me sentais pas du tout à ma place. Un mouvement sur le siège en face du mien me tira de ma lecture.

" Léna, tu es sure que ça va ? Je ne t'ai jamais vu aussi silencieuse. Il avait l'air inquiet. Je lui souris tranquillement, le cœur gonflé de sa sollicitude.

- Je suis complètement terrorisée tu veux dire. Je n'ai rien à faire ici, je ne suis pas aussi brillante ni compétente que vous ! Je n'avais jamais été du genre à cacher ce que je pensais, et ça le fit rire.

- Brillante, tu l'es, j'en suis convaincu. J'ai regardé son CV et je dois dire que je ne pensais pas ça de toi. Franchement Léna, tu as un doctorat en ingénierie informatique et tu as du faire des études sur presque tout ce qui existe sur Terre !

- N'exagérons rien. Je crois que je voulais rattraper un peu tout ce que j'avais raté dans ma vie."

J'eus un sourire timide pour la seule personne que je respectais plus que tout. Le vol serait long jusqu'à Denver. Je me frottais les yeux avec un bâillement réprimé. Tous semblaient vouloir s'occuper l'esprit ou les mains. Je me sentais désœuvrée et ce n'était pas une sensation particulièrement agréable.

Reid me fixait comme si j'étais le prince William en personne. Je lui envoyais un regard engageant, mais il détourna les yeux comme si je venais de le brûler. Il était mignon avec ses cheveux un peu fous, son visage anguleux et ses yeux de chien battu. Il était probablement plus âgé que moi, mais j'avais l'envie un peu folle de le considérer comme le petit frère que je n'avais jamais eu.

Je me portais sur Derek et Emily qui étudiaient les dossiers. Ce premier devait briser tous les cœurs sur son passage, sans pour autant le vouloir. Il avait l'air de quelqu'un de bien et de sincère. Pourtant derrière toutes les apparences dont il s'enveloppait, il avait un air brisé.

Emily avait l'air fragile comme une poupée. Ses yeux et ses expressions révélaient immédiatement qui elle était et ce qu'elle pensait. Rossi était lui même, impassible et semblant porter le poids du monde sur ses épaules.

Et que dire de Hotch. Les fois où je le voyais sourire étaient devenues beaucoup trop rare à mon goût. Depuis la mort d'Haley, il survivait plus qu'il ne vivait et ça me paraissait insupportable, alors que je l'avais connu pleinement heureux de vivre.

Je crois m'être endormie à un moment donné de mon étude.