Merci encore et toujours de continuer de lire. Cette fois, j'ai pris la bonne résolution de poster assez régulièrement.

Arriverais-je un jour à 12 reviews ?:) (chiffre porte bonheur)

Bonne lecture !


"WOOOOOOOW MAIS C'EST QUOI CE TRUUUUUUUUC ?"

Fut ma première réaction lorsque je l'ai vue. Être grossière ou impolie était la dernière de mes envies, mais pour ma défense le…Monsieur que j'avais en face de moi n'était pas tout à fait ce à quoi j'étais habituée.

La plus belle rangées de dents pointus qui m'ai jamais été donné de voir ornait sa bouche souriante…Ah non, pardon, il avait deux rangées. Et…Etais-ce vraiment un sourire ? Ou alors une invitation à rentrer dans sa bouche ? …Je préférais ne pas le savoir. Ses muscles faisaient presque la taille d'un tronc d'arbres, et je ne doutais pas qu'une pichenette de ce mec m'arracherait la tête.

"Ooooh ce n'est pas très gentil ça Petite humaine !" Me lança Grand-Griffe (car tel était le nom du Lion Rouge).

-Bah ouais que c'est pas gentil sympa ! Hey dit Rouge, c'est qui la petite minus ?"

Il parle. Le truc parle. Je me fige, peut être que, si je ne fais pas de mouvements brusques, il m'oubliera.

"Hey la fille de faible dimension insignifiante, t'es qui ?"

Il se tourne vers moi là non ? Oui il se tourne vers moi. Que faire ? Que faire ? Je commence à paniquer. Tout les conseils de mes parents concernant les situations stressantes disparaissent. Tout ce que je sais, là, tout de suite maintenant, c'est qu'un truc me parle, et que ses dents sont incroyablement près. Je craque…Et je pars en courant.

J'imagine le regard dépité que Grand-Griffe devait avoir, à me regarder courir autour d'eux comme ça, les bras en l'air, et criant à plein poumon que j'allais me réveiller…Mais je n'y pouvais rien. C'était trop pour moi. Comment réagiriez vous, vous, si quelqu'un vous emmenait dans un monde où l'herbe est rouge, les arbres bleus, le ciel vert et le soleil gris ? Si ce même quelqu'un vous disait que vous êtes morte ? Et que vous faisiez face à votre cauchemar d'enfance ? Qu'est ce que vous feriez ?

"C'est drôlement drôle ce que c'est en train de faire. Qu'est ce que c'est ?

-J'appelle ça une crise d'Humain. Tout ceux que j'ai guidé m'en on fait une à un moment ou à un autre. C'est les nerfs, comme ils se plaisent à le dire.

-Oh. Sacré bestiole ces machins choses là. Et ça va s'arrêter stopper quand ?

-Va savoir…

A bout de souffle, je m'écroule sur le sol. J'ai la soudaine envie de me coucher, et c'est ce que je fais. Le soleil gris chauffe agréablement ma peau, et sa lumière étrange m'englobe. Une ombre au dessus de mon visage me fait rouvrir les yeux.

Un visage.

Un visage humain.

D'une gamine.

Une gamine qui semble ne pas en être une.

Elle me fait peur, encore plus que l'autre plein de dents acérés.

Et cela suffit à me faire me redresser.

"Bonjour Elvira ! Moi c'est Eejil ! Tu ressembles beaucoup à ta maman !"

Je ne répond pas. Je n'y arrive pas.

"Ooooh Elvira ! J'aurais dû m'en douter, elle ressemble bougrement énormément à son papa ! Je me souviens de lui, je l'ai vue quand je me suis battu avec ce truc plein de plaques d'os (cf : le Kharx. Au cas ou).

-Les yeux oui, mais la forme du visage, c'est sa mère.

-Peut être bien, mais les fossettes, c'est irrémédiablement définitif que c'est son père.

-Ses cheveux c'est les deux, pas blond, mais pas de jais non plus.

-Elle lui ressemble.

-Elle lui ressemble."

C'est bien connu, j'ai toujours détesté qu'on me compare à mes parents. Mais c'était la première fois qu'on me comparait à eux physiquement.

Je n'arrivais cependant toujours pas à dire un mot.

J'étais comme hypnotisé par ce "couple" étrange.

Elle, enfant centenaire.

Lui, euh...géant vert.

"Et tu crois qu'elle est comme eux dans sa tête ?

-Quoi ? Une sorte de guerrière farouche sans peur, imbattable, discrète mais meurtrière, une sorte de soldat ultime qui conserverait toutes ses libertés ? Qu'elle soit autant capable de grimper un mur tout lisse que de faire du hachis de Ts'lich à l'aide d'un sabre ?

-Oui.

-Bah…Elle est morte.

-Alors c'est non ?

-Elle va revenir à la vie bientôt. Peut être.

-Survivre à la mort, c'est impressionnant ça.

-Sans aucune ombre de doute.

-Est-ce que ça la rend encore plus forte qu'eux ?

-Je ne sais pas, mais ça la rend fichtrement cool. "

Je n'ai même pas la force de m'énerver contre eux et leur comparaison. De m'interposer dans leur débat sur : Etais-je plus une Til'Illan, ou une Caldin ? Un peu des deux ?

J'avais envie de fermer les yeux, la voix de Grand-Griffe m'en empêcha.

"Elle s'appelle Elvira Til'Illan-Caldin. Elle est sa propre personne. Maintenant, au lieu de continuer ces bavardages inutiles, on y va ? On a quelqu'un à ressusciter.

-Ah oui, pardon Rouge.

-Vient Doudou, on va leur montrer où sont les ponts de lumières.

-AH ! J'adore ces ponts lumineux de lumière, ils illuminent tout !"

Je n'avais pas envie de bouger. Tout ce que je voulais faire, c'était me recoucher, et me laisser aller à la chaleur du soleil gris.

Une faible douleur au bras attira mon attention.

"Ne t'endors pas, ou tu passeras de l'autre côté pour de bon. Aller, grimpe sur mon dos, nous serons plus vite arriver."

Il ne me laissa pas le temps de réagir, il m'empoign…M'emmorda ? …Il m'attrapa et me lança sur son dos.

Le vent me réveille.

Doudou gambadent à côté de nous, Eejil sur son dos.

Le vent me fouette le visage.

Je reste longtemps, juchée sur le dos du lion, profitant de l'air frais, observant le monde étrange m'entourant.

Le vent me fait me sentir presque vivante.

Et d'un coup, je les vois.

Explosion de lumière.


"NOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !"

Ils s'étaient mis à six pour réussir à le retenir. Il était devenu hystérique à la vue du corps…

"POUUUURQUOIIIIIIIIIIIIIIIII ?!"

Ellana s'était écroulé avant d'atteindre sa fille.

"NOOOOOON MA FIIIIIIIIIILLLLE !"

Destan et Callum était assis à côté de leur jeune soeur, blanche et froide, méconnaissable.

Edwin, après avoir perdu l'esprit, fou de douleur, avait hurler à la mort pendant de longues minutes.

"Morte…elle est morte…ELLE EST MORTE ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH."

Ses cris étaient devenus insupportables aux oreilles des frontaliers et des thuls, la plupart se les bouchait. Tout soldats fiers qu'ils étaient, aucun n'a put retenir les larmes qui leur montaient aux yeux. Que se soit parce qu'ils connaissaient l'enfant, ou parce que les suppliques d'Edwin étaient déchirantes.

Sayanel s'approcha d'Ellana et, essayant d'être fort, bridant sa tristesse pour elle, pour qu'elle ai quelqu'un sur qui compter, l'a prit dans ses bras.

Destan enleva son manteau, malgré le froid mordant en cet hiver dans le nord, et le déposa sur sa soeur.

Callum ne la regardait pas. Il serrait les dents. Il s'en voulait d'avoir laisser sa soeur partir, ce matin là. Et il s'en voudrait toujours, il le savait.

Merwyn souriait en regardant le ciel.

Le Seigneur Frontalier s'approcha enfin du corps de sa petite dernière. De celle sur qui il avait toujours tenté de garder un oeil. Elle était si jeune. Elle était si téméraire, elle se mettait toujours en danger. Il n'osa pas la regarder…Mais, inexorablement, ses yeux furent attirés par elle.

Il se laissa tomber au sol.

Avec les gestes délicats qu'il réservait uniquement à ses enfants, il la souleva et la serra dans ses bras.

Elle paraissait si paisible. Elle était gelée…L'affreuse blessure qu'elle avait à son cou lui fit détourner les yeux une seconde.

La froid l'avait conservé pendant trois mois. On aurait dit qu'elle était morte i peine quelques heures…Quatre loups du Nord étaient étendu autour d'elle, tout aussi mort.

Elle en avait tué quatre. Un exploit…

Il la serra encore plus fort contre lui. Enfouit son visage dans ses cheveux couvert de sang séché. Et se laissa aller.

Il n'avait jamais pleuré devant personne. Quelques larmes parfois, de bonheur souvent. Mais jamais de vrais pleurs. De ceux qui ne s'arrêtent pas avant plusieurs heures.

Merwyn le regardait. Il ne souriait plus. Il avait beau savoir ce qui allait se passer, il lui était impossible de garder le sourire. La douleur de tous le transperçait, et il avait hâte que tout soit finit.

Sayanel, assit sur le sol gelé, Ellana dans ses bras, regarda le ciel à son tour.

"…Prend bien soin d'elle mon ami..."

A qui s'adressait-il ? Seul lui le su.

Un vent chaud se leva, et il ferma les yeux.

Ses prières avaient été entendu.