- Renji? Que fais-tu là?

- Ta charmante secrétaire m'a dit que t'avais une réunion ici, je voulais te faire une surprise.

Sauf que le roux avait attendu pendant près de 2h après son chéri et qu'il n'était plus vraiment de bonne humeur.

- Tu trouves Soi Fon charmante? T'es fou?

Des journalistes curieux commençaient à les entourer et Byakuya incita Renji à marcher vers la voiture.

- J'ai vu Grimmjow.

Byakuya leva un sourcil et embarqua dans le véhicule. Renji l'imita.

- Et alors?

- Il m'a perturbé.

- Il perturbe tout ce qu'il regarde, t'en fait pas.

Le moteur vrombit, mais Renji n'était pas rassuré pour autant.

- T'as pas envie que ce soit officiel, nous deux, n'est-ce pas?

- Les gens ne sont pas tous tolérants envers l'homosexualité, Renji. Je ne veux pas perdre des clients pour ça.

- Schiffer s'en fou des homophobes.

- Pourquoi tu me parles de lui?

- Il est partit avec Grimmjow. Main dans la main.

Byakuya eut l'air choqué pendant un centième de seconde.

- Il peut foirer sa carrière s'il en a envie, moi je préfère la discrétion. Et la sécurité, par le même fait.

- Du coup, que je vienne te rejoindre comme ça t'as parut déplacé.

- En effet.

- Arrêtes-toi.

- Je suis sur l'autoroute, crétin.

Renji donna un coup de poing sur le tableau de bord.

- Arrêtes-toi!

Sa voix était dure. Byakuya, un peu déstabilisé par son comportement, s'arrêta dès qu'il le put.

- Pourquoi t'es en colère?

- Parce que ton job est plus important que moi, peut-être.

- Renji, on sort ensemble depuis un seul mois. Et je suis le président d'une des plus grosse compagnie touristique du Japon. Tu vois le lien?

- Oui, je le vois. Un peu trop bien.

Renji était furieux. Il sortit de la voiture et chuchota au brun :

- Tu m'appelleras quand tu seras prêt à faire des concessions. Ou quand je serais plus important pour toi, à toi de voir.

- Tu vas quand même pas marcher jusqu'à l'université?

- Si. Au revoir!

Et le roux claqua la porte de la porshe rouge et s'en alla d'un pas raide et décidé. Byakuya, lui, était bouche bée.

- Euh... Ouais. J'ai pas tout compris, mais ouais.

Il redémarra et passa à toute vitesse à côté d'un Renji frustré de la vie qui allait marcher pendant deux heures au moins pour arriver dans sa minuscule chambre d'étudiant.

- On y peut rien, marmonna Byakuya dans sa barbe.

Renji lui marchait. Énervé. Son coeur lui faisait mal. Il marcha plus vite, pour tenter d'oublier cette douleur lancinante dans sa poitrine compressée. Il se mit même à courir mais la douleur ne fit qu'empirer. Il sentit ses jambes devenir comme du coton et vit venir sa chute, sans pouvoir l'arrêter. Le pincement s'accentua un peu plus et c'est là que Renji réalisa qu'il faisait une crise cardiaque...

« Jeune homme d'environ 20 ans. On l'a retrouvé sur le bord d'une autoroute. Nous avons du le réanimer, il a fait un arrêt cardiaque. »

« À 20 ans? Il doit avoir une malformation. »

« Certainement. »

« Avez-vous pu contacter sa famille? »

« Non, il n'a aucun papier d'identité sur lui, nous devrons attendre qu'il se réveille. »

- Abarai Renji, chuchota le roux sous son masque à oxygène.

Un docteur apparut dans son champ de vision.

- C'est ton nom, petit?

- Ouais. Mais je mesure 1m80, hein, râla Renji avec beaucoup de mal.

- Ça va mieux, apparemment. Y a-t-il quelqu'un que nous pourrions contacter?

- Kuchiki. Byakuya.

- D'accord. Maintenant repose toi, on s'occupe de tout.

Renji hocha vaguement la tête avant de s'assoupir à nouveau.

Le docteur téléphonait pour la 4e fois sur le portable de Kuchiki. Pas de réponse, encore une fois. Il abandonna, il n'avait pas que ça à faire et décida d'appeler les parents du jeune Abarai. Il avait l'habitude de passer ces appels désagréables et il expliqua avec calme ce qui était arrivé à Renji et qu'il devrait passer plusieurs examens pour découvrir ce qui avait pu provoquer cette crise cardiaque. Le jeune homme allait certainement avoir besoin de ses parents pour affronter tout ça. La mère se fit très brave et retînt ses sanglots en rassurant le docteur qu'elle arriverait dans la nuit. Le docteur Szayel raccrocha avec un soupir. Une chose de faite. Il décida donc de retourner près de son patient et de lui expliquer ce qui allait advenir...

Quelqu'un entra dans la chambre ce qui réveilla Renji. Ses paupières étaient si lourdes qu'il eut du mal à les ouvrir.

- Comment te sens-tu, Abarai-kun?

- Épuisé.

- C'est normal. Je vais te poser quelques petites questions puis je te laisserai dormir, c'est d'accord?

- S'il le faut.

- Alors, commença Szayel en écrivant un truc dans son calepin, au moment ou tu es tombé, as-tu senti un pincement au niveau de ton coeur?

- Oui.

- Était-ce la première fois?

- À ce point, oui.

- Ok. D'après ce que j'ai vu, je pense que tu souffres de cardiopathie congénitale qui est une malformation. Toutefois, pour en être sur, je vais te faire passer un électrocardiogramme et autres test du même gabarit. Avec un peu de chance, tu n'auras que quelques médicaments à prendre pour que ce qui t'es arrivé aujourd'hui n'arrive plus jamais.

Renji rendit son sourire au docteur avant de se détendre un peu. Il était rassuré, mais en même temps, l'avenir lui faisait peur.

- Et si j'ai pas de chance... Qu'arrivera-t-il? osa le roux, redoutant la réponse.

- Si c'est grave, nous devrons t'opérer. Cependant, il y a certains degrés de gravité. Le premier est facilement opérable grâce une machine microscopique que nous ferons passer dans une artère. Le second... Et bien nous devrons t'opérer à coeur ouvert. Mais comme tu es jeune et en bonne santé, c'est beaucoup moins risqué. Le troisième par contre... Si cela s'avère inopérable, nous devrons opter pour la greffe.

Renji sentit l'angoisse s'emparer de lui. Puis il pensa à quelqu'un. Ou était cet enfoiré de Byakuya alors qu'il avait besoin de lui?

- Rien de tel que les Onsen pour détendre un homme agressé par les complications amoureuses! Se délecta un brun sexy, de l'eau brûlante jusqu'au menton.

Il entendit son téléphone sonner, dans les vestiaires mais il l'ignora avec un soupir de bonheur. Rien ne le ferait bouger de là avant au moins une demi-heure! Et il respecta ce délais minutieusement. Il alla s'habiller, sans faire attention au vieillard lui aussi présent dans les vestiaires et alla jusqu'à la chambre qui lui avait été attribuée. C'était une suite de luxe, vaste et parfumée délicatement à l'odeur du thé qui l'attendait sagement sur la table. Il s'en versa une tasse et la dégusta doucement, sa chaleur réconfortante et la douceur de son goût le détendit encore plus qu'il ne l'était. Il soupira de bonheur et s'étendit sur le futon au sol. Il profita de cette quiétude quelques secondes avant de se rendre compte que le bruyant et collant Renji lui manquait. Il délaissa le plafond du regard et se retourna vers son portable. Il y réfléchit deux fois et attrapa l'appareil. Trois appels manqués. Il serra les lèvres et alla voir si c'était lui qui avait téléphoné. Ses yeux virent « Hôpital Saisekai Suita » et ses mains tremblèrent. Il appuya sans attendre sur le bouton vert et mit le portable sur son oreille.

Deux minutes plus tard, des crissements de pneus troublèrent le silence nocturne.

- J'aimerais voir Abarai Renji, fit Byakuya, entre deux de ses respirations rapides.

Les mains sur les genoux, il semblait avoir couru le 1000 mètres.

- Il est interdit de visite pour l'instant.

- J'attendrai devant la porte.

- Jusqu'à demain matin?

- Pourquoi si longtemps?

- Il a besoin de repos.

- Je serai discret!

- Si vous le réveillez, je vous jette dehors, grogna l'infirmière en se levant de sa chaise.

Elle le conduisit jusqu'à la chambre du patient et le foudroya une dernière fois du regard avant de repartir sur ses pas. Byakuya entra sans bruit dans la chambre et s'approcha du lit. Il y trouva Renji dormant profondément. Il remarqua que ses lèvres semblaient un peu bleues mais dans le noir, il n'était sûr de rien. Soulagé d'être à nouveau auprès de lui, il déposa un baiser tout doucement sur ses lèvres entrouvertes et s'installa bien comme il faut dans la chaise qui semblait pour lui à côté du lit. Il s'endormit, la main dans la sienne et la tête sur le matelas.

Renji ouvrit les yeux, lentement. Il avait mal dormi. Il grogna et tenta de se redresser mais sentit un poids sur son ventre. Byakuya dormait profondément, une main sur son estomac. Cette vision arracha un sourire au roux. Il caressa les doigts fins de son amant jusqu'à ce qu'il ouvre les yeux. Il parut déboussolé quelques secondes mais se reprit bien vite.

- Comment tu vas?

Renji haussa les épaules. Il ne savait pas nommer son état actuel. À la fois effrayé et déprimé. Affamé, aussi.

- Bya'...

- Mh?

- J'ai faim.

Byakuya comprit le message et s'apprêta à sortir quand la porte s'ouvrit brusquement. Elle lui arriva violemment dans le front et le fit tomber sur le dos. Il resta par terre, trop sonné pour se relever.

- Iteeee! Grogna le brun en massant la future bosse qu'il aurait.

- Je suis... DÉSOLÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉE, hurla une dame qu'il ne connaissait pas.

- Maman, calme toi, j'suis pas mort! Fit Renji en se recalant dans son lit.

Byakuya se releva doucement, il voyait des étoiles et des pitits z'oiseaux partout. La belle-mère de Byakuya se fondit en excuses tout en sautillant telle une chèvre ayant bu quelques red bull. Elle tenta de défroisser sa chemise tout en déblatérant à une vitesse incroyable:

-VraimentJeSuisDésoléeJ'aiPasFaitExprèsJ''ai

ConduisCommeUneCingléeJusqu'iciEtJ'! !

- Oui, biensûr, fit Byakuya.

- Maman, prend le temps de respirer je t'en supplie. Au fait je te présente Byakuya.

- OhMonDieuJ'aiBlesséLePetitAmiDeMonBébéC'EstLaFinDuMonde!

- Pas la peine d'en faire tout un pl...

Elle avait tourné les talons et était partie aussi vite qu'elle était arrivée.

- Ferme les yeux!

- Qu'est-ce que tu vas faire?

- Si j'te l'dis ça ne sera plus une surprise!

- J'aime pas les surprises, grogna Ulquiorra en couvrant ses yeux verts de ses mains.

- Okay, maintenant, tout en gardant tes yeux bien fermés, tends les mains devant toi.

- C'est quoi ce complot, se plaignit le plus jeune en obéissant.

Ulquiorra sentit un truc léger atterrir dans ses mains. Un papier?

- Tu peux regarder.

Le brun regarda d'abord son amant puis baissa les yeux.

- Un billet d'avion?

- Regarde la destination.

- Lisbonne? Qu'est-ce qu'on va foutre au Portugal*?

Grimmjow fouilla dans ses poches et en sortit... Un écrin.

- Oh non, c'est pas vrai...

- Est-ce que tu veux m'épouser?

- Pourquoi au Portugal?

- Arrête de changer de sujet et répond moi.

Soudain prit d'un spasme nerveux, Ulquiorra se leva, fit le salut des militaires en hurlant:

- Oui, chef!

- Oui, tu veux m'épouser?

- Je ne répèterai pas.

- Kya t'es trop chou, fondit Grimmjow en le plaquant sur le lit.

Il joignit ses lèvres aux siennes et scella sa demande avec un baiser plus que passionné.

- Byakuya?

- Mh?

- Tu vas rester avec moi hein?

- Pourquoi tu me demandes ça? C'est évident non?

- Mais, ton portable vibre à toutes les minutes, alors je...

- J'ai des employés. Ils peuvent prendre soin de l'entreprise jusqu'à ce que tu ailles mieux.

Renji fit un sourire léger.

- En fait, j'ai les boules.

Byakuya se leva du fauteuil qu'il avait adopté depuis ses deux derniers jours et alla embrasser son amant dans le front. Celui-ci se balançait d'avant en arrière sur le bord de son lit, incroyablement stressé. Il allait bientôt avoir les résultats de ses tests. Sa mère était repartit un peu plus tôt, Renji n'avait pas besoin d'elle. Il avait son amoureux pour le soutenir. Et elle était trop... Dérangeante et accaparante alors que son fils avait besoin de calme.

Le docteur entra enfin dans la pièce. Son sourire navré mit tout de suite Renji mal à l'aise.

- Je suis désolé, Abarai-kun, nous allons devoir faire une greffe.

Le choc paralysa Renji. Cette nouvelle était simplement un cauchemar. Ses mains tremblèrent et alors qu'il réalisait la gravité de la situation, il ne put que verser des larmes. Il avait peur. Terriblement peur.

* Le Portugal est l'un des 10 pays ou le mariage gay est légal.

L'attente est quelque chose de stressant. Surtout dans le cas de Renji. En fait, son nom avait été inscrit sur la loooongue liste des dons d'organes. Le docteur Szayel l'avait rassuré; il avait de la chance d'être si haut dans la liste. Il n'attendrait peut-être pas si longtemps que ça. Mais bon, il pouvait être appelé à tout moment pour se faire dire que le prochain coeur serait le sien. Pour l'instant, il était retourné chez lui. Il avait besoin de voir un peu sa meilleure amie et Byakuya l'accompagna jusque dans leur ville natale; Karakura.

- Tu m'amènes au ciné, ce soir, Renji?

- Pour me faire éclater la tronche par Ichigo? Non merci.

- Il est pas si jaloux que ça, t'exagères.

Le roux tatoué était étendu sur le lit de Rukia, la tête sur ses genoux.

- Alors, c'est possible que demain matin on t'appelle et que demain soir tu te fasses opérer?

Elle demanda ça en passant une main dans ses cheveux. Elle les avait toujours trouvé magnifiques.

- Oui. Ça peux être n'importe quand.

- Waaa, trop de pression.

- Comme tu dis. Et après ils viennent me dire de « Rester calme ». Je fais comment pour ne pas être stressé?

- Tu fais des bébés avec mon frère.

- Je ne peux paaaaaaaaaas.

- Ah bon?

- Nan, « pas d'activité physique qui serait susceptible de faire accélérer mon pouls ».

- C'est pas drôle.

- Non, c'est pas drôle.

- On va au ciné?

- Mais Ichigo?

- Ichigo, il est pas là. Et je fais s'que je veux, nah.

- D'accord, j'abandonne.

- Purée, on crève de chaud!

Ulquiorra resta silencieux et haussa les épaules, indifférent à la température.

- On va à la mer, moi je dis, ordonna presque Grimmjow en enlevant son t-shirt.

Il s'attira quelques regards amusés et d'autres concupiscents.

- Si ça t'amuses.

En fait, ils y étaient presque. La petite rue piétonne ou ils marchaient depuis un moment longeait la plage. Le couple traversa donc le muret qui séparait le sable de la route et Grimmjow courut presque pour aller se jeter à l'eau. Ulquiorra le regarda faire, le dévorant du regard incognito. Il revint bien vite.

- C'est glacé.

- C'est pourquoi j'suis là, au sec.

- T'aurais pu me prévenir, grogna le bleu en s'ébrouant comme un chien.

Une jeune femme gloussa en passant près de lui mais il l'ignora.

- Et pis c'est pas juste, je suis trempé, toi pas.

- C'est de ta faute aussi. Apprend à réfléchir, baaaka.

- Nan j'ai décidé que t'allais venir aussi.

- Qu...

Grimmjow l'avait pris dans ses bras et l'avait traîné de force jusqu'à l'océan dans lequel il plongea, histoire qu'il soit bien mouillé. Le pauvre Ulqui' trempé, les cheveux plaqués au visage, se releva piteusement. Effectivement, l'eau était froide. Puis il se fit happer sournoisement par une vague plus grosse que les autres et se ramassa le nez dans le sable. Il se releva une seconde fois, stoïque, et s'en fut, ses vêtements imbibés d'eau dégouttant derrière lui.

- Revient Ulqui!

Ce dernier lui fit un beau doigt d'honneur sans même se retourner.

Plus tard, à l'hôtel, c'était la guerre dans leur chambre.

- Tu ne vas quand même pas mettre ça pour notre mariage? S'inquiétait Ulquiorra en scrutant la tenue de Grimmjow de long en large.

- Pourquoi pas?

- Franchement, réfléchis. Jean, T-shirt, ça le fait pas.

- Mais on s'en fou!

- Moi je ne m'en fou pas.

- Mais c'est demain notre fuckin' mariage et j'ai pas des costards à 500 000 yen dans mon placard, moi! Et de toute façon, mon placard il est au japon!

- Je vais t'en acheter, si c'est ça le problème.

- D'accord, mais oublie les chaussures classes, je me marie en Converse.

- En costume avec des Converse? Tu déconnes j'espère.

- Pas du tout.

- Putain t'es irrécupérable.

- C'est gentil. Mais je mettrai mes Converse quand même.

- Tête de mule.

- Je t'aime.

- Mrrrmm.

Grimmjow s'approcha de son brun et déposa un baiser sur ses lèvres boudeuses.

La mairie était vide. Seul le maire, deux personnes inconnues et le couple y étaient.

- Je vous déclare donc... Mari et mari.

- J'peux t'embrasser maintenant?

Ulquiorra répondit d'un foudroiement du regard. Grimmjow lui fit d'un sourire coquin, glissa sa main dans son dos et prit ses lèvres douces en otage. Il les dévora jusqu'à ce que le maire se racle la gorge, un peu mal à l'aise. Il y eut de lapaperasse à signer et ils s'en furent.

Main dans la main.

Le coeur léger.

- Pourrais-je parler à Abarai Renji, je vous prie?

- Il est absent. Puis-je prendre le message?

- Oui, c'est le Dr Szayel. Il faudrait qu'il revienne le plus tôt possible à Osaka, il est le prochain.