Voici le troisième chapitre ! Ma bêta lectrice n'a pas encore eu le temps de me donner son avis mais comme j'ai posté il y a un moment... ! On aperçoit enfin Natasha dans ce chapitre et il y a mention de plusieurs personnages tels que Sam Wilson (alias Falcon), Coulson et son équipe, la Confrérie des Mauvais Mutants ainsi que l'école de Charles Xavier... Mais également quelques inconnus à l'équation : le patient n°22 et cette personne avec Natasha... Surprise surprise ! A vos suggestions ! J'essaie de glisser quelques références à l'univers Marvel pour étoffer le tout et rendre plus intéressant l'intrigue. J'espère que vous apprécierez.

Dans ce chapitre, un Tony qui fait l'enfant, une Veuve Noire taquine, une séance chez le psy pour Clint et des secrets qui se mettent en place !

Rose-Eliade j'espère que la suite te plaira autant que le début alors !

oliverkriss-kevinaline j'ai suivi ton conseil, j'ai simplifié la mise en page, déjà parce que tu n'as pas tort sur certains points et ça me fait du travail en moins ! (Moi, fainéante ?) La suite devrait te tenir en haleine, les mystères ne feront que s'épaissir avant de devenir enfin plus clairs !

Angelyoru, merci pour tous tes compliments, cela fait très plaisir à lire et cela m'encourage à écrire. Loki donc ? C'est amusant que tout le monde suppose cela ! Il ne s'agit pas de notre tête de bouc préférée même si les détails peuvent laisser croire cela. Il s'agit d'un personnage existant dans l'univers Marvel cependant ! J'essaie au mieux de respecter les caractères des personnages grâce à ce que j'ai lu, vu ou analysé ! Ce n'est pas toujours facile car pour le bien de cette histoire j'ai parfois la nécessité d'adapter mais je fais au mieux pour que les lecteurs/lectrices puissent apprécier les personnages à leur juste valeur ! Pour Steve, je ne le vois pas comme le bon gros nounours bonne pâte. Il a une certaine morale et des convictions. Aussi, s'il n'est pas d'accord et que c'est légitime, je le vois très bien campé sur ses positions, à vouloir faire "ce qui est juste". Pour les retours dans le passé de Clint, il va y en avoir quelques-uns encore avant que le présent de Clint se recoupe avec celui des Avengers ! Cela me permet d'avoir une plus grande amplitude sur ce qu'il se passe et sur comment Clint pourra en arriver là ! J'espère donc que la suite te plaira tout autant ! :)

Lulu-folle, aha ! Je fais tout pour laisser planer le doute (et je me méfie tout de même pour ne pas me perdre aussi !). La Diva du résumé ? Il s'agit de l'unique Diva susnommée par notre bien-aimé Iron Man dans le film Avengers ! Tu sais, la Diva avec les cornes de bouc ? ;) Et... Nop, toujours pas ! Il ne s'agit pas de Clint qui meurt de froid ! Il y a quelqu'un d'autre qui est "mort" de froid il y a quelques décennies dans Marvel... Devine ! :D (avec le début de ce chapitre, tu devrais deviner qui est frigorifié, même si pour l'instant personne n'a deviné qui est l'autre personne qui parle !)

Chapitre 3 – « DELICTA JUVENTUTIS MEÆ » (Les fautes de ma jeunesse.)


Unknown.

Les appels ont cessés depuis bien longtemps maintenant. Ils t'ont oublié, ils t'ont abandonné, tout comme moi… On a abandonné une carcasse, celle que je suis, un idéal, ce que tu es. Mais moi je ne t'ai pas délaissé petit homme. Je suis toujours là où je dois être depuis des lustres, contemplant ton visage carré et ce sommeil dont tu ne sembles pas vouloir sortir. Mais c'est normal, je t'y ai en quelque sorte plongé. Pour ta sécurité. Comprends-tu ? Le temps a filé à toute allure, ennui mortel se présentant à nous. Enfin à moi puisque ton sommeil prolongé t'a, heureusement pour toi, exempté de ce moment d'incertitudes. Faisions-nous les bons choix ? Avions-nous réellement le choix lorsque des décisions à prendre se sont imposées ? C'était plutôt là la question la plus logique s'imposant. Les questionnements existentiels tourbillonnent dans mon esprit tourmenté, séquelles d'années passées et s'égrenant, attaquant ma mémoire qui devient au fil des jours, des heures, défaillante. Et dans cet ennui me tarabustant… J'ai alors senti ton esprit s'agiter comme il ne l'avait fait depuis des décennies, comme si les cellules de ton cerveau tentaient un temps soit peu de reprendre le contrôle du reste de ton corps, ce dernier protégé en mon sein. C'est… Agréable. Sentir la vie fourmiller me donne des frissons. Quelle mascarade ! Des frissons ! A moi ! Je crois que si j'avais encore la possibilité de rire je l'aurais probablement fait. Au lieu de ça c'est un tintement de cristal qui résonne pendant quelques secondes. Ton cortex cérébral s'agite pour la première fois depuis bien longtemps et en y portant un peu plus attention, en m'obligeant à tendre l'oreille, si je puis dire, je parviens à capter des éclats de pensées furtives, des moments n'appartenant qu'à toi mais qui me permettent de me raccrocher à une réalité dont tu ne fais plus parti. Et moi non plus. La première chose que je vois… Que je ressens… Enfin la première personne est une femme, les cheveux remontés en un chignon lâche. Même menton carré qui n'enlève en rien son charme féminin. Elle porte une robe à fleurs colorés et elle sent le jasmin. Je m'en rappelle comme si j'avais moi-même été là… Tu t'en rappelles. Elle cuisine. Tu sais que c'est pour toi qu'elle le fait. Quand elle se tourne, tu peux la voir sourire d'un air doux, des pattes d'oies creusant le coin de ses yeux. Sa bouche articule quelque chose que je ne saisis guère. Ton nom peut-être ? Comme ces navires en dérive semblaient t'appeler. Les flash sont successifs, comme s'ils cherchaient à te stimuler, à combattre le sommeil qui te retient. Puis l'image s'estompe comme un dessin que l'on efface et une autre femme surplombe la première. Elle est plus jeune. Elle t'attire. Elle t'a depuis toujours attiré, je ressens l'attraction que tu pouvais ressentir. Une fondue. Le mot roule, inconnu. Je ne sais ce qu'est une fondue mais il me semble deviner que tu aurais aimé partager cela avec elle. Non pas avec elle… Il y a quelqu'un d'autre… Mais qui ? L'image est floue, comme effacée… Danser aussi. Je devine que tu aurais aimé danser. Virevoltant, cheveux au vent, les oreilles emplies de sons carillonnant, les yeux dans les yeux de cette femme aux lèvres charnues et au charme indéniable. Je peux presque sentir la brûlure de ses lèvres lorsque cette dernière t'a embrassé. Comme si j'y étais. Y étais-je ? J'ai l'impression… Un vague souvenir… Te connais-je ? Ou bien est-ce ton esprit envahissant le mien qui me perd plus que je ne le suis déjà dans notre prison de glace ? Et puis il y a cet homme que tu tiens en grande estime. Cet homme dont les doigts n'arrivent pas à saisir les tiens. Des cris. De la souffrance et de la tristesse. Ces fragments mémoriels sont emplis d'amour et de tristesse. La vie n'est pas et ne sera jamais un long fleuve tranquille. Encore moins pour nous, oubliés du monde, stagnant entre deux eaux. Je ne devrais pas fouiller ainsi ton intimité mais je m'ennuie. Comprends-tu ? Cela me devient difficile. Je me raccroche à ce qui peut me retenir encore vainement dans ce monde. Et tes souvenirs sont édifiants, rafraîchissants. Ils me permettent de ne pas sombrer. Pas maintenant… Mais je le sens. Je lâche prise, j'ai déjà tenu bien trop longtemps. Mais n'aie crainte, je te protègerais autant qu'il me sera permis de le faire, même si c'est au détriment de ma mission. Quelle était-elle déjà ? Ah… Il n'y a pas que toi qui t'agites en mon sein. Et si ton être respire la bonté, ce n'est guère le cas de ton colocataire. Mais n'aie pas peur là non plus, il ne te fera rien, ni à toi, ni à personne, pas tant que je serais là. Je sens ma volonté s'effriter, tout comme ma mémoire. J'ai l'impression de me vider de mon énergie… Et depuis le temps que je suis là, peut-être est-ce le cas. Ton esprit s'apaise, comme s'il entrait à nouveau en phase de sommeil. Il me tarde déjà de le sentir s'agiter encore… L'ennui mortel me saisit à nouveau et à mon tour je me laisse porter par un demi-sommeil, toujours en alerte au cas où. Au cas où quoi d'ailleurs ? Le monde autour de nous s'effrite…


Manhattan – Atelier, Tour Stark.

Lorsque Pepper gagna l'atelier de son compagnon, elle ne fut guère surprise de se retrouver assourdie par du AC/DC. Tony avait pris l'habitude de faire monter les décibels, en particulier lorsqu'un sujet épineux se présentait à lui. Et comme la PDG de Stark Industries savait qu'il ne travaillait en théorie pas – plus – sur une armure, elle eut un instant d'hésitation avant de pénétrer dans l'antre du génie. Composant le code qui lui donnait accès à la totalité de la Tour – enfin, de ce qu'Anthony lui avait dit – la blonde vénitienne entra et demanda poliment à JARVIS de baisser le volume. L'IA s'exécuta donc, visiblement d'accord sur le fait que son maître allait finir sourd comme un pot.

- JARVIS ! Ne prends pas des initiatives, je t'ai pas d'mandé de baisser le son alors…

- C'est moi qui lui ai demandé de faire baisser ce raffut. L'informa Virginia Potts en s'approchant de Stark qui s'était retourné pour faire face à la nouvelle venue.

- Oh Peps ! Je croyais que tu avais une réunion qui allait te retenir jusque tard dans la nuit ? La questionna-t-il d'une voix trop innocente pour être sincère.

Un petit rire filtra entre les lèvres de la jeune femme lorsque son ex-patron feignit la surprise tout en l'enlaçant.

- C'est amusant Monsieur Stark, mais j'aurais juré avoir vu JARVIS effacer cette réunion de mon emploi du temps pour y inscrire... Qu'était-ce déjà… « Dîner en tête à tête avec le plus génialissime des inventeurs ». J'ai oublié quelque chose ? Narcissique peut-être ?

- Tu as oublié sexy. Sexy, c'est important. Tony secoua sa tignasse légèrement chocolat, presque noire.

- Evidemment, sexy, où avais-je la tête… Pepper leva les yeux au ciel mais consentit à embrasser l'ingénieur qui faisait l'enfant en geignant.

Lorsque le baiser prit fin, elle ne fut pas surprise de sentir la prise de Tony se resserrer et son visage se nicher dans son cou. Comme s'il s'assurait de sa présence. Lentement, ses doigts à la manucure parfaite et sans extravagance vinrent fourrager dans les cheveux courts situés au niveau de la nuque de son compagnon. Il était tendu, elle le sentait. Qu'est-ce que cela pouvait cacher ? D'autres crises d'angoisse ? Un problème avec Rhodes ou… La frustration de lui avoir promis de cesser la construction d'armures ? Ou bien était-ce un souci avec les Avengers ? Une querelle ? Il n'était pas irrégulier de voir partir chacun de leur côté Tony et le gentil Captain lorsque le ton était monté un peu trop haut. De grands enfants… Mais là, Pepper pensait qu'il s'agissait d'autre chose. En effet, si cela avait concerné l'ancien soldat, elle aurait déjà eu le droit à des plaintes injustifiées, des offuscations grotesques… Mais rien de tout cela. Aussi se permit-elle de poser la question qui la tarabustait depuis qu'elle s'était présentée à l'entrée de l'atelier.

- Qu'est-ce qui te tracasse Tony ?

Elle le sentit plus qu'elle ne le vit se tendre. Et cette fois ce fut sa prise à elle qui se raffermit, comme pour empêcher l'ingénieur de lui échapper. Elle devina sans peine qu'il allait essayer de l'embobiner, lui assurer que tout allait bien, comme il le faisait d'habitude… Mais il en était hors de question. Elle ne le laisserait pas s'en tirer ainsi.

- Absolument rien. Pourquoi quelque chose m'inquiéterait ?

- Privé de sexe.

- QUOI ?!

- Ne me prends pas pour une imbécile Anthony. Je sais qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Alors si tu ne me le dis pas… Nous allons devoir faire chambre à part. Pour te permettre de réfléchir à la question. Asséna la femme d'affaires en se détachant de son compagnon, campée sur ses positions.

L'ingénieur la fixa un instant, incertain quand au fait qu'elle plaisantait ou non sur cet odieux et ridicule chantage. Mais visiblement ce n'était pas le cas.

- C'est mesquin ça. Tu as été briefée par le S.H.I.E.L.D. pour connaître mes points faibles ? C'est ça ?

- Ca fait des années que je suis à tes côtés Tony, je connais tous tes points faibles. Et là, je connais cette ride d'inquiétude au niveau de ton front ou ce tic de pianoter sur ton bureau alors qu'il n'y a aucun écran. Je ne suis pas idiote.

- Je n'ai jamais dit…

- Alors sois tu me dis ce qui ne va pas, soit…

- Okay, okay ! Je capitule ! L'homme leva les mains en l'air comme pour apaiser l'accès de froideur et de mesquinerie de son ancienne assistante. Elle parvenait toujours à ses fins… Je suis Tony Stark.

- … Et ? Parce que jusque là, je suis au courant.

- J'y viens, j'y viens… Tu as eu une dure journée pour être aussi impati... ? Okay, j'arrête. Je disais donc que j'étais… Le seul, l'unique Iron Man ! Ex-Iron Man. Je protège – protégeais - le monde des terroristes, des… Des aliens ! On est vivants, qu'est-ce qui pourrait bien m'inquiéter hein ?! Tu veux que je te dise quoi ? A part que je ne suis pas capable de retrouver la trace de Barton nulle part sur cette fichue planète ? Le génie posa ses fesses sur le bord de son bureau et jaugea un instant Pepper dans son tailleur parfaitement ajusté avant de venir fixer le sol. Je ne te mérite pas.

Un soupir s'échappa d'entre les lèvres rosées de la blonde vénitienne.

- Encore ce refrain… Tony… Nous en avons déjà parlé non ? Sa main vint effleurer les mèches rebelles du milliardaire. Si tu me disais quel est le vrai fond du problème hm ? Elle s'adressait à lui comme l'on s'adresse à un enfant qui nie avoir fait une bêtise.

Et ce grand enfant qu'était Anthony Edward Stark finit par cracher le morceau.

- Il est possible, note cette coïncidence flagrante, que par le plus pur des hasards je me sois retrouvé dans un cas nécessitant la mise en application de mes capacités - hors normes je te le rappelle, je suis un génie n'est-ce pas - qui pourrait dans cette situation incongrue changer ton humeur rapidement, tu sais une de celles qui te rendraient probablement rouge de colère même si j'ai été très très prudent je te le promets et j'ai-construit-de-nouvelles-armures voilà. Marmonna-t-il dans sa barbe en évitant soigneusement de regarder sa compagne.

Il y eu quelques brèves secondes de silence où Tony eut le loisir de voir Pepper le dévisager avec incompréhension.

- Pardon ?

- J'ai dit que… S'apprêta-t-il à répéter après une bonne bouffée d'air frais et surtout de courage.

- Je sais ce que tu as dit Tony ! Le coupa sèchement la gérante de Stark Industries avant de poser les dossiers qu'elle tenait en main sur la plus proche étagère. Ou ce qui s'y apparentait le plus.

- Ecoute je sais que tu es fâchée chérie mais…

- Pourquoi je serais fâchée Tony au juste ?

- Euh… C'est une question piège ou bien ? Genre si je donne la mauvaise réponse tu me quittes après m'avoir giflé ? Ou tabassé avec tes dossiers pesant deux tonnes ? Par précaution, le milliardaire philanthrope se recula de quelques centimètres, ses fesses coulissant sur le bord du bureau en métal.

Pepper fit claquer l'un de ses talons sur le sol dans un signe clairement agacé. Croisant ses bras sur sa poitrine, ses paupières se plissèrent pour ne laisser apparaître qu'une mince partie de ses pupilles intelligentes. Puis subitement, ses trait s'adoucirent alors qu'elle lâchait un soupir, finissant de convaincre Tony qu'il n'avait pas été aussi discret qu'il l'aurait cru, et ce malgré sa paranoïa aigue.

- Je savais que tu ne tiendrais pas cette promesse. Tu n'en étais pas capable. Cela n'avait rien d'un reproche, c'était plutôt là une constatation légitime. Elle ne laissa pas le temps au brun de s'offusquer de ce qu'il devait prendre pour un manque flagrant de confiance. D'aussi loin que je m'en souvienne tu as toujours bricolé tes trucs. Réparer You et… Dumm-E… D'autres trucs. Le grille-pain qui peut maintenant se servir lui-même en tartines, ma montre qui me donne même mon rythme cardiaque… Un rire sans joie lui échappa. Mais ce ne sont pas tes armures. Je sais à quel point elles comptaient et comptent toujours pour toi. Surtout après New York et, non, laisse-moi finir. C'est important. Donc… Elle prit une inspiration et vint poser ses mains sur les épaules du milliardaire qui la fixait, peu sûr de ce qu'elle allait à présent lui dire. Mais il ne chercha pas à la couper, attendant patiemment qu'elle finisse. Je sais que tu m'aimes. Parfois de façon assez étrange – non ce lapin n'était clairement pas une bonne idée, tais-toi – mais… Je sais que tu aimes aussi tes armures. Je ne peux pas te demander de choisir entre elles et moi. Aussi quand j'ai compris que tu avais recommencé à plancher sur le sujet après des mois d'abstinence j'ai juste… Fermé les yeux. Je sais ce que cela fait d'en porter une, de pouvoir faire ce que tu fais, même un bref instant et je comprends. Je comprends.

Ils se regardèrent l'un et l'autre pendant ce qu'il sembla être un long moment. Et un bref sourire répondit à la tirade de Mademoiselle Potts.

- Tu sais que je t'aime Peps ?

Pepper leva les yeux au ciel.


Alaska – Centre de détention et laboratoires biochimiques du S.H.I.E.L.D.

Lorsque Clint daigna enfin s'allonger à contrecœur sur le divan du Docteur Samson, et ce pour la cinquième fois, ce fut pour avoir la désagréable sensation que tout ceci n'était qu'une vaste mascarade. Encore et encore, l'archer tournait la situation dans sa tête, face au géant docteur. Maintenant qu'il y réfléchissait, ce dernier devait faire deux fois son épaisseur et pas loin de deux têtes de plus que lui. Et avec ses cheveux verdâtres, il était difficile de lui trouver un air naturel.

Remontant ses lunettes sur son nez, le psychiatre écrivit sur son petit calepin après s'être installé plus confortablement sur son propre fauteuil. La pièce était chaleureuse, contrairement au reste de la base, comme si cela pouvait aider les patients se succédant ici à se sentir plus à l'aise et à confier leurs plus noirs secrets. Mais Clint n'était aveugle. Sourd peut-être. Mais pas idiot pour autant. Il était un agent du S.H.I.E.L.D. et garder des secrets faisait partie de son boulot, de sa personnalité. Et le docteur savait qu'il devrait démontrer des trésors de patience et d'ingéniosité pour faire parler l'agent.

Déphasé et tourné vers l'auto-flagellation. Dit de façon familière, c'est ce qui était ressorti du premier diagnostic du médecin spécialisé à propos de l'Avenger. Une personnalité complexe, secrète, peu apte à livrer ses secrets et ses maux. Léonard Samson pouvait se targuer d'être tombé sur un cas épineux. Il avait eu affaire à des agents récalcitrants, mais Clint Barton ? Tout comme la Veuve Noire, il s'agissait d'un cas à part. Ils avaient été meurtris par la vie, et leur parcours atypique semblait pour le psychiatre comme une barrière à son travail. Ce type de personnes ne pouvait qu'être au dessus des autres, là où un psychiatre classique aurait été dépassé, Léonard y trouvait un certain plaisir. Fouiller, pousser dans les retranchements, revenir sur ses pas, révéler. Non pas qu'il prenne plaisir à exposer ses patients à quelques réminiscences, mais il y avait un sorte de challenge intéressant à prendre et le docteur ne s'était jamais dérobé. Il ne comptait pas commencer avec l'archer.

- Revenons à votre famille. Votre frère. Il vous a presque élevé, c'est bien cela ?

- Tout a été dit. Si vous voulez des informations, allez chercher dans mon dossier. Vous y avez accès non ? Répondit abruptement le partenaire de la Veuve Noire. Il en avait assez de parler de son passé. Surtout de cette partie-ci. Alors arrêtons un peu ce faux-semblant de "soyons potes, racontez-moi votre vie, et je vous conforterai dans votre trou".

- Clint - je peux vous appeler Clint ? -, il faut que vous compreniez que je suis là pour vous aider. Cette partie peu agréable de nos séances est là pour comprendre, colmater les fêlures de votre esprit, vous guérir. Et sans vous, je ne pourrais pas y arriver. Plus vous vous obstinerez, plus votre temps ici s'allongera. Et je ne vous le souhaite pas.

Etait-ce encore une menace ? Clint se retint de bouger sur le long divan en cuir marron où il était allongé. Il fallait vraiment qu'il se calme. Sur ce point le docteur avait raison. Celui-ci lui avait fait part quelques séances plus tôt de son inquiétude quant à la propension de l'Avenger à considérer toute personne cherchant à l'aider en entrant dans sa vie privée, comme une menace.

- Dans ce cas... Abordons un autre sujet. Quelle est exactement la teneur de votre relation avec Melle Romanov ? Comment la qualifieriez-vous ?

Un petit rire s'échappa des lèvres de l'agent sans qu'il puisse le retenir. Cette question, on la lui avait posée. On avait voulu la lui poser. Un nombre incalculable de fois. Les regards ne trompent jamais. Cette fois-ci, Œil-de-Faucon joua franc jeu. Ou presque.

- Comment je qualifierai ma coéquipière ? Ou notre relation ?

Clint eut un petit rire désabusé en fixant le docteur droit dans les yeux, son cou tordu pour ce faire.

- La vraie question c'est savoir si on a baisé, c'est ça ?

- A vous de me le dire. Répliqua presque malicieusement son vis-à-vis.

- Il n'y a rien de particulier à dire. Elle est ce que j'ai de plus proche, une amie. Nous sommes coéquipiers, pour le meilleur et pour le pire. Souvent le pire.

- Vous parlez de Budapest ?

- Je vois que vous en avez entendu parler.

- Vaguement mais...

- A quoi ça sert de poser des questions quand vous connaissez la réponse, sérieusement ?

- J'ai cru comprendre que beaucoup avaient perdu là-bas. Peut-être y avez-vous laissé une part de vous-même ?

Il n'y avait pas que là-bas que Clint avait laissé une part de lui-même. Il saisit la démarche du docteur bien avant que ce dernier n'abatte ses cartes. Peut-être allait-il le surprendre en prenant le contrepied de ce qu'il cherchait à lui faire cracher en avouant directement ?

- Probablement. Comme cette fois-ci, avec ces foutus aliens et ce Dieu de pacotille.

Si le psychiatre fut surpris de la fausse docilité de l'assassin, il n'en montra rien et se contenta de remonter à nouveau ses petites lunettes en demi-lune sur son nez.

- De quoi vous souvenez-vous exactement ?

Comme l'archer l'avait deviné, le médecin spécialisé s'engouffra dans la brèche béante qu'il laissait ouverte depuis bien longtemps. Lui autoriser l'accès le soulagerait ? Y croyait-il vraiment ? Pour l'instant, l'Avenger estimait ne plus avoir grand chose à perdre.

- De tout. Des cris. Des flèches, du feu et de sa voix dans ma tête qui me susurre toutes ces choses...

- Quelles choses ? Et quelle voix ?

- La sienne... Murmura-t-il les yeux légèrement dans le vague avant de se reprendre presque instantanément. Vous ne voulez pas vraiment savoir, Doc.

- Justement. C'est là que vous vous trompez Clint, il faut que vous...

Avant que le docteur n'ait pu terminer sa phrase, un bruit à la porte se fit entendre. Si Clint se tendit immédiatement en un réflexe presque pur, le psychiatre quant à lui se contenta d'inviter la personne les dérangeant pendant la séance à entrer. Ce fut un jeune homme d'une vingtaine d'années, l'air un peu trop débraillé pour faire professionnel qui s'invita dans la pièce. Fébrile, il malaxait ses mains sans oser jeter de coups d'œil à l'archer, son regard errant du sol au plafond sans s'attarder sur un point fixe.

- Ben ? S'enquit le psychiatre en observant son jeune collègue.

- C'est le patient n°22 Monsieur...

- Et bien ? Qu'y a-t-il ?

- Il s'agite enfin !

Au ton du scientifique, Hawkeye aurait presque supposé qu'il venait de gagner à la loterie ou bien d'avoir le plus beau cadeau de Noël.

- Vraiment ? Ses constantes ?

- Stables Monsieur. Vous êtes demandé pour venir effectuer des vérifications.

L'agent ne s'attendait cependant certainement pas à ce que le psychiatre soit si apte à réagir. Ce dernier semblait partager entre finir leur séance et se jeter au chevet du-dit patient n°22. Qu'avait donc ce patient de si spécial ?

D'un bond souple, l'agent Barton fut debout, s'attirant ainsi les regards des deux scientifiques.

- Je suppose que nous finirons cela une autre fois.

- Il n'était pas mécontent d'en finir maintenant avec cette séance.

- Je comptais en effet mettre fin à cette séance. Ne croyez cependant pas que cela vous exempte des questions que je souhaitais approfondir avant que mon collègue n'arrive Clint. Précisa le grand homme en se levant à son tour, l'air pince-sans-rire.

- Oh mais je sais que vous vous montrerez aussi curieux à l'avenir, ne vous inquiétez pas pour ça, vous ne faites que votre job après tout. Votre vie semble tellement palpitante qu'il faut que vous viviez à travers nos malheurs. Le ton de Clint semblait moqueur, presque comme s'il tentait de lancer un réflexion qui se voulait blessante. Le docteur ne s'en offusqua pas.

- Réflexe de défense par le sarcasme... Typique. Revenez me voir après-demain à la même heure.

- Bien.

En ignorant le scientifique qui s'écarta vivement pour le laisser passer, Œil-de-Faucon quitta la pièce sans un regard en arrière. Il y reviendrait bien assez tôt.


New Jersey – Appartement sous couverture de Fury, 1437 Hammer strive.

Assis dans son canapé en skaï, Fury tournait sa cuillère en métal dans sa tasse de café. Depuis le départ du Capitaine, l'ancien dirigeant du S.H.I.E.L.D. réfléchissait activement. Les membres d'Hydra étaient comme d'immondes cafards. Ecrasez-en un, il en pullulait minimum deux de plus. D'un autre côté, il savait que ses petits pions de l'ombre menaient de multiples batailles en sa faveur, à l'abri du regard du commun des mortels. Et en particulier des Avengers. Comment ces derniers auraient-ils réagi en apprenant que la mort de Coulson n'était en réalité qu'une vague mascarade ? Enfin, son agent était décédé - non pas de sa blessure causée par Loki mais à cause de la perte de sang -, mais grâce à de la technologie et biologie alien, il avait réussi non sans mal à le ramener parmi les vivants. Entraînant de ce fait la création de ce nouveau S.H.I.E.L.D. et son ascension - ou déchéance, au choix - dans les tourbillons de l'inhumanité. Sans mauvais jeu de mots.

Se levant sans se presser, le borgne posa sa tasse sur la table basse face au canapé et se rendit auprès de son vieux téléphone issu d'un ancien temps. Aucun risque d'être tracé avec ce dernier. Ses doigts effleurèrent le plastique rouge du combiné jusqu'à faire tourner le cadran sur les chiffres. Le tintement sonore résonna plusieurs fois dans la pièce tandis qu'il levait le combiné jusqu'à son oreille où une voix féminine et monocorde initiait les protocoles de sécurité et, de ce fait, une ligne sécurisée.

- Phil.

- Nicholas.

- Quelles sont les nouvelles de votre côté ?

Il y eut un petit silence de l'autre côté, signe que l'ancien agent nouvellement directeur pesait ses mots, inhabitué à ce que son ancien patron et accessoirement ami lui demande des informations sur la pluie et le beau temps du S.H.I.E.L.D. Car il avait en effet plutôt tendance à... Exiger. Cacher. Dissimuler. Peut-être était-ce en train de changer, Fury tentait lui-même de s'en convaincre.

- Tout est sous contrôle, mes agents s'habituent lentement et sûrement à leurs statuts. Les bases deviennent solides.

- Vous m'en voyez ravi.

- Nous avons rencontré quelques soucis avec la Confrérie. Mais l'Institut s'est chargé de faire le ménage avant que notre intervention ne devienne nécessaire. Par ailleurs... Avez-vous enjoint le Captain à influencer Stark quant au piratage de nos données ? La base a résonné d'alertes rouges une bonne partie de la journée, et ce de manière ininterrompue.

- Disons qu'ils en avaient l'un comme l'autre la nécessité. Le Captain de demander, et Stark de fouiller. La protection des serveurs ?

- Skye apprécie particulièrement se battre contre JARVIS. Il semblerait que le challenge soit édifiant, l'équipe compte les points à chaque accès bloqué à l'IA de Stark.

- Bonne nouvelle. Concernant vos nouvelles recrues ? Demanda Nick Fury.

- Difficultés d'adaptations à leurs capacités et au monde, mais rien d'insurmontable. Avez-vous parlé au Captain de nos découvertes à Stuttgart ?

- En effet, et il démontre comme toujours des trésors de volonté. Ce qui est juste ne l'est pas forcément pour tout le monde mais il ne l'abandonnera pas, quand bien même cet enfoiré de Winter Soldier soit un psychopathe. Assurez-vous de lisser le terrain. Et gardez un œil sur les Avengers, entre autre chose.

- Compris.

- Vous êtes toujours sous le radar, veillez à y rester Phil. Je n'ai pas hâte de rencontrer le bouclier de Rogers. Ou les répulseurs de Stark.

- Le Captain se montrera magnanime en apprenant ma survie. Concernant Stark, je suis moins certain... Par ailleurs, maintenant que j'y repense, concernant mes cartes...

- Encore cette histoire. Quel fanatique vous faites...

- Pensez à me rendre mes cartes vintage Nick. Il serait déplorable que je doive envoyer Mocking Bird ou Quake pour me les récupérer. La voix de Phil était à la fois rieuse et menaçante. C'est qu'il y tenait réellement à ses cartes !

- Je vous ferai un pli. Quelle adresse ?

- Tahiti sera très bien. Toujours cette intonation taquine de deux vieux amis complices et pourtant si peu aptes à partager leurs secrets.

- Vous savez quoi Phil ? Je vais carrément venir vous les porter moi-même.

- Je savais que vous diriez cela.

L'un comme l'autre eurent un sourire entendu. Tout cela resterait leurs petits secrets. Fury raccrocha et se saisit de sa veste. Après s'être assuré de ne pas être suivi - et que l'odieuse voisine ne soit pas en train de le reluquer à travers la serrure de son appartement - le borgne passa par la fenêtre pour gagner la sortie destinée aux incendies. Sans se presser, mais d'un pas souple, il grimpa par les escaliers les quelques étages le séparant du toit. Il y trouva un quinjet en mode furtif qui l'attendait visiblement depuis quelques minutes déjà. Une trappe s'ouvrit, révélant l'intérieur de l'appareil et un agent en sortit. Vif, il semblait savoir ce qu'il faisait.

- Agent Hunter.

- Monsieur.

- Allons rendre une petite visite à votre cher directeur, il me supplie depuis un moment de lui ramener ses cartes signées de Captain America.

- Il me semble plutôt l'avoir entendu vous menacer de mille morts depuis un moment justement Monsieur, si vous ne daignez pas les lui rendre.

- Vous connaissez votre sujet Agent. Sourit l'ex-directeur.

- Bah, vous savez, vu ce qu'il a fait au dernier type d'Hydra ayant touché Lola... Je pense qu'il est dans votre intérêt de rendre ces cartes. Le sourire d'Hunter était goguenard lorsqu'il s'installa aux commandes du quinjet et s'occupa de le faire décoller, une fois la trappe fermée.

- Faisons cela alors.

Le S.H.I.E.L.D. avait encore besoin de lui.


Etats-Unis – Quelque part dans la campagne, loin de la civilisation.

Une sonnerie de téléphone emplit la pièce et réveilla Natasha de la douce torpeur dans laquelle elle était plongée. Elle remua légèrement mais la prise du corps lové contre elle se raffermit. Un coup d'oeil à son téléphone sur la table de nuit lui permit de voir le nom du Captain s'afficher ainsi qu'une photographie de ce dernier. Retenant un juron en russe, la rousse se contorsionna habilement, séquelle de son passé de danseuse, afin de s'extirper de la poigne assez conséquente de la personne qui partageait actuellement sa couche. Réajustant son petit débardeur noir, l'assassin se saisit de son stark-phone - qu'elle avait accepté à condition que jamais Tony ne cherche à la localiser, et JARVIS avait promis à la place de son créateur - et sortit de la chambre aux couleurs printanières pour gagner le couloir. Là, elle s'adossa au mur recouvert de boiseries et contempla un instant son portable vibrant entre ses doigts. Après un soupir qui en disait long, Black Widow décrocha.

- Romanov à l'appareil.

- Bonjour Natasha. J'ai cru que tu ne décrocherais jamais...

- J'ai hésité un instant.

- Je croyais que tu n'hésitais jamais ? La voix du blond se fit taquine et la rouquine étira instantanément ses lèvres en un sourire torve.

- Et toi tu n'hésites jamais peut-être ? Comment ça se passe avec l'Agent 13 ?

Un silence lui répondit et la jeune femme émit un petit ricanement cristallin lorsqu'elle entendit le soldat soupirer et grommeler. A l'autre bout du fil, elle put également noter le rire à peine contenu du Professeur Banner.

- Vous ne pouvez pas vous en empêcher avec Stark ? C'est quoi cette manie de vouloir caser les gens ? C'est pathologique ?

- On ne veut que ton bonheur Steve. Sa voix respirait tout sauf la sincérité. Surtout la moquerie en fait. Quoi qu'elle cherchait aussi à lui trouver chaussure à son pied. Une grande pointure de préférence.

- J'en ai l'impression, vraiment, merci.

Natasha ne put s'empêcher de sourire. Autant, refaire sa couverture était primordial, autant la jeune femme aurait préféré pouvoir rester auprès du Captain. Il lui avait donné sa confiance, elle lui avait offert son amitié. Et le peu de moments qu'ils avaient partagé ensemble, en missions principalement, lui manquait. Et elle était presque sûre que Steve pensait la même chose. Il n'y avait qu'à voir les appels qu'il passait, inquiet quant à sa sécurité lorsque des informations tombaient ou simplement les appels pour prendre de ses nouvelles. Elle attendit quelques brèves secondes avant de reprendre.

- Tu désirais quelque chose Steve ?

- Je voulais entre autre te tenir au courant... Pour Clint. Seul le silence lui répondit, aussi poursuivit-il. Fury n'a évidemment rien trouvé comme informations. Stark est en train de fouiller une nouvelle fois les serveurs fantômes auxquels il a accès et moi... Je patauge. Je suis désolé.

- Tu n'y es pour rien. On va le trouver. Il est en vie, je le sais.

Steve était probablement le plus mal placé pour la convaincre de ne pas courir après une chimère, aussi lui fut-elle reconnaissante lorsqu'il ne chercha pas à l'en dissuader.

- Le S.H.I.E.L.D. existe toujours Steve. Ils ne peuvent pas juste disparaître. Je sais de source sûre qu'une nouvelle équipe a été formée. Ils cherchent du personnel. Pour le reste... Ces informations restent inaccessibles, même pour moi.

- Je me doutais qu'ils referaient surface. Tant qu'il y aura des menaces...

- Les médias ne te sont pas tombés dessus après la commission sénatoriale ?

- Ils ont essayé. Mais inculper Captain America est difficile, même pour des politiciens à la verve habile. Disons que je leur ai renvoyé coup pour coup dans les dents chacun de leurs arguments lors de ma... Comparution.

- Navrée de ne pas avoir été là.

- Tu en avais assez fait, ne t'inquiète pas.

- Pour admirer cela j'entends Steve. Un éclat de rire à peine réprimé lui parvint.

- Ceci dit tu as raté Sam qui pestiférait devant sa télévision pendant la rediffusion.

- Ta célébrité est trop écrasante, il espérait avoir sa part du gâteau. Pauvre Sam, relégué à l'anonymat car il n'a pas de bouclier et de collants...

- C'est une combinaison Nat'. En rentrant chez lui - j'y logeais le temps que la situation se stabilise -, j'ai dû semer les paparazzis. Ils n'avaient pas eu d'interviews depuis mon réveil, je ne comptais certainement pas en une donner maintenant. Expliqua l'icône américain.

- Ils ont dû être déçu, mais tu as eu raison, une fois que les médias t'ont dans le collimateur, tu es pour ainsi dire fichu. Il n'y a qu'à voir comment Stark fait bouger les foules rien qu'en levant le petit doigt. Pour la commission...

- Ils ont particulièrement grincé des dents quand je t'ai défendu becs et ongles.

- Que c'est mignon. Roucoula-t-elle, la moquerie au bout de la langue, coupée dans sa phrase.

- C'est un autre de mes super pouvoirs dû au sérum. Être mignon. Auto-dérision. Natasha se sentait presque privilégiée de pouvoir avoir accès à l'intégralité - ou presque - des comportements du Captain. Du professionnel à l'ami.

- Tous aux abris. Je rêverai de voir la tête des super-vilains lorsque tu leur feras les yeux doux.

- Tout ne se résout pas par la violence ! Si Stark ou Hulk tapent d'abord et discutent après, je suis partisan de tenter de discuter avant. Sans rancune Professeur Banner. L'entendit-elle s'excuser machinalement.

- Bruce sera tout aussi bien. Entendit-elle l'alter-ego du Hulk murmurer.

- Discuter avant... Quitte à te faire tuer. Cela lui avait échappé. La russe se laissa glisser le long du mur jusqu'à s'asseoir et ramener ses jambes contre elle. Elle se mordit la lèvre. Désolée...

- Ne t'excuse pas, tu le penses. Et... Tu n'as pas vraiment tort.

Il était rare qu'elle s'excuse mais elle comprenait l'attachement du soldat pour son ami. Elle qui voulait amener le sujet en douceur... C'était proprement raté.

- Je ne suis pas sûre que Thor aurait apprécié que tu fasses les yeux doux à Loki pour le mettre au tapis.

Steve lâche une exclamation outrée, visiblement surpris que son amie enchaîne sur une note d'humour.

- Natasha ! Le rire de Black Widow répondit au blond.

- Promis, je te laisse un peu de répit.

Ni l'un ni l'autre ne parlèrent durant un moment, si bien que Natasha put entendre Bruce prendre congé de Steve. Elle finit par briser le silence.

- La commission sénatoriale n'avait visiblement pas eu vent du Winter Soldier. Ni de Barnes à proprement parlé. Comme il n'était pas "réellement" présent sur les données que j'ai diffusé au monde entier, je suppose qu'il leur faudra du temps pour le découvrir. Ou peut-être ne le feront-ils jamais. Elle put presque entendre le soupir soulagé de l'Américain. Il faudra être très prudent pendant nos recherches et nos allers et venues car on nous surveille sans aucun doute… Toi plus que de raison. Si tu leur donnes une seule raison ou occasion de se faufiler dans la brèche…

- Je ne leur laisserai aucune occasion. Promis. Mais il n'y a pas de nous qui tienne. La voix avait claqué avec assurance et Natasha écarquilla des yeux, réellement surprise.

- Je te demande pardon ?

- Sam m'accompagnera déjà, tu n'as pas besoin de t'en mêler. Prends le temps qu'il te faut pour refaire ta couverture, ce n'est pas urgent et tu mérites de te reposer.

- Steve. Sa voix devint froide, acérée. Je ne te demande pas la permission. Je t'accompagne. Point. Je ne vais pas rester les bras croisés éternellement. C'est important pour toi, donc ça l'est pour moi, compris ?

- Nat, je…

- Tais-toi. Juste tais-toi. Ce n'est pas une option, c'est à ça que servent les amis… Non ? Seul le silence lui répondit mais elle put deviner le sourire du Captain.

- Bien, je suppose que je n'ai pas le choix…

- Tu supposes bien.

- Je présume aussi que tu sais où me trouver ?

- Toujours. Je serais là demain.

- D'accord, je dirais à Sam de nous rejoindre.

- Parfait. A demain Steve.

- A demain. Oh et Natasha ?

- Oui ?

- Merci.

C'est en souriant que l'ancienne espionne russe raccrocha. Elle resta là, dans le couloir, pendant quelques minutes, assise sur le sol. Se relevant, elle rentra sans bruit dans la chambre en observant le corps recroquevillé dans le lit. Elle se pencha au dessus de lui et ses lèvres vinrent cueillir le front de ce dernier.

- Je vais le ramener. C'est promis.

En vitesse et aussi silencieusement que possible, l'assassin s'habilla, prête à quitter les lieux. Le Soldat de l'Hiver n'avait qu'à bien se tenir. Oh et Clint aussi. Elle lui botterait le cul pour ne pas avoir donné de nouvelles pendant si longtemps.