Bonjour à tous/toutes.

Une chose avant de commencer le chapitre : je ne suis pas médecin et encore moins flic. Donc je vais probablement raconté pas mal de conneries médicales/policières. Je vais essayer de faire au mieux mais pour le coup, ça n'est pas vraiment le point central de l'histoire donc je ne vais pas passer des heures à faire des recherches (même si je fais quand même tout pour ne pas être à côté de la plaque). Voilà, désolé d'avance pour les possibles incohérences !

Bonne lecture!


Hiccup courait. Il avait été prévenu le premier. Il était son numéro en cas d'urgence. Son téléphone avait sonné en cours, à 18h32. Il était sorti pour répondre, motivé par un mauvais pressentiment. En entendant les mots, il avait cessé de respirer, pétrifié, les os glacés. Jack était à l'hôpital. C'était lui, il en était sûr. C'était sa faute à lui. Il était rentré en classe, avait attrapé ses affaires et était ressorti aussitôt en courant aussi vite qu'il le pouvait, ignorant les cris du professeur et ceux de Rapunzel.

Il était arrivé à l'hôpital, essoufflé et éprouvé. Hiccup avait supplié la réceptionniste, les larmes aux yeux :

- S'il-vous-plait, c'est mon ami... il a été blessé, on m'a dit qu'il avait été amené ici. S'il-vous-plait… il s'appelle Jackson. Jackson Frost.

La femme consulta son ordinateur.

- Il est encore au bloc, monsieur, je ne peux pas en discuter avec vous.

Le garçon avait l'habitude des hôpitaux, mais ça n'en était pas pour autant facile. Il ne savait rien de la situation de Jack.

- Au bloc ? Je… il sortira bientôt ?

Il pleurait, il le savait, mais essayait de rester digne et compréhensible.

- Je ne peux pas en discuter avec vous, répéta la vieille femme, impassible. Vous pouvez vous installer en salle d'attente.

- D'a… d'accord, m-merci.

Hiccup attendit plus de deux heures. Il ne répondit pas au téléphone lorsque celui-ci sonna. Rapunzel avait dû prévenir John et tous les deux s'inquiétaient. Mas il attendrait d'être sûr que Jack allait bien. Personne n'avait pas le renseigner. Ça le rendait fou. Il avait cessé de pleurer lorsqu'un médecin se présenta dans la salle d'attente.

- Hiccup Haddock est-il ici ?

L'interpellé se leva, tremblant :

- Je… oui, oui, c'est moi.

Le médecin lui sera la main et se présenta :

- Je suis le docteur Saul, j'ai assisté le chirurgien lors de l'opération de monsieur Frost.

- Comment va-t-il ? Demanda Hiccup.

- Nous avons pu contenir l'hémorragie. Aucun organe vital n'a été touché mais sa convalescence prendra un peu de temps la balle a cassé deux côtes et fêlé deux autres. Il a eu beaucoup de chance.

Hiccup se pencha en avant en se retenant au bras que lui présenta le médecin. Il allait vomir.

- On… il s'est fait tirer dessus ? Réussit-il à articuler.

- Vous n'avez pas été mis au courant ? S'étonna l'autre.

- Je… non, on m'a juste dit qu'il avait eu un accident et qu'il était à l'hôpital. Qui… qui a fait ça ?

- La police attend déjà le réveil de monsieur Frost. C'est avec eux qu'il faut voir.

- Je peux aller voir Jack ? Demanda le brun en se redressant péniblement.

- Il n'est pas encore réveillé, mais vous pouvez attendre dans sa chambre. Les agents de police attendent eux aussi son réveil pour lui poser des questions. Je vais vous y accompagner.

Arrivés là-bas, la porte était fermée et deux policiers se tenaient devant.

- Voici Hiccup Haddock, le numéro d'urgence de monsieur Frost, le présenta le médecin.

- Bonjour, répondit timidement Hiccup. On… on sait qui à tirer et pourquoi ?

- Vous êtes ? Demanda un des hommes, qui étaient probablement la personne la plus grande et imposante qu'il est jamais vu.

- .. pardon ?

- Vous êtes le fiancé de monsieur Frost ?

- Je… non, je… on vit ensemble. Je suis la personne à contacter en cas d'urgence.

Hiccup ne précisa pas qu'ils étaient juste amis. Ça donnait de la crédibilité à sa présence.

- Nous avons recueilli plusieurs témoignages sur place mais le tireur s'est enfui. Nous espérons en apprendre plus lorsque votre compagnon se réveillera, dit son collègue.

- Je peux… je peux le voir, s'il-vous-plait ?

Le pauvre garçon voulait juste se rouler en boule et pleurer. Il avait besoin de Jack. S'il devait lui arriver malheur, il n'y survivrait pas. Les policiers échangèrent un regard et le géant déclara :

- Nous aurions d'abord quelques questions à vous poser.

- Oh… d'accord.

Voyant Hiccup tout tremblant et pâle, le médecin appela une infirmière et lui demanda d'aller lui chercher un café et un verre d'eau. Ensuite, il conduisit le policier et le jeune homme dans un bureau pour qu'ils discutent. Le brun but son café, tenant le gobelet de ces deux mains, complétement désorienté.

- Je suis l'inspecteur Nicholas North, c'est moi qui serait en charge. Votre nom complet, s'il-vous-plait, demanda-t-il, attrapant un carnet et un crayon.

- Hiccup Horrendous Haddock.

- Votre lien avec monsieur Frost ?

- Je le connais depuis toujours. Nous avons un appartement ensemble dans cette ville depuis septembre. Dans la périphérie, pas loin du métro.

Hiccup parlait trop, mais c'était dû au stress, il le savait.

- A votre avis, pourquoi lui aurait-on voulut du mal ?

- Je… je ne sais pas, c'était… c'était vraiment contre lui en particulier ?

Hiccup avait peur. Il ne devait surtout pas laisser penser qu'il connaissait probablement l'identité du tireur. Si ça n'était pas Ivan, c'était un de ces sbires. Le brun mentait mal, mais il devrait se taire pour leur sécurité, à lui et Jack. Tant que le garçon n'était pas réveillé et tiré d'affaire, il ne dirait pas un mot.

- Certainement. L'homme à fuit aussitôt qu'il a tiré. C'était prémédité, et monsieur Frost était la cible.

Hiccup respirait difficilement. Il baissa la tête et posa son front contre la table froide, ne pouvant contrôler ses soubresauts, il tenta de se calmer.

- Monsieur ?

- Pardonnez-moi. Je ne me sens pas bien du tout.

Il releva la tête.

- Je ne sais vraiment pas qui pourrait vouloir du mal à Jack.

- Pensez-vous que cela pourrait avoir un rapport avec son père ?

Hiccup cessa immédiatement de respirer. Pourquoi il lui demandait ça ? Que savaient-ils ? Qu'avaient-ils vu ? Que leur avaient-on dit ? Non… Il n'y avait que lui et Jack qui savaient. Personne n'aurait pu dire quoi que soit. C'était impossible. Il essaya d'articuler le plus innocemment possible :

- Pou... pourquoi ?

- Ivan Frost fait actuellement construire de nouveaux locaux en ville pour ses entreprises. Vous n'êtes pas sans savoir que cet homme, riche et puissant, n'est pas sans ennemis. Pourrait-on s'en prendre à son fils en guise d'avertissement, de représailles, de vengeance ?

Hiccup fronça les sourcils ; voilà pourquoi Ivan était en ville ? Pas à cause d'eux ? Ou bien les entreprises Frost n'étaient qu'une façade ? Le jeune homme prit de grandes inspirations. Au moins, on ne soupçonnait pas Ivan d'être l'auteur de l'attaque.

- Peut-être… mais… Jack et son père ne se parlent plus depuis longtemps. Ils sont en froid.

- Pour quelle raison ?

L'inspecteur prenait des notes et cela agitait encore plus le brun, qui ne savait plus sur quel pied danser. Il avait un regard perçant qui semblait voir clairement le mensonge dans les mots d'Hiccup. Il dit simplement :

- Jack ne veut pas reprendre la tête des entreprises Frost.

Le géant hocha la tête : l'explication d'Hiccup tenait la route. Un grand comme Ivan Frost se devait d'avoir un héritier et si son seul fils refusait ce titre, ça n'était pas étonnant d'être en froid avec lui. Il allait poser une autre question mais un infirmier entra :

- Monsieur Haddock, monsieur Frost est réveillé et il vous réclame.

- Oh mon dieu.

Hiccup ne prit même pas la peine de s'excuser : il partit à toute allure dans la chambre de son ami. Lorsqu'il entra, il ne put retenir une plainte sourde. Jack arrivait à peine à garder les yeux ouverts. Un large bandage recouvrait sa poitrine et il était pâle comme la mort. Il était perfusé et branché à une machine. Hiccup mit ses mains devant sa bouche et se figea. L'autre garçon déglutit difficilement et tourna la tête vers le brun, non sans grimacer.

- Hic…

Il avait la voix faible et très rauque. Il ne cessa de déglutir, comme si parler était une tâche impossible. Il essaya de bouger la main pour attraper celle d'Hiccup et celui-ci réagit enfin. Il se précipita à ses côtés et emprisonna sa main dans la sienne. Se penchant, à nouveau prise de tremblements, il embrassa le crâne de l'albinos, grimaçant à son tour, manquant de pleurer.

- J'ai cru… j'ai cru que t-t'allais me laisser, putain.

Il avait mal de le voir dans cet état. Ça n'était malheureusement pas la première fois qu'il le voyait souffrir, mais c'était la première fois dans un cadre si particulier et cela empirait la situation. La première fois depuis longtemps, aussi. Jack voulut répondre mais ne fit qu'émettre un râle de douleur. Hiccup comprit cependant. Il essaya de calmer ses frissons pour parler distinctement :

- Tu t'es fait tirer dessus. Personne ne m'a approché. Tu es sorti d'affaire mais la police est là. Ils m'ont posé des questions. Ils pensent qu'on te voulait du mal pour atteindre ton père ; j'ai juste dit que vous étiez en froid parce que tu ne prendrais pas sa suite pour les entreprises. Mais ils vont venir t'interroger toi aussi.

Hiccup avait parlé très vite, de façon agitée et malgré sa douleur et son mal de tête, Jack avait compris. Il hocha la tête pour le lui signifier. Le garçon frotta son nez contre la joue de l'albinos qui ferma les yeux, se sentant déjà mieux en sa présence, en le sachant hors de danger.

- Monsieur Frost ?

Le médecin était entré, suivit des deux agents. Hiccup s'était décollé de lui, reniflant, gardant sa main dans la sienne. Jack darda son regard dans celui du brun. Ce dernier lui caressa le front de sa main droite et, regardant les nouveaux arrivants, parla d'un ton ferme :

- Il est fatigué et n'arrive pas bien à parler. Les questions devront attendre.

Avant qu'un des deux policiers puissent réagir, le médecin intervint :

- Je vais l'examiner et lui faire quelques examens. Veuillez sortir. Vous aussi, monsieur Haddock.

Le garçon serra fort la main de Jack, lui donnant un baiser sur sa pommette, puis sortit en souriant piteusement au docteur. Une fois dehors, il s'arrêta net sur le seuil ; Ivan était là. Son dos buta contre la porte qu'il venait de refermer. Il ne fallait pas qu'il se fige. Il ne fallait pas qu'il donne d'indices. Le brun sentait les policiers le regarder. Et il était terrorisé.

Ce fut son téléphone qui le sauva il sonna dans son sac. Hiccup s'en empara et courut presque pour s'éloigner. Une fois dehors, il décida de répondre, pour chasser l'image de l'homme de sa tête.

- Allo ?

- Hic… tu vas me faire avoir une crise cardiaque, putain. Est-ce que tout va bien ? Rapunzel m'a appelé pour me dire que t'étais parti en trombe de cours, elle est hyper paniquée.

La voix de Jonathan calma un peu le garçon.

- John, je suis désolé. Je suis à l'hôpital, Jack a eu un accident. Je ne voulais pas te rappeler avant d'être sûr qu'il aille bien.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'inquiéta l'autre.

- Un accident, répéta Hiccup, ne voulant pas donner lieu à d'autres questions. Je dois y retourner.

Jonathan ne disait rien, et son petit ami savait qu'il était alarmé.

- Tu peux… est-ce que tu peux venir ?

- J'allais te demander où tu étais.

- L'hôpital à côté du campus, répondit Hiccup, soulagé.

- Je sors de chez moi, j'arrive.

Il avait déjà raccroché quand Hiccup le remercia. Il appela aussitôt Rapunzel pour lui dire de ne pas trop s'inquiéter, lui expliquant la situation. La blonde lui demanda s'il voulait qu'elle vienne, même si elle n'avait jamais rencontré Jack. Hiccup sourit devant tant de gentillesse mais déclina ; il ne voulait pas l'impliquer.

Hiccup voulait retourner auprès de Jack mais son père faisait barrage entre eux. Il prit une grande inspiration et se décida à remonter dans la chambre. Il n'était pas rassuré du tout. Et puis, qu'est-ce qu'il faisait là d'abord ? Ça n'était pas comme s'il s'inquiétait pour son fils.

Hiccup fronça les sourcils en le voyant discuter avec les policiers ; à quoi jouait Ivan ? Il le terrorisait. Mais la présence des forces de l'ordre et des médecins le rassurait un peu. Le garçon resta en retrait, trop loin pour entendre la conversation mais assez près pour voir la porte de la chambre.

Quelques minutes plus tard, le médecin en sortit. Hiccup se précipita vers lui :

- Comment va-t-il ?

Et avant que l'homme n'ait pu répondre, Ivan prit la parole :

- Docteur s'il vous plait, ne divulguez aucunes informations à ce garçon.

Hiccup ne se tourna même pas vers lui. Il baissa la tête. Il ne lui adressera pas la parole, ni ne le regardera. Il était loin d'être prêt. Le médecin et les policiers froncèrent les sourcils.

- Expliquez-vous monsieur Frost, s'il-vous-plait, demanda l'inspecteur North.

- Il n'a aucun droit sur mon fils.

Hiccup ne disait rien, réfléchissant. Il avait plus de droits que lui, pour sûr. Le médecin intervint :

- Votre fils l'a désigné comme la personne à contacter en cas d'urgence, monsieur Frost.

Le jeune homme leva les yeux vers le docteur, le remerciant du regard, se mordant les lèvres.

- Et je suis son père. Je veux être informé de son état.

Hiccup se retenait de dire quoi que soit ; tout ce à quoi il pensait se retournerait contre lui, au vu de la situation.

- Vous avez raison, monsieur, mais monsieur Haddock reste également : votre fils, majeur, l'a réclamé et désigné comme responsable de lui en cas d'accident. L'opération a été un succès. La balle n'a pas fait de gros dégâts internes, mis à part sur les côtes : deux cassées et deux fêlées. Il lui faudra rester tranquille et ne pas forcer pendant un bon mois. Nous allons le garder jusqu'à demain par précaution et il devra vraiment se ménager pendant les prochains jours, monsieur Haddock.

- J'y veillerai. Merci docteur.

Celui-ci se tourna vers les agents :

- Vous pouvez aller lui poser vos questions, mais soyez bref, il est très fatigué.

Les deux policiers entrèrent et Hiccup dû rester dehors, seul avec Ivan lorsque le médecin les laissa. Ce dernier toussota et s'adressa à lui :

- Hiccup. Ça faisait longtemps. Tu as… vraiment bien grandit.

Le jeune homme regardait le reflet d'Ivan dans la vitre. Finalement, il se retourna, la tête haute, essayant de cacher sa peur :

- Si j'apprends que c'est vous qui lui avez fait ça pour que l'on se taise, je vous promets que le regretterez. Ça, et toutes ses années. Nous ne sommes plus des enfants.

Hiccup frissonna de dégout en voyant le regard presque gourmand que lui jeta l'autre.

- J'ai bien remarqué que tu n'étais plus un enfant, Hiccup. Je ne peux pas te cacher que je trouve ça intéressant.

L'homme sourit avec un air mauvais et s'avança vers le brun qui se fit violence pour ne pas s'enfuir en courant. De l'autre côté de la fenêtre, Jack vit la scène : son père se rapprochant dangereusement d'Hiccup. Avec ce regard là. Sans même penser aux policiers qui étaient en train de lui parler, il se redressa un peu et attrapa le pichet d'eau qu'on avait posé à côté de lui : il le balança sur la vitre, qui se fissura à peine. Cela eut cependant le mérite d'attirer les regards vers non seulement lui, mais également Ivan et Hiccup qui sursauta violemment.

Jack eut le temps de voir son père partir avant de retomber lourdement sur le lit en gémissant de douleur. Il haleta ; il souffrait. Une infirmière entra précipitamment dans la chambre et jeta un regard accusateur aux agents :

- Que lui avez-vous dit ? Il doit rester immobile. Sortez.

Jack l'aima bien. Les policiers voulurent intervenir mais elle les interrompu sèchement :

- Laissez-moi faire mon travail si vous voulez que ce pauvre garçon puisse vous aider à faire le vôtre. Il s'est fait tirer dessus, aujourd'hui ; son agresseur attendra demain. Maintenant, il doit se reposer et surtout, ne pas être dérangé.

Jack rit un peu devant l'éloquence de la femme mais grimaça aussitôt. Non, le rire était déconseillé. Les agents partirent, confus mais compréhensifs. Le jeune homme hocha la tête en leur direction, par politesse.

- Merci, réussit-il à articuler à la femme qui remettait son oreiller en place.

- De rien mon p'tit. Mais essayez encore une fois d'abimer cet hôpital et je vous mets mon pied au cul, convalescent ou non.

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Hiccup n'avait plus été autorisé à entrer dans la chambre de Jack, car celui-ci devait vraiment dormir et avait besoin de calme. Jonathan était arrivé peu de temps après le départ d'Ivan, ce qui avait soulagé Hiccup il ne voulait pas sortir seul de l'hôpital, avec Ivan qui trainait dehors. Il lui avait dit qu'un malade avait tiré sur Jack. De toute façon, Jonathan, comme les autres, allait finir par l'apprendre. La rumeur s'était déjà largement propagée sur le campus, avec tous les témoins de la scène.

C'est en pensant à cela qu'Hiccup regarda à nouveau son portable : Anna l'avait appelé de nombreuses fois. Alors que Jonathan les ramenait en voiture dans l'appartement qu'il partageait avec Jack, il appela son amie.

- Anna, c'est Hiccup.

- … Oh mon dieu, souffla l'autre et le brun entendit presque un sanglot. J'étais hyper inquiète, vous ne répondiez pas, ni l'un ni l'autre et on devait se voir avec Jack ce soir. Ça fait des heures que je l'attends et que j'essaye de le joindre, il avait dit qu'il dormirait chez moi ce soir. Il est où ? Pourquoi il m'a pas rapp…

Hiccup ne supportait plus de l'entendre parler, parce que plus elle parlait, plus elle avait l'air soulagée, comme si elle s'était inquiété pour rien. Alors que ça n'était pas le cas.

- Anna, la coupa-t-il. Il y a eu… un accident. Jack est à l'hôpital. Mais il va bien.

A l'autre bout du téléphone, il n'y avait plus un bruit.

- Anna ? Il va bien, il a été opéré et il doit sortir demain déjà. Il était même réveillé tout à l'heure.

Hiccup entendit des pleurs. Cela lui serra le cœur.

- Eh, Anna. Tu veux qu'on vienne ? Les filles sont là avec toi ?

- Oui je… qu'est-ce que… qu'est-ce qu'il… s'est passé ?

Ses paroles étaient presque incompréhensibles, mais Hiccup en saisit le sens.

- On lui a tiré dessus, les policiers cherchent à savoir qui et pourquoi. Il a juste quelques côtes en mauvais état, c'est tout. Je ne t'ai pas prévenu plus tôt parce que tout est allé très vite, je suis désolé.

- Me… Merci Hiccup, répondit Anna en pleurant de plus belle.

Et elle raccrocha. Hiccup grimaça en regardant Jonathan :

- Tu crois que ça va aller ?

- Astrid et Tatiana sont avec elle non ? Elle est en état de choc. Si tu veux, demain matin, avant d'aller à l'hôpital, on passe la prendre en voiture, comme ça elle viendra avec nous.

Hiccup hocha la tête et envoya un message à la rousse pour le lui expliquer. Puis il tourna la tête vers lui:

- Merci d'être là, John.

Le garçon sourit et murmura, plus pour lui-même que pour Hiccup :

- J'espère qu'on retrouvera le type qui a fait ça à Jack.

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Jack se réveilla dans la nuit, plusieurs fois. Il avait mal à la poitrine. Chaque respiration le faisait souffrir. Les antidouleurs l'empêchaient de réfléchir correctement. Il avait juste mal, et il était fatigué. Encore une fois, il se réveilla avant le lever du soleil, incapable de se rendormir. Son père lui avait fait ça ? Quel était son intérêt de voir son fils mourir ? Pour ne plus que lui et Hiccup parle ? C'était certain : jamais Hiccup le dénoncerait si Jack n'était plus là. Et puis… les seules preuves physiques qu'Hiccup portaient sur lui étaient dues, selon son rapport médical et la déposition faites à la police, à une agression de rue. Jack, lui, en était couvert.

D'ailleurs… le garçon baissa la tête vers son torse. Celui-ci était recouvert d'un bandage. Les médecins et les infirmiers avaient vu ses cicatrices. Pourtant, aucun d'eux ne les avait mentionnées. Jack fronça les sourcils. Au moins, il n'avait pas à répondre à leurs questions. Ils avaient eu accès à son dossier médical, voilà pourquoi ; ils pensaient qu'il s'était fait ça a lui-même. Il faudrait les recouvrir avant que ses amis n'arrivent. Cela dit, si c'était bel et bien Ivan qui avait donné l'ordre de le tuer, la situation était plus grave que prévue. Et si jamais il s'en prenait à nouveau à Hiccup… ? Le jeune homme ne pourrait jamais se le pardonner. Pas à nouveau.

Jack ferma les yeux, profitant du calme, du clapotis des gouttes qui tombaient dans sa perfusion, du vent qui soufflait dehors, de sa propre respiration. Il était sur le point de se rendormir lorsqu'un infirmer entra dans sa chambre en amenant un plateau repas.

- Bonjour monsieur Frost, vous allez mieux aujourd'hui ?

Le garçon articula un « Oui, merci » en souriant un peu, se rendant alors compte qu'il pouvait parler normalement, même si sa voix ressemblait à celle d'un fumeur de cent ans. Il se redressa, grimaçant.

- Vous avez encore mal ?

- Un peu. Mais beaucoup moins qu'hier.

L'homme lui sourit et sortit après avoir installé le plateau sur une petite tablette. Jack se rendormit aussitôt après avoir mangé un peu.

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Hiccup et Jonathan attendait Anna devant chez elle. Ils avaient frappé à la porte, et ils attendaient. Ce fut Aster qui leur ouvrit il avait une mine sombre et fatiguée qui ne lui ressemblait pas

- Salut, dit-il doucement en les faisant entrer et en les amenant au salon surpeuplé. Anna a mis les filles au courant. Comme Tatiana et Astrid n'étaient pas bien, Eret, Sab et moi on est venu. On n'a pas dormi de la nuit ; Anna était vraiment mal. On peut tous venir hein, ça ne pose pas de problème ?

Hiccup avait la gorge serrée. Jonathan répondit à sa place alors que Bunny fixait Hiccup :

- Je pense que c'est bon.

En les voyant arriver, Anna se leva et vint attraper les mains d'Hiccup :

- Comment il allait ? On a attrapé celui qui a fait ça ? On sait au moins qui c'est ?

- Je… Il… allait bien hier, murmura Hiccup

Comme il n'ajouta rien, ce fut Eret qui parla :

- Les horaires de visite débutent dans 30 minutes. On devrait partir maintenant.

Sab hocha faiblement la tête. Sans trop parler, ils partirent au métro. Anna ne prononçait plus un mot non plus. A la fin du trajet, cependant, elle bredouilla :

- Pourquoi on lui a fait ça ?

Les autres la regardèrent, mais personne ne répondit. Aster, après quelques instants, dit simplement :

- C'est à la police de découvrir ça mais si je chope le type en question, il est mort. J'espère que Jack a vu sa gueule pour que je la lui démonte à coup de pied de biche.

Ils n'échangèrent plus jusqu'à l'hôpital. Hiccup les guida jusqu'à la chambre de Jack, dont les volets était clos. Le docteur Saul se présenta à eux lorsque Hiccup voulut ouvrir la porte.

- Monsieur Haddock ?

- Oh bonjour docteur. Nous venons voir Jack.

- Je vois ça. Soyez silencieux, cependant, monsieur Frost à très mal dormi et a besoin de repos et de calme.

- Bien sûr. Merci, docteur.

L'autre hocha la tête et les amis entrèrent doucement dans la chambre. Jack se réveilla au bruit de la porte. En plus de son pansement, on lui avait fait enfiler une blouse pour le recouvrir. Il tourna la tête et sourit aux nouveaux arrivants :

- Salut la compagnie.

Anna en aurait pleuré de l'entendre si faible. Elle s'avança vers le lit. Elle couva son petit ami du regard :

- Salut toi. Comment tu vas ?

- J'ai vécu pire, tenta de rire le garçon.

Il était content de voir ses amis près de lui et de savoir Hiccup en sécurité.