Les examens achèvent, alors ça devrait finalement rouler un peu mieux!
J'ai décidé d'intégrer les idées d'une autre fic (qui maintenant ne verra jamais le jour) dans celle-ci. Ça rend les choses peut-être un peu plus confuses pour le moment, mais tout va finir par s'éclaircir, promis.
O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O
C'était vraiment un plan de merde, se disait Flowey. Quelle idée il avait eue de vouloir veiller sur le sommeil de Papyrus? Au bout de quelques jours, il s'ennuyait déjà profondément.
D'abord, Papyrus ne disait rien de ses rêves, peu importe à quel point Flowey insistait pour le savoir. Le squelette affirmait ne se souvenir de rien, et que les images qui lui revenaient en tête ne faisaient pas beaucoup de sens. En effet, quand Flowey l'entendait parler ou crier dans son sommeil, il semblait souffrir, mais c'était vague.
Il voulait aller plus loin, comprendre cette maladie étrange, et il n'était pas le seul. Sans passait beaucoup de temps avec Papyrus, essayait différents cocktails de médicaments, venait dormir avec lui la plupart des nuits. Ce qui énervait bien Flowey qui devait se cacher pendant tout ce temps et ne pouvait observer plus attentivement son squelette préféré. Et il se rendait compte, comme Sans, qu'il ne comprenait pas ce qui se passait, qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire, de ce qu'il pouvait faire.
Mais contrairement à Sans, Flowey ne pouvait pas sentir le désespoir peser sur ses épaules. Il ne ressentait plus rien depuis longtemps. Alors il s'ennuyait. Il se demandait s'il ne valait pas mieux simplement recommencer dans une temporalité normale. Retrouver son Papyrus normal, souriant, toujours prêt à l'aider.
Même si ce Papyrus était souriant malgré tout, et toujours prêt à aider aussi. C'était peut-être ce qu'il y avait de plus déstabilisant. Il continuait de faire le ménage malgré sa fatigue - et à harceler Sans pour qu'il fasse sa part. Il insistait pour aller recalibrer les puzzles au moins une fois par semaine.
-Tu devrais davantage te reposer, tu essaies trop d'être normal, alors que tu es malade, mon ami, lui dit Flowey.
-LE GRAND PAPYRUS NE SE LAISSERA PAS ARRÊTER PAR UN PEU DE FATIGUE!
-Même si tu n'as pas de corps, ton âme a besoin d'un peu de repos…
Papyrus secoua lentement la tête.
-JE SUIS CONTENT D'AVOIR UN AMI QUI SE SOUCIE DE MOI AUTANT QUE TOI. MAIS… JE NE CROIS PAS QUE TU PUISSES M'AIDER, FLOWEY. TOI-MÊME, TU NE DORS PAS, NON?
C'était vrai. En tant que fleur, Flowey n'avait pas besoin d'un cycle de sommeil pour faire récupérer son corps, et comme il n'avait pas d'âme, il n'avait pas à la reposer non plus. Toutes les heures de sa misérable vie de fleur étaient pleinement conscientes.
-Je n'ai… pas toujours été comme ça, répondit Flowey.
-AH BON? QU'EST-CE QUE TU ÉTAIS AUTREFOIS?
-J'étais… un monstre normal. Juste un gamin. Puis il s'est passé des choses, je n'ai pas été assez fort, je n'ai pas pu faire ce que j'aurais dû. J'en suis mort. Je me suis réveillé en voyant ma propre poussière autour de moi, et j'étais une fleur.
-OOOOH… JE SUIS DÉSOLÉ.
-C'était il y a longtemps, et je ne ressens rien par rapport à ma propre mort, parce que je suis une fleur, tu comprends? Mais je suis ton ami, et je ne voudrais pas que tu meures comme moi, dans les regrets, parce que tu n'aurais pas pris les bonnes décisions au moment où il le fallait.
Papyrus sourit doucement.
-JE NE CROIS PAS QUE ÇA AIT TANT D'IMPORTANCE, CE QUI M'ARRIVE MAINTENANT. BIENTÔT CE SERA COMME S'IL NE S'ÉTAIT RIEN PASSÉ, JE SERAI EN PLEINE FORME. MAIS JE SUIS CONTENT QUE TOI, TU AIES PRIS LA DÉCISION D'ÊTRE MON AMI. C'ÉTAIT UNE TRÈS BONNE, TRÈS SAGE DÉCISION QUE TU NE REGRETTERAS PAS!
Toujours à se soucier des autres avant lui-même, malgré tout l'amour qu'il se vouait. Décidément, c'était toujours le même Papyrus. Quel idiot.
O*O*O
C'était le soir (ça ne faisait pas une grande différence sous la montagne, mais il n'y avait plus de programmes qui jouaient à la télé, ce qui signifiait qu'il était assez tard), et Flowey attendait que Sans finisse de lire ses contes de petits lapins à Papyrus pour sortir un peu de son vase. Papyrus attendait toujours la fin de l'histoire pour s'endormir: était-ce parce qu'il était nettement trop vieux pour ce genre de choses et que cela ne l'endormait plus, ou bien simplement parce qu'il voulait vraiment entendre cette fin mièvre qu'il avait entendu mille fois? C'était un mystère que Flowey n'était pas trop intéressé à résoudre.
-bonne nuit, paps, finit par dire Sans en caressant le dessus du crâne de son frère.
-MERCI, BONNE NUIT À TOI AUSSI.
Sans ferma la lumière et quitta la pièce. Flowey était sûr de l'avoir entendu soupirer après avoir refermé la porte. Il devait se demander combien de temps il pourrait lui-même dormir avant que les cris commencent…
Flowey attendit d'entendre la porte voisine se fermer avant de sortir de son vase pour se dégourdir un peu les racines. Il fit le tour de la pièce qu'il connaissait maintenant par coeur, avant d'aller grimper dans le lit-voiture pour s'installer près de Papyrus.
Celui-ci dormait déjà, mais Flowey savait que bientôt il commencerait à s'agiter. Son âme commençait déjà à clignoter sous le t-shirt de son pyjama. Le coeur des squelettes devenait généralement visible et un peu lumineux quand ils dormaient profondément, Flowey avait aussi vu celui de Sans. C'était probablement le signe qu'ils rêvaient. C'était surtout le signe de leur vulnérabilité.
L'âme de Papyrus semblait définitivement instable. Et il vint soudainement à Flowey l'envie de voir ce qui s'y passait. Elle était là, exposée, fragile, à sa merci. Il pourrait certainement l'absorber, juste un moment. Juste pour voir à quoi il rêvait.
Il n'avait jamais vraiment considéré prendre les âmes d'autres monstres. Du moins, pas tant qu'il n'aurait pas aussi sept âmes humaines à se mettre sous la dent. Pas tant qu'il ne pourrait pas devenir un Dieu et réparer ses erreurs stupides. Sinon ça ne servait à rien. Il ne se sentait pas rempli. Il ne sentait pas d'émotions. Il restait le spectateur détaché de la vie de quelqu'un d'autre.
Mais maintenant il voulait un peu de ce spectacle. Il voulait savoir, et s'il n'y avait rien à faire de l'extérieur, alors il allait s'y prendre de l'intérieur.
C'était une situation désespérée, il fallait prendre des mesures drastiques.
Flowey se glissa sous les couvertures et sous le t-shirt de Papyrus. Il répandit à l'intérieur de sa cage thoracique un réseau de fines vignes souples, pour être certain de rester en place. Il avait de la chance que son sujet soit aussi creux, ça allait faciliter le travail. Papyrus s'agitait inconfortablement, ou peut-être était-ce son rêve qui commençait déjà? Dans tous les cas, il fallait se dépêcher. Flowey saisit le coeur d'un blanc laiteux de Papyrus entre ses vignes et serra très fort, puis il s'y colla le visage jusqu'à y pénétrer.
Blanc.
Blanc doré. Et bleu.
L'ombre mouvante par terre et au-dessus de lui.
Le chemin qui montait sans cesse.
Il était perdu, mais il ne retournerait pas en arrière tant que-
"Non."
"Non non non."
"Non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NON NONNONNONNONNONNONNON!"
Flowey s'extirpa aussitôt de l'âme de Papyrus et s'arracha de ses côtes.
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON.
Impossible. Non. Non. Il ne peut pas y avoir ça en lui. Il n'a aucun moyen de-
En pleine panique, Flowey tomba du lit et se laissa traîner par terre. Il voulait juste comprendre la maladie de Papyrus, et il avait trouvé bien pire, bien plus mystérieux… non, c'était impossible.
Pourtant…
NON.
RESET. RESET. RESET. RESET. RESET. RESET. RESET. RESET. RESET.
O*O*O
Même une fois dans la nouvelle temporalité, il fallut un bon moment à Flowey pour se calmer.
Tout d'abord, ce qu'il avait vu. Logiquement, il était le seul monstre à avoir vu ça, à part ses parents et peut-être cette très vieille tortue qui était le dernier vétéran de la grande guerre (s'il n'était pas trop sénile encore).
Le soleil. La lumière du ciel à travers les branches des arbres.
C'était beaucoup trop réel pour être le produit de l'imagination de Papyrus. Ce n'était pas qu'un film humain, une image de livre ou de magazine. C'était un souvenir.
Et le chemin. C'était le chemin de la montagne. Le Mont Ebott. Ce chemin qu'il avait parcouru avec le corps encore tiède de celui qu'il avait aimé comme son frère dans ses bras. Couvert de plaies. Sur le point de mourir, mais déterminé à retourner là où il était né. À retourner sous la montagne.
Flowey aurait été tenté de croire qu'il avait plongé dans son propre souvenir par accident, mais le chemin n'était pas comme il s'en souvenait, pas exactement. Il était mort un jour d'été, le sol était couvert de fleurs dorées. Mais ici, il voyait plutôt des feuilles rouges, oranges, jaunes, dorées; par terre et dans les arbres. Une belle journée d'automne. Mais c'était bel et bien le même chemin.
C'était un souvenir, mais c'était un souvenir impossible.
Les monstres ne connaissaient pas le soleil.
Les monstres ne connaissaient pas le ciel.
Les monstres ne connaissaient pas le vent qui bruissait dans les feuilles des arbres.
Les monstres ne connaissaient pas ce chemin maudit.
Flowey avait beau se creuser les méninges, il ne pouvait pas comprendre ce que ça faisait LÀ, dans l'âme de Papyrus. Il ne savait pas à quoi s'attendre de ces rêves, mais ÇA, c'était bien la dernière chose.
Il fallait rester calme. C'était une nouvelle temporalité, maintenant. Les choses étaient peut-être revenues comme d'habitude. Papyrus ne serait probablement pas malade cette fois-ci. Il pourrait redevenir son ami comme d'habitude. Et Flowey lui poserait les bonnes questions. Peut-être y avait-il une explication logique, très simple. Il n'arrivait juste pas à la voir, parce que cette vision avait été trop… personnelle pour lui.
O*O*O
Papyrus était le même squelette énergique et enjoué que d'habitude, avec le même costume ridicule. Flowey n'arrivait pas à savoir s'il préférait le voir ainsi, ou s'il aurait mieux aimé le voir malade et calme à nouveau. En tout cas, ce serait plus facile de le voir et il n'aurait pas à s'enfermer dans sa chambre, ce qui était déjà un soulagement.
Il se présenta à lui comme d'habitude, et lui offrit son amitié comme d'habitude. Et Papyrus s'empressait de l'accepter et de lui vanter les mérites de son amitié, comme d'habitude. Quel idiot. C'était rassurant de voir à quel point il ne changeait pas.
Flowey attendit deux jours avant de lui poser ses questions. D'abord il avait voulu prendre le temps de bien les formuler mentalement; il n'allait pas rester en état de panique éternellement non plus! Et il voulait être sûr que c'était le "vrai" Papyrus, l'habituel, ou s'il ne restait pas de traces de la maladie, mais il n'en avait pas du tout l'air, et après avoir surveillé à sa fenêtre pour une nuit entière, il l'avait vu dormir normalement.
Donc c'était réglé. Ce n'était qu'une anomalie dans la temporalité. Rien de plus. Probablement. Il ne restait donc que le rêve à éclaircir.
-Dis donc, mon ami, tu es très en forme! Tu dois beaucoup dormir pour être aussi énergique!
-JE DORS TRÈS PROFONDÉMENT À TOUTES LES NUITS, JE ME COUCHE TÔT ET JE ME LÈVE TÔT POUR FAIRE MON TRAVAIL LE LENDEMAIN. C'EST LE SECRET D'UNE VIE EN SANTÉ! C'EST PROBABLEMENT PARCE QUE SANS FAIT L'INVERSE QU'IL EST EN AUSSI MAUVAISE FORME…
-Est-ce que tu rêves, parfois?
-JE RÊVE D'UNE VIE DE GLOIRE ET DE PRESTIGE!
Agacé, Flowey se retint pour ne pas grincer des dents.
-Tu ne fais pas d'autres rêves parfois? Des rêves étranges? Des cauchemars?
-PAS VRAIMENT… JE NE ME RAPPELLE PAS VRAIMENT DE MES DERNIERS CAUCHEMARS. JUSTE… UNE IMPRESSION DE LUMIÈRE, PUIS DE TOMBER LONGTEMPS DANS L'OBSCURITÉ. RIEN DE TRÈS PRÉCIS.
Là c'était intéressant. Cette lumière pouvait bien être la lumière du soleil, et cette impression de tomber dans l'obscurité était peut-être l'ouverture dans les profondeurs de la montagne?
Flowey n'insista pas et changea de sujet. Il allait prendre son temps pour décortiquer son Papyrus, cette fois-ci. Il y avait quelque chose derrière ce sourire et cette nature absurdement bonne.
Quelque chose qui laissait Papyrus s'enlever la vie s'il le fallait.
Quelque chose qui réussissait à l'effrayer, lui, Flowey.
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Ouééééééééé des caractères graaaaaaaaaas!
