Chapitre 4
Dans les Bas-fonds, la bataille avait pris fin depuis plusieurs minutes et Clarisse avait proposé aux autres de les amener dans un endroit sûr, quelques niveaux plus bas. Une fois là-bas, elle s'assura que personne ne les avait suivi et les fit tous pénétrer dans une petite pièce sombre située en bas d'une volée de marches étroites et glissantes. Elle referma la porte derrière elle et alluma plusieurs brilleurs dans la pièce, qui repoussèrent les ombres dans les coins. Ce n'est qu'alors qu'elle prit la parole :
- Nous sommes ici dans ce qui était autrefois les fondations du Temple Jedi. Beaucoup de mes congénères se sont enfuis en passant par ces tunnels et ont ainsi put échapper aux purges ordonnées par l'Empereur quand il a pris le pouvoir. Nous serons en sécurité ici pour un bon moment. Elle se rapprocha alors des deux jeunes filles et ajouta. Nous devons trouver un moyen de vous faire quitter Coruscant au plus vite. Je connais quelqu'un qui pourra vous y aider. Mais d'abord, je vais faire visionner cet enregistrement à mes quatre compagnons ici présents.
- Où pourrait-on aller? Nous ne serons en sécurité nulle part et surtout pas sur Alderaan, alors qui pourrait nous accueillir? Demanda Arisa d'une voix inquiète
- Les Rebelles pourront vous venir en aide, mes enfants. Le contact dont je vous ai parlé peut vous mener à eux. Répliqua Clarisse
Arisa ouvrit de grands yeux et Tiana, qui semblait sur le point de s'endormir quelques instants plus tôt, se redressa, l'air intéressé. Les deux femmes se tournèrent l'une vers l'autre et échangèrent un regard lourd de sens. Tiana prit la parole en premier et lança d'un ton badin :
- Arisa, que dirais-tu de passer de la défense passive à la défense active?
- C'est une idée à creuser… Sous l'Empire de Palpatine, les non humains et les femmes n'ont guère d'avenir et, comme je représente les deux en même temps, je crois que le mien est bien terne.
- À condition que l'Empereur t'en laisse un! N'oublie pas que nous sommes recherchées…
Elles finirent par conclure que rejoindre la Rébellion serait, dans l'immédiat, la meilleure des solutions pour toutes les deux et en firent part à Clarisse, qui les assura qu'elles avaient fait le bon choix.
- Je pressens pour vous deux un avenir très brillant dans la Rébellion, mes enfants. Vous serez des ombres parmi les ombres et l'Empire vous craindra…. Ajouta-t-elle d'un ton très mystérieux.
Arisa regarda Tiana et dans son regard, on pouvait lire un tas de questions. Tiana haussa les épaules et lui dit, comme pour s'excuser :
- Cherche pas à comprendre…
Arisa la regarda pendant quelques secondes, l'air déroutée, puis haussa à son tour les épaules. Clarisse leur dit alors qu'elle devait faire visionner cet enregistrement à ses compagnons et retourna près d'eux, qui s'étaient regroupés au centre de la pièce, avec le mini-ordinateur apporté par Arisa. Leurs réactions furent à peu de choses près celle que Clarisse avait eu quand elle avait visionnée le film pour la première fois. Ils semblèrent d'abord attristés, puis choqués, mais aucun ne sembla surpris le moins du monde par ces images, sauf les deux plus jeunes, qui n'avaient assistés à ces événements que de loin et étaient très jeunes à l'époque. Cependant, ils semblèrent plus intéressés par la deuxième partie de l'enregistrement, celle qui se déroulait sur Mustafar. Ils resserrèrent alors leur cercle et murmurèrent entre eux.
Arisa se rapprocha pour tenter de comprendre leurs paroles, mais quelque chose lui souffla que ça ne la regardait pas. À un moment donné, ils firent un arrêt sur image et tous les quatre se tournèrent d'un bloc vers Tiana, qui sommeillait dans un coin. Ils firent l'aller et retour entre l'image sur l'écran et la jeune fille couchée dans son coin jusqu'à ce qu'elle lance, excédée :
- Voulez-vous bien arrêter ce petit manège et me dire enfin qui est cette femme?
Les deux plus jeunes des Jedi sursautèrent car ils la croyaient endormie mais leurs aînés se contentèrent de la regarder avec des yeux emplis de tristesse. L'un d'entre eux, une Bothane à la fourrure grise et noire, s'avança et répondit :
- Vous ressemblez à une des dernières sénatrices du Sénat Républicain, Padmé Amidala de Naboo. Elle a été une politicienne de grand talent et une femme d'une grande force morale. Elle est décédée il y a une vingtaine d'années alors qu'elle était enceinte. Le père de l'enfant est demeuré inconnu jusqu'à maintenant.
- Ça me rappelle quelque chose, maintenant. Lors de ma première année à l'Université, je suis arrivée en retard à l'un de mes premiers cours…
- En retard? Tiens, tiens, on en apprend de bonnes aujourd'hui! Coupa Arisa en riant
- Ho, ça va, hein! Je ne connaissais pas encore les lieux à cette époque!
Les Jedi sourirent à ce petit échange verbal mais reprirent bien vite leur sérieux, demandant à Tiana de poursuivre son explication.
- Oui, heu, quand je suis entrée dans la classe, le professeur m'a présentée à tout le monde. Bien que j'aie été un peu gênée, j'ai tout de suite remarquée que deux d'entre eux me regardaient fixement, comme s'ils ne pouvaient en croire leurs yeux. Après le cours, j'ai décidée de les attendre et de leur demander pourquoi ils m'avaient fixés de la sorte. Ils me dirent que c'était parce que je ressemblais trait pour trait à une ancienne sénatrice de leur monde natal, Naboo, qui s'appelait Padmé Amidala et avait eu la réputation d'être d'un caractère fort et d'aimer profondément la République.
Les Jedi hochèrent la tête en signe de compréhension et retournèrent à leur enregistrement. Ensuite, ils se parlèrent pendant quelques minutes encore, puis Clarisse revint vers les deux jeunes filles. Tiana s'était endormie dans un coin et Arisa n'était pas loin de faire de même. À ce spectacle, Clarisse eut un sourire attendri et regretta de devoir tirer ces jeunes filles de leur sommeil. Elle secoua doucement Tiana par l'épaule et celle-ci se réveilla en clignant des yeux comme une chouette éblouie, puis tourna son regard ensommeillé vers Clarisse. Arisa s'était, quant à elle, redressée et portait maintenant attention à la conversation.
- Mes enfants, je vais maintenant aller à la rencontre de la femme qui pourra vous mettre en contact avec les Rebelles. Restez ici, sous la protection des mes amis et dormez un peu, vous en avez bien besoin.
Elle amena deux couvertures et en couvrit les deux jeunes filles comme elle l'aurait fait pour deux enfants sortant à peine d'un terrible cauchemar. Les autres Jedi eurent un regard attendri devant cette scène. Ils pensèrent que Clarisse avait toujours eu un instinct maternel surdéveloppé qu'elle avait eu bien du mal à contenir lorsqu'elle était guérisseuse au Temple Jedi. Elle était très populaire auprès des plus jeunes enfants du Temple et certains se rendaient même intentionnellement malade pour être soignés par elle. Les deux filles ne tardèrent pas à sombrer dans un profond sommeil et Clarisse quitta alors le refuge pour aller rencontrer une vieille amie d'Alderaan qui faisait du recrutement pour les Rebelles.
Pendant ce temps, au principal centre médical de Coruscant, le Général Damian et le Commandant Trenton étaient installés dans une salle de soin. Le premier regardait le médecin soigner la jambe du second en y appliquant des bandages au bacta.
- Je n'ai jamais vu une blessure de ce type auparavant. Vous avez eu de la chance, Commandant. Si l'os avait été coupé, nous aurions été obligés de vous amputer la jambe. Commenta le médecin.
Encore un peu abruti par l'analgésique que le médecin lui avait injecté, Trenton s'allongea ensuite sur le lit en soupirant de soulagement. Il ferma les yeux quelques secondes et prit une profonde inspiration pour chasser les derniers souvenirs de douleurs dut à leur marche dans les rues de Coruscant. Fort heureusement, une troupe de Commandos finit par passer par là et leur demanda s'ils avaient besoin d'aide. Le Général Damian leur répondit que, effectivement, ils avaient besoin d'aide pour se rendre au centre médical le plus proche. Ces derniers ouvrirent la marche et l'un d'entre eux soutint Trenton pour l'aider à marcher.
Une heure plus tard, Damian sortit Trenton de son assoupissement en le secouant par l'épaule. Celui-ci se réveilla aussitôt et tourna les yeux vers Damian.
- Nous devons discuter d'un sujet important Trenton, et pour cela, j'ai besoin que vous soyez éveillé. Comment allons-nous expliquer un tel fiasco à l'Empereur et espérer en sortir en un seul morceau, dites-moi?
Alors qu'il prononçait ces paroles, il vit le visage du Commandant prendre une vilaine teinte grisâtre et ses yeux s'exorbiter alors qu'il fixait un point situé derrière le Général.
- Qu'avez-vous Trenton? On dirait que vous avez vu un revenant.
Une voix glaçante et aigue se fit alors entendre et le Général pensa : '' Ho non! Je suis mort…''
- J'aimerais bien entendre cette explication, Général Damian, et j'espère, pour votre santé, qu'elle sera convaincante.
Finalement, au bout de quelques secondes d'hésitation, il se retourna et se retrouva nez à nez avec l'Empereur. Le Seigneur Vador et deux gardes impériaux se tenait derrière lui.
- Alors? J'attends toujours cette explication, Général… Continua l'Empereur d'un ton badin. Je vous croyais parti arrêter deux frêles jeunes filles, pas un troupeau de gundark enragés! Continua-t-il d'un ton qui ne présageait rien de bon pour l'infortuné Général si la réponse ne le satisfaisait pas.
Au bout de quelques minutes, voyant que le Général Damian ne parvenait pas à articuler un mot, Trenton se lança dans le récit de toute l'histoire, depuis leur arrivé dans les Bas-fonds jusqu'au moment où les Jedi étaient apparus. Il continua alors, d'un ton un peu moins sûr, car il arrivait au moment où leur capture réussie se transformait en lamentable débâcle.
- Ces gens avaient des armes semblables à celle du Seigneur Vador. Dit-il en pointant le sabre pendu à sa ceinture. Ils se déplaçaient à une vitesse inhumaine et l'un d'entre eux à manipuler l'esprit du Général pour lui faire faire certaines choses. Il avait alors le regard plus vide que d'habitude. Conclut Trenton avec un ricanement nerveux.
L'Empereur regarda alors Damian dans les yeux et lança sur le ton de la conversation :
- En effet, les Jedi avaient le pouvoir d'influencer les esprits faibles… Il se tourna alors vers Trenton et lui dit : Votre blessure est le prix de votre échec, Commandant Trenton, alors je vous saurai gré de sortir tout de suite de la pièce.
Le médecin amena Trenton à l'extérieur et celui-ci croisant le regard du Général, se dit que pour rien au monde il ne voudrait être dans ses bottines. L'Empereur se retourna alors vers le Général Damian et lui demanda, toujours sur le ton de la conversation :
- Alors, Général, avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense?
Retrouvant soudainement l'usage de la parole, Damian baissa la tête et dit d'un ton résigné :
- Non, mon Maître. J'ai échoué. Je mérite une punition…
- Nous sommes d'accord sur ce point, Général. Conclut l'Empereur
L'Empereur remarqua alors que le Général tremblait comme une feuille, et que son regard restait rivé sur la pointe de ses bottes comme un enfant pris en faute. L'Empereur sourit et fit signe au Seigneur Vador, qui se contenta de lever la main et d'immobiliser complètement le Général. Celui-ci ne pouvait plus remuer un muscle et son tremblement s'était même atténuer.
L'Empereur leva alors ses mains squelettiques et pointa ses doigts vers Damian. Celui-ci eut à peine le temps de se demander ce qui allait se passer quand des éclairs bleues jaillirent des doigts de l'Empereur et le frappèrent de plein fouet. La douleur fut telle qu'il tomba sur le sol, prit d'horribles convulsions. Il ne pouvait émettre aucun son et son visage était déformé par la souffrance. Heureusement pour lui, le supplice prit fin au bout de dix secondes à peine, qui lui parut cependant durer des heures.
Quand l'Empereur baissa de nouveaux les mains, il posa le regard sur lui et dit d'un ton léger :
- Ce sera tout pour aujourd'hui, Général. Soyez un peu plus vigilant, la prochaine fois.
Puis, il tourna les talons et quitta la pièce sans attendre de réponse, suivi par le Seigneur Vador et ses deux gardes. Une fois qu'il eut quitté la pièce, le médecin se précipita au chevet de Damian et constata que celui-ci ne souffrait que de légères brûlures et d'une décalcification massive de ses os. Il s'empressa de le faire mettre au lit par des aides-soignants et lui administra le traitement approprié. Dans son coin, le Commandant Trenton regarda toute la scène avec des yeux effrayés et se dit par la suite qu'en effet, il était content de ne pas être dans les bottes du Général, ce jour-là.
Quelques heures plus tard, dans la pièce secrète située dans les anciennes fondations du Temple Jedi, Tiana commença à émerger de son profond sommeil. Elle cligna des yeux puis se redressa en se disant qu'elle ferait bien d'aller prendre une bonne douche, avant de se rappeler qu'elle n'était pas du tout chez elle. Elle eut alors un soupir nostalgique en songeant à tout ce qu'elle avait perdu en l'espace de quelques jours seulement, mais elle chassa vite ses idées noires. L'un des Jedi vint alors s'asseoir près d'elle et lui dit d'un ton compréhensif :
- Il est difficile de changer de vie en quelques heures seulement.
- J'ai du mal à croire qu'il y a seulement quelques heures, ma principale préoccupation était de savoir si j'allais avoir de bonnes notes à mes examens. Maintenant, je suis une fugitive recherchée par l'Empire qui doit trouver un moyen de quitter la planète le plus rapidement possible. C'est étrange de constater à quel point les choses peuvent changer en l'espace de 24 heures… Continua Tiana, d'un ton pensif.
Le Jedi lui tapota gentiment l'épaule et lui adressa un sourire encourageant. À ce moment, Clarisse entra dans la pièce en silence et s'approcha des deux jeunes filles. Elle secoua doucement Arisa par l'épaule pour la réveiller et leur tendit de grandes capes en leur disant de les mettre afin de dissimuler leurs traits, car ils devraient remonter dans les niveaux supérieurs.
- N'est-ce pas dangereux pour vous de vous aventurer dans les niveaux supérieurs, Clarisse? Demanda Arisa
- N'aie aucune inquiétude pour moi, ma fille, ce n'est pas la première fois que je dois remonter dans les niveaux supérieurs et j'en suis toujours revenue, comme tu peux le voir. Tu n'es pas la première que je conduis vers les agents Rebelles.
Arisa hocha la tête et lui sourit, puis tous sortirent de la pièce et revinrent dans la petite ruelle qui y menait. Elles repassèrent par les lieux ou avait eu lieu l'échauffourée avec les impériaux mais n'en décelèrent plus aucune trace. Arisa en fut étonnée et Clarisse lui expliqua que leurs amis des Bas-fonds s'étaient chargés de faire disparaître toutes les preuves. Arisa et Tiana avaient parfois l'impression d'être seules avec Clarisse car elles ne pouvaient apercevoir les autres Jedi, même si elles savaient qu'ils les suivaient encore. Ils arrivèrent au bout de quelques minutes supplémentaires devant un turboélévateur qui les conduisit vers la surface. Peu après, elles arrivèrent devant un petit casse-croûte à l'aspect miteux aménagé à l'intérieur d'un vieux transport désaffecté. Tiana lui demanda si elle avait déjà eu le courage de manger à cet endroit, et elle lui répondit que non, elle n'avait jamais eu faim à ce point-là…
Tiana éclata de rire et elles pénétrèrent toutes trois à l'intérieur du pseudo bâtiment car lui faire l'honneur de le qualifier de bâtiment aurait été presque jusqu'à l'élever au rang d'un quatre étoiles. Une fois à l'intérieur, Clarisse les conduisit vers une table ou une personne vêtue d'une grande cape à capuchon était déjà installée. Tiana remarqua que la plupart des clients présents étaient vêtus de la même manière. Clarisse leur fit signe de prendre place puis s'installa de l'autre côté de la table, près du personnage encapuchonné.
- Il paraît que vous avez quelques ennuis avec les forces impériales, mesdemoiselles? Commença la capuche d'une voix féminine.
- En effet, nous devons quitter la planète au plus vite. Répondit Arisa
- En cela, nous pouvons certainement vous venir en aide. Reprit la femme au capuchon
Tiana eut alors un éclair de reconnaissance et se rappela ou elle avait déjà entendu cette voix. Se penchant en avant, elle dit à voix basse :
- Winter, c'est vous?
L'autre femme eut comme un sursaut puis sembla se détendre. Elle repoussa juste assez sa capuche pour que ses traits soient reconnaissables puis répondit en regardant Tiana dans les yeux :
- Vous avez des sens aiguisés et une bonne mémoire, Tiana.
- Nous avons souvent jouée ensemble quand nous étions enfants, sur Alderaan, Winter, vous, moi et la Princesse Leia. Nous nous sommes rencontrées à nouveau il y a que quatre mois, lors de mes dernières vacances, quand je suis venue voir mon oncle Yoann au palais.
- Je m'en souviens, bien sûr. Je suis heureuse de vous revoir, Tiana. Je suis sûre que la Princesse sera aussi ravie d'avoir de vos nouvelles. Qui est votre amie Twi'lek?
- Je m'appelle Arisa, madame, et je suis une amie de Tiana depuis peu de temps seulement. Répondit Arisa
- Juste assez pour qu'elle soit dans les ennuis jusqu'au cou avec moi, Winter. Soupira Tiana
Arisa lui donna alors un coup de coude dans les côtes en disant :
- Comment aurais-tu put savoir que cette disquette avait une telle importance? Aucun de tes deux amis n'a eu le temps de te le dire…
- Puis-je voir cette fameuse disquette, mesdemoiselles, si cela ne vous ennuis pas. Coupa Winter en tendant une main.
Tiana y déposa la disquette en lui recommandant de ne pas l'écouter ici. Winter prit un air faussement offensé avant de répondre :
- Je ne suis pas une idiote, Tiana. J'attendrai que nous soyons en sécurité… Ajouta-t-elle avec un rire léger. Un transport en route vers une base rebelle part dans deux heures. Vous serez à bord.
Elles hochèrent la tête et quittèrent le bouge. Avant qu'elles ne sortent, Winter lui lança :
- Ne vous en faîtes pas pour la disquette, Tiana, je vous la rendrai avant votre départ.
- Ça me fera des vacances de ne pas l'avoir sur moi. Il commençait à me peser un peu, je dois dire.
Winter lui sourit et elles quittèrent le bouge après que celle-ci leur ait donné les coordonnés du transport et le mot de passe pour pouvoir y pénétrer. Elle se tourna alors vers Clarisse et lui demanda de prendre bien soin de ces deux jeunes recrues pendant encore deux heures. Celle-ci acquiesça avec un sourire et partit dans la direction opposée avec Arisa et Tiana.
Au centre médical, le Général Damian se remettait lentement de sa dernière entrevue avec l'Empereur, mais tous ses os le faisaient souffrir énormément. Il se dit qu'il allait s'en rappeler longtemps de cette entrevue-là et qu'il espérait que l'Empereur allait l'oublier pendant un certain temps. Un médecin entra alors dans la chambre et lui annonça que sa femme et sa fille étaient là et qu'elles voulaient le voir.
- Faites-les entrer, docteur. Dit Damian en se redressant sur son lit.
C'est alors que sa fille de quatorze ans entra dans la pièce comme une tornade et alla se jeter au cou de son père en criant :
- Papa!
- Bonjour, ma chérie! S'il te plaît, serre un peu moins fort, j'ai encore un peu mal. Dit-il avec une grimace de douleur.
Sa fille le reposa alors doucement sur les oreillers et fit un pas en arrière. Il posa alors le regard sur sa femme qui venait d'entrer dans la pièce et vit qu'elle semblait sur le point d'exploser de colère. Il ne se sentait pas suffisamment en forme pour subir une seconde réprimande dans la même journée. Il se dit cependant que celle de sa femme serait sans doute moins violente que celle de l'Empereur….
Voyant cela, il tourna la tête vers sa fille et lui dit :
- Je crois que tu devrais suivre le docteur et ce gentil monsieur hors de la chambre, ma chérie. Dit Damian en désignant Trenton qui venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte. Je crois que ta mère n'est pas d'humeur à attendre….
Darenna regarda l'air courroucé de sa mère et le visage contrit de son père et suivit Trenton hors de la pièce en ricanant. Trenton jaugea la situation et préféra se retirer dans le couloir avec le médecin et l'adolescente, tout en songeant, pour la troisième fois de la journée que, décidément, il ne voulait pas être dans les bottes du Général ce jour-là…
Au moment où la porte se referma derrière eux, la pièce sembla vibrer sous les assauts de la voix de la femme du Général. L'adolescente se retourna vers la porte en riant de plus belle, surtout quand sa mère commença à égrener toutes sortes de noms d'oiseaux sans doute destinés au seul autre occupant de la pièce. Trenton semblait quelque peu gêné d'assister, ou du moins d'entendre, son supérieur se faire vertement réprimander pour la seconde fois de la journée et il s'éloigna de quelques pas dans le couloir en disant :
- Le Général passe vraiment une très mauvaise journée! Au moins, l'Empereur ne hurlait pas lui, même si sa réprimande fut sans aucun doute plus douloureuse.
À ces propos, l'adolescente s'approcha de lui et se mit à le harceler de questions pour savoir comment son père s'était retrouvé dans ce lit. Acculé contre un angle du mur, Trenton se sentit comme pris au piège et, pour avoir la paix, lui fit une réponse très sibylline :
- Bien, heu, pour résumer, nous avons poursuivis deux rebelles dans les Bas-fonds et, au moment ou nous allions les embarquer, ils ont reçus des renforts.
- Combien étaient les Rebelles? La pressa encore la jeune fille
- Entre 15 et 20, j'en sais trop rien…Ça pétaradait dans tous les coins, tu sais! Nos hommes tombaient comme des mouches et, quand nous avons pu relever la tête, les Rebelles avaient tous disparus et nous, nous étions les seuls survivants.
- Et les Rebelles après qui vous courriez? À quoi ressemblaient-ils?
- C'était deux jeunes filles. L'une d'entre elles était une Twi'lek alors que l'autre était humaine. Elles étaient toutes les deux assez mignonnes, quoique l'humaine soit un peu trop intelligente pour mon goût….
- Alors vous avez rencontrés des vrais Rebelles? Qui font partis de la vrai Rébellion? S'enthousiasma l'adolescente
- Oui, ma petite, de vrais et authentiques Rebelles avec un grand '' R '' ! Lui répondit Trenton en riant.
- La fille après qui vous courriez, l'humaine, elle doit être dans la vingtaine pour être à l'Université, non? S'interrogea Darenna
- En fait, non. Elle n'a que 18 ans et est à l'Université depuis trois ans. Elle y est rentrée quand elle n'avait que 15 ans, tu te rends compte? La taquina Trenton
La jeune fille prit un air indigné, comme s'il venait d'insulter son intelligence, mais ne put s'empêcher de dire :
- C'est pas juste! Je n'ai même pas encore finie le lycée, moi!
Dans la chambre, il semblait que l'orage fut passé et le calme était revenu après la tempête. Darenna se tourna vers la porte et prit la parole sur un ton amusé :
- C'est ma mère tout craché, ça. Comme les orages en été, c'est court mais très violent!
- Va donc retrouver tes parents, ma petite. Je dois aller régler quelques affaires personnelles ailleurs. Conclut Trenton avant de s'éloigner en boitillant dans le couloir…
Deux heures après leur rencontre avec Winter, Tiana, Arisa et Clarisse se rendirent jusqu'au spatioport que leur avait indiqué la jeune femme. Elles arrivèrent enfin proche d'un vaisseau qui avait l'aspect d'un courrier sénatorial et dont le signalement correspondait à celui qu'on leur avait donné. Clarisse les accompagna jusqu'à la rampe et les serra dans ses bras, l'une après l'autre. Tiana lui murmura à l'oreille d'un ton où pointait la tristesse :
- Merci pour tout, Clarisse. Vous remercierez aussi vos amis de notre part, d'accord?
- Bien sûr, n'ayez crainte. Puis, les prenant par la main : N'oubliez pas, cacher vous dans les ombres. Ne les craignez pas, elles vous protègeront…
Elle les embrassa une dernière fois comme si elles étaient ses propres filles, puis quitta la plate-forme d'embarquement en courant. Quand elle fut hors de vue, Tiana se tourna vers Arisa et lui demanda d'un ton excité :
- Prête pour le grand saut?
- Plus que jamais! Répondit-elle sur le même ton.
Elles s'approchèrent des gardes qui attendaient devant la rampe d'embarquement et ceux-ci leur demandèrent le mot de passe, que Tiana s'empressa de leur donner.
- Bienvenue à bord, mesdemoiselles, nous vous attendions. Vous êtes les dernières à embarquer. Il les laissa passer, puis, semblant se rappeler quelque chose : Ho, à propos, Winter voulait que je vous remette ceci.
Le garde lui tendit la disquette qui lui avait causé tellement d'ennuis et elle le prit en le remerciant, puis monta dans le vaisseau. Les gardes leurs emboîtèrent le pas et remontèrent la rampe. L'un des gardes les conduisit vers l'une des soutes qui avait été réaménagé en transport de passagers. Elles virent qu'il y avait là, une vingtaine de passagers, humains ou non humains, dont un immense wookie au pelage noir et brun. Elles se trouvèrent des places entre une rodienne à l'expression indéchiffrable pour un humain et un jeune calamarien qui serrait nerveusement un sac sur ses genoux. Le calamarien se tourna vers Tiana, qui était la plus proche de lui, et demanda d'une voix nerveuse :
- Vous êtes sûre que le vaisseau ne sera pas fouillé?
- Je peux vous l'assurer. C'est un transport diplomatique et, pour le fouiller, il leur faudrait un mandat officiel et l'accord du sénateur à qui appartient le vaisseau. Vous pouvez être tranquille, l'ami, on n'aura aucun problème pour décoller.
Comme pour prouver ses dires, les moteurs du vaisseau s'allumèrent et il décolla, passant les défenses de la planète sans rencontrer la moindre anicroche. Le calamarien ne se calma complètement que quand ils furent entrés dans l'hyperespace et se renfonça alors dans son fauteuil en soupirant de soulagement.
- Tu vois, je te l'avais bien dit!
À ce moment, la porte s'ouvrit et deux gardes entrèrent, l'un d'eux portant un plateau sur lequel s'alignaient de petits gobelets et l'autre poussant un mini chariot élévateur portant une vingtaine de bouteille d'eau. Un autre garde fermait la marche, celui-là poussant un chariot sur lequel s'alignait des piles de couvertures. Le premier garde prit la parole :
- Mesdames et messieurs, humains et non humains, un peu d'attention s'il vous plaît!
Toutes les conversations se turent d'un coup et vingt regards intrigués se tournèrent vers lui.
- Bien ! Reprit-il. Maintenant, nous allons devoir procéder à une formalité malheureusement nécessaire. Dans ces gobelets, se trouve un somnifère dosé pour chacun d'entre vous d'après votre taille et votre poids. Le gobelet vert est pour le wookie! Si quelqu'un d'autre avait le malheur de le prendre, il serait endormi, au mieux pour une semaine, au pire pendant un bon mois!
Cette réplique déclencha l'hilarité générale, elle-même couverte par le rire grondant du wookie. Quand le calme fut revenu, la rodienne leva la main pour demander la parole.
- Oui, mademoiselle?
- J'ai deux questions à vous poser, si vous le permettez. L'autre lui fit signe d'un geste de poursuivre. D'abord, pourquoi cette formalité? Et ensuite, nous allons vraiment dormir pendant tout le voyage?
- Pour répondre à ta première question, c'est très simple. Loin de moi l'idée de vous insulter de quelques façons que ce soit, mais il est possible qu'un agent impérial ce soit glissé dans votre groupe. Pour que tout risque soit écarté que notre base ne soit localisée, il vaut mieux que vous ne sachiez pas ou nous allons avant d'y être arrivé. Nous nous assurerons d'ailleurs que vous avez tous pris votre somnifère tout à l'heure. Pour répondre à la seconde question, oui, vous allez dormir pendant tout le voyage. Ne vous inquiétez pas, la douche et le petit déjeuner vous serons fournie dès notre arrivé!
De nombreux rires ponctuèrent la déclaration et le garde leur fit signe de se tourner vers l'autre côté de la soute en disant :
- Veuillez vous choisir chacun une couchette. La plus grande est pour le wookie! Je ne voudrais pas que vous soyez ankylosé à votre arrivé, très cher.
D'autres éclats de rire fusèrent et celui du wookie couvrit encore tous les autres. Il ajouta quelque chose en retenant un éclat de rire, ce qui rire Tiana à gorge déployée. Elle se tourna vers le wookie et lui dit :
- Quelle humour! Elle était bien bonne celle-là!
- Qu'est-ce qu'il a dit? Demanda le calamarien.
Elle se tourna vers lui mais répondit d'une voix assez forte pour que tout le monde entende :
- Il a dit que si, par malheurs, il trouvait quelqu'un dans sa couchette, il le virerait de là à grand coup de pied dans le train!
Tout le monde éclata de rire et plusieurs des aspirants Rebelles se tournèrent vers le wookie en lançant des : '' Bien dit!'', d'une voix forte. Tous se dirigèrent alors vers leur couchette respective et s'y assirent. Le garde commença alors la distribution.
- Le vert, c'est pour le wookie. Le bleu, pour le calamarien. On vous à préparer un somnifère sous forme liquide. Le rouge est pour la rodienne et l'orangée pour la Twi'lek. Les deux mauves sont pour les Bothans, le reste pour les humains.
Il appela donc chacun des Rebelles à tour de rôle pour leur distribuer leur gobelet et une bouteille d'eau. Une fois que chacun fut venu prendre son gobelet et sa bouteille d'eau, le premier garde posa son plateau et se tourna vers le wookie :
- À vous l'honneur, mon cher! Si vous tombez à côté de votre lit, je préfère avoir pas mal de bras pour pouvoir vous y remettre! Mon dos ne s'est pas encore remis de la dernière fois que c'est arrivé.
Le wookie éclata de rire à nouveau et s'assit sur son lit, bien au fond. Au bout de quelques minutes, ses yeux commencèrent à se fermer et il se coucha pour éviter de tomber en avant. Le troisième garde posa alors une couverture sur lui. L'un après l'autre, les jeunes Rebelles sombrèrent dans le sommeil. Tiana fut la dernière à prendre son cachet, car sa couchette était la plus éloignée. Elle remarqua que la dose de son gobelet était la plus faible de toutes celles distribuées aux autres humains. Elle leva les yeux vers le garde et dit d'un ton légèrement sarcastique :
- C'est gentil de me faire remarquer que je suis la plus petite du groupe!
- C'est pas ma faute si vous êtes plus petite et plus mince qu'une humaine moyenne! Dit le garde en levant les bras.
Elle allait répliquer quand le wookie, à l'autre bout de la salle, se mit à ronfler bruyamment. Ils l'écoutèrent pendant quelques secondes, puis Tiana déclara :
- On dirait un vaisseau en phase de décollage, vous ne trouvez pas?
- Pour ma part, je pencherais plutôt pour une course de proto-jet sur Malastare mais je suppose que c'est une question de perception…
- J'en sais rien, je suis jamais allé sur Malastare.
- Moi, une seule fois, au cours d'une mission.
Elle avala alors son cachet et attendit patiemment qu'il fasse effet. Elle lança cependant cette réplique :
- C'est bizarre, c'est la première fois que je me drogue volontairement…
Elle commença alors à avoir les paupières lourde et se sentit étourdit. Avant de sombrer dans le sommeil, elle eut le temps de lancer une dernière plaisanterie :
- C'est vraiment de la bonne camelote que vous avez là, cher ami!...
- Le meilleur de la galaxie! Répliqua-t-il en l'aidant à se coucher et en lui mettant une couverture sur le dos.
Il rejoignit alors ses compagnons et ils quittèrent la pièce. Le premier garde lança :
- Nous avons vraiment ramassé une bande de boute-en-train, cette fois-ci!
- Oui, en particulier la petite humaine et le wookie!
- Elle n'a pas la langue dans sa poche, cette mignonne! Ça doit être pour ça qu'elle a des ennuis avec l'Empire. Conclut le premier garde.
Ils retournèrent alors dans le poste de pilotage pour vérifier leurs coordonnées et les ajuster au besoin. Ensuite, ils occupèrent leur temps comme ils le pouvaient.
-A SUIVRE-
