Je m'installai à Boston et me remit à étudier avec assiduité la médecine. J'avais définitivement pris la décision d'en faire un jour mon métier malgré un handicap certain. Après tout n'avais-je pas l'éternité devant moi ? Mais ce que je désirai avant tout était de noué des affinités avec des vampires partageant mes convictions. Je pensais trouver des personnes adoptant un mode de vie nouveau dans le nouveau monde. Malheureusement je déchantai assez vite. Les quelques vampire que je croisais, étaient des nomades, vivant surtout dans les régions montagneuses, chassant de temps à autres des humains.
En parallèle à mes recherches, je réussis à me lancer dans une carrière médicale, en devenant infirmier. Ainsi j'avais le sentiment d'aider les gens et de compenser en quelque sorte mon existence de monstre assoiffé de sang. Lorsque je travaillais au contact d'humains, tout le domaine du vampirisme me sortais de la tête si bien qu'une fois je cru être à nouveau un humain. Je m'en rendis compte lorsque je travaillai 13h à la suite sans me plaindre et sans ciller, et que mes camarades trouvèrent cela étrange. Seul le travail comptait, c'est ainsi que mes collègues me firent remarquer que j'étais un bourreau de travail et commencèrent à me questionner sur ma vie personnelle. Ils voulaient tout simplement apprendre à me connaître. Le seul ennui était que je restai assez distant étant donné ma nature. Mais au fur et à mesure que je les côtoyais, je me liai d'amitié avec eux. Le temps passait et le fait de ne pouvoir leur révéler ma véritable nature, m'empêchait d'être véritablement à l'aise et épanouie. Surtout lorsque mes camarades garçons commencèrent à vouloir me caser. Mon physique assez avantageux devait les laisser perplexe quant à mon célibat. Dès cet instant, je cessai progressivement tout contact autre que professionnel avec eux. Désormais nous entretenions des liens de courtoisie, et ma solitude n'en fut que renforcé.
En 1905, je décidai donc de changer de ville pour m'installer à Columbus dans l'Ohio, pour enfin devenir médecin. J'étais désormais un médecin de campagne. La vie là-bas était fort plaisante.
