Merci à tous pour vos messages et vos favs ! Je suis contente que ça vous plaise autant !
bluemoonmaverick me charge également de vous remercier ! Elle est ravie de savoir que vous aimez son histoire et que vous la suivez !
Voici l'avant-dernier chapitre... Bientôt le dénouement ! :D
Bonne lecture !
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Le jour suivant, Jack et Sam marchèrent toute la matinée à travers prés mais en début d'après-midi, ils étaient de retour dans la forêt. Cependant, avant qu'ils ne pénètre à l'intérieur, Jack jeta un dernier coup d'œil au ciel et fronça les sourcils. Plusieurs nuages s'étaient amoncelés au cours de leur marche et derrière eux, le ciel devenait menaçant.
« Ne traînons pas ici, Carter. Je n'aime pas l'allure de ces nuages. »
Sam se retourna pour regarder aussi.
« On risque d'avoir besoin d'un abri si ça vient par ici. »
« Oui. Et je suis inquiet à l'idée qu'on perde la piste. En avant. »
Ils avaient marché pendant plus de deux heures lorsque la tempête les atteignit. L'instant d'avant, la forêt était paisible, l'instant d'après, un vent fort déchirait la cime des arbres, rapidement suivi par une pluie diluvienne. Jack et Sam furent instantanément trempés. Pire encore, le sol devint boueux et glissant ; il fut très vite impossible de suivre les empreintes de Teal'c. Le ciel gronda.
« Il faut se mettre à couvert ! » hurla Jack par-dessus le rugissement du vent. Il leva la tête : « Ces arbres m'inquiètent ! »
« Oui, Mon Colonel ! » hurla Sam en réponse.
Elle pointa du doigt une zone rocheuse et surélevée à quelques centaines de mètres de leur position.
« Il y a peut-être quelque chose, là-bas ! »
Jack n'était pas ravi d'avoir à marcher plus longtemps dans la tempête mais il ne voyait pas d'autre option. Plus d'une fois il avait vu des vents violents arracher de grosses branches et il ne voulait pas prendre le risque d'être écrasé sous l'une d'elle.
Avec précaution, ils se frayèrent un chemin en direction des rochers, glissant et dérapant dans la boue. Alors que Jack se retournait pour dire à Sam de faire attention sur la corniche, le rebord de celle-ci s'effondra sous elle et elle glissa dans une ravine.
« Carter ! »
Jack s'approcha du bord, aussi près qu'il le put, et regarda en bas. Il pleuvait à torrents il ne voyait rien du tout.
« Carter ! » hurla-t-il par-dessus bord.
Il n'obtint pas de réponse. Il pria et chercha alentours un chemin praticable. Il n'en vit aucun et pria encore.
Jack enjamba l'arrête avec précaution, à la recherche de prises sur la paroi inclinée, boueuse et glissante. Doucement, il descendit, s'accrochant aux buissons et petits arbres, creusant des trous dans la terre molle avec la pointe du pied. A intervalles réguliers, il s'arrêtait, cherchait Sam et criait son nom. Et comme elle ne répondait pas, plus il approchait du fond de la ravine, plus il était inquiet.
Enfin, la pluie torrentielle se fit moins drue et la visibilité s'en trouva considérablement accrue. Il regarda en contrebas : il s'aperçut qu'il était presque arrivé et qu'une rivière fraîchement formée coulait sous ses pieds. Un petit peu plus loin en aval, il vit Sam, étendue sur la berge, à moitié submergée par l'eau.
« Sam ! » appela-t-il.
Elle ne bougea pas.
Jack rejoignit rapidement sa position et sentit ses entrailles se serrer lorsqu'il prit conscience de son état. A priori, il n'y avait pas de sang ni d'os cassés mais il était évident qu'elle était inconsciente. Son visage était pâle et ses lèvres bleues. Les doigts de Jack tremblèrent quand il les posa sur son cou, priant pour sentir son pouls mais il ne sentit rien et une vague de désespoir le balaya.
« Pitié, Sam », supplia-t-il doucement et sa voix se brisa sur son nom.
Il déplaça légèrement ses doigts et le soulagement le submergea lorsqu'il sentit enfin un battement, faible mais bien présent.
Il savait qu'il devait la tirer hors de l'eau mais il devait d'abord s'assurer qu'elle ne s'était pas brisé le dos ou la nuque.
« Sam », dit-il en lui tapotant le visage. « Sam ! »
Elle battit des paupières tandis que Jack continuait de lui tapoter le visage en répétant son nom.
« Arrêtez », marmonna-t-elle calmement. « Mon Colonel », ajouta-t-elle après un instant.
Un faible sourire apparut sur son visage. Il le lui retourna.
« Vous pouvez bouger les doigts ? »
Sam leva les mains et agita ses doigts pour lui.
« Bien. Et vos pieds ? »
Sam plia les jambes et grogna.
« Où avez-vous mal ? »
« Partout », répondit-elle.
Elle leva une main jusqu'à l'arrière de son crâne.
« Ma tête. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Vous avez décidé de prendre un raccourci par le bas de la colline. Vous avez dû vous cogner la tête et vous évanouir. »
« J'ai froid », dit-elle.
Jack la vit frissonner. Il fallait qu'il la sorte de l'eau et qu'il l'emmène dans un endroit chaud et sec. Le problème, c'est qu'il pleuvait toujours des cordes et que l'abri tant espéré était maintenant loin au-dessus d'eux.
« Vous pouvez vous lever ? » demanda-t-il.
Sam se mit à trembler.
« Je… crois, oui. »
« Venez. »
Jack l'enveloppa de ses bras et l'aida à se remettre sur pieds puis l'entraîna hors de l'eau.
« Rien de cassé ?
Sam fit quelques pas.
« Non, je suis juste endolorie. Et j'ai froid. »
Elle porta de nouveau la main à l'arrière de sa tête.
« Laissez-moi regarder », dit-il doucement, se plaçant derrière elle.
Il ne voyait pas de sang mais sentit une bosse en devenir.
« On dirait que vous avez fait du sale boulot avec l'arrière de votre crâne. Vous avez peut-être une commotion. »
Elle sourit.
« Ce ne serait pas la première fois, Mon Colonel. »
Elle s'enveloppa de ses bras et Jack vit la nuance de bleu revenir sur ses lèvres. Bien que le vent soit tombé, il pleuvait sans discontinuer. Jack calcula que Sam était restée dans l'eau pendant au moins 45 minutes et ils étaient à approximativement une heure de la tombée de la nuit. Il savait que s'il ne trouvait pas rapidement un endroit chaud et sec, elle allait avoir de sérieux ennuis.
Il regarda autour d'eux mais ne vit rien du tout au-delà des parois étroites de la ravine.
« Restez ici », dit-il. « Je vais aller voir si je peux trouver un abri un peu plus en aval. » (Il l'aida à s'assoir loin au-dessus de l'eau.) « Et restez éveillée, Major. C'est un ordre. »
« Oui, Mon Colonel », répondit-elle en claquant des dents.
Plus il descendait le ravin, plus la panique grandissait. Lui-même n'était absolument pas en mesure d'escalader, encore moins d'aider Sam à le faire la terre était trop meuble et il n'avait pas de casque. Et jusqu'à présent, il n'avait rien vu d'autre que des arbres, de la boue et de l'eau, pas la moindre grotte ou affleurement rocheux comme il l'espérait.
Juste au moment où il allait abandonner et retourner vers son second, il remarqua que les parois du ravin s'affaissaient. Quelques centaines de mètres plus loin, celui-ci s'ouvrait sur une grande étendue plane où les arbres étaient uniformément espacés contrairement au reste de la forêt. Au premier regard, Jack cru voir plusieurs gros rochers éparpillés dans le paysage mais après un examen plus poussé, il se rendit-compte que les rochers étaient en fait les ruines d'une cité dont certaines constructions étaient encore partiellement debout.
« Bingo », marmonna-t-il en retournant vers Sam.
Lorsqu'il la rejoignit, il faisait presque nuit. Elle peinait à rester droite et il se précipita vers elle en l'appelant.
« Suis réveillée, Mon Colonel », marmotta-t-elle.
« Debout, Major. » (Une fois de plus, Jack l'attrapa sous les bras et l'aida à se relever.) « J'ai trouvé un abri, Carter. Il faut juste que vous marchiez un bout de chemin avec moi. »
« Oui, Mon Colonel », répondit-elle d'une voix à peine plus forte qu'un murmure.
Avec l'aide de Jack, Sam descendit lentement le ravin jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin à la cité en ruines. Alors que Jack marquait une pause pour chercher le meilleur abri possible, il sentit Sam s'affaisser. Il la prit dans ses bras et l'emmena jusqu'à la plus grande construction qu'il put trouver et dont le toit était toujours en partie intact.
Une fois à l'intérieur et à l'abri de la pluie incessante, il l'installa par terre et se mit en quête de quelque chose à brûler. Tout, dans les environs immédiats, était mouillé. Toutefois, il s'aventura plus loin dans l'habitation, il trouva des rangées et des rangées de livres dont certains paraissaient être secs. Il attrapa plusieurs volumes et commença à arracher les pages.
« Je crois que nous avons trouvé la bibliothèque, Carter. »
Il regarda son second, inquiet qu'elle ne réponde pas.
« Ne dites rien à Daniel », fit-il en continuant à arracher les pages des livres. « J'espère que c'est le Code d'Imposition et pas les volumes sur le sens de la vie, l'univers et tout ça. »
Aussi vite que possible, il utilisa son briquet pour lancer le feu, entassant les documents au-dessus, encore et encore, y compris des morceaux de ce qui semblait être une vieille table en bois qu'il trouva dans un coin. Lorsque le feu atteignit une taille adéquate, il aida une fois de plus Sam à se lever.
« Froid », chuchota-t-elle ; elle commençait à trembler violemment.
« Je sais », répondit-il. « Il va falloir enlever ces vêtements mouillés. »
Rapidement, il l'aida à se déshabiller jusqu'à ce qu'elle se retrouve en sous-vêtements puis il fit de même. Il l'attira à lui et entoura de ses bras son corps tremblant. Elle était glacée, elle avait la chair de poule. Il l'approcha aussi près que possible du feu et commença à frotter vigoureusement son dos. Malheureusement, son soutien-gorge et sa culotte étaient toujours trempés, ainsi que son caleçon. Jack ferma les yeux et soupira.
« Vous savez, Carter, je déteste avoir à le dire mais ce serait plus efficace si… »
« Allez-y », l'interrompit-elle.
Il hocha légèrement la tête, passa les mains à l'arrière de son soutien-gorge et le défit. Sam leva les yeux vers lui et dit en claquant des dents :
« En temps normal, je vous aurais incité à m'inviter à dîner d'abord. »
Il sourit.
« Partie remise ? »
« Oui, Mon Colonel. »
Elle recula légèrement pour lui permettre de faire glisser le soutien-gorge. Il tomba au sol et il fit son possible pour garder ses yeux sur le haut de son visage.
« Quand on rentrera, je vous offrirai un gros steak, des pommes au four et tout ce qui va avec », dit-il en enlevant son caleçon tout en gardant les yeux rivés aux siens.
Elle fit glisser sa culotte sur ses jambes.
« Il y aura du cheesecake ? »
Elle tremblait si fort à présent qu'elle eut des difficultés à terminer sa phrase.
« Bien sûr. »
Il l'attira de nouveau contre lui et la serra fort en essayant de se convaincre qu'elle n'était qu'un soldat sous ses ordres et qu'il faisait cela uniquement pour lui éviter l'hypothermie. Mais il n'était pas dupe. Il avait développé des sentiments pour elle ces dernières années, sentiments qu'il avait essayé de refouler et qui remontait maintenant à la surface. Qui plus est, il ne pouvait s'empêcher de remarquer à quel point ses formes douces épousaient parfaitement le relief brut de son corps. Ca n'allait pas être un problème de produire de la chaleur.
« Oh ça va beaucoup mieux. »
Elle gémit presque en disant cela et sa voix atteignit directement le bas-ventre de Jack. Il se racla la gorge.
« Ca m'aiderait vraiment, vraiment beaucoup si vous pouviez éviter de dire les choses de cette façon. »
Il sentit son sourire contre sa poitrine.
« Désolée, Mon Colonel. »
« Ça va. Ca pourrait être pire. Vous pourriez être Teal'c. »
Il était presque sûr qu'elle riait mais c'était difficile à dire tellement elle tremblait.
« J'espère qu'il va bien », marmonna-t-elle.
Il baissa la tête et la posa sur celle de Sam.
« Moi aussi, Carter. »
Après une minute, elle dit encore :
« Je suis vraiment fatiguée, Mon Colonel. »
« Venez là », dit-il en l'accompagnant au sol, tout près du feu.
Il la positionna de façon se mettre derrière elle pour la serra contre lui. Elle se laissa aller en arrière et s'endormit aussitôt.
Jack, préoccupé par l'éventualité d'une commotion, la réveilla plusieurs fois durant les heures qui suivirent. A chaque fois, elle se sentait mieux. Malgré tout, il la serrait quand même, utilisant la chaleur de son propre corps pour chauffer le sien.
A son dernier réveil, c'est Sam qui, d'elle-même, se serra contre lui et pour la première fois cette nuit-là, elle se sentit en sécurité. Ils étaient allongés l'un contre l'autre, le feu brûlait toujours, la réchauffant d'un côté tandis que le corps de Jack la réchauffait de l'autre.
Lentement, elle prit conscience de la façon dont Jack et elle étaient enlacés. Ses bras à lui, enveloppant les siens juste en-dessous de sa poitrine, sa tête à elle, reposant dans le creux de son épaule, et l'une des jambes de Jack était calée entre les siennes. Il lui vint alors à l'esprit que c'était là l'étreinte d'un amant et aussitôt, une vague de désir parcourut son corps.
Elle se blottit un peu plus contre lui et découvrit qu'il était aussi excité qu'elle. En fait, la preuve de son désir était maintenant pressée contre ses fesses et elle sut à cet instant qu'elle le désirait comme aucun homme avant lui. Lentement, elle prit sa main, l'approcha de ses lèvres et l'embrassa, espérant qu'il saisirait l'allusion.
« Ne faites pas ça », chuchota Jack.
Sam s'immobilisa puis ferma les yeux tandis que la honte l'envahissait. Comment avait-elle pu se fourvoyer à ce point sur la situation ? Apparemment, il ne faisait que son devoir d'officier supérieur en la protégeant de l'hypothermie. Il veillait sur sa subordonnée.
Sentant la tension de Sam dans ses bras, Jack poursuivit, d'une voix basse et rauque :
« Mon self-control ne tient qu'à un fil, Sam. »
Après un instant, il ajouta :
« J'ai passé la plus grande partie de la nuit à essayer de concilier mes sentiments pour vous, mon âge et nos rangs… et notre relation professionnelle. Je n'y suis pas arrivé. »
Elle laissa ses mots la pénétrer.
« Et si je me fichais de tout ça ? » demanda-t-elle doucement.
Il la serra plus fort.
« Le seul moyen pour que ça marche, c'est que l'un de nous quitte l'équipe. Et je ne suis pas prêt pour ça. Pas encore. »
Il avait raison, naturellement. Elle ne pouvait pas faire ses rapports auprès de celui avec qui elle couchait. Et cela n'avait rien à voir avec les lois. Il s'agissait d'intégrité – la sienne, celle de Jack et celle de l'équipe. Et comme lui, elle n'était pas prête à abandonner SG-1.
« Et maintenant, on fait quoi ? » murmura-t-elle.
Il soupira.
« On continue comme avant. Et on attend. Parce qu'un jour, Sam, on aura notre chance. C'est promis. »
Elle ferma les yeux alors qu'une larme unique glissait sur sa joue. Etant donné la nature de leur travail, elle n'était sûre de rien. Mais ils n'avaient pas d'autre choix que de s'accrocher et d'espérer, elle le savait.
« Ok », dit-elle enfin.
Il ne desserra pas son étreinte. Après un moment, sa respiration s'atténua et elle comprit qu'il s'était endormi. Il fallu un long moment avant qu'elle ne le rejoigne.
