Et encore la suite; bonne lecture.
Chapitre 4
Commencement
Les doux rayons de soleil traversèrent les charpentes et le bois pour venir se figer dans le foin et sur la peau de la jeune femme, créant un effet de rayure étrange sur tout le sol. Elle attendait ce moment depuis déjà des jours et des jours, mais à présent, ce n'était plus la peine; elle pourrait enfin prouver au monde qu'une femme peut tout aussi être mortelle qu'un homme, et que les Templiers ne feront plus régner la terreur au sein de la population, Nasséra prouverai de nombreuses choses à Altaïr; qui n'était toujours pas venu la chercher. Elle l'imaginai pourtant, déjà sur le seuil de la grange, avant même que le soleil ne se lève. Quelques minutes plus tard, elle entendit ses pas sur le sol, et descendit à son tour, pour lui faire face.
Il semblait gêné et ne dit pas un mots, quand à Nasséra, elle le suivis, encore une fois. Ils allèrent à pieds dans un endroit tranquille et proche de la cité, mais suffisamment caché pour que personne ne les surprenne, toute personne regardant au loin la scène aurait cru à deux amants, à la recherche de calme. C'était un large espace plat, sur une falaise; creusé naturellement dans la roche, au-dessus de l'eau, à une dizaine de mètres. L'accès était difficile, pour tout habitant normal, mais Altaïr et Nasséra atteignirent leur objectif sans grande difficulté; elle manqua cependant d'endurance après avoir passé plusieurs jours à ne rien faire, ses articulations et son cœur s'étaient encrassés. Il fallait donc qu'elle reprenne un entraînement dur et long pour retrouver pleinement ses capacités.
Une fois la zone atteinte, Elle fut surprise d'y voir installé le lit d'un feu récent ainsi qu'un drap servant certainement de couche au sol; la jeune femme allait sûrement passer du temps ici. Mais peut lui importait, elle étais capable d'endurer le pire du moment que l'on lui enseigne les techniques d'assassinats.
« –À présent, c'est ici que vous vivrez, et que vous dormirez. Vous n'aurez pas le droit de retourner dans la cité. Je vous apporterai eau et nourriture, et à chaque départ de mission, je viendrez vous chercher pour que vous puissiez m'accompagner.
Vous avez comprit ?
-Oui, j'ai comprit.
-Dorénavant, vous m'appellerez « maître ».
-Bien maître. »
Il hocha la tête en signe d'approbation.
-Voyons ce dont vous êtes capable, maintenant que vous êtes totalement guérie. Grimpez cette falaise. »
Il montra la falaise qui il y avait derrière eux, et qui surplombait la grotte. Nasséra eut un moment d'appréhension; devoir monter une falaise pareil, c'était la mort assurée si elle chutait, et elle n'était pas assurée. Elle se remémora cependant ce qu'elle s'était dit la veille; il fallait endurer le pire, alors elle se décida, et commença à grimper. D'abords avec un peu d'hésitation, puis avec fluidité et aisance. Il ne fallut pas longtemps à son corps pour se rappeler de toutes ses expériences passées, et la rouille disparut aussitôt. Elle monta tout en haut, à environ une vingtaine de mètre, à une vitesse qui lui parut raisonnable. De là où elle se trouva, elle aperçut Altaïr, qui lui fit signe de descendre, ce qu'elle fit, avec moins d'aisance. Nasséra prit alors le risque de se laisser tomber sur quelques mètres avant de se raccrocher à une prise. Le risque étant non-négligeable, elle pourrait de prendre trop de vitesse et de ne pas réussir à se rattraper.
Pourtant, et contre toute attente, elle y arriva sans souci; elle eut un peu mal aux mains sur le moment, mais pas de quoi se plaindre. L'Assassin l'observa un moment, avant de soupirer et de déclarer d'un air blasé, visiblement déçu:
« -Vous êtes bien plus douée que ce que je pensai…J'aurai aimé que vous abandonniez de suite…
-Vous n'avez donc jamais cru en moi ?
-Pas totalement, non. »
Sa réponse blessa la jeune femme, mais elle ne baissa pas les bras pour autant.
-Bien; pour ce qui est de l'agilité, de vous l'accorde, vous vous débrouillez bien: la vitesse viendra avec l'entraînement lors de mes missions. À présent, je vais commencer à vous entraîner au combat. J'ai pensé qu'il fallait mieux commencer en douceur avant de…
-Hors de question. Les Templiers ne seront pas doux avec moi car je suis une femme, ils riront sûrement quand je tirerai l'épée du fourreau, mais jamais ils ne se montreront délicats.
-Laissez moi décider de ce qui est bon pour vous, je suis votre…
– Supérieur ? Maître ? Sachant que rien n'est officiel, je ne vais pas me gêner pour dire ce que je pense.»
Altaïr ne répondit pas, il l'a regarda, les yeux ronds. Il avait rarement rencontré des femmes qui répondaient aux hommes; ou qui vivaient libres, tous simplement.
Les seules choses qu'ils connaissait de son sexe opposé était deux visions: la mère, ou l'amante. L'une ne servait qu'à la procréation, l'autre au désirs charnels. La femme qui se trouvait devant lui, n'avait pas de définition.
Du caractère ? Pas seulement, et Altaïr se demanda comment elle avait été élevé…Ce qui la rendit insaisissable, et cela avait le don d'agacer l'Assassin. Il ne se faisait pas remettre en place, mais elle coupait ses moyens, elle parvenait à lui tenir tête, et il ignorait comment réagir face à une telle créature. Elle reprit la parole, un sourire en coin:
« -Vous allez vite regretter; mais n'oubliez pas, vous m'avez donné votre parole. »
Nasséra était satisfaite de sa réplique lorsque qu'elle vit la crispation du jeune homme. Il grimaça une demi-seconde à peine, mais suffisamment pour qu'elle puisse s'en apercevoir; et il se maudit intérieurement pour cela. Il ne devait pas montrer ses faiblesses; mais qu'elle idée avait il eut à vouloir former une femme ? Surtout celle-ci; elle était désagréable et insolente. Etait-ce cela qui lui avait plut ? Ce caractère fort, et cette volonté de se battre ? Impossible. Elle était agaçante, et pénible…Et belle.
Altaïr reprit ses ésprits, il ne fallait pas qu'il s'égare d'une manière aussi grossière. Il devait la considérer comme un homme, puisque c'était son souhait:
« -Très bien, prennez ce sabre, et battez vous comme vous le pourrez. Vous voulez qu'on vous entraîne d'une manière forte, alors soit. Mais ne vous plaignez pas. »
Nasséra ne prit même pas la peine de répondre, et se saisit du sabre qui était posé contre la roche orangée. L'arme n'était pas très lourde; il avait eut la décence d'esprit de ne pas prendre l'arme la plus lourde, pour qu'elle puisse la manier avec plus de facilité. Altaïr quant à lui, était devenu plus agressif, et il dégaina sa lame, qui pendait à gauche de sa ceinture. C'était une épée à une main, légère et fine, non incurvée, et à double tranchants. La garde était simple, et la poignée recouverte de lanières en cuir rouge tressées. Le métal avait l'air tranchant et luisait au soleil.
La jeune femme ne savait absolument pas manier une arme, et à part le tir à l'arc, elle connaissait rien d'autre. Les quelques fois où un homme l'avait agressé, elle s'en était sortit en fuyant sur les toit, ou en le menaçant de sa dague; parfois, il suffisait d'un coup de genou bien placé; l'outil des hommes dont ils se vantent tant peut parfois être bien désavantageux !
Altaïr se mit en garde et Nasséra adopta la même position, l'imitant du mieux qu'elle pût. Ce fut l'Assassin qui attaqua en premier, avec beaucoup de force, comme pour se prouver à lui même qu'il était encore supérieur à une simple femme. Elle vit la lame arriver à toute vitesse, et par réflexe, elle para la lame de son adversaire avec son sabre. Le choc fut violent, et la jeune femme senti bien qu'Altaïr n'y allait pas de main morte, elle évita alors le second coup à la taille qui suivit; ce fut alors à son tour d'attaquer. Sa faible expérience des armes ne lui permit pas de donner un coup correctement effectué, et Altaïr, d'un simple geste du poignet, fit voler le sabre de Nasséra à plusieurs mètres de là. Elle se retrouva avec une lame sous la gorge, et le visage satisfait de l'Assassin.
« -Il vous faut donc si peu pour vous satisfaire ? Désarmer une personne non-entraînés ?
-Ne vous faîtes d'illusions, en rien votre défaite ne m'apporte satisfaction. »
Nasséra alla ramasser son arme, et le duel reprit.
oOo
Le rythme ne bassa pas une seule journée dans la semaine, et durant sept jours, elle ne cessa pas de se battre, d'escalader et d'apprendre à manier les armes. Un assassin devait être performant, et polyvalent; il était dans l'obligation de savoir manipuler plusieurs types d'armes: l'épée de son choix, une dague ou une lame courte, ainsi qu'une arme à distance, que ce soit l'arc, l'arbalète ou les couteaux de lancer. La jeune femme était douée, et Altaïr dû le reconnaître; même si elle manquait de force, ses réflexes étaient excellents, et son agilité forte. En sept jours elle avait apprit à manier la lame courte; son domaine de prédilection, même si le sabre était plus difficile. Par chance, elle savait déjà manipuler l'arc, ce qui permit à l'Assassin de passer de suite aux couteaux de lancer. Elle se révéla aussi, être douée.
« À distance, pour pouvoir fuir; c'est bien une femme ! »
Le huitième jour, la jeune femme était tellement courbaturée qu'elle avait du mal à se mouvoir correctement; mais elle se leva tout de même pour s'entraîner. En attendant Altaïr elle s'échauffa, courut et s'étira pour conserver une bonne souplesse, même si tous ses muscles lui faisait endurer le pire. Cependant, le jeune homme ne vint que plus tard dans la matinée; il trouva la jeune fille assise, en tailleur, endormie, la tête appuyée contre la paroi.
Il s'approcha en silence, et avant de la réveiller, il l'observa sans un bruit. Elle devait être réellement fatiguée, et pourtant, jamais elle ne se plaignait. Décidemment, elle ne cessait de le surprendre.
Elle ouvrit grand les yeux dans un sursaut, avant de se mettre debout avec une vivacité surprenante, comme si de rien n'était.
« -Je vous attendait.
-Je sais. J'ai dû nous préparer des vivres pour le voyage; nous partons.
-C'est vrai ? Où ça ?
-Pour Damas; on m'a confié un assassinat; simple, ce sera une occasion pour toi d'apprendre… »
Nasséra hocha la tête et s'habilla plus chaudement alors qu'Altaïr l'attendait prés des chevaux, sur le chemin principal. Une fois prête, elle le rejoignit et sans un mot, ils chevauchèrent. Par chance, il ne fallait pas plus d'une journée au galop pour rejoindre Damas, qui se situait un peu plus au nord.
La première partie du voyage se passa en silence, mais Nasséra ne voulait plus de cette enveloppe de fille au caractère « de chacal » que lui avait donné Altaïr, elle tenta alors de lancer la discussion, d'une manière simple, et douce, pour tenter d'border l'Assassin sans qu'il se sente acculé:
« -Et finalement, pourquoi êtes-vous devenu assassin ? Vous aviez une idéologie plus poussé que la moyenne des gens ?
Le ton de Nasséra était sarcastique, mais en rien elle ne le voulait; c'était sa manière de s'exprimer. Altaïr mit un temps à répondre, comme si il réfléchissait pour trouver le meilleur moyens de donner une réplique satisfaisante.
-Je ne sais pas réellement pourquoi. J'ai été mit au monde à Masyaf, et l'on m'a prit en charge dès la naissance, pour devenir Assassin…
-Votre famille n'a pas protesté ? Vous avez été tout de même enrôlé de force…d'une certaine façon.
Le jeune homme garda le silence, il voulut s'enfoncer dans le sol. Nasséra le torturait, et il se rendit compte, avec ses questions, que sa vie n'avait jamais été celle qu'il aurait voulut.
-Je suis désolé, reprit-elle, je ne voulait pas vous blesser avec mes questions stupides…Je voulais juste en connaître un peu plus sur vous et votre Ordre…Oubliez ce que j'ai dis.
L'Assassin réfléchissait à ses parole, et finit par répondre malgré tout:
-Vous avez raison, en quelque sorte…Je n'ai jamais décidé, mais…Le Vieu de la montagne nous avait offert une seconde chance, et ma famille a acceptée…
-Le Vieu de la montagne ? Al'Mualim ? Nasséra hésita, mais la curiosité était la plus forte. Et que c'est-il passé avec votre maître ? N'était-il pas apprécié de tous ?
La jeune fille réveilla un second souvenir douloureux dans la mémoire d'Altaïr et comme un coup de poignard, son estomac eut une violente convulsion, avant qu'il ne prenne la parole.
-Rien n'est vrai…Il ne pensait pas si bien dire. Et nous nous sommes tous fait avoir par ce traître. Et moi le premier.
Nasséra regretta cette nouvelle question; le ton d'Altaïr était triste, et il fit accélérer le pas de sa monture pour que la jeune ne puisse voir sa mine abattue. Il avait eu tort sur toute la ligne, lui, Altaïr Ibn-La Ahad, le meilleur des Assassins, et c'était son orgueil qui lui avait fermé les yeux, et la culpabilité, aujourd'hui, l'assaillait. Il n'était cependant pas prêt à se confier, et encore moins à cette femme.
-Tu sais…Si j'étais à ta place… j'essaierai de tirer des leçons du passé. Culpabiliser…te rongera...ça te bouffera jusqu'à la dernière miette de ton âme. Il faut chercher à regarder vers le futur, car, malgré les erreurs qui tu à put commettre; à ton visage, je m'en aperçois, tu peux vivre…Il y a sûrement des multitudes de choses que tu peux faire…Que…vous pouvez faire.
Nasséra avait utilisé le tutoiement par réflexe, pour tenter une approche plus douce, pour tenter d'apaiser la conscience du jeune homme. Il avait beau être agaçant et borné, il n'en restait pas moins son enseignant, et aussi la seule personne qu'elle connaissait depuis la mort de son frère.
Si il n'était pas là, elle serai seule.
-Depuis combien de temps es-tu humaine toi ? »
Nasséra lui sourit, et un demi-sourire se traça sur le visage du jeune homme. L'ambiance c'était détendue, et la jeune fille fit accélérer son cheval pour se retrouver à hauteur de l'Assassin. Il fut soulager de voir que finalement, la jeune élève n'étais pas si stupide que ce qu'il imaginait; il la trouva même charmante, par moment seulement, et parler, même si peu, lui fit du bien.
Ils arrivèrent à Damas en fin de journée, et pour éviter à Nasséra de dormir sur les toits seule, alors que l'Assassins, après s'être identifié aux bureaux des assassins, dormira sur de bons coussins, ils s'installèrent en dehors de la cité pour passer la nuit. Ils ne firent pas de feu, et attachèrent les chevaux à un arbre. La jeune femme fit la garde en première, alors qu'Altaïr s'assoupit, visiblement soulagé; la semaine avait été éprouvante pour lui aussi, et malgré son masque, on ne pouvait que s'apercevoir qu'il se remettrait en question en permanence.
Lorsque le changement de tour de garde arriva, Altaïr se réveilla avant même que la jeune femme eut besoin de le faire. L'Assassin s'assit sur une pierre blanche alors que son élève s'endormit sans broncher à peine sa tête eut touché le sol.
Altaïr profita du calme et de l'obscurité de la nuit pour observer les étoiles et pour méditer. La journée avait été rude, et il ne cessait de penser à ses parents; il cherchait depuis le début de la nuit à poser un visage sur sa mère et son père, car il ne s'en souvenait plus; ce qui le désarçonna.
Il avait abandonné son vrai père pour Al'Mualim, qu'il avait prit comme véritable paternel. Il c'était révélé que celui qu'il considérait comme père ne l'avait jamais été, et qu'il l'avait trahit. Quelle déception, car aujourd'hui, il regrettait amèrement de ne pas avoir connu ses géniteurs: Etaient-ils bons ? Sages ? Quels métiers faisaient-ils ? Avait il eut des frères, ou des sœurs ? Toutes ces questions lui retourna l'estomac jusqu'à l'aube.
oOo
« -Et toi ?
Nasséra regarda l'Assassin d'un air étonné alors qu'ils marchèrent sur les toits, et elle faillit chuter dans le vide alors qu'elle continuait de dévisager le jeune homme, tout en avançant.
-Pardon ? Qu'ai-je fais ?
-Hier, j'ai répondu à tes questions, alors je me demandais; toi, où-es ta famille?
La jeune femme fit plus attention, et répondis à sa question sans le regarder; même si cette manière était impolie, elle était cependant nécessaire.
-Hé bien, tu à dû croiser mon frère pendu à une corde le jour ou tu m'a sauvé, quand à mon père, je ne l'ai jamais connu puisqu'il à fuit à ma naissance. Ma mère est décédée lorsque j'avais 11 ans. Une chute. Tu vois, tu n'es pas seul dans ton malheur. »
Elle lui sourit, un sourire fade, et faux, comme pour rassurer, puis sauta sur un toit voisin avec grâce, suivit de prés par l'Assassin. Ils ne mirent pas longtemps pour atteindre le bureau, et Nasséra resta à l'extérieur, sans bruit, pendant qu'Altaïr se signalait, et récupérait les informations sur la cible.
Altaïr remonta, puis s'assit en tailleur sur le toit, en plein soleil, en invitant Nasséra à faire de même. Il commença alors les explications:
« -Bien, normalement, l'assassinat se déroule en plusieurs étapes. La première, c'est de déterminer qu'elle est la cible à éliminer. On nous donne alors un nom, totu simplement, on apprends aussi généralement les raisons pour lesquels il faut l'éliminer.
-Aujourd'hui, qui décide des cibles à éliminer ? Sans votre maître, qui se charge de cette tâche ?
-Hé bien, nous sommes plusieurs, avec un grade important à écouter et à observer le monde; les Rafik de chaque villes nous aident beaucoup, et ont un rôle plus important qu'avant; même si le nombres d'assassinats à largement diminué depuis un mois. Bref; la seconde tâche, consiste à récolter des informations, car avoir un nom ne suffit pas. On se doit d'apprendre sur la cible. Ses habitudes ? Ses lieux où il se trouve, ses hommes…Pour obtenir ses informations, on procède de différente manière. Filature, espionnage, ou interrogatoire ou encore vol.
Une fois que nous avons suffisamment d'informations, nous allons voir de nouveau le Rafik, pour obtenir la plume, qui nous servira de preuve
Puis la troisième étape, tu l'auras comprit, c'est l'assassinat.
-Donc, tu à obtenu un nom, c'est cela; il reste donc la seconde étape.
-Hé bien…pas tout à fait. Les assassins de plus haut niveau n'ont pas besoins de récolter les informations; les plus jeunes le font à notre place.
-Donc, en finalité…Vous faite presque rien; c'est cela ?
Altaïr se mordit la lèvre; elle n'avait pas tort; même si le seul travail qu'il faisait, était le plus dangereux, il n'avait pas à faire grand chose, puisque les informations arrivaient prête dans sa gueule.
-Donc, aujourd'hui, tu vas récolter les informations.
-Mais tu les as déjà, non ?
-Oui, mais pas toi…Tu voulais être formé comme un assassin, hé bien voici ton entraînement. Tu dois chercher des indices sur la cible à assassiner; Abd Al Wahab.
-Très bien…Mais tu n'as pas quelques indices à me fournir ?
-Marché sud de Damas, dans le quartier riche. Ne t'en fais pas, je t'accompagnerai, j'ai toute la journée… »
Nasséra fit la moue, puis se mit en marche vers le sud, Altaïr la retins au dernier moment:
« -J'ai quelque chose pour toi, attends un peu. »
Il sortit de derrière son dos une large ceinture de cuir brun, où de nombreux couteaux de lancer y étaient logés. La jeune femme retira sa cape à capuche couleur taupe, et elle laissa l'assassin lui nouer la ceinture derrière le dos, sans gêner pour autant la lame courte qu'elle cachait dans le creux de son dos. Le reste de ses vêtement une longue tunique blanche, ainsi qu'un pantalon de coton large beige, avec que des bottes de cuir. Ce n'était ni élégant, ni féminin, mais le tout était caché par la longue cape qui lui arrivait jusqu'aux chevilles, et recouverte par la capuche, elle passait inaperçue.
Nasséra le remercia gracieusement pour le présent, et il marmonna un « au cas où » avant de lui faire signer de continuer sa route. Ils sautèrent de toits en toits sans rencontrer d'archers, et finirent pas arriver au marché sud; où Nasséra fut la seule à descendre discrètement dans une petite ruelle, avant de se mélanger à la foule bruyante du marché. Elle trouva un banc, et s'assit entre de personnes, un vieillard lisait un lire tandis que l'homme à coté d'elle mangeait une pomme, puis elle observa le flot incessant de passant, en écoutant les discussions.
Il lui fallut une bonne heure avant de réussir à capter pleinement les voix, et contre toute attente, elle entendit le nom de Abd Al Wahab; elle se concentra alors sur la discussion de deux hommes.
« -Tu sais bien qu'il attend la réponse, en demande de ta coopération Zaïd. N'oublis pas pour qui il travaille. Tu n'as sûrement pas oublié.
-Mais Hatim…On risque d'y passer…
-On est dans le coup tout les deux, ensembles. Alors tâche d'y réfléchir ! Abd Al Wahab t'attendra dans sa caserne, à l'endroit indiqué sur la carte. Et tu à intérêt à apporter une réponse avant ce soir ! »
La discussion cessa au moment lorsque Hatim confia un bout de papier au plus inquiété des deux. Le plus agressif des deux, partit d'un pas lourd et plein de rage, alors que le dernier se dirigea à l'opposé, la tête dans les épaules après avoir mit la carte dans sa poche.
« -Alors, qu'a tu appris ?
Nasséra sursauta en voyant Altaïr assis à ses cotés, sûrement trop absorbé par son travail, elle ne l'avait pas vu s'asseoir.
-D'après ce que j'ai écouté, Abd Al Wahab prépare quelque choses, et les deux hommes que j'ai espionné seront dans le coup. Le bâtiment où il ont rendez-vous se trouve indiqué sur une carte.
La jeune femme se leva, et s'étira discrètement avant de prendre une échelle et de grimper sur le toit, sans surprendre les passants.
-Je comprends pourquoi vous ne faites pas le travail d'espionnage; c'est épuisant rester assit en permanence. Et quel bruit !
-Qu'est ce que tu vas faire à présent ?
-Lui volé la carte pardi !
-Tu sais comment faire ? »
Le visage de Nasséra se fendit en un large sourire. Il avait en face de lui l'une des voleuses de Jérusalem; c'était grâce à ses talents de pickpocket qu'elle s'en était sortit.
La jeune femme se mit à courir dans direction qu'avait prit la cible. Sautant de toits en toits, escaladant des façades et traversant les rues sur les poutres fraîchement posés, elle rattrapa aisément l'homme. Elle descendit comme si de rien n'était dans la rue et se mélangea à un groupe de personnes. Marchant à leurs cotés, elle s'approcha furtivement de Zaïd, et pinça doucement le bouton qui fermait sa petite sacoche de cuir accrochée à la taille. Une fois la poche ouverte, elle attendit un moment avec de saisir la carte et de la retirer, toujours en marchant discrètement dans la foule.
Zaïd ne sentit rien, et la jeune femme continua sa route à ses coté durant encore quelques mètres avant de prendre une petite ruelle à gauche, toujours de manière ordinaire. Une fois au fond de la ruelle, elle courut, prit appui sur le petit mur et marcha dessus, grâce à la vitesse, tendit les bras, et s'accrocha au rebords, puis se hissa à la force de ses membres. Altaïr l'attendait déjà, impassible.
« -Alors, tu l'as ?
Nasséra lui tendit la carte, et il l'ouvrit. Sans même la lire, il la replia et mit sans sa sacoche.
-Bien…Très bien même. Je ne pensais pas que tu savais détrousser.
-Les apparences sont souvent trompeuses.
-Je pense qu'on peux passer à la troisième phase. Je te demande d'uniquement observer, et de te faire la plus discrète possible, c'est clair ? Aucunes interventions, même si je suis en difficulté. Compris ? »
Nasséra n'aimait pas les accords, elle ne les tenaient pas. Elle grimaça, et hocha la tête en signe d'approbation, puis ils se dirigèrent tout les deux à vive allure au nord de la ville. Elle n'eut aucun mal à suivre Altaïr, qui pourtant, allait le plus vite possible. Ils atteignirent le nord de Damas en une dizaine de minutes environs.
Nasséra alla se poster sur un toit proche de la caserne, à coté d'une botte de foin, au cas où faudrait se cacher. Elle s'assit sur le rebords d'une maison de plusieurs étages, ce qui lui offrit un bon poste d'observation, alors qu'Altaïr commença son opération.
Il descendit, s'accrochant au volet d'une fenêtre, puis il se propulsa en arrière en poussant avec ses jambes, puis se retourna durant la phase de plané, pour s'accrocher à la rambarde d'une terrasse, puis il se laissa tomber sur le toit de la caserne. Cette maison, qui faisait office de point de rendez vous, était battis de manière originale. Toutes personnes passant à coté se serai imaginé une grande demeure, pourtant, au milieu se trouvait une cour, à ciel ouvert. Altaïr profita ce cet avantage, et attendit sur le rebords, après avoir éliminé en silence deux archers qui surveillaient les lieux.
Nasséra vit alors Hatim arriver, accompagné d'un homme, aux épaules larges et au turban blanc, qui faisait ressortir sa barbe noires, magnifiquement bien entretenu. La manière dont se comportait l'homme du marché semblait signifier qu'il s'agissait de Abd Al Wahab. Ils discutèrent un peu à l'extérieur, Hatim l'air toujours soumit, les paumes des mains collés entre elles, avant de suivre son chef lorsqu'il entra dans la caserne. Même si la jeune femme ne vit rien, mais elle devina ce qui allait se passer.
Altaïr, sur le rebord du mur remarqua sa cible; puis, se lança du ciel sans une seule hésitation avant d'abattre sa lame dans la gorge de la cible.
Elle n'avait aucune chance.
Nasséra observait toujours la scène de son perchoir, lorsque les cloches se mirent à sonner, signifiant qu'un meurtre avait été commit, et qu'un assassin été en fuite. Elle vit Altaïr sortir de la demeure, suivit de prés par une dizaine d'homme hurlant à l'assassin, et jurant, en différente langue, et Nasséra perdit de vue l'assassin lorsqu'il bifurqua à gauche. Elle se leva et descendit à son tour dans la rue. Leurs point de rendez-vous était le bureau des assassins, à quelques centaines de mètres de là, et elle prit tout son temps pour s'y rendre, d'une manière naturelle et décontracté. Elle ne devait pas prendre de risque, et se faire bêtement repérer, car les sentinelles étaient à l'affût.
Cinq minutes passèrent, puis dix, et finalement, les cloches finirent pas cesser de cogner, les recherches étant abandonnées. La jeune femme se rendit alors sur le toit du bureau des assassins, Altaïr déjà dedans. Elle patienta, attendant que le jeune homme remonte, après avoir rendu la plume de sang.
Altaïr remonta sur le toit, et vit Nasséra, toujours là, à attendre.
« -Bien, la cible a été assassinée, félicitation.
-On fait quoi maintenant Altaïr ?
-J'ai eus des informations venant de Abd Al Wahab, et on reste donc ici. Il y aura sûrement un autre homme dont la vie doit s'achever demain. Mais pour aujourd'hui, ce sera suffisant. Suis-moi, on va te trouver un coin où tu pourra dormir.
-Tu ne veux pas me prendre un coussin moelleux présent dans ton fameux bureau ? Je suis sûr que sera bien confortable.»
Il sourit, décidément, le sarcasme de cette fille commençait à lui plaire et grâce à elle, il se détendait, malgré son manque flagrant de méthode pour parler.
Ils marchèrent cote à cote, cherchant un abris non loin du bureau, et il finirent par trouver une vieille maison abandonnée, à l'odeur de moisi, ce qui sera suffisant pour une nuit, et Nasséra s'en contenta.
Mais non loin de là, un archer observait la scène; prudent, il ne se fit pas remarquer, et au lieu de décocher une flèche, qui pourrait ne jamais atteindre sa cible, et signer son arrêt de mort, il préféra espionner.
Assassin, sa tenue était reconnaissable entre mille, mais il se demanda qui était la personne qui l'accompagnait. Une jeune femme, une belle jeune femme. Une danseuse? Son amante ou sa femme ?
Il la regarda attentivement dans le but de graver son visage en mémoire, lorsqu'elle se retourna. Il fut choqué par un détail qui sauta aux yeux: une large cicatrice marquait son visage. Cette élément en tête, ainsi que sa tenue mémorisé, il s'éloigna lentement, avant de descendre par une échelle; puis il se mit à courir.
Il atteignit la caserne militaire, proche de la porte sud, essoufflé, puis demanda à parler au chef.
Il savait comment atteindre l'Assassin.
