Be still My Beating Heart

Auteur: Darkfangz13

Traductrice : Akarisnape

Beta : Katsuura


Rar chapitre 3

Guest : Lestrade est en danger ? Tu le comprendras parfaitement avec ce chapitre. Pour Sebastien…il est tellement discret qu'on a tendance à l'oublier. Un diner romantique ? Je crois que tu en demandes trop pour ce pauvre petit sniper. A moins que tu considères ce qui va suivre comme un diner romantique à la sauce Moran.


Chapitre 4

« Alors c'est quoi ? demanda Lestrade quand la voiture s'arrêta devant les vestiges d'une usine. Est-ce là que je vais mourir ?

Ses yeux bruns foncés absorbaient toute l'étrangeté du lieu avec ses poutres métalliques complètement rouillées et ses portes pleines de toiles d'araignée.

-Oh s'il te plait ! rit Moriarty en descendant de la voiture avant de tenir la porte ouverte. Si j'avais voulu te tuer, je l'aurais fait là où tout le monde peut le voir. Si tu quittes le jeu, ce serait bien de le faire avec une explosion, non ? ajouta-t-il alors que Lestrade quittait le véhicule à son tour. Et d'ailleurs ce n'est guère un endroit agréable pour mourir.

Moriarty regarda autour de lui et fit semblant de frissonner d'horreur.

-Evidemment, agréa Lestrade en regardant un rat aux proportions énormes détaler. Et vous avez encore besoin de moi pour vos jeux.

Il hocha la tête plus pour lui-même.

-Qu'est-ce qui te fait penser ça ? demanda Moriarty, les sourcils levés.

-Parce que vous avez besoin de Sherlock pour résoudre vos petites devinettes et jouer à vos petits jeux, lui répondit Lestrade en se rapprochant un peu. Et personne d'autre que moi dans la police n'est assez fou pour embaucher Sherlock officiellement sur vos affaires sauf en tant que témoin. Il serait sans doute mis à l'écart des enquêtes et vous ne voulez pas de ça. Avouez-le monsieur Moriarty. Vous avez besoin de moi, entonna t'il lentement avec une confiance tranquille.

Il ne serait pas dit que le DI Lestrade, qui avait à contrecœur été habitué à être dénigré et totalement sous-estimé, ne connaissait pas sa propre valeur.

Moriarty le fixa. C'était un homme qui avait l'habitude d'obtenir ce qu'il voulait et que les gens jouent le jeu à sa manière. L'attitude de défi de Lestrade le décida à l'avoir à sa merci…ou à l'écraser. Ca dépendrait de ce qui l'amuserait le plus. Un lent sourire transforma son visage.

-Oui, c'est vrai. Très bien DI Lestrade, complimenta-t-il ironiquement avec un léger hochement de tête.

Ça sonnait comme un maître affectueux félicitant son chien qui venait d'apprendre un nouveau tour.

-Mais tu seras surpris de voir ce à quoi tu peux survivre, l'avertit-il en chantonnant.

Lestrade se demanda distraitement si Sherlock avait des nerfs d'acier pour gérer ce fou.

Sebastien sortit de la voiture et la verrouilla avant de les diriger vers le bâtiment.

Alors qu'ils marchaient, apparemment sans but, Lestrade entendit des bribes de voix qui hurlaient.

-Par ici, les guida Sebastien en poussant une lourde porte.

La cacophonie les enveloppa, une cinquantaine de personnes voire plus se pressaient en cercle au milieu du bâtiment, tous criant et hurlant. Il y avait aussi l'odeur. Lestrade fronça le nez de dégoût et lutta pour ne pas vomir. C'était un mélange de pisse, de vomi, de sang et de sueur.

-C'est quoi ? demanda-t-il.

Ils étaient en périphérie de la foule et ne pouvaient voir exactement ce qui causait l'agitation. Par ici, chantonna Moriarty en tenant le coude de Lestrade pour le tirer vers un escalier en métal rouillé.

Ils grimpèrent au-dessus de la foule bruyante jusqu' au deuxième étage où se trouvait une scène improvisée. Moriarty trotta jusqu'à son siège et fit signe à Lestrade de le suivre.

Lestrade s'approcha de la balustrade fragile et regarda par-dessus bord pour voir ce qui se passait en dessous. « Nom de dieu ! Il en eut le souffle coupé et grinça des dents.

Deux hommes bâtis comme des golems de pierre se tournaient autour et échangeaient des coups violents. Lestrade remarqua que leurs poings étaient ensanglantés et sans protection.

-J'ai pensé que tu pourrais aimer.

Moriarty lui sourit avec un clin d'œil alors qu'il tirait Lestrade vers le siège à côté de lui.

-Tu peux appeler ça un combat à mains nues mais la différence est qu'il n'y a pas de règles. Tout est permis aussi longtemps que l'adversaire ne se couche pas.

Comme si ses mots étaient le signal, un des combattants tomba à terre en hurlant, une écharde de bois moisie plantée dans la jambe. La foule devint folle à la vue du sang.

-Regarde-moi ça, ricana Moriarty avec un grand geste de bras tout en les regardant. Les êtres humains sont si faibles.

Lestrade sauta sur ses pieds.

-Il faut que ça s'arrête, murmura-t-il dans un souffle.

Sebastien l'attrapa et l'appuya de nouveau contre son siège.

-Quelqu'un va mourir ! persista Lestrade en se débattant contre l'emprise.

-C'est tout l'intérêt du jeu, lui répondit avec beaucoup de patience Moriarty en montrant quelques personnes également au second étage près d'eux. Tu vois, ils ont même fait des paris. Qui va sortir en vie, qui ne le sera plus à la fin.

Moriarty retourna son regard vers les deux boxeurs sur le ring.

-Ils se battent, désespérément pour ne pas mourir. N'est-ce pas ainsi que l'on se sent vivant, DI Lestrade ?

Il y avait une sorte d'air rêveur dans son œil. Lestrade frissonna soudain et ce n'était pas de froid.

-Vous obtenez vraiment du plaisir en voyant les gens mourir, cracha-t-il.

Moriarty se détourna de la vision d'horreur face à lui pour regarder Lestrade.

-Non. Je pense juste que c'est hilarant de voir des gens qui luttent si pathétiquement pour sauver leurs vies sans valeur.

-Sherlock aussi ? demanda Lestrade en se figeant.

Sebastien attendit un moment avant de le relâcher.

-Vous avez tous failli mourir à la piscine d'après John.

Il fourra ses mains dans ses poches.

-Ces jeux que vous créez, ils doivent vous faire rire au point de vous faire mal aux côtes.

Moriarty soupira en secouant la tête, découragé.

-Vous ne semblez pas comprendre, DI Lestrade, murmura-t-il. Je ne joue pas à des jeux avec Sherlock juste pour le plaisir de le faire danser.

Il tourna la tête pour continuer à regarder les combats.

-Je fais cela pour me sentir vivant. Pour me sentir élevé à une position de pouvoir sur quelqu'un d'une intelligence énorme comme Sherlock. C'est comme jouer à Dieu.

Il regarda à nouveau Lestrade.

-Bien sûr, je ne m'attends pas à ce que vous compreniez ce que ça fait.

Soudain, il bondit sur ses pieds et retira le pistolet de sa ceinture. Avant que Lestrade ne puisse l'arrêter, il visa la marée humaine au sol et appuya deux fois rapidement sur la gâchette.

Silence. Une pure terreur monta dans la foule et personne n'osa bouger de peur d'être le prochain à être abattu. Les deux combattants sur le ring étaient étendus, entassés en un tas de chair morte.

La bouche de Lestrade s'ouvrit de désarroi.

-Qu'avez-vous fait ? dit-il, le souffle coupé et les yeux fixant avec une fascination morbide l'étalement du sang sur le ciment.

-Ils prenaient trop de temps.

Moriarty haussa les épaules avec désinvolture et souffla sur le canon du revolver avec un effet dramatique.

-Ça devenait ennuyeux.

Sa voix retentit à travers la construction et l'écho provoqua de nombreux tremblements chez les personnes d'en bas.

-Maintenant rendons ceci plus amusant !

Il posa son arme sur une table minable où se trouvaient des rafraîchissements, prit la main de Lestrade et la souleva, entraînant Lestrade hors de son siège.

-Ey les gens ! Voici le DI Lestrade de New Scotland Yard !

Le sourire de Moriarty était divinement sadique.

-Alors, qui veut le tuer ?

Lestrade regarda Moriarty, trop paniqué pour tenter de cacher sa terreur d'être désigné pour mourir.

-De quoi, grinça-t-il.

Ce n'était vraiment pas difficile de trouver un adversaire pour Lestrade. A la seule mention de flic, presque tous les compétiteurs s'alignèrent pour avoir une chance de le dégommer. Quelques hommes prirent les deux cadavres et les trainèrent en dehors du ring, laissant des traces écarlates partout sur le sol. Lestrade décida qu'il haïssait Jim Moriarty et que son besoin de vengeance ne s'éteindrait pas en Enfer.

-Qu'est-ce que vous disiez au sujet d'un endroit pas agréable pour mourir, murmura-t-il d'un ton accusateur.

-Alors ne meurt pas, sourit innocemment Moriarty.

-J'ai au moins dix-sept combattants chevronnés qui font la queue pour me faire sauter, espèce de branleur ! S'écria Lestrade avec colère. Merci beaucoup !

Des badauds commencèrent déjà à faire des paris, la situation était pour le moins vraiment déprimante.

-Crois-moi, tu en donneras autant que tu en prendras, rigola Moriarty comme s'il savait quelque chose.

-Je me suis peut-être retrouvé dans quelques combats quand j'étais ados mais pas depuis, gémit presque Lestrade.

-Je ne dirais pas ça.

Moriarty se pencha en avant, conspirateur, et pointa un doigt vers lui.

-Tu as ce quelque chose dans les yeux, dit-il de sa voix traînante et taquine. Ce démon qui dort à l'intérieur, l'instinct de survie animal. C'est là et n'essaie pas de me dire le contraire.

Lestrade le fixa :

- Vous êtes cinglés.

-Nous verrons » chanta Moriarty.

Il fit un mouvement de poignet dédaigneux et Sebastien escorta Lestrade jusqu'au ring.


Le téléphone de Mycroft sonna de façon stridente, obtenant un grognement agacé de la part de son propriétaire.

« Allo ?

-Monsieur, commença le subordonné de Mycroft qui s'était vu confier la tâche de filer Moriarty. Ils se sont arrêtés. Il semblerait que ce soit une sorte d'évènement, une compétition de combat illégal.

-Que fait Moriarty là-bas, demanda avec impatience Mycroft.

-Il est en train de forcer le DI Lestrade à combattre.

Il y eut un bref silence.

-Je pense qu'il va le tuer.


Tadaam ! La suite s'annonce dure pour Lestrade ! Mycroft va-t-il réagir à temps ?