Je suis désolée pour ce retard énorme !! Je prends toute la responsabilité ! Je ravale ma honte et je représente devant vous avec ce nouveau chapitre. J'espère que vous apprécierez. Je vous dis à très vite pour de nouvelles aventures bien citronnées ^^

Chuuuu

Il ne pouvait pas y croire. Mais qu'est ce qu'il foutait ?!! Mr Lery avait bien dit que la réunion commençait dans deux jours et….on est deux jours plus tard ! Malfoy attendait devant le ministère un certain monsieur Potter afin de discuter quelques heures avant des tenants et avenants de la dite réunion. Mais, apparemment, ce dernier avait décidé de se faire désirer !! Après avoir attendu près de 45 minutes, un exploit quand on sait que la patience, mère de toutes les vertus, ne fait pas partie de celle des Malfoy, Draco décida de se rendre directement chez les Potter afin de chercher son dû, enfin son partenaire…de travail bien sûr ! Par Merlin, cette journée allait être longue si il commençait avoir ce genre de pensée.

Il transplana devant ce qui servait de maison aux Potter puis sonna. Il entendit des pas résonnés ainsi que des cris. Puis, un petit clic se fit entendre et Draco découvrit une petite brune échevelée devant lui. Elle le dévisagea un moment. Draco ne sut pas quoi faire devant ce comportement pour le moins bizarre.

-Oh ! On dirait un ange, lui dit-elle avec un grand sourire. Moi je suis Lily Potter et j'ai cinq ans. Tu veux entrer ?

-Oui, je veux bien. Bon valait mieux rentrer dans son jeu puis, il le dira jamais à haute voix mais elle était toute mignonne cette Lily.

Draco rentra dans ce qui semblait être un vestibule, vu qu'il y avait des portemanteaux chargés et des chaussures un peu partout. Il suivit la petite qui se faisait une joie de lui faire le tour du propriétaire.

-Alors là, c'est le salon, lui dit-elle en pointant une pièce vers la droite. Elle était d'une assez grande proportion et était décorée avec goût. Malheureusement, elle était dans un désordre inimaginable. Et lui, c'est Teddy, continuait Lily. C'est mon cousin préféré et il est trop cool car il a le même prénom que mon ourson Teddy Bear !!

Euh Teddy qui ? Bon là n'était pas la question. Il était à la recherche de Potter et il ne lui semblait pas avoir la moindre présence de cet énergumène.

-Lily, mais qu'est ce que tu fais ? Teddy était en train de terminer de mettre sa robe de sorcier. Bonjour. Vous êtes Monsieur Malfoy, n'est ce pas ?

-Oui c'est exact. Je viens chercher Potter.

-Non Teddy ! C'est pas comme ça qu'il s'appelle. C'est Mr l'ange ! Regarde, il a les cheveux tout dorés et il est trop beau !

-Lily !!

Tous les trois se retournèrent vers la voix. C'était Ginny. Elle semblait plutôt en colère.

-Bonjour Malfoy. Je vois que tu t'es permis d'entrer. Je pensais les Malfoy plus à cheval sur la politesse.

-Pour ta gouverne, Ginevra, c'est ta fille qui a eu l'amabilité de m'ouvrir. Elle, apparemment, connaît ses manières puisqu'elle a commencé à me faire le tour de la maison en attendant que les maîtres des lieux daignent apparaître.

Draco se tourna vers Lily.

-Merci beaucoup, Mademoiselle. Tu veux bien dire à ton papa de descendre ?

Sur ces mots, Lily partit telle une furie en hurlant : Papa, y a monsieur l'ange qui veut te voir !

Draco eut un petit sourire et regarda à nouveau Ginny.

-Bon euh je vous laisse, je pars au ministère. Au revoir, Ginny. Au revoir, Mr Malfoy.

Draco répondit d'un signe de tête tout en continuant de regarder Ginny. Des bruits de pas se firent entendre et un Harry essoufflé, les cheveux en bataille (bon ça change pas d'ordinaire) et complètement débraillé apparut dans le salon.

-Malfoy, on s'en va !

Plait-il ? Avait il bien entendu ? Potter lui donne des ordres maintenant ! Elle est bonne celle là !

-Potter, je ne sortirai pas avec toi dans cet accoutrement. Une fois que tu seras habillé, on songera à partir.

-Ginny, répondit Harry en l'ignorant complètement. On reparlera de tout ça quand je rentrerai. Je t'envoie un hibou dès que je peux pour te tenir au courant de mon retour.

Sur ces mots, il l'embrassa légèrement et partit vers la porte d'entrée. Draco le suivit, ignorant Ginny au passage et ruminant dans sa tête la conversation qu'il aurait avec Potter une fois en privé. Non mais il avait osé l'ignorer ? Il a osé ?!! Du calme Draco, du calme ! Comment ce type pouvait lui faire perdre son sang froid comme ça ? A y repenser, ça avait toujours été le cas !

-Attends, papa ! Je veux un câlin !

Harry se retourna vers Lily et la serra fort dans ses bras. Puis, Lily se tourna vers Draco, lui lança un énorme sourire et lui demanda :

-Je peux aussi avoir un câlin ?

-Bien sûr. Et il l'a serra dans ses bras. Elle sentait un mélange de pomme et de céréales. Une odeur qui lui rappelait vaguement celle de quelqu'un d'autre, à une certaine époque.

-Bon, on y va, dit Harry.

Une fois sortis de la maison, ils transplanèrent au ministère.

Bon, ce n'était vraiment pas la journée ! Depuis qu'ils étaient arrivés au ministère, Harry n'avait pas décroché un mot. Ils étaient tous les deux assis dans le bureau de Draco et celui-ci essayait depuis bien 15 minutes de retenir son attention mais le petit chieur de service ne semblait même pas remarquer sa présence ! Cette fois-ci, ça suffit ! Une fois arrivés dans son bureau, il s'était dit qu'il n'allait pas faire de scandale. Après tout, comme tout bon Malfoy qui se respecte, il se devait de garder le contrôle en toute circonstance. Mais là, il n'en pouvait plus. Harry ne l'avait jamais ignoré quand ils étaient seuls et cette attitude amorphe l'excédait !

-Bon, je peux savoir ce qui se passe dans ta petite tête de bourrin ? Nous devons parler de la réunion, tu te rappelles, on a une Mission ! Si tu restes coincé dans ce silence, on ne va pas pouvoir avancer et on est bien parti pour au moins travailler 3 mois ensemble. Donc si tu ne me dis pas ce qui ne va pas maintenant, je ne pense pouvoir rester civiliser encore bien longtemps.

Harry tourna la tête vers Draco mais ne décrocha pas un mot. Il se contenta de le regarder dans les yeux et Draco se sentit assez mal au bout d'un moment. Dans les yeux d'Harry se trouvait la même lueur qu'il avait vue il y a quelques années au moment où tout avait basculé : une lueur d'indécision, de peur et de tristesse. Mais qu'est ce qui se passait ?! Draco se rapprocha d'Harry et lui caressa tendrement la joue. A ce geste, Harry recula brusquement comme s'il avait été brulé par ce contact. Au passage, il avait fait tomber sa chaise. Draco se sentit complètement blessé par cette attitude mais ne le montra pas, comme d'habitude.

-Je peux savoir ce que tu fais ?!!, cracha Harry. Il était très énervé et c'était palpable dans l'air.

-Ah, enfin, on va pouvoir commencer à discuter car j'en avais marre de monologuer dans mon coin. C'est assez perturbant, tu sais. Enfin, non, tu ne sais pas. Maintenant, si Monsieur Potter, sauveur de monde, voulait bien avoir l'obligeance de ramener ses fesses sur ce siège et de m'écouter, je pense que l'on va pouvoir rattraper ce début de journée catastrophique.

-Ecoute, je suis désolé. Il passa la main dans ses cheveux. Je suppose que tu veux une explication à mon comportement…

-Non, je ne veux pas savoir. Je m'en contrefiche maintenant que t'es de retour parmi nous mais sache qu'à l'avenir, je ne tolèrerai pas que ça se reproduise. Suis-je clair ?

Harry acquiesça. De toute façon, c'était la meilleure solution. La journée avait super mal débuté avec une dispute assez violente avec Ginny ce matin. Non mais pourquoi avait elle commencé à lui péter une pile dès le matin ? Il avait réussi à se lever, oh joie, passablement de bonne humeur et voilà que l'autre s'était mise à lui poser des questions sur son bandage, sa mission, son comportement et blah blah blah. Du coup, c'était parti en live et le voilà en retard, complètement déboussolé car c'est dans ces moments-là qu'il repensait aux années avant la naissance de ses enfants…et un certain blond en faisait partie.

-Bon, aujourd'hui se tient la réunion des différents ambassadeurs. Je ne t'ai pas annoncé en quoi consistait celle-ci, petit oubli de ma part. Bref, c'est maintenant que tout se joue. Cette réunion va nous permettre d'avoir les diverses autorisations nécessaires pour notre circulation dans le pays.

-Comment ça ?

-Ce n'est pas vrai. Tu ne sais pas que pour circuler dans le monde magique d'un pays donné, il faut toute une série d'autorisations ?! Face à l'air perplexe d'Harry, Draco ne put s'empêcher de rajouter :

-Tu ne savais vraiment pas ?

-Non, je ne savais pas sinon je ne te demanderais pas !! Bon, j'ai droit à une explication ou pas ?

Draco soupira.

-Bon, le monde magique de tous les pays est mélangé au monde moldu. Ce qui signifie, et j'espère que tu le sais, que certains bâtiments en cache d'autres.

-Ah oui, comme le Chaudron Baveur.

-Oui c'est cela. Pour pouvoir accéder à ces bâtiments, il nous faut des autorisations. Pour pouvoir mener notre enquête, ce serait pratique de toutes les avoir. Nous serions libres de nos mouvements et du coup moins suspectés de fouiner, si tu vois ce que je veux dire.

-Oui, je vois très bien ce que tu veux dire. Fouiner est quelque chose que j'ai appris grâce à toi, tu te souviens ? dit Harry tout sourire. QUOI ! Draco ne répondit pas mais il ne perdait rien pour attendre ce sale…hum hum.

Il s'avança vers la chaise d'Harry et mit ses mains de chaque côté des accoudoirs. Il approcha doucement sa tête vers celle d'Harry qui essayait de reculer. Mais dans une chaise c'est un peu difficile !

-Je ne pense pas t'avoir appris qu'à fouiner. Son souffle effleurait les lèvres d'Harry qui avait passablement des difficultés à respirer. D'autres choses beaucoup plus intéressantes et dans lesquelles tu excellais viennent de ma magnifique instruction. Tu veux que je te fasse une liste, Potter ? Ses lèvres étaient au niveau du cou d'Harry qui respirait de façon erratique. Il remonta vers ses lèvres et s'apprêta à l'embrasser mais il se redressa d'un coup et partit s'asseoir de l'autre côté du bureau.

Il regarda Harry avec un sourire satisfait. Dans tes dents, sale Gryffondor ! Finalement, la vue d'Harry complètement décomposé compensait son attitude désastreuse de ce matin.

-Bon, ce n'est pas le tout mais on n'a pas toute la journée. Pour terminer avec cette réunion, tu te tais, je parle, ça vaudra mieux. En plus, je suppose que tu ne parles pas un mot de français ou de japonais ?

Harry, toujours pas remis du précédent interlude, mit un temps avant de hocher la tête.

-C'est ce que je me disais…donc tu te tais. Si tu ne comprends pas quelque chose, je t'expliquerai après la réunion. Si tu as des questions ou des remarques à faire pendant, pose-les moi d'abord.

Harry lui lança un regard perplexe. Mais de quoi il parle ? Il vient de dire que la réunion allait être en langue étrangère donc niveau incompréhension, il allait être servi ! Quant à poser des questions ou faire des remarques, fallait déjà comprendre pour le faire !

Comme si Draco avait suivi le fil de ses pensées, celui-ci lui répondit :

-La majorité de la réunion se passera en anglais mais pour certains détails, je vais négocier dans la langue, ce sera plus facile d'avoir certaines autorisations.

Sur ces mots, il regarda l'heure. Il était bientôt 10h, heure du rendez-vous.

Ils se levèrent tous deux et se dirigèrent vers la salle de conférence qui leur avait été attribuée.

Mr Zek avait mis en place tout le nécessaire pour rendre la pièce et la réunion confortable : du thé, du café, différentes viennoiseries ainsi que quelques spécialités du Japon. Cependant, il aurait pu s'en passer des spécialités vu que les Japonais mangeaient principalement salé le matin. En tout cas, celui-ci était en train de faire le tour du monde en regardant une des tasses du service à thé.

-Mr Zek ? Mr Zek ?... Mais pourquoi ce matin personne ne l'écoutait. ?!! Il y avait intérêt que les ambassadeurs soient tout ouïe !

-Oh Monsieur Malfoy !!! Je me faisais un sang d'encre en ne vous voyant pas arriver ! Vous m'aviez dit que vous seriez là tôt et qu'est-ce que je vois ? Qu'il est près de 10h et que vous arrivez à peine ! Vous voulez ma mort !?

-Vous aviez besoin de moi ce matin, Mr Zek ?, demanda Draco d'une voix glaciale. Qu'il s'estime déjà heureux qu'il lui ait dit qu'il arrivait tôt !

-Euh, non. Pas particulièrement. Mais vous savez comme j'ai à cœur que tout soit comme on me le dit, lui répondit Mr Zek tout larmoyant ! Draco leva les yeux au ciel.

Pendant cet échange, Harry était resté en retrait et regardait Mr Zek. Quel personnage ! Comment faisait-il pour rester debout en équilibre sur ces petites jambes et cette masse corporelle ? Et ses petits bras faisaient des moulinets dans les airs tandis qu'il parlait ! C'était assez divertissant, surtout qu'il sentait que Malfoy, à côté de lui, était passablement irrité. Soudain, Mr Zek le remarqua.

-Mr Potter !! Je suis ravi, que dis-je, enchanté de vous voir ! Laissez-moi-vous serrer la main ! J'en serais honoré. Il essayait de se rapprocher de lui et Harry sentit son sourire se crisper. Bon que faisait les ambassadeurs ? On commence ou pas ?

-Mr Zek, les ambassadeurs français et japonais ne vont pas tarder à arriver. Je suis sûr que vous avez à cœur de bien les accueillir, l'interrompit Draco en instant sur le « à cœur ».

-Oh par Merlin tout puissant ! Qu'est ce que je fais ici à trainer alors que je devrais être à l'accueil !! Excusez moi, Mr Potter, ce sera pour tout à l'heure, j'espère ?

-Bien entendu, répondit Harry en espérant qu'il l'oublie d'ici là.

Quelques minutes plus tard, les deux ambassadeurs arrivèrent et s'installèrent à la table : Harry et Draco d'un côté, leurs invités de l'autre. S'ensuivit alors une discussion des plus longues et ardus. Après les phrases de politesse habituelles, le débat commença avec l'ambassadeur du Japon, premier pays qu'ils allaient visiter.

Celui- ci correspondait complètement aux stéréotypes qu'ont les étrangers sur les Japonais. Petit et en costume trois pièces, Mr Ootori ressemblait à s'y méprendre à l'empereur Hirohito quand celui-ci décida de porter des vêtements européens. Sa cravate bien serrée, ses petites moustaches ainsi que ses lunettes rondes renforçaient cette impression. Sa coiffure qui datait du 19ème siècle, coiffée vers l'arrière lui donnait un air sévère. Draco savait qu'il allait devoir sortir tout son armada de charme et de tact pour pouvoir en venir à bout.

-Mr Ootori, c'est un honneur de vous avoir parmi nous. J'espère que vous avez effectué un bon voyage, lui demanda Draco tout en faisant une courbette, comme il était d'usage.

-Je suis enchanté de représenter mon pays. J'espère de tout cœur qu'il nous sera possible cette année de pouvoir participer au Tournoi des Trois Sorciers. Le regard de Draco s'illumina quelques instants à ces mots. Il allait pouvoir jouer sur ça pour forcer quelques accès. Cependant, Mr Cross compte il venir assister à cette réunion ?, reprenait le Japonais. Mince !

-Je suis vraiment désolé que vous vous attendiez à sa présence mais, malheureusement, ce ne sera pas le cas. Mr Cross m'a chargé de discuter avec vous des différentes demandes et obligations concernant le Tournoi. Etant son bras droit, il m'a jugé des plus compétents dans cette affaire. Souhaitez-vous interrompre notre entretien et voir avec lui dès qu'il sera en mesure de vous voir ?

-Non, non. Cela ira, Mr Malfoy. Je ne mets pas en cause vos capacités. Je suis juste un peu surpris. Venons, si vous le voulez bien aux modalités qui nous ont amenées ici.

Pendant 45 minutes, Draco fit preuve de courtoisie et de fermeté en ce qui concernait les exigences de Mr Ootori. Le nombre d'élèves qu'il voulait envoyer ainsi que les types d'épreuve étaient des plus originales et Draco dut faire appel à toute son éducation pour rester dans le ton. De son côté, Harry n'en croyait pas ses yeux et comprenait mieux pourquoi Malfoy lui avait demandé de rester silencieux. Il se sentait complètement perdu et admirait la dextérité avec laquelle Malfoy menait la conversation. Celui-ci avait réussit à faire plier son interlocuteur tout en lui faisant croire que les décisions venaient du Japonais. Ca faisait froid dans le dos ! Malfoy pouvait vous faire croire n'importe quoi quand il était dans sa lancée.

Pendant ce temps-là, l'ambassadeur français prenait des notes. Quand il fut question des autorisations, celui-ci et Harry se concentrèrent un peu plus sur la conversation.

-Il nous faudrait une autorisation d'entrée pour l'Hotel de Ville de Tokyo ainsi que le Palais royal. Vous comprendrez que notre administration est différente de la votre et je dois dire, bien complexe. Nous aimons compliquer les choses, dit Draco avec un sourire.

-Je comprends très bien. Il est vrai que chez nous, l'administration est plus rapide. Mais s'il vous faut cet accès pour nous permettre de participer au Tournoi, je vais faire le nécessaire pour que vous ayez ce dont vous avez besoin. Cependant, le Palais royal…

-J'entends bien votre réticence mais nous ne demandons pas une audience avec votre Empereur. Nous savons qu'il est des plus occupés et dans tous les cas, il n'est pas nécessaire de le déranger. De plus, je ne demande cette autorisation qu'au cas où il nous faudrait une signature, ce qui n'est pas tout à fait sûr. Votre administration est très bien gérée.

-Merci, Mr Malfoy. Dans ce cas, je vais vous préparer les sorts nécessaires. Vous pourrez ainsi circuler en toute tranquillité.

-Je vous en suis très reconnaissant, Mr Ootori.

Sur ces mots, L'ambassadeur japonais sortit un carnet et un stylo comme s'il s'apprêtait à prendre note. Ce qui était le cas. L'ambassadeur français comprit que ça allait être son tour et regarda Draco dans les yeux. Le regard était rempli de détermination et avait un soupçon de rébellion. Harry comprit que Malfoy allait devoir jouer d'une autre manière. Vu la situation entre la France et l'Angleterre, ça allait être tendu. Il avait hâte de voir ça. C'était un vrai spectacle de voir Draco négocier d'une main de maître.

Mr Bellefleur était d'une physionomie des plus acceptables. Enfin, disons le franchement, il était vraiment très charmant. De grande taille, il avait les cheveux très foncés et les yeux clairs, un mélange entre le vert et le bleu. Contrairement à l'ambassadeur japonais, il avait revêtu une robe de sorcier bleu nuit.

-Bien, Mr Malfoy. Je suppose que c'est à mon tour de passer sur la table, si je puis dire…

Sur la table !!! Harry avait dû mal entendre. Il se tourna vers Malfoy qui, lui n'avait pas quitté le français des yeux et souriait légèrement.

-Oui, c'est à votre tour. Mais, comme vous avez pu le constater, je ne suis pas bien méchant. Ne vous inquiétez pas, je serai doux.

Harry devait être en train de rêver ! Malfoy et ce Bellefleur à la noix étaient-ils en train de flirter !?

-Mais j'espère bien que vous serez doux, reprenait le français, car moi je ne suis pas un tendre.

Et la conversation continua sur ce ton pendant 30 minutes pendant lesquelles Harry crut qu'il allait péter les plombs. On passa au sujet des autorisations. Les protagonistes étaient tellement dans leur jeu qu'Harry ne comprit même pas que Draco avait réussi à avoir toutes les autorisations nécessaires.

-Je pense que notre réunion est terminée. Nous nous reverrons quand Mr Potter et moi arriverons dans votre pays. Mr Ootori, je vous contacterai pour vous indiquer l'heure exacte à laquelle nous arriverons. J'ai cru comprendre que le gouvernement japonais souhaitait nous voir arrivés par la voie moldue ?

-Oui, tout à fait. J'attends donc de vos nouvelles.

-Mr Bellefleur, je vous donnerai de mes nouvelles dès que je peux.

-Mais j'y compte bien, Mr Malfoy. Je vous attendrai avec impatience.

Ah, que c'est gluant !! Stop ! Harry prenait sur lui pour ne pas hurler. Si Draco savait, il serait fier de voir les progrès qu'il avait fait en self contrôle.

Une fois de retour dans le bureau de Malfoy, Harry explosa.

-Non mais c'était quoi ce manège ?! Si vous vouliez, on aurait pu sortir et vous laisser seuls tant qu'on y était ! Le pauvre Mr Ootori, je me demande comment il a dû se sentir face à ce comportement !

Harry faisait les cent pas et plus il parlait plus il criait.

-Euh, Harry, calme-toi. Vu ta réaction, j'en déduis que tu suivais notre conversation. C'est bien. Je suis amplement satisfait de cette réunion. Nous avons toutes les autorisations nécessaires pour faire notre enquête. Aucun d'eux n'a abordé les différents qu'il y a entre nos deux pays. Tout s'est parfaitement bien passé. Donc, arrête de crier !

-Alors le fait que cet ambassadeur ne veuille peut être pas jouer qu'au diplomate avec toi mais plutôt tester la médecine, ça ne te gène pas ?

-Mais de quoi tu parles ? Tester la médecine ? Harry, si tu n'arrêtes pas tout de suite, je vais finir par croire que t'es jaloux !

-N'importe quoi ! Moi, jaloux ? Je pense à notre mission. Je suis professionnel, vois-tu, et toi, apparemment, tu es en manque !

-Je te demande pardon ?

-Oui tu as manqué énormément de professionnalisme !

-Franchement, Harry, tu as besoin de t'aérer car là, je ne comprends rien à ce que tu racontes. Je ne pense pas avoir manqué de quoi que ce soit. Si tu n'aimes pas mes méthodes, je m'en contre fiche ! Maintenant, tu vas me lâcher avec cette réunion et me faire le plaisir de te concentrer sur notre voyage au Japon. Nous partirons dans les prochains jours et d'ici que je te donne la date précise, tu vas te renseigner sur les japonais et leurs coutumes. Même si je compte m'occuper de toute la partie diplomatie, je ne vais pas pouvoir t'empêcher d'ouvrir la bouche donc autant éviter que tu dises des âneries !

Harry grommela quelque chose et s'assit sur un des sièges. Draco ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Pourquoi Harry n'était pas une personne cohérente avec un comportement prévisible !? C'était toujours comme ça, il fallait qu'il se décarcasse pour savoir ce qui se passait dans la tête de ce gryffondor.

-Si j'ai bien compris, on va prendre l'avion, demanda Harry

-Oui, c'est ça. Le gouvernement reste encore méfiant vis-à-vis de nous. Il a donc restreint nos entrées par voie magique sur leur territoire. Draco avait dit ça avec un air assez soucieux et Harry eut un petit sourire sadique.

-Ah oui, c'est vrai que tu n'es jamais monté dans un moyen de transport moldu ! On aurait peur ?

-C'est bon, Harry, je t'arrête tout de suite. Si tu tentes quoi que ce soit pour me faire peur, toi-même tu sais combien mes représailles sont douloureuses !

Harry ne répondit pas pendant un moment. Il regardait Draco, les yeux écarquillés. Malfoy venait de l'appeler Harry ! Ca faisait longtemps et une vague de nostalgie l'envahit. Non, non, non pas penser, ne pas y penser !! Draco, de son côté, pensa qu'Harry avait pris la menace au sérieux.

-Ce n'est pas que je m'ennuie mais il faut que je rentre chez moi. Tu as l'après midi de libre. Mais si tu veux bien, je te propose de faire une petite pause. Dès que tu peux, tu pourrais passer au Manoir. J'ai en ma possession de nombreux ouvrages sur le Japon qui pourront te donner une idée de la mentalité et de leur façon de vivre.

Draco attendit qu'Harry réponde mais celui-ci semblait plongé dans ses pensées. L'avait-il au moins entendu ?

-Merci de ta proposition. Je t'enverrai un hibou pour te donner ma réponse. A plus tard.

Il se leva et partit sans se retourner. Décidément, Harry avait eu un comportement des plus étranges toute la matinée. Il verrait bien ce que ça donnera dans l'après midi. Enfin, s'il venait.

Arrivé au Manoir, Draco remarqua que sa femme était là. Ca tombait bien. Il ne l'avait pas vu depuis le départ de Scorpius et ils avaient vraiment besoin d'une conversation. Vu qu'il n'avait pas arrêté de négocier toute la matinée, autant continuer sur la lancée.

Il trouva Astoria dans leur salon en train de boire un thé. Elle lisait une lettre et Draco remarqua que c'était celle de Scorpius.

-Bonjour Astoria. Aurais-tu un moment ?

Astoria leva les yeux vers lui, surprise.

-Désolé, je t'ai fait peur ?

-Pas du tout. Je ne m'attendais pas à ce que tu sois calme et courtois. Etant donné qu'en ce moment, tu m'aboies plus dessus qu'autre chose, tu m'excuseras d'être quelque peu surprise.

Draco se raidit à ces mots. Respire, respire! In and out! Il est vrai qu'il était le seul à hurler dans cette maison !

-Je voulais justement te parler de ça. Nous ne pouvons plus continuer comme ça. Comme tu as pu le constater, même notre fils a compris que quelque chose n'allait pas entre nous.

-Oui, c'est vrai. Je n'arrive pas à croire qu'il nous ait envoyé deux courriers séparés.

-Astoria, dit Draco en s'asseyant à côté d'elle. Je suis vraiment désolé. Je pense avoir une grande part de responsabilité dans ce qui nous arrive.

-Oui, tu as raison. Draco la fusilla des yeux. Mais j'en ai aussi. J'aurais dû partir il y a 15 ans.

Draco ne répondit pas. Il ne savait pas quoi dire. Une première ! Il voulut ajouter quelque chose mais Astoria le devança.

-Je ne sais pas ce qui s'est passé et je ne te demande pas de me le dire. Mais je tenais à ce que tu saches que je ne t'ai jamais vu dans un état pareil. Tu t'en rends compte maintenant ? Tu ne me parlais plus. Ce n'est pas que tu me parlais plus avant mais là t'étais complètement muet. Et ça ne s'est pas arrangé avec les années. Mais je ne te blâmerai pas plus. Mon erreur a été de ne pas avoir insisté pour savoir ce qui se passait. Je suis désolée, Draco. J'aurais dû faire quelque chose.

Draco se sentit mal. Elle s'excusait mais en fait, elle n'avait rien à excuser. Tout était de sa faute et de ses foutus sentiments. C'est lui qui s'était mis dans cette situation après la guerre. Mais ça, il ne le dirait jamais à sa future ex femme.

-Je pense que nous allons devoir voir le conseiller au divorce. Je peux rester ici jusqu'à que tout soit terminé ?

-Bien sûr. De toute façon, je pars en mission et je ne serai pas présent pendant un certain temps. Pour le conseiller, je vais le prévenir et il s'occupera de ma partie pendant mon absence. A moins que tu veuilles impérativement ma présence, dans lequel cas, il va te falloir attendre mon retour.

-Ne t'inquiète pas, Draco. Je pense que notre conseiller est très compétent. Tout est déjà presque prêt, j'en sûre. Il est toujours préparé au moindre changement, lui répondit-elle en souriant.

Draco lui rendit son sourire.

-Oui, tu as raison.

Sur ces mots, Astoria l'embrassa sur la joue et sortit du salon. Maintenant que la conversation avait eu lieu, Draco ne sentit pas le soulagement espéré. C'était plutôt un sentiment de solitude qui lui étreignait le cœur.