Voici la traduction du quatrième chapitre de la fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!
Note de l'auteur: Ce chapitre peut être dérangeant pour certaines personnes. Après, vu comme se termine le chapitre précédent, c'est assez évident.
Plus tard, seul dans sa chambre, Lee inséra la cassette dans le magnétoscope. Il s'assit sur son lit en tailleur, et fixa d'un œil attentif l'écran où apparut une image.
Le film avait l'air d'avoir été filmé dans une cave avec un caméscope familial. Quand Lee réalisa ce qu'il voyait, un frisson lui parcourut l'échine. Un homme mince aux cheveux bruns était agenouillé au sol, le dos nu exposé, les bras au-dessus de la tête, les poignets attachés au mur. Il était nu et ne portait qu'un masque semblable à ceux que portaient les membres de l'ANBU. Un râle bruyant se faisait entendre derrière le masque qui ressemblait à un chat tandis qu'il regardait par-dessus son épaule.
Un autre homme s'approcha, masqué et vêtu seulement d'un pantalon en cuir moulant ; un homme musclé aux cheveux noirs. Il ressemblait vaguement à Gai, mais pas complètement non plus.
Le cœur de Lee s'accéléra, et il gigota, mal à l'aise, le visage brûlant. Il était content que Gai ne soit pas là aujourd'hui. Lee n'était pas sûr de vouloir que son professeur entre et tombe sur ça. Ça serait embarrassant, d'essayer d'expliquer pourquoi il était en train de regarder une vidéo de deux hommes masqués, l'un d'eux étant nu et enchaîné au mur.. d'autant plus que Lee n'avait lui-même aucune idée de ce qui se passait. C'était ça, le S.M.?
L'homme aux cheveux noirs leva un bras, et Lee remarqua le fouet qu'il tenait dans sa main: une longue lanière de cuir avec trois petites billes métalliques accrochées au bout.
-Fais-le, dit l'homme attaché d'une voix rauque.
-Silence, petite salope, dit l'autre homme.
Alors que le fouet claqua, Lee décida que l'homme aux cheveux noirs ne ressemblait pas tant que ça à Gai, après-tout. Ses cheveux étaient plus longs et il n'était pas aussi musclé.
La flagellation continua un moment, accompagnée des gémissements de l'homme attaché qui se tortillait, se frottant parfois contre le mur. Le fouet laissait des marques crues, rouges et brillantes. Puis deux autres hommes arrivèrent, tous deux portant des masques et vêtus d'étranges habits en cuirs avec des pointes en métal. L'un d'eux enleva son pantalon. Un liquide jaune éclaboussa l'homme attaché, qui gémit, haleta et grogna comme un animal. Une sensation froide et nauséeuse enserra l'estomac de Lee, mais il n'arrivait pas à détourner les yeux. L'image terne retenait son regard. Il serra ses genoux contre lui alors que le fouet reprenait sa danse et que l'homme attaché geignait – de plaisir ou de douleur, c'était dur à dire.
Ce qui choqua le plus Lee était la froideur de tout ça. À part le bref échange au début, aucun des participants ne parlait. Il n'y avait aucune tendresse, aucune affection dans ce jeu – si tant était qu'il y en eut une.
Puis, l'homme aux cheveux noirs – qui, avait décrété Lee, n'avait absolument rien à voir avec Gai – urina dans un verre, et Lee ne put en regarder davantage. D'une main tremblante, il éteignit la télévision.
Pendant presque une heure, il resta assis sur son lit, serrant ses genoux, le regard dans le vide, se sentant étrangement apathique. Puis il se leva de son lit. Il irait s'entraîner un moment, pensa-il. L'entraînement l'aiderait. D'une certaine manière.
Gai rentra à Konoha un jour plus tôt qu'il l'avait prévu. Il se rendit à son appartement en fredonnant, ayant hâte de revoir Lee.
Il s'était attendu à ce que Lee l'accueille avec une suprise pleine de joie, mais durant toute la soirée, Lee demeura étrangement distant et silencieux. Alors qu'ils mangeaient ensemble à table, il répondait aux questions de Gai par des monosyllabes, sans jamais vraiment croiser le regard de son sensei.
Gai prit un morceau de poulet entre ses baguettes et s'arrêta un instant pour étudier le visage de Lee.
-Tout va bien, Lee?
-Oui, Gai-sensei, répondit Lee d'un ton morne.
-Tu es sûr? demanda Gai en fronçant les sourcils. Tu n'a pas l'air dans ton assiette.
-Je suis fatigué. C'est tout.
Il baissa les yeux sur son assiette à moitié entamée.
-Je pense que je vais aller me coucher tôt ce soir, si ça ne vous ennuie pas.
Gai acquiesça, les sourcils froncés. Peut-être que Lee ne se sentait tout simplement pas très bien. Peut-être qu'il combattait une autre grippe.. ou peut-être qu'il n'avait pas bien guéri de la première. Il regarda Lee mettre ses restes dans une boîte, la mettre au frigo, et se rendre à sa chambre.
Durant les jours suivants, Lee s'aperçut qu'il n'arrivait toujours pas à croiser le regard de son professeur. Quand ça arrivait, sa poitrine et son visage étaient brûlants de honte. Il n'avait pas compris exactement pourquoi il avait honte, mais la sensation le suivait partout comme une ombre.
Ça faisait plusieurs jours qu'il avait emprunté la cassette, mais il ne l'avait toujours pas rendue. Il voulait s'en débarrasser, mais il n'arrivait pas à se résoudre à la toucher ; elle était toujours dans le magnétoscope. Il ne savait pas comment il pourrait de nouveau se retrouver face à Kiba. S'il rendait la cassette, Kiba voudrait sûrement savoir ce qu'il en pensait.. et Lee devrait soit lui mentir, soir lui dire la vérité, et il ne savait pas ce qui lui serait le plus difficile. Il ne savait pas quoi faire. Il avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal, quelque chose de terrible, même s'il ne savait pas exactement quoi.. et savoir que Gai était dans les parages empirer tout ça. Il essayait de ne pas inquiéter son professeur – il essayait de sourire et de prétendre que tout était normal – mais il lui semblait que plus rien n'était normal.
S'il n'y avait pas eu cette nuit – la nuit où Gai l'avait attaché au lit en guise de punition – Lee n'aurait peut-être pas été aussi perturbé. La cassette l'aurait peut-être quand même ennuyé, mais il aurait pu mettre tout ça de côté: la cataloguer mentalement et la classer comme quelque chose qui n'avait rien à voir avec lui. Que c'était juste des gens fous qui faisaient des choses folles. Mais pour une raison inconnue, ses pensées revenaient à cette nuit. Il sentait qu'il y avait une connexion à elle, que le contenu de la cassette révélait quelque chose à propos de Lee, de sa relation avec son sensei, de la nature de son cœur et de ses désirs.
Ça l'embrouillait. Pire, ça l'effrayait. Mais il ne pouvait en parler à personne. Que pourrait-il dire? Comment pourrait-il l'expliquer à Gai?
Un autre jour passa ; un autre jour à s'entraîner, à éviter le regard de tout le monde, à essayer d'agie comme si rien n'avait changé. Après que Neji et Tenten furent rentrés chez eux, Lee resta sur le terrain d'entraînement, frappant dans un tronc.
Il se rappela la pression des cordes autour de ses poignets, la bulle de plaisir dans son estomac en entendant le ton dur mais pourtant aimant dans la voix de Gai. Ce sentiment de sécurité.
Il pensa à l'homme enchaîné au mur, le bruit du fouet qui claquait sur sa peau, la déchiquetant. La voix de celui qui tenait le fouet résonnait dans sa mémoire: Silence, petite salope. Il n'y avait aucun amour dans cette voix.
Lee frappa le tronc encore et encore. Un sentiment étroit et chaud se répandait dans sa poitrine et dans son estomac, et sa respiration s'accéléra. Le rouge lui monta aux joues. La transpiration lui coulait dans les yeux et il cilla. Il était vaguement conscient du fait que ses mains saignaient – laissant des traces rouges sur l'écorce – mais il ne s'arrêta pas.
Gai attendit Lee plusieurs heures, mais Lee ne rentrait pas. Le dîner refroidissait pendant que Gai faisait les cent pas dans la cuisine.
Malgré le fait que Lee affirmait sans cesse que tout allait bien, Gai savait qu'il y avait quelque chose. Lee avait toujours l'air distant et préoccupé ces derniers temps. Mais Lee ne lui dirait rien, et Gai ne savait pas quoi faire.
Il marcha dans le couloir jusqu'à la chambre de Lee et jeta un œil à l'intérieur. Le lit de Lee était fait au carré, comme d'habitude, toutes ses combinaisons dans le placard.. à part celles qui étaient sales, qui étaient dans un panier à côté de son lit. Tout avait l'air normal. Puis Gai remarqua la cassette vidéo noire qui ressortait du magnétoscope de Lee.
Il avait beau avoir une télévision dans sa chambre, Lee ne s'en servait presque jamais, et autant que sache Gai, il n'avait jamais acheté de cassette vidéo ; les films ne l'avaient jamais trop intéressé. Qu'est-ce que ça pouvait être? Est-ce que ça pouvait avoir un quelconque rapport avec l'étrangement comportement de Lee?
Gai savait qu'il ne devait pas fourrer son nez dans la vie privée de Lee. Ça ne le regardait pas. Pourtant..
Il resta là quelques minutes, à regarder la cassette. Puis il entra dans la chambre, poussa la cassette dans le magnétoscope, et alluma la télévision.
Il resta bouche bée. Sidéré, il regarda la scène qui se déroulait sous ses yeux. Après une trentaine de secondes, il martela du doigt le bouton pour faire sortir la cassette.
Gai fit volte-face, l'estomac noué, se demandant ce qu'il était censé faire à présent. Pourquoi est-ce que Lee regarderait quelque chose comme ça?
Bien entendu, Lee s'approchait de cette partie de la jeunesse. Il commençait sûrement à penser davantage au sexe. Pourtant.. Gai n'aurait jamais imaginé trouver de la pornographie dans la chambre de son élève, et encore moins une vidéo S.M. hardcore, avec en plus de la flagellation et.. il ne voulait même pas penser à ce qu'il y avait d'autre, mais il était quasiment sûr que ce verre ne contenait pas de la bière au gingembre. Gai pressa une main contre son front, accablé. Est-ce que Lee.. aimait ce genre de choses? D'ailleurs où avait-il trouvé cette cassette? C'était une cassette d'enregistrement sur laquelle il n'y avait aucune étiquette ; ce n'était pas le genre de chose que n'importe qui pouvait louer tranquillement dans un magasin.
Gai prit une inspiration tremblotante et mit de côté son embarras. Il ne pouvait pas simplement ignorer ça. Aussi difficile serait-ce, il devait parler à Lee.
