Chapitre 3:
Promenons-nous dans les bois.
La voiture n'avait quitté la ville que depuis une heure environ quand le piège se referma sur elle. Alors qu'elle abordait un pont de pierre enjambant un petit cours d'eau, l'un des troncs l'entourant s'effondra subitement en travers de la route. Le temps que le cocher arrête ses chevaux, un autre arbre s'abattit derrière la voiture, l'empêchant de manoeuvrer. C'est à ce moment qu'une vingtaine d'hommes armés surgirent des bosquets de chaque coté de la rivière. Sans prendre la peine de réfléchir, ils se ruèrent sur la voiture, éventrant ses flancs d'acier de leurs sorts. Seul deux soldats terrifiés en sortirent, tremblant de peur.
- Chef, chef, y'a personne à l'intérieur, s'écria quelqu'un.
Un homme s'extirpa des ombres projetées par les arbres sur la route.
- Comment ça personne?
- Personne, chef, la voiture est vide.
Serrant les poings, l'homme s'approcha de l'un des soldats qui gisait au sol. D'un mouvement vif, il l'attrapa par le col de son uniforme et le souleva.
- Où sont les mages, où est le prisonnier?
Le jeune soldat déglutit difficilement.
- Les ... Les deux types n'ont pas voulu prendre la voiture ... Ils ont dit ... ils ont dit qu'ils allaient faire la route à pied ... Ils sont tous descendu de voiture à la sortie de la ville ... avec le prisonnier ... Les deux types n'avaient pas l'air bien.
L'homme le lâcha et le soldat tomba au sol.
- Je me disais bien que c'était trop facile. Surtout face à des mages de Sabertooth!
- Qu'est-ce qu'on fait, chef?
- On va chercher les chiens et on les poursuit, quelle question.
Avec ça, il se retourna dans un grand envol de cape, furieux de s'être fait posséder par trois gamins et trois chats costumés.
Et pendant que nos adversaires du moment enrageaient de s'être fait berner aussi facilement, mon petit groupe cheminait tranquillement sous les arbre de la foret séparant Dahlia de notre destination: Suzuran. Sting et Rogue s'étaient déjà rétablis de leur court voyage en voiture et les exceeds courraient autour de nous comme s'il s'agissait d'une simple promenade. Ma présence ne semblait pas avoir perturbé l'organisation des deux autres dragons. Sans un mot, ils avaient pris place, chacun connaissant son rôle. Sting marchait devant, les sens en alerte, prêt à réagir à la moindre menace. Rogue fermait la marche, non moins concentré sur notre environnement que son équipier. En ce qui me concernait, je marchais derrière le prisonnier qui avançaient lentement juste derrière le dragon blanc. Comme mes deux équipiers surveillaient les alentours, je gardais un oeil sur notre prisonnier, dont je ne tardais pas à apprendre le nom: Den Astaran. On l'avait délesté de ses chaîne pour le voyage, mais ses mains étaient toujours entravées par de grosses menottes couvertes de runes bloquant sa magie. Elles ne bloquaient pas sa langue cependant et je le regrettais amèrement. Il parlait, parlait, parlait, sans s'arrêter, nous défiant, nous insultant, nous assurant que ses hommes nous feraient regretter d'avoir pris part à cette mission. Je me demandais comment Sting faisait pour le supporter quand je réalisais qu'il était trop concentré sur ce qui se passait autour de nous pour entendre l'incessant babillage de ce type.
J'avais à peine été surprise quand Sting avait ordonné qu'on arrête la voiture pour continuer à pied. Je me doutais bien que ni lui, ni Rogue n'avaient l'intention de rester longtemps à bord, surtout sachant que tout un groupe de mages clandestins nous traquait. Laisser continuer la voiture seule pour servir d'appât et détourner l'attention de nos poursuivants était une idée brillante qui ne me surpris guère venant de lui. Ça nous donnerait quelques heures d'avance.
Rien de bien inquiétant ne se passa ce jour là, en dehors de Lector qui fut poursuivi par un sanglier après avoir été fourrer son nez dans son antre. Après une brève pause déjeuner, vers deux heures, on avait repris la route, marchant toujours dans le même ordre. Une heure à peine plus tard, de gros nuages commencèrent à s'amonceler dans le ciel et il fit bientôt très sombre sous l'épais feuillage de la forêt, mais pas de quoi nous gêner. Une lourde averse ne tarda pas à suivre, cependant le sol de la forêt resta relativement sec. Encore une chance, je ne tenais pas à barboter dans la boue dès le premier jour.
Le crépuscule chassa les nuage et les rayons obliques du soleil descendirent entre les branches, dessinant de longues lignes d'ombre et de lumière sanglante devant nous. Sting, cependant nous fit marcher jusqu'au couché du soleil quand la seule lueur de la lune et des étoiles ne fut plus suffisante pour que notre captif puisse voir où il posait les pieds. A ce moment là, il consentit à nous laisser chercher un endroit où camper. Un petit creux bien sec entre les racines noueuses d'un énorme saule fut suffisant. Sting déposa son sac par terre et commença à fouiller dedans pendant que Rogue s'occupait d'attacher le prisonnier à l'arbre en s'assurant qu'il ne risquait pas de s'échapper et qu'il ne pouvait pas s'approcher de nous.
Quelques minutes plus tard, nos couches étaient installées autour de la lacrima de feu que Sting venait d'activer. La pierre produisait une haute flamme qui éclairait notre petit camp tout en nous réchauffant, et elle ne risquait ni de s'éteindre pendant la nuit, ni d'embraser la forêt autour de nous. Quelques grosses saucisses piquée sur des branchettes cuisait lentement tandis qu'une cafetière chauffait près d'elle.
- Alors, ce premier jour? Demanda Sting sans me regarder, occupé qu'il était à s'amuser à piquer les saucisses avec un bâtonnet.
A moité allongée sur mes couvertures, je brossais mes pieds nus pour les débarrasser des épines de pins, des feuilles mortes, de la terre et de la saleté qui s'y étaient collés.
- Long, ennuyeux, répondis-je simplement. Tous vos missions sont comme ça?
- Certaines sont encore plus ennuyeuse, fit Rogue sans lever le nez de son bouquin. Mais celle-ci risque de devenir très intéressante.
Je ne pouvais qu'approuver tandis que notre prisonnier trouvait encore indispensable de faire entendre sa voix. J'avais fini par m'habituer à ses incessantes menaces et sa voix était devenu comme un bruit de fond gênant pendant un rendez-vous important.
Après un rapide repas consistant avant tout en saucisses grillées et café chaud, Sting et Rogue se mirent d'accord sur l'instauration d'un tour de garde afin de garder un oeil sur notre ami enchaîné et de prévenir toute attaque surprise pendant la nuit. Je les écoutais d'une oreille distraite en vérifiant notre position sur ma carte du pays, une boussole magique dans mon autre main. Je ne relevais les yeux que quand une ombre s'éleva devant moi, croisant les yeux bleus de Sting.
- Alors, où sommes-nous, demanda-t-il.
- Quelque part par ici, répondis-je en désignant un point de la carte non loin de Dahlia.
Que ce soit par un heureux hasard ou parce qu'il possédait un solide sens de l'orientation, nous ne nous étions pas écarté de la direction dans laquelle Suzuran se trouvait.
- Si on continue à ce train, et si rien n'arrive d'ici là, on peut arriver à destination d'ici trois jours.
Il hocha la tête avant de plonger son regard de glace dans le miens.
- Vas dormir, ordonna-t-il. Demain on repart à l'aube.
Devais-je en conclure qu'il me pensait capable de dormir jusqu'à midi?
- Rogue prend le premier tour de garde, ajouta-t-il en se dirigeant vers ses couvertures.
Il s'enroula dedans de telle façon que je ne vis bientôt plus que sa tignasse blonde dépassant d'une espèce de rouleau de printemps en tissus. Retenant un sourire, j'invitais Rin à me rejoindre, ce qu'elle se hâta de faire et je rabattis la couverture sur nous.
- Bonne nuit, lançais-je.
Pas de réponse ... Putain d'asociaux!
Etrangement, malgré la présence d'un psychopathe non loin de moi, et les bruits nocturne de la forêt, je ne rencontrais aucun problème à trouver le sommeil. Probablement que la présence de mes deux équipiers à portée de la main devait me rassurer. Cependant quand j'ouvris les yeux, après avoir été secoué par Rogue, ce fut pour me rendre compte que le ciel était clair aux dessus des arbres. Les tintes rosâtres de l'aube commençaient déjà à disparaître. Réalisant l'heure, je me redressais d'un coup, arrachant les couvertures à la pauvre Rin, et lançais un regard vers mes équipiers. Ils étaient là tous les deux, près de la lacrima à présent désactivée.
- Déjà debout? Demanda Sting sans me regarder.
Il me tendit un gobelet en fer un peu cabossé contenant du café fumant. Noir le café. Et sans sucre, en plus. Rien de tel pour achever de m'énerver.
- Pourquoi vous ne m'avez pas réveillé? Lançais-je d'un ton accusateur.
Ils se tournèrent vers moi d'un même mouvement.
- Et, qu'est-ce qu'on vient de faire? Demanda Sting.
Je sentais de l'agacement dans son ton, mais il n'était pas le seul à être de mauvaise humeur. Et croyez moi, Ao Enoki de mauvaise humeur est quelque chose que même un dragon blanc ne voudrait pas voir!
- Cette nuit, pour la garde, précisais-je en me demandant s'il me prenait pour une idiote.
Je vis dans ses yeux qu'il comprenait enfin de quoi il retournait. Il échangea un regard avec son équipier avant de se passer une main sur la nuque.
- On est assez de deux pour ça, fit-il.
Je haussais un sourcil.
- Et moi je sers à quoi alors? Comment je peux prouver mes qualités si vous ne me laissez pas ma chance?
Je commençais à me demander s'ils avaient l'intention de tenir la promesse faite par leur maître. Peut-être que la perspective de partager la scène avec un troisième chasseur de dragon leur déplaisait au point de vouloir saboter mon épreuve d'entrée dans leur guilde. Peut-être n'avaient-ils pas du tout l'intention de me laisser faire mes preuves. Que ferais-je dans ce cas? C'était une éventualité que je n'avais pas considéré jusque là. Je n'y avais même pas pensé, trop fixée sur ce que j'avais vu de mon père pour songer à ce qu'il était avant de rencontrer maman.
- Ecoute, Sting, soupirais-je, lasse de son comportement. Que vous soyez dérangés par ma présence, je peux comprendre, que vous me regardiez de haut, passe encore, mais pour l'amour du ciel, je ne suis plus une gamine. Je suis un chasseur de dragon au même titre que vous, j'ai les mêmes capacités physiques et la même magie que vous et je vous garantis que je peux vous surprendre, alors s'il te plaît, arrête de me prendre pour une gamine incapable de se débrouiller seule.
Il me regarda un instant en silence. Son regard acéré, tranchant comme une lame, me détailla de la tête au pieds avec plus d'attention que lors de notre première rencontre.
- OK, fit-il après un instant de silence. Si c'est ce que tu veux, on va te traiter comme un chasseur de dragons adulte. Mais ne viens pas te plaindre.
- Merci.
Avec ça, je revins à ma couche et bus le café qu'il m'avait donné plus tôt. Assise près de moi, Rin me regardait d'un air désolée. Elle ne fit cependant aucun commentaire, réservant probablement ça pour un moment ultérieur, quand on serait seule, elle et moi.
- Tu as du cran, remarqua Rogue en me tendant la dernière saucisse dans un morceau de pain. J'en connais pas beaucoup qui osent parler à Sting comme ça.
- Je comprends aisément pourquoi, répondis-je en prenant le sandwitch.
L'espace d'un instant, il me sembla voir un imperceptible sourire apparaître sur le visage du dragon noir, mais ce fut si rapide que je me demandais si je n'avais pas rêvé. Il se détourna et retourna vers ses affaires pour commencer à faire son sac. Un peu surprise, je coupais le sandwitch en deux et en donnais une moitié à Rin.
Quelques minutes plus tard, Sting passa devant moi en annonçant que je n'avais plus que cinq minutes pour empaqueter mes affaires et me préparer au départ. Il se planta ensuite devant le prisonnier et, avec sa délicatesse légendaire, le réveilla d'un coup de pied dans les cotes. Aussitôt éveillé, ce dernier fit ce qu'il faisait de mieux, il brailla, menaçant le blond du pire des supplices quand ses alliés nous mettraient la mains dessus. La seule réaction de Sting fut de se retourner sans un mot et de revenir près du feu éteint.
Je ramenais la tasse à Sting et retournais boucler mon sac. Rin était levée et regardait sa robe froissée d'un air chagriné. Je la comprenais, je n'aimais pas non plus particulièrement dormir dans mes vêtements mais nous n'avions pas le choix, ce n'était pas comme si nous pouvions nous permettre d'être délicates. Après avoir secoué mon hakama pour essayer de lui donner une forme plus présentable, je ramassais mes couvertures pour les secouer. Un lézard vert surgit de l'herbe aplatie sur laquelle j'étais couché. Je poussais un cri de surprise en le voyant filer comme un petit éclair entre mes pieds puis éclatais de rire tandis que Frosch se lançait à sa poursuite.
- Ne t'éloigne pas, ordonna Rogue en la regardant zigzaguer dans les buissons près de nous.
Quelques minutes plus tard, j'étais prête à repartir, mon sac à mes pieds, Sting détachait le prisonnier tandis que Rogue revenait vers nous, peinant un peu dans les buissons de ronces s'accrochant à sa cape et à son pantalon, Frosch sous le bras. A peine sur ses pieds, la petite exceed se rua vers moi en brandissant quelque chose.
- Fro est désolée, fit-elle, dépitée. Fro a cassé ton lézard.
Entre ses petits doigts, je pus voir le bout de la queue du reptile qui s'agitait encore frénétiquement.
- C'est pas grave, fit-je en me baissant pour flatter sa tête. Ils font ça tout le temps, ça va repousser.
Sa frimousse s'éclaira d'un sourire et elle sautilla vers Rogue sans lâcher la queue du lézard.
- Elle est toujours comme ça? Entendis-je Rin demander à Lector.
- Ouais toujours!
Sans rien rajouter, il rejoignit son maître.
La matinée se passa tranquillement, sans autre incident que notre prisonnier toujours occupé à faire aller sa langue. Ma parole ce type ne savais vraiment pas quand se taire! Nous avions repris notre formation de la veille, Sting marchant devant, suivit du bavard de service, moi ensuite et Rogue fermant la marche. Comme la veille, mes deux compagnons restaient extrêmement concentrés sur notre environnement, me laissant le soin de surveiller le prisonnier. Celui-ci ne tarda cependant pas à me prendre pour cible.
- Eh, mignonne? Appela-t-il en me lançant un regard par dessus son épaule.
Je levais la tête vers lui, prenant soin de garder une expression neutre sur mon visage.
- J'ai entendu ce que tu disais, ce matin. Ils ne te prendront jamais au sérieux, avança-t-il. Tu sais pourquoi? Parce qu'ils ne savent pas reconnaître le talent là où il se trouve. Ils pensent qu'ils sont plus fort que toi parce qu'ils sont des hommes. Tu n'obtiendra jamais rien d'eux.
Je haussais un sourcil, soufflée de l'outrecuidance de ce type.
- Qu'est-ce que tu en sais.
- Crois moi je le sais, je connais bien le minets dans leur genre. Ils pensent que les filles ne sont bonne qu'à mettre dans un lit.
Il commençait à devenir insultant là, et pas seulement avec moi.
- Et tu penses autrement, peut-être?
- Bien entendu! Et il ajouta à voix basse. Si tu m'aides à m'échapper, je te promets que tu seras largement récompensée. Je peux même te prendre comme bras droit, tu seras riche.
Il s'arrêta de marcher et se tourna vers moi.
- Qu'est-ce que tu en penses.
Je m'arrêtait juste à sa hauteur.
- Laisse moi réfléchir! ... Hum ... C'est non!
Il en sembla abasourdi.
- Je n'ai pas travaillé si dur ces dernières années pour laisser tomber alors que mon rêve est à portée de la main. Tu n'a rien à m'offrir qui vaille la peine de trahir ma guilde.
Même si techniquement, Sabertooth n'était pas encore ma guilde. Je fit alors quelque chose qui me démangeait depuis la veille, je posais un doigt sur ses lèvres et libérais une infime quantité de magie, juste assez pour figer sa langue dans une gangue de glace. Il se débattit un instant, secoua la tête, mais ses mains attachées derrière lui ne lui permirent pas d'essayer de libérer sa langue. Sans ménagement, je le poussais devant moi pour l'obliger à reprendre sa marche.
- Enfin un peu de silence, soupirais-je avec ravissement. Et t'inquiète pas trop, ta langue devrais dégeler d'ici quatre ou cinq heure. Malheureusement.
Et voilà ce qu'il en coûtait de me prendre pour une idiote. J'ignorais que l'échange n'avait pas échappé à l'ouïe fine de mes équipiers et que tous deux partageaient à cet instant, le même petit sourire de satisfaction.
Ce fut le seul incident de la journée, et quand on s'arrêta, à la tombée de la nuit, on avait pas vu l'ombre des fameux alliés dont notre prisonnier nous parlait tant. Mais prudence, nous étions encore loin du but. Cette fois, comme demandé, je fut incluse dans le tour de garde. Il fut décidé que Rogue prendrait le premier, comme toujours avait ajouté Sting, et il annonça prendre le suivant. Il me resterait les dernière heures de la nuit avant l'aube. Je me demandais un instant si c'était bon signe où non, mais je laissais le sujet de coté, au moins pour le moment.
Après un rapide dîner, Je m'enroulais dans ma couverture, Rin pressée contre moi. Dans la lueur vacillante du feu, je vis la silhouette de Rogue adossé contre un arbre son livre ouvert sur les genoux, tandis que Frosch dormait tranquillement appuyée contre sa hanche et enveloppée dans sa cape. De l'autre coté du feu, Sting se prenait à nouveau pour un rouleau de printemps et, par un étrange effet de mimétisme, Lector en faisait autant, juste à coté de lui.
Je fus réveillé brusquement quand une poigne d'acier me secoua sans ménagement. Ouvrant un oeil, je vis Sting penché sur moi. Il paraissait tendu. Au dessus le ciel était encore d'un noir d'encre et un vent frais secouait les feuillage en les faisant bruisser. Mon cerveau se réveilla tout à fait quand je captais un odeur étrangère portée par le vent nocturne.
- On a de la visite, chuchota Sting.
Je sautais sur mes pieds, complètement réveillée et alerte. Du coin de l'oeil, je vis que Rogue était bien éveillé, lui aussi, Frosch accrochée à ses mollets. Les yeux fermés, il se concentrait sur ce que ses sens aiguisés pouvaient lui apprendre. J'en fis autant, humant l'air avec attention et écoutant le moindre bruit nocturne, le moindre souffle de vent, le plus petit craquement des branche au dessus de nous et ...
- Des battements de coeurs, annonçais-je à voix basse. Douze.
- Quatorze, en réalité, rectifia Rogue en ouvrant les yeux.
Ecoutant plus attentivement, je réalisais qu'il avait raison.
- En scène, lança Sting en frappant du poing dans la paume de sa main droite.
Et le spectacle ne tarda pas à commencer. Une troupe d'hommes tous vêtus de noir ne tarda pas à surgir des buissons. Tellement prévisible.
- Quoi, c'est tout? Fit Sting en les voyant s'approcher du cercle de lumière créé par le feu.
Typique de son arrogance. Mais quand on savait de quoi il était réellement capable, ce n'était pas étonnant. En tout cas, ce n'était certainement pas avec ça que notre prisonnier allait retrouver la liberté. Loin de là!
- Libérez, maître Den, ordonna l'un d'eux.
- Sinon quoi, interrompit Sting.
Ça prit le type de cours.
- Hé, Ao, ça te dis de nous montrer ce que tu sais faire.
Surprise par la proposition, je ne remarquais même pas qu'il m'avait appelé par mon prénom. C'était pourtant la première fois depuis notre encontre.
- Avec plaisir.
Je passais devant lui et me plantais face à nos adversaire. Ils étaient nombreux mais pas assez pour m'inquiéter. Sans compter qu'ils étaient tous plus faibles les uns que les autres. Ce serait vite fait! Une seule attaque devrait suffire. Pendant que nos adversaires s'avançaient en se demandant probablement pourquoi aucun de nous ne bougeait, je pris une lente et longue inspiration afin de remplir mes poumons.
- Hurlement du dragon bleu!
Je soufflais vers eux un véritable blizzard chargé de fragments de glace tranchant comme des lames. L'ampleur de l'attaque faucha le groupe et abattit plusieurs arbres, laissant derrière elle une traînée en forme de cône bordé de lames de glaces déchiquetées. Une épaisse couche de glace d'un bleu translucide couvrait le sol. Nos adversaires gisaient dans la tranché, couverts de glace et de sang, certains gémissant misérablement.
- Pas mal, entendis-je derrière moi.
Je me retournais vers Sting avec un sourire au moins aussi arrogant que le sien, et ne compris mon erreur qu'au moment ou une lame fut pressée contre ma gorge. Une main m'attrapa par les cheveux pour essayer de m'immobiliser.
- Libérez maître Den, ordonna le type qui me tenait. Où je la tue.
La seule réaction de Sting fut de me lancer un regard de reproche, me faisant comprendre que je méritais ce qui arrivait, j'avais été inutilement imprudente. Je levais les yeux au ciel.
- Tu ne pouvais pas plus mal choisir ton otage, fis-je au type qui me tenait. Je ne pensais pas devoir l'utiliser pour si peu, mais bon...
Il n'eut pas le temps de se demander de quoi je parlais, dans un flots d'énergie bleuté, je fis apparaître mon sabre et m'en servis pour lui transpercer le pied. Il me lâcha en hurlant et, sans la moindre pitié je me retournais pour lui assener un coup de ma lame. Son cri se mua en un gargouillis immonde tandis que le sang commençait à couler, révélant la profonde mais fine coupure le long de sa gorge. Il tomba sans vie sur le sol et je me contentais de revenir vers mes équipier en secouant ma lame pour en faire tomber le sang. Les derniers encore debout s'en furent en hurlant.
- C'est quoi ça? Me demanda Sting.
- Un cadeau de Boreas, répondis-je évasivement en présentant mon arme à la lumière du feu.
Il semblait surpris et avait de quoi l'être. En général les chasseurs de dragons préféraient se battre à mains nues. Rogue portait toujours un sabre, lui aussi, mais il ne l'utilisait pratiquement jamais. Quand ils eurent satisfait leur curiosité, je renvoyais mon arme. Je n'étais pas très douée avec la magie d'équipement mais c'était suffisant pour garder ma lame toujours à portée de la mains sans être encombrée avec elle. Pratique!
Puisque nous étions tous réveillés, et que j'avais transformé le camp en banquise, Sting décida qu'il était temps de reprendre la route. Un quart d'heure à peine fut suffisant pour ranger nos affaire et repartir. Il restait environ trois heures avant l'aube, ce n'était pas assez pour se rendormir. Rin endormie dans mes bras, je repris ma place dans la file et nous nous remirent en route sans un mot.
Cette nouvelle journée de voyage, comme la précédente, se déroula sans autre incident que la langue de notre prisonnier reprenant du service. Visiblement la raclée que venaient de prendre ses homme ne l'avait pas calmé. Il continuait à invectiver Sting, qu'il prenait pour le leader de notre petit groupe, à raison, à nous insulter et à nous promettre un sort peu enviable quand il serait enfin libre. Pendant un moment, Sting fit comme s'il n'entendait pas mais je finis par remarquer que ses épaules se faisaient de plus en plus crispés et que ses poing tremblaient de colère à ses cotés.
- J'ai des centaines d'hommes à mon service, continuait-il, fanfaronnant. Ils vont vous faire courir jusqu'à ce que vous soyez trop épuisés pour vous défendre. Vous ne pourrez jamais trouver le sommeil sans craindre qu'ils surgissent pour vous tuer. Vous n'aurez plus la moindre seconde de repos jusqu'à ce que je sois enfin libre. Vous n'avez pas la moindre chance.
Avec une vitesse et une violence inouïe, Sting se retourna, attrapa le type par le col et le plaqua contre le tronc d'arbre le plus proche.
- Qu'ils viennent, fit-il avec un sourire cruel qui dévoilait ses canines pointues. Ce sont des nullos, ils ne peuvent rien contre nous. Quand à la liberté, je compterais pas trop dessus à ta place. Nous sommes des chasseurs de dragons, pas des petits mage sans importance comme ta troupe de faiblards. Nous sommes bien plus résistants et endurants que ce que tu peux imaginer. Trois jours sans dormir? Ça ne nous fatiguera même pas.
Il le décolla de l'arbre et le poussa négligemment vers moi.
- Fais moi taire cette ordure, Ao.
Sans me faire prier, je m'approchais et figeait à nouveau sa langue dans la glace.
- Avec un peu de chance, elle finira par tomber, fis-je avec un sourire mauvais.
Après cet accrochage, on se remit en route dans le délicieux silence de la forêt.
Comme pour bien faire comprendre à notre captif que nous n'étions pas des mages ordinaire, Sting décida qu'on ne s'arrêterait pas à la nuit tombée et qu'on continuerait le plus loin possible. Et c'est qu'on fit! La nuit était tombée depuis longtemps et la lune était haute au dessus des arbres mais nous étions toujours en route. Je me sentais à peine fatigué, juste un peu courbatue, comme après une bonne séance d'entraînement. Devant moi Sting semblait toujours aussi alerte qu'au réveil et je savais que Rogue était dans la même condition. Mais nous étions les seuls. Je suivais toujours le prisonnier qui commençait à trébucher en marchant, comme s'il dormait debout. Perchée sur mon épaule, Rin luttait pour garder les yeux ouverts et je n'entendais plus les petit pas de Frosch derrière moi depuis un long moment déjà. Même Lector semblait prêt a ravaler sa fierté pour se faire porter par son maître.
Après un long moment, le prisonnier fini par s'effondrer sur ses genoux et déclarer qu'il n'irait pas plus loin ce soir là. Mécontent, mais pourtant satisfait de pouvoir montrer la différence entre un mage de rang inférieur et trois chasseurs de dragons, Sting ne manqua pas l'occasion de laisser parler son arrogance. Pourtant il nous accorda un peu de repos et on installa le camp rapidement.
Je réveillais mes équipiers au lever du soleil, après avoir monté la garde pendant un moment. Un rapide petit déjeuner plus tard, notre petit groupe était déjà reparti. Rin, encore fatiguée, c'était à nouveau posée sur mon épaule et regardait autour de nous pendant que je marchais derrière le prisonnier. Je commençais à trouver cette mission un peu répétitive et me demandais si la vie de mage de guilde était bien aussi exaltante que ce que maman me racontait souvent. Bon il était vrai que Sabertooth n'était pas Fairy Tail et que l'ambiance était loin d'y être aussi agréable mais je ne voyais pas vraiment pourquoi ça aurait eu une influence sur le déroulement des missions.
En plein milieu de l'après midi, cependant, un autre groupe de rebelles nous tomba dessus. Cette fois, je n'eus pas à me déranger, Sting se chargea d'eux seul et ils ne lui opposèrent pas la moindre résistance. Un souffle de dragon blanc plus tard, troncs, branches et ennemis gisaient pèle-mêle dans un cratère digne du crash d'une météorite.
- Impressionnant, fut le seul commentaire que je fis.
Mais ça sembla flatter son orgueil. Il me lança un regard par dessus son épaule et je vis son sourire arrogant étirer ses lèvres. Je me retenais de lever les yeux au ciel. Comment quelqu'un d'aussi puissant pouvait être aussi puéril?
Cette fois encore, nous ne nous sommes arrêtés que tard le soir, une fois que notre captif, incapable de faire un pas de plus, tomba d'épuisement. Il fut enchaîné à un arbre tandis que Sting et moi installions le camp. Nos réserve de nourriture commençaient à se faire rare et le dîner ne consista qu'en pain sec et café noir. Ça ne me dérangeait pas, j'avais déjà mangé des trucs bien plus immondes que ça. Assise sur ma couche, ma tasse posée devant moi, j'inspectais soigneusement ma carte de Fiore, ma boussole en main. Sting se laissa tomber à coté de moi et jeta un coup d'oeil à la carte.
- Où est-ce qu'on est?
- Là! Dis-je en montrant un point tout proche de Suzuran. On devrait arriver à destination demain en fin d'après midi si tout va bien.
- Parfait! Je commence à en avoir marre de ce voyage.
Et il n'était pas le seul. Repliant la carte pour la ranger, je vis du coin de l'oeil Rogue se lever pour porter à notre prisonnier sa part du dîner. Il le faisait tous les soir, je n'y prêtait donc pas grande attention. Ce n'est que quand sa voix éclata dans le silence de la forêt que je compris que quelque chose n'allait pas.
- Qu'est-ce que? ...
En moins d'une seconde j'entendis un choc sourd et un cris étouffé. Bondissant sur mes pieds en même temps que Sting je me retournais pour voir Rogue plaquer le prisonnier contre l'arbre auquel il était enchaîné. C'était tellement étonnant de sa part que je sus qu'il avait trouvé quelque chose.
- Rogue-kun?
- Cet idiot était en train de laisser des indices pour ses complices, expliqua-t-il. Pas étonnant qu'ils arrivent à nous retrouver.
A leur pieds, je vis une série de runes inscrites dans la terre.
- S'il a fait ça à chacun de nos arrêt ...
Je ne finissais pas ma phrase, inutile, mes compagnons avaient parfaitement compris ce que je voulais dire. Près de moi, Sting fulminait intérieurement.
- Très bien, puisque tu nous prends tellement pour des imbécile, je vais te faire passer l'envie de rire. Plus de repas pour toi, plus de pause non plus. On repart. Tout de suite.
Je devinais qu'il valait mieux éviter de discuter avec lui quand il était dans cet état, ainsi je rangeais mes affaire en silence, préparant mon sac pour repartir. Rin posa sur moi un regard ensommeillé et je la pris dans mes bras.
Marcher de nuit n'étais pas un gros problème pour nous, la lueur de la lune étant suffisante pour que nous puissions voir ce qui se trouvait autour de nous. Le prisonnier en revanche ne cessait de trébucher sur des racines et des ornières camouflées dans l'ombre. Il titubait devant moi, incapable de marcher droit et je voyais sa tête dodeliner de droite et de gauche comme s'il s'endormait en marchant. Curieusement, on ne l'entendait plus se vanter et nous insulter, et je n'avais même pas eu besoin de recourir à ma magie pour le faire taire. Son cerveau épuisé semblait incapable de produire une seule pensée cohérente. Il était trop occupé à transmettre des informations contradictoires à ses jambes pour ça. Plusieurs fois, il s'affala sur le chemin mais à chaque fois je le remettais debout sans ménagement et le poussais en avant pour qu'il reprenne sa marche.
Ce n'est qu'au levé du soleil que Sting consentit à lui laisser enfin deux heures de repos. Il s'affala aussitôt sur l'herbe et s'endormit dans la seconde. Rogue n'eut même pas besoin de l'attacher. Deux heures et un frugal petit déjeuner plus tard, Sting réveillait notre captif d'un coup de pied. Comme celui-ci refusait de se lever, le blond l'attrapa par le col de son vêtement et le hissa brutalement sur ses pieds.
Une nouvelle journée de marche devant nous, mais cette fois c'était la dernière. Notre destination n'était plus très loin, à quelques heures tout au plus. D'ailleurs, rapidement, je pus remarquer que les arbres autour de nous se faisaient moins nombreux et plus clairsemés. Ils paraissaient aussi plus jeunes et moins imposants que ceux qui nous entouraient depuis notre départ. La fin de la forêt était proche. Mais avant d'avoir pu la voir, une odeur étrange me parvint, mélange de terre, d'humidité et de moisissure. Devant moi Sting s'arrêta net, signe qu'il l'avait repéré aussi. Silencieuse, j'attendis ses directives. Il tourna la tête et nous lança un regard par dessus son épaule. Instinctivement je compris ce qu'il voulait de moi. Derrière, j'entendis Rogue s'éloigner de quelque pas.
Pendant un instant, il ne se passa rien, puis le premier sort éclata dans la clarté du matin. Une boule de feu. Rogue l'esquiva d'un bond et répliqua d'un souffle qui faucha les arbres face à lui et éparpilla ses assaillants. Ce fut comme le signal du départ, les ennemis surgirent de partout, certains brandissant des armes, les autres lançant tous les sorts qu'ils connaissaient. L'assaut nous sépara et je me retrouvais à quelque distance de mes acolytes. Invoquant mon sabre, je m'en servais pour lancer une lame de glace sur un groupe de mage qui se ruait sur moi. La moitié tomba, les autres parvinrent à esquiver. Des colonnes de lumière blanche, sur ma droite, et d'énergie sombre, à ma gauche, m'indiquèrent que Sting et Rogue étaient aussi entrés en action. Je ne perdais pas de temps, m'assurant que Rin était à l'abri, je pointais mon arme sur mes adversaires.
Ce groupe était plus efficace et bien mieux organisé que les précédents. Un souffle ne suffit pas pour nous débarrasser de nos adversaires, nous obligeant à utiliser des techniques plus élaborées. Cependant, ce n'était rien d'insurmontable pour nous. Mais l'odeur qui piquait mon odorat me dérangeait, je l'avais déjà sentit quelque part, sans vraiment me souvenir où. La réponse vint bientôt en la personne d'un type enveloppé d'une cape noire. Voyant son visage je compris aussitôt pourquoi son odeur me paraissait familière.
- Tu es ... L'assistant du directeur de la prison!
- Non, pas vraiment!
Et sous mes yeux, son visage parut fondre pour laisser la place à un autre.
- Je vois, tu peux changer d'apparence à ta guise.
Son visage se fendit d'un rictus cruel.
- Très perspicace. Mais qu'attendre d'autre d'un mage de Sabertooth? L'autre gros crétin de la prison n'a même pas remarqué la différence quand j'ai pris la place de son petit assistant.
Oui je comprenais son but. Comment mieux organiser l'évasion de son complice que depuis l'intérieur même de la prison, à une place où il pouvait apprendre tout ce qu'il voulait savoir sans paraître suspect. Bien joué! Dommage pour lui, son petit plan allait s'arrêter là.
Je balançais un rugissement dans sa direction mais il esquiva et disparu parmi les arbres. Je me lançais à sa poursuite, le pistant à l'odeur. Mais quand j'arrivais dans la clairière, je me retrouvais nez à nez avec Sting. Méfiante, je m'approchais, les doigts serrés autour de mon arme. Il me regarda d'un air nonchalant.
- Tu as fini?
- Non y'en a un qui m'a échappé.
Reniflant toujours l'air, je captais une autre odeur, bien plus familière celle là.
- Tu sais où il est?
- Oui, répondis-je en tournant la tête vers un point sur ma droite. Juste là.
Ma lame plongea en avant et il esquiva de justesse, reprenant son apparence.
- Un seul Sting c'est bien suffisant, grognais-je tandis qu'il s'éclipsait à nouveau.
Je me jetais sur ses traces. ... Et tombais à nouveau sur Sting. Mais le vrai cette fois, je reconnu immédiatement son odeur. Il était debout au milieux d'un profond cratère au fond duquel se mêlaient arbres carbonisés, rochers éclatés et ennemis inconscients.
- Ao?
- Je chasse leur chef, annonçais-je, il peut changer d'apparence.
- Fais chier!
Ayant terminé avec ses adversaires, il me suivit dans ma chasse. Je retrouvais rapidement la piste de notre fuyard et me rendis bientôt compte qu'elle nous ramenait à l'endroit où nous nous étions séparés. Etrangement la forêt n'y avait subi aucun dégâts mais les corps gisaient partout autour de nous. J'en conclu que c'était la façon de faire de Rogue, dont les ombres pouvaient attaquer ses adversaires sans toucher le décors. Rogue, justement se tenait à deux pas du prisonnier affalé au sol.
- Vous revoilà, fit-il en se tournant vers nous.
Les buissons bruissèrent sur notre gauche et ... un autre Rogue en sortit. Pendant un instant mon regard alla de l'un à l'autre. Les deux Rogue se regardaient, l'un stoïque et indifférent, l'autre avec un sourcil haussé pour seul signe de son étonnement.
- Il va falloir choisir, fit Sting avec un sourire dévoilant ses canines.
Je hochais la tête.
- Am stram gram ...
D'un même mouvement, Sting et moi nous sommes tournés vers le Rogue qui se tenait près du prisonnier et cette fois il ne parvint pas à esquiver les deux hurlements lancés sur lui. Quand on se dressa tout trois au dessus de lui, il leva la tête vers nous, tremblant. Il paraissait en mauvais état. Le choc lui avait fait reprendre son apparence et ses vêtement étaient en lambeaux, dévoilant des plaies sanglantes et des brûlure sur tous son corps.
- Co ... Comment vous avez su?
- Tu pues! Lança Sting.
- Tu peux changer d'apparence mais pas d'odeur, complétais-je, c'est ce qui t'a perdu.
Il laissa sa tête retomber sur la terre, au bord de l'évanouissement.
Ce fut le dernier accroc. Quelques heures plus tard, on arrivait tous à Suzuran, livrant notre fardeaux, et son complice que Sting avait porté sur son épaule pour tout le reste du trajet, à son grand mécontentement. Les autorités locales nous accueillirent dans un ancien bunker sous-terrain reconverti en prison pour le temps du procès et se hâtèrent d'enfermer les prisonniers dans des cellules à des mètres sous terre. Les portes épaisses et les gardes armés jusqu'aux dents devant empêcher toutes évasions. Ce n'était pas comme s'il leur restait des alliés capables de les aider à sortir, remarquez. Une fois débarrasser d'eux, nous avons gagné l'auberge réservée pour nous, et je peux dire que jamais je ne fus aussi contente de me retrouver dans une chambre, si petite soit-elle.
J'avais sérieusement besoin d'un bain!
