Dans ton corps
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer.
Résumé : Il y a rien de pire que de se réveiller dans le corps d'une autre. Qui est cette fille ? Pourquoi est-elle détestée par tous les élèves de son école ? Et plus important, comment Edward Cullen peut-il souhaiter sa mort ?
Réponse aux reviews :
laulau83 : Coucou ! Je suis très heureuse de te retrouver sur cette nouvelle fic. J'espère qu'elle te plaira. Bisouxxx.
zazouisa01 : Salut ! Merci pour ta gentille review. Voici un nouveau chapitre où je ne me lasse pas de mettre Bella/Kaylan à l'épreuve. J'espère que tu aimeras. Biz.
Kik : Merci de ta review. J'espère que cette suite plaira. Biz.
Sandry : Coucou ! Merci pour ton com. Pour Isabella, je vais lentement commencer à rentrer dans son histoire. J'espère arriver à te surprendre. Voici la suite ! Biz.
Alice : Salut ! Merci pour ta review ! Oui, je vais beaucoup me lâcher dans cette fic XD. Du coup, le caractère de Kaylan/Bella va être assez marrant ! Biz.
Nodame : Coucou ! Merci de continuer à me suivre. Entre Edward/Bella : c'est une longue histoire de non-amour ! Il lui en veut énormément et ça ne va pas rendre la tâche facile à Bella/Kaylan. Sinon, ton hypothèse est intéressante, mais leur haine vient d'un fait encore plus complexe. Mais ne t'inquiète pas, je ne vais pas tarder à développer un peu plus leur histoire. Je te laisse lire ce nouveau chapitre ! Bisouxxx.
Chapitre 4 : Laissez-moi tranquille !
En rentrant au manoir Swan, Bella savait que sa belle-mère lui passerait un savon. Et sans surprise, elle eut droit aux pires réprimandes. Aucun doute que monsieur Octavia eût tenu sa promesse de prévenir ses tuteurs concernant sa petite altercation d'aujourd'hui. Passant du « Que dira ton père ? », au « Tu le fais exprès pour m'attirer des ennuis », Renée s'égosilla pendant au moins une bonne demi-heure contre elle. Au final, Bella avait dû procéder à un repli stratégique dans sa chambre pour éviter d'avoir à entendre la suite de ses reproches.
Allumant les lumières de sa chambre, l'adolescente enleva avec plaisir son uniforme scolaire pour se mettre en jogging. S'attachant les cheveux, elle reprit le rituel qu'elle avait établi tous les soirs depuis qu'elle avait hérité de ce faible corps, et fit une petite série de pompe pour se muscler, avant de descendre dîner en compagnie de Renée qui semblait s'être calmée. Bien que cette règle, de toujours manger ensemble à table, était une vraie plaie pour Bella qui ne pouvait alors pas se goinfrer, elle choisit de se faire très discrète ce soir-là. Faisant attention à chacune de ses bouchées pour bien digérer, tout en surveillant les mouvements de sa belle-mère près de son assiette, elle dîna vivement dans un froid silence.
- Tout ton matériel a été racheté. Déclara soudainement la jeune femme. Tu iras maintenant en classe avec un sac contenant le nécessaire pour ta journée de cours. Alors je te prierais d'en prendre soin, Isabella.
Comment était-elle censée lui répondre ? Pouvait-elle enfin lui expliquer qu'elle n'avait rien fait pour provoquer la haine de ses camarades ? Cependant, Bella doutait que Renée soit au courant des tourments que subissait la vraie Isabella au lycée. Celle-ci devait se taire lors de son retour à la maison, et subir ces mêmes réprimandes de la part de sa famille. Peut-être même que sa relation conflictuelle avec sa belle-mère venait du fait qu'elle déchargeait sa peine contre celle-ci ? Secouant la tête, la jeune fille se dit qu'elle allait maintenant se mettre à jouer les psychologues pour son corps d'emprunt.
D'un autre côté, l'air abattu, voir triste de Renée la convainquit de faire un effort pour se rapprocher d'elle. Peut-être pourrait-elle légèrement arranger la situation ? Surtout qu'il lui restait encore trois larmes à récupérer.
- Merci, la vieil… Commença-t-elle avant de se reprendre. Merci beaucoup pour ta gentillesse… Renée.
Les yeux ronds, la jeune femme l'observa finir son repas en silence, avant qu'elle ne parte se coucher. Oui, elle pouvait parfois se montrer très polie.
S'étirant sur le chemin du retour à sa chambre, Bella pensa que demain serait une dure journée pour elle. L'adolescente savait que ses camarades de classe seraient de nouveau sur le pied de guerre. De plus, elle devait rester aux meilleures de sa forme pour affronter son ennemi numéro un : Edward Cullen. Brossant rapidement ses longs cheveux bruns, une envie de se raser la tête la tiraillant, elle s'endormit facilement dans son lit doux et moelleux. Le souvenir de sa famille, et les claques de sa mère peuplèrent longuement ses rêves.
Le lendemain, elle arriva encore une fois en retard au lycée, portant dans un sac noir Versace son nouveau matériel scolaire. Bâillant, elle maudit encore Renée de l'avoir aujourd'hui aussi, obligé à porter une jupe. En effet, la quiétude d'hier soir était de l'histoire ancienne, et elles s'étaient encore une fois violemment disputées au matin. D'où, son retard actuel.
Fixant d'un œil morne sa tenue, elle eut alors l'impression que sa jupe était beaucoup plus courte que la veille. Devait-elle maintenant faire la pin-up en étant habillée ainsi ? Pourquoi Renée ne comprenait-elle donc pas qu'elle partait en guerre ? La vie en elle-même était un combat ! Perdue dans ses pensées, elle eut tout de même assez de réflexes pour éviter – encore une fois - un dangereux projectile à l'entrée du lycée. Ce matin, ses gentils camarades l'avaient accueilli en lui lançant une brique du haut de leur perchoir.
- Super ! Dit-elle avec flegme à ses assaillants. Je vois qu'il y a du progrès !
Avec rapidité, elle attrapa la brique et visa habilement un des garçons du groupe qui riait toujours à gorge déployée. Sans surprise, elle le toucha en pleine tête et se régala de ses gémissements de douleur. Souriante, Bella se dit que rien que cette petite victoire lui remontait un peu plus le moral. Après tout, il n'y avait rien de mieux pour retrouver la pêche !
Renonçant à se rendre dans son casier dont elle n'aurait plus l'utilité, la jolie brune choisit de partir directement dans sa salle de cours. Une fois arrivée, elle eut à peine le temps de passer la porte de sa classe, pour qu'un silence sinistre ne prenne place. Étonnamment, le professeur n'était pas encore arrivé, et les étudiants étaient éparpillés par groupe dans la salle. Haussant les épaules, Bella jucha du regard chacun des élèves qu'elle croisait sur sa route, les menaçant ainsi de tenter quoi que ce soit, avant de se poser tranquillement à sa place tout au fond de la classe.
Mais à peine ses fesses avaient-elles touchées sa chaise, qu'elle sentit immédiatement un liquide visqueux envahirent ses vêtements. Tendue, elle leva le visage pour croiser les regards goguenards de ses camarades, avant que ses yeux ne captent le tableau. Sur celui-ci diverses insultes à son encontre, signées pour la plupart du nom des élèves de sa classe, y avaient été gribouillées. Certains lui disaient de rapidement mourir, et d'autres – plus indulgents - la conseillait de quitter le pays.
- Tellement puérile. Murmura soudainement Angela Weber en se relevant pour quitter la salle. Je vous trouve vraiment ridicule dans votre entêtement à la torturer.
À son départ, certains élèves semblèrent étrangement se détendre pour profiter encore plus des malheurs de leur souffre-douleur favoris. Angela avait vraiment une influence étrange sur ses camarades de classe.
Énervée, Bella ne prêta nullement attention à son départ alors que le liquide posé sur sa chaise imbibait soudainement ses sous-vêtements. Calmement, Bella se releva de sa position assise, et tourna la tête pour examiner sa jupe. Son siège avait été barbouillé de peinture rouge, et maintenant, en regardant son derrière, on pouvait avoir l'impression qu'elle avait eu ses menstruations en plein cours.
- Qui a fait ça ? Demanda-t-elle d'un ton faussement aimable. Ayez au moins le cran de vous dénoncer !
Des ricanements mesquins résonnèrent à cet instant sur sa gauche, alors que trois filles s'avançaient lentement vers elle, fondant sans peine la foule d'élèves qui s'étaient rapprochés d'elle. Surprise, Bella se figea un instant en réalisant que ce trio en particulier avait osé l'attaquer aussi lâchement.
Face à elle, Lauren, Jessica et Laetitia arboraient toutes les trois un sourire victorieux. Bella avait cru remarquer qu'elles étaient assez populaires dans le lycée, et qu'elles se proclamaient elles-mêmes comme étant le « fan-club officiel » des Cullen. Bref, rien de bien grandiose à ses yeux. Ce qui la choquait était que deux de ces pestes l'attaquent après avoir été aussi « aimables » avec elle hier lorsqu'elle les avait interrogées.
- Et si je te disais que c'était nous ? Répondit sans honte Lauren. Tu vas faire quoi ?
- Avec de la chance, elle se décidera à enfin quitter le lycée ! Intervint avec joie Jessica. Ne crois surtout pas être devenue une de nos amies parce que l'on ne t'a pas fait ta fête hier dans les toilettes.
- C'est clair ! Elles m'ont expliqué que tu leur avais sérieusement fait pitié sur le moment, tu sais ? Rigola Leatitia. J'ai vraiment honte pour toi ! Alors si tu veux mon avis, tu aurais mieux fait de rester dans le coma… à jamais.
Tout autour de Bella, chacun observait la scène avec la plus grande joie. Ils avaient tous soif que le trio démontre encore plus de cruauté envers l'adolescente, afin de totalement rassasié leur propre envie de violence.
- Vous vous rappelez de la fois où on l'avait enfermé dans le vestiaire des filles. Ricana alors Lauren. Tu as longtemps supplié pour qu'on te libère, tu t'en souviens de ça ? Et si on recommençait, Isabella ?
Des chuchotements enthousiasmes éclatèrent de tous côtés à cette proposition. Certains vérifiaient même leur portable afin de s'assurer d'y avoir assez d'espace libre pour enregistrer entièrement cet épisode, et ainsi pouvoir mettre la vidéo de sa déchéance sur le net. Mais loin de leurs bavardages, et loin de se préoccuper des malheurs qu'avait vécus son corps d'emprunt, Bella était plus intriguée par un autre problème. Ces trois filles, en tout point mignonnes, étaient en réalité de vraies diablesses. Comment pouvaient-elles se montrer si cruelles en affichant toujours un air de Lolita ? Elles illustraient par leur seule personnalité le titre d'un film qu'elle avait un jour regardé avec ses frères… Le diable s'habille en Prada ! Perdue dans ses pensées, ce fut la douleur d'une gifle qui ramena la jolie brune à la réalité.
- Écoute lorsqu'on te parle ! Hurla d'énervement Laetitia. On va te faire payer pour hier. Comment as-tu pu oser répondre de cette manière à Edward Cullen ?
Tournant lentement la tête vers celle qui l'avait attaqué, Bella fut totalement estomaqué par son geste. Venait-elle d'être… frappée ?
- C'est bien la première fois depuis longtemps qu'une fille me gifle. Annonça-t-elle platement en caressant sa joue meurtrie. J'avais presque oublié la douleur que cela pouvait provoquer…
- Depuis longtemps ? Rigola alors Lauren, entrainant les autres dans son hilarité. Ton cerveau est totalement foutu, ma pauvre ! Tu es pitoyable ! La blonde tremblait presque de haine à ces mots, alors que son regard parcourait le corps de sa martyre. J'ai une idée ! Et si on te faisant une petite coupe de cheveux ?
- Oui ! Surenchérit Laetitia en attrapant des ciseaux à une table voisine. Ses cheveux sont bien trop beaux pour elle.
Les ciseaux en main, la brune aux mèches bleues s'apprêtaient à agripper une forte poignée de cheveux de sa victime, lorsque Bella réagit enfin à ces détraqueurs. Utilisant une de ses tactiques de défense favorites, elle lui balança violemment l'os du bas de la paume de sa main – les doigts bien recourbés - au plein milieu du visage. Le bruit d'un nez qui se brise d'un coup sec mortifia lentement les spectateurs de l'altercation. Lâchant un hurlement de souffrance, Laetitia relâcha la paire de ciseaux, avant de poser ses mains sur son nez qui saignait abondamment.
- Habituellement, je ne frappe pas les filles, spécialement d'aussi mignonnes. Expliqua sereinement Bella, en haussant des épaules. Alors c'était juste un avertissement. Arrêtez de me harceler !
Lentement, elle s'apprêtait à contourner son bureau pour quitter la salle, mais Lauren lui bloqua prestement le chemin.
- Tu… tu ne me fais pas peur ! Bégaya-t-elle. Tu vas payer pour avoir… insulté Edward !
Lâchant un juron, Bella vit ses camarades reculer alors qu'elle se saisissait à son tour de la paire de ciseaux abandonner au sol. Regardant le visage des autres étudiants pâlir de peur, elle attrapa prestement une poignée de ses longs cheveux bruns, et les coupa sans une once d'hésitation. Sous les hoquets de stupeurs de ses assaillants, elle balança les longues mèches de cheveux sectionnés au visage de Lauren, tout en gardant un air impassible.
- Satisfaite ? Demanda-t-elle calmement. Je peux y aller maintenant ?
Et sans attendre de réponse, Bella se dirigea rapidement vers la porte d'entrée de sa salle de classe, en faisant s'écarter les autres étudiants de son passage d'un regard meurtrier. Trop choqué, personne ne chercha à l'arrêter, et les téléphones portables qui filmaient encore la scène s'éteignirent. Bouillante de rage, l'adolescente s'apprêtait enfin à sortir, lorsque leur professeur de la matinée – une jolie femme rousse - arriva sur les lieux, totalement essoufflés par sa course.
- Excusez-moi pour mon retard. Dit-elle vivement. J'ai été retenue par… Laetitia ? Qu'est-il arrivé à ton nez ?
Mortifiée, l'enseignante examina de loin son élève alors que le nom d'Isabella résonnait dans toute la salle. Géniale, pensa celle-ci en grinçant des dents. Rapidement, Laetitia fut conduite à l'infirmerie, alors que Bella se retournait encore dans le bureau de monsieur Octavia.
- Ce que vous avez fait est grave ! Dis celui-ci d'un ton dramatique. Mademoiselle Laetitia Dolohov pourrait très certainement porter plainte contre vous. Et vous l'avez attaquée, sans aucune raison valable, d'après les déclarations de vos camarades. Que se passe-t-il, Mademoiselle Swan ?
- Connaissez-vous le menu de ce midi à la cantine ? Demanda-t-elle en réponse, d'un air absent. Ce serait bien d'avoir du poulet frit…
Fulminant, le proviseur semblait être sur le point de commettre un crime. Retenant un rictus moqueur, Bella ne voyait vraiment pas qu'elle avait été sa faute. Elle aurait pu sérieusement blesser ces trois filles en représailles pour leur mauvaise blague, mais elle s'était contentée de briser un nez. Depuis qu'elle avait repris ce corps, la jolie brune trouvait qu'elle ne cessait d'être magnanime avec tout le monde.
Alors elle se moquait des paroles de son directeur, ou même des accusations de ses camarades. Et quant aux attaques qu'elle subissait, Bella comptait bien régler ce problème seul. Elle n'avait besoin de personne pour cela, et de toute façon, personne ne voulait vraiment l'écouter. Serrant les poings de satisfaction, elle pensa que même si ce nouveau corps était faible, elle avait gardé ses connaissances en combat. La facilité avec laquelle elle avait cassé le nez refait de Laetitia lui prouvait qu'elle était toujours aussi combative.
- Mademoiselle Swan. Interpella une dernière fois le principal, alors que l'entretien touchait à sa fin, et que l'adolescente se dirigeait vers la porte. Qu'est-il arrivé à votre jupe ?
- Cela vous intéresse-t-il vraiment ? Réfuta Bella en quittant définitivement la pièce.
Une fois sortie du bureau de monsieur Octavia, elle choisit de ne pas retourner en cours, pour errer quelque peu dans les couloirs du lycée. Repensant à sa deuxième journée ici, Bella ne put s'empêcher de grimacer de dépit. La vieille Renée serait à coups sûrs énervée ce soir. Elle lui avait promis de bien se comporter. Mais était-ce de sa faute si elle se faisait attaquer de toute part ?
Non, mais elle connaissait le fautif. Dans son esprit, un seul visage apparut alors : celui d'Edward Cullen. Après tout, Lauren et sa bande l'avaient agressée à cause de lui. Alors oui, tous ses problèmes avaient pour origine le jeune homme roux. Il avait dû charger les autres de lui faire vivre un vrai calvaire au sein de ce lycée. Les larmes pures s'éloignaient de ses priorités alors que l'envie de tuer le jeune homme faisait bouillonner son sang.
Hargneuse, Bella se résigna à rejoindre sa classe, lorsque la sonnerie du lycée sonna la troisième heure de cours. Intérieurement, elle n'y retournait que pour diminuer ses charges lorsque Renée commencerait à la disputer ce soir.
Trainant des pieds, elle aperçut alors par hasard son ennemi numéro un, nonchalamment assis sur un des bancs de la cour de l'école, un livre à la main. Monsieur se permettait-il de sécher les cours ? Regardant autour d'elle, Bella remarqua qu'ils étaient seuls en ce moment, car tous les étudiants des environs étaient restés enfermés dans leur salle de classe. Parfait. Aucun témoin. Aucune preuve.
Le sourire aux lèvres, elle s'approcha vivement de sa Némésis, qui ne leva même pas le regard au bruit de son arrivée. Soudainement suicidaire, elle se saisit du livre qu'il étudiait avant de le balancer au loin.
Tendue, elle vit Edward Cullen redresser le visage vers elle, le regard flamboyant. Était-il énervé ? Parfait. Ils étaient maintenant deux à être dans cet état ! Mettant une distance de sécurité entre eux, pour éviter que son corps n'ait encore une mauvaise réaction à sa présence, Bella entama les hostilités.
- Dès que je t'ai vue, j'aurais dû savoir que tu serais le poison de ma nouvelle vie ! Cracha-t-elle. Alors, réglons le problème dès maintenant !
À la fin de sa tirade, elle se mit en position de combat, priant pour qu'elle puisse se défendre correctement. Elle voulait affronter, et battre le jeune homme roux. Là d'où elle venait, la loi du plus fort régnait en maître. Et elle ne connaissait que la manière brute pour régler ses problèmes.
Cependant, l'adolescent se contenta de lentement se lever de son banc, avant de se diriger vers l'intérieur du lycée.
- Eh ! Cria Bella, en se voyant royalement ignorer. Je te parle ! Arrête –toi immédiatement !
Rageuse, elle avait beau hurler, le roux restait sourd à ses appels, en faisant comme si elle n'existait pas. Cependant, il y avait deux choses qui insupportaient Bella : la faim et l'indifférence. Elle détestait paraitre invisible pour les autres. Qu'on l'aime ou non, elle ne voulait certainement pas inspirer du désintérêt.
Et pour capter l'attention du Cullen, elle était prête à tout. Enlevant vivement une de ses baskets, Bella s'en servit comme projectile en visant le crâne de son adversaire. Narquoise, elle l'atteint facilement à la tête, alors que le roux stoppait net son avancée.
- Tu penses que parce que tu es une fille, je ne vais pas te frapper ? Demanda d'une voix rauque Edward en se retournant vers elle. Tu n'as pas l'air de saisir à quel point je te hais.
Haïr ? Ce mot eut du mal à trouver une véritable signification pour Bella. C'était bien la première fois qu'une personne disait la détester. Elle provoquait parfois de l'énervement, de l'agacement… Mais de la haine ? Jamais. Elle n'aimait certes pas forcément tout le monde, donc elle se contentait alors d'éviter ceux avec qui elle n'avait aucun lien d'amitié.
Coupé dans son élan, elle resta bras ballants devant Edward, qui lui-même ne s'était pas plus rapproché.
- Pourquoi ? Demanda l'adolescente. Je ne t'ai rien fait !
- Ne joue pas les innocentes ! Rugis le roux en plissant des yeux. C'est toi qui es à l'origine de tout ça. Je t'avais pourtant prévenue, Isabella.
De quoi parlait-il ? Bella savait qu'elle ne pouvait pas l'interroger plus, au risque de paraitre étrange, mais cela la démangeait. Manifestement, celle à qui elle avait volé le corps avait commis une énorme faute. Soudainement plus posée, elle crut percevoir une ombre de tristesse passée au travers du regard d'Edward. Ce sentiment, plus que la posture défensive qu'il adoptait, finit par convaincre l'adolescente qu'elle avait mal agi.
Il devait en vouloir profondément à Isabella, et son comportement impulsif n'aiderait pas à arranger la situation. Elle s'était contentée de lâchement tout lui mettre sur le dos sans connaitre le fin mot de leur histoire. Gênée, elle pensa subitement qu'elle voulait sincèrement que le rouquin lui pardonne. Mais quoi ? Elle l'ignorait. Elle voulait juste… Juste une larme pure venant de lui.
- Euh… Bafouilla-t-elle. J'avoue avoir commis certaines erreurs… Et je sens qu'on a certainement dû avoir des différends. Mais il n'est jamais trop tard pour faire table rase, n'est-ce pas ? Je te propose de tout recommencer avec… la nouvelle moi ! Timidement, elle s'approcha de quelque pas du jeune homme. Je suis Bella, enchantée de te connaitre.
Sa présentation, et son sourire innocent semblèrent déstabiliser un instant Edward. Il la fixait étrangement, et semblait hésiter à lui répondre. Finalement, il préféra partir sans rien ajouter de plus, laissant l'empreinte de son aura mélancolique sur son passage.
Soufflant d'agacement, Bella shoota une pierre de sa chaussure, avant de récupérer celle qu'elle venait d'utiliser comme projectile. Pour une raison obscure, cette situation l'agaçait. La vie compliquée d'Isabella Swan l'agaçait ! Trainant des pieds, elle se résolut finalement à reprendre le chemin menant à sa salle de classe.
Mais alors qu'elle faisait demi-tour, l'adolescente fut surprise d'apercevoir qu'une jeune fille blonde, aux grands yeux bleus, avait calmement observé la scène de loin. D'une démarche fluide et maitrisée, l'inconnue se rapprocha d'elle, entrainant dans son sillage une douce odeur de rose. Une fois face à face, Bella se retint de se mettre en position de défense, et dévisageait l'intruse avec une grande méfiance. Mais celle-ci, un sourire ornant ses lèvres, se contenta de lui tendre une main amicale.
- Bonjour. Susurra-t-elle d'une voix douce. Je suis nouvelle dans le lycée. Et je tenais absolument à te rencontrer. Vois-tu, tu es le sujet de conversation numéro un de ce lycée, Isabella.
Une nouvelle ? Était-ce la jeune fille qu'elle avait observée hier près de l'intendance ?
- C'est juste, Bella. Fait l'adolescente en acceptant la poignée de main. Enchantée. Et, tu es ?
Son interlocutrice, loin de s'offusquer de son ton débordant de suspicion, lui sourit une nouvelle fois.
- Je suis Tanya. Informa-t-elle. Tanya Denali. Et je sens que nous allons être de grandes amies, Isabella.
Sans rien ajouter de plus, la mystérieuse blonde s'en alla vers l'intérieur du lycée, de cette même démarche contrôlée. Admirant encore la grâce avec laquelle elle se déplaçait, Bella pensa qu'elle avait bien besoin d'amis en ce moment. Le souvenir de sa bande, et surtout de Jacob, lui pesa momentanément sur le cœur. Oui, Tanya Denali serait la bienvenue dans son cercle inexistant d'amis.
Frissonnant sous la légèreté d'une brise, Bella se demanda alors pourquoi la blonde lui inspirait autant de méfiance.
À SUIVRE.
