Auteur: Katoru87
Rating: M
Couple: moi je sais et, pour l'instant, c'est suffisant.
Genre: UA (Univers Alternatif)
Résumé: Harry est un jeune étudiant désargenté et seul qui fait de son mieux pour survivre à Londres., une ville hors de prix. Il va jusqu'à vendre la seule chose qu'il possède vraiment: son corps.
And all that music
Chapitre 4
J'ai mal partout. Au crâne, au corps, au coeur surtout. Il fait nuit, les lumières de la ville entrent dans ma chambre par les fenêtres. Je n'ai pas fermé les rideaux et je n'ai pas la force de le faire. Allongé sur mon lit à la va-comme-j'te-tombe, le nez enfouis dans mon oreiller, je pleure. Les larmes coulent, roulent sur ma peau et je ne peux pas les en empêcher.
Sirius me hait. Il me hait parce-que j'ai couché avec la mauvaise personne, parce-que je ne savais pas que ça lui ferait des ennuis.
Comme je me l'étais promis, je suis allé le voir aujourd'hui.
J'aurais pas dû.
o0O0o
Flash-back:
Harry marchait dans une belle rue bourgeoise de la périphérie de Londres. Il n'y avait plus mis les pieds depuis plus d'un an. Mais rien n'avait changé. Les mêmes arbres se dressaient majestueusement le long des trottoirs bien entretenus et les mêmes maisons se succédaient, rivalisant de beauté. C'était un bel endroit. Enfant, il aurait adoré y vivre – mais à l'époque, Sirius travaillait aux Etats-Unis et ne pouvait pas s'occuper de lui – et adolescent, il y avait vécu certains des moments les plus drôles de sa vie. Il y avait passé des noël magnifiques, loin des brimades des Dursley, dans la chaleur d'un foyer où il se savait aimé. À l'époque du moins.
Au bout de la rue, un petit chemin en pente permettait d'accéder à la propriété de la famille Black, dont Sirius avait hérité: « Grimmaurd Place ». Un imposant manoir de style victorien, un peu perdu, un peu anachronique, au milieu des pavillons modernes de cette banlieue chic. Le vieux chêne était toujours dans le jardin, fidèle gardien d'une balançoire dont le bois était moisi et les cordes pourries. Kreatur, le labrador de Sirius, somnolait sous le perron. Il jappa légèrement en sentant des mains fines et familières le gratter derrière les oreilles.
Harry frappa à la porte, un peu triste de voir que la petite plaque où Sirius avait peint son nom, des années auparavent, avait été changé. L'austère morceau de laiton qui l'avait remplacé indiquait froidement: « Sirius Black – Remus Lupin ». Au moins, Sirius n'avait pas oublié son amant et les choses s'étaient vraiment arrangé entre eux. C'était toujours ça.
La porte s'ouvrit sur un Sirius hilare, l'homme qu'Harry avait toujours connu, beau, chaleureux et souriant. Mais le sourire s'évanouit immédiatement, remplacé par une moue colérique.
- Je me souviens très clairement t'avoir dis que je ne voulais plus te voir ici. Es-tu devenu sourd?
- Non, en fait...
- Si tu as des problèmes d'argent va voir ailleurs! Cracha l'homme en faisant mine de fermer sa porte.
Mais Harry, cette fois, était bien résigné à avoir toute l'explication. Il utilisa son pied pour maintenir la porte ouverte, le coinçant entre le battant et le chambranle.
- Je sais comment régler mes problèmes d'argent, je suis pas venu pour ça!
- C'est dommage. C'est la seule chose qui aurait pu me faire tolérer ta présence dans mon jardin, maintenant fiche le camp!
- Qu'est-ce que j'ai fait, bon dieu! Pourquoi tu m'as foutu à la porte? Pourquoi tu me détestes? Je ne partirai pas sans ma réponse.
Il luttait pour retenir ses larmes. Il savait que s'il pleurait, la partie serait définitivement perdue. La porte s'ouvrit en grand, Harry pu voir que les deux amants préparait déjà le réveillon de noël en décorant l'intérieur de la maison. C'était vrai, on était déjà au mois de décembre. Sirius se tenait devant lui, menaçant, l'empêchant d'entrer, ne serait-ce que pour se réchauffer.
- Je t'avais dis de ne pas fréquenter Ernie MacMillan. Le père de ce petit con n'attendait qu'une occasion de me faire perdre toute ma crédibilité pour me coiffer au poteau au poste de directeur de la banque Gringotts. Tu savais combien ce poste était important pour moi! Mais tu as préféré te faire sauter pendant une nuit et gâcher le travail de toute une vie. Je ne te le pardonnerai jamais.
- Mais qu'est-ce que je viens faire là-dedans moi? En quoi ma relation avec Ernie a pu te nuire?
Le yeux noirs de son parrain se firent assassins quand ils se posèrent une nouvelle fois sur lui. Harry avait envie de disparaître quelque part et vite.
- Tu crois que tu lui plaisais, hein? Il t'a dragué sur ordre de son père, c'est pour ça que je voulais que tu sois méfiant. Après t'avoir baisé, dans TA chambre en plus, il a fureté partout dans la maison et a volé des preuves de mon homosexualité – des photos de moi et de Remus en particulier. Ensuite, quelques semaines plus tard, son père les a montré au conseil d'administration, devant moi, en me traitant de pervers indigne d'assumer un rôle aussi important. Et il s'est servi de toi pour prouver que j'avais une mauvaise influence sur mon entourage: c'est comme ça que j'ai appris ce que tu avais fait. Tu lui as offert sur un plateau de quoi me détruire!
- C'est pour ça que tu as rompu avec Remus? Demanda Harry, la voix brisée.
- Les raisons de notre séparations ne te regardent en rien. C'est du passé et c'est arrangé. Mais pas à mon travail. Depuis ça, mes collègues me regardent bizarrement, ils murmurent sur mon passage et on me confie moins de dossiers importants. J'avais travaillé d'arrache-pied pour obtenir un poste en Angleterre et ainsi, pouvoir te voir plus souvent. Tu as tout gâché.
- Mais Sirius, comment je pouvais savoir?
- C'est bien ça ton problème Harry! Tu ne réfléchis jamais avec ton cerveau mais avec ton cul! Puis, l'homme ajouta avec un sourire cruel. Tu sais comment régler tes problèmes d'argent? J'aimerais bien savoir comment.
Il trouve la réponse dans mon silence et son commentaire me glace le sang.
- C'est bien ce que je pensais. Tu n'es bon qu'à ça!
La porte claqua au nez du jeune homme qui s'effondra par terre. C'était horrible. Il avait l'impression que des milliers de couteaux jouaient dans son ventre, remuant ses tripes avec un sadisme insupportable. Ce n'était pas possible. Ernie ne l'avait pas quitté après cette nuit qu'ils avaient passé ensemble. Leur liaison avait duré deux mois et s'était finie sur une dispute – juste avant qu'il ne se retrouve sans maison.
Une petite voix méprisante – ressemblant à s'y méprendre à celle de Sirius – lui murmura que si le jeune homme l'avait largué trop tôt, ça aurait été suspect. Il se sentit encore plus mal. Une langue rapeuse lui lécha le visage et il pleura des heures dans la fourrure claire de Kreatur. Le vieux chien, lui, ne l'avait pas oublié. La truffe posée sur l'épaule fragile de son petit maître, il resta là à attendre que les secousses se calment et que les larmes se tarissent.
Il resta là.
o0O0o
Je ne sais pas comment je suis rentré. Je me souviens juste des images floues d'un monstrueux décors. J'ai dû prendre le métro en mode automatique. Je me souviens vaguement du visage d'une vieille qui me demande si je vais bien, de ma propriétaire me demandant si je veux un thé et d'une musique qui me rappelle le morceau que travaille Draco pour le concert qu'il donnera le mois prochain. Le reste n'est que lumière criarde des néons que je ne voyais pas et hurlement continue des voitures à l'heure de pointe.
J'ai mal. Je n'aurais jamais cru que Sirius puisse me détester à ce point, pas mon second père. Pas lui.
« Tu n'es bon qu'à ça »
Cette phrase odieuse tourne sans cesse dans ma tête. Et j'ai maintenant la certitude que, si jamais cela venait à se savoir, je perdrai tout. Je perdrai Draco, Blaize, le peu d'estime que j'ai de moi-même et que les autres ont pour moi. Mais je ne peux pas arrêter de le faire. Le mois prochain, je sais qu'il faudra que j'appelle Lucius à l'aide. Puisque personne d'autre que lui n'est là pour m'aider et que personne d'autre que lui ne doit être au courant. Je sais qu'il n'a aucun intérêt à ce que nos « rapports » se sachent, étant donné qu'il est marié et que son homosexualité refoulée nuirait à son image du parfait père de famille, avocat renommé et homme de biens. Je suis un fantasme. Il a envie de mon corps, j'ai besoin de son argent. Nous faisons secrètement l'échange et c'est très bien ainsi.
Je me tourne dans mon lit. Mes draps sont trempés. Il s'est mis à neiger quand je suis rentré et je ne me suis pas changé. Le froid m'a anesthésié et je l'ai laissé faire. J'ai perdu ma maison.
Dans le miroir de mon armoire, je vois un jeune homme pathétique, mouillé, en pleurs avec des lèvres violettes de froid et le corps tremblant d'un chaton. Je me fais honte et je me dégoûte. Je me sens sale. Je me lève en titubant un peu et j'arrache presque mes vêtements, les balançant dans ma chambre au petit bonheur la chance. Ma salle de bain n'est pas très grande mais j'ai quand même une baignoire. Je la remplie à ras-bord avant de me glisser dedans. Le froid m'avait endormi, le chaud m'engourdie et là aussi je laisse faire. J'ai perdu ma maison.
Je flotte loin au-dessus de mon corps tout en restant dedans. J'ai toujours mal mais la douleur se fait lointaine, comme un vague échos étouffé par l'eau qui me recouvre, une chaleur un peu trop vive dans ma poitrine.
Je ne sais pas combien de temps se passe avant que je ne glisse sur la porcelaine humide et me retrouve la tête sous l'eau. J'observe mon plafond blanc, barré de poutres en chêne, à travers le liquide transparent qui m'engloutie et ce que j'y vois, ce sont des morceaux de ma vie. Un mélo pitoyable et pas beau à voir.
Si on ne compte pas Lucius et Snape, je n'ai eu que quatre amants dans ma vie. Ron était le premier, Ernie le second. À l'époque, je découvrais encore ma sexualité, sans me douter que ça allait me brouiller définitivement avec ma seule famille.
« Tu n'es bon qu'à ça ».
Ce n'est pas vrai. J'écarte les cuisses pour de l'argent mais ça ne fait pas de moi une putain pour autant. J'essaie de m'en sortir seul, avec les moyens dont je dispose, c'est tout.
Je ne sais pas depuis combien de temps je flotte entre deux eaux. Mes poumons me brûlent, mes yeux me piquent et se troublent, mais je m'en fous. Je m'en sortirai. Comme toujours, au dernier moment, je me souviendrai que j'aime la vie et je réunirai mes forces pour sortir de cet endroit où je m'enfonce.
J'aime la vie.
Mais je hais la mienne.
Mes yeux se ferment quand je me sens violemment extrait de ma baignoire. Je n'ai que le temps de voir deux yeux bleus furieux avant de tousser comme un fou. J'ai retenu ma respiration tout ce temps, sans m'en rendre compte. Je n'ai pas avalé une goutte d'eau.
- T'es malade! Non mais t'es vraiment pas bien, tu veux crever ou quoi?
Draco, je sais que c'est lui, hurle tout ce qu'il sait tout en me frictionnant avec une serviette. J'ai froid mais il me réchauffe. Qu'est-ce que tu fais là, mon coeur?
Il est en colère mais c'est surtout de la peur que je vois dans ses yeux. Il a eu peur pour moi. Horriblement peur. Il s'est inquiété pour moi. Personne ne l'avait fait depuis longtemps. Du moins, je crois. Je ne sais plus.
Il m'emballe dans une serviette sèche et me porte au salon.
- Je te prépare un thé et je vais changer tes draps. Si tu bouges pendant ce temps, t'es mort!
Je le vois s'activer dans ma cuisine comme s'il était chez lui. C'est un peu vrai. Quand il n'est pas chez lui ou au conservatoire, il y a de fortes chances de le trouver chez moi. Il aime mon appartement et mes vieux disques, mes affiches et mes meubles d'occasions. C'est lui qui m'a offert ma télévision et la plupart des alcools qui occupent le comptoir de ma cuisine. Je ne cache pas mon goût pour le whisky, mais lui préfère le brandy et le porto, du coup, je pourrais sans problème ouvrir un bar! Merci Draco, on forme une belle bande de soûlards!
Je me retrouve avec une tasse fumante dans les mains. Il me connaît bien: un thé à la menthe avec trois sucres. Il sait exactement comment je l'aime. Quelques minutes plus tard, mon thé terminé, il balance mes draps humides dans mon panier à linge sale et me soulève pour me porter dans ma chambre. Il n'a aucun mal pour ça, j'ai encore perdu du poids. Si ça continue, je ne tiendrai plus debout, mais je n'y peux rien, je n'ai pas faim en ce moment.
En chemin, je regarde son profil aristocratique que je connais par coeur. Je ne supporte pas la comparaison à côté de lui. Il est presque aussi grand que Snape. Un peu moins, mais presque, genre un mètre quatre-vingt-cinq. Et il possède tout un tas d'autres qualités que je préfère ne pas me rappeler, de toute façon, elles expriment la même idée: il est trop bien pour moi.
Sans savoir comment, je me retrouve emballé dans mon pyjama et jeté dans un lit tout propre, ma couette m'arrivant sous le menton. Le froid qui m'habite reflue lentement, aidé en cela par le thé brûlant que je viens d'avaler. Draco s'installe à côté de moi et instinctivement, je me rapproche de lui, passant mes bras autour de sa taille et enfouissant mon nez contre son ventre. J'aime bien son parfum, il lui va bien.
Nous ne parlons pas, nous n'en avons pas besoin pour le moment. J'ai juste besoin de sa chaleur, il l'a compris et me l'offre sans discuter. J'ai besoin de lui et de son amitié. Il me caresse distraitement les cheveux. Je sais qu'il se demande pourquoi j'ai manqué me noyer sans même chercher à l'empêcher. Moi, je me demande ce qu'il fait là. Comme je n'ai pas envie de briser complètement notre petite bulle, je lui murmure ma question. Il me répond sur le même ton.
- Tout à l'heure, j'ai reçu un appel de Miss Parkinson, elle était affolée. Elle m'a dit que tu étais rentré trempé et que tu n'allais pas bien du tout, que tu ne l'avais même pas entendu et que tu semblais en état de choc. Elle m'a demandé de venir de toute urgence pour m'assurer que tu allais bien, comme elle ne peut pas monter elle-même à cause de ses rhumatismes et que sa fille n'est pas là, il a bien fallu qu'elle appelle des renforts. C'est elle qui m'a donné un double de tes clés.
Je vois. Je ne me souviens pas très bien de ce qui s'est passé en fait.
- Harry, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui?
- Je suis allé voir Sirius.
- Harry...
Sa voix tremble. Blaize et lui sont les seuls à être au courant pour mon parrain, de toutes mes tentatives pour essayer de mettre les choses au clair et il a bien compris qu'aujourd'hui était mon dernier essaie. Et il a compris comment ça s'est terminé. Pas que ce soit dure à deviner non plus.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit?
Mis à part la dernière phrase et bien sûr, ce qu'elle sous-entend, je lui raconte tout. Je n'omets pas un détail. Je lui parle de Kreatur, du sourire de Sirius qui s'est évanoui quand il m'a vu et des décorations de noël que j'ai aperçu derrière lui.
Je lui raconte ma relation avec Ernie MacMillan – un jeune homme que j'ai rencontré quand j'étais encore à Poudlard – et les conséquences de celle-ci.
Je lui dis que je ne suis qu'un con et il m'écoute sans rien dire.
Je lui rapporte le discours de Sirius et la haine qu'il éprouve pour moi désormais.
Je pleure encore, mais cette fois-ci, j'ai une présence humaine pour me consoler et une oreille pour m'écouter. Draco écoute, il ne me juge pas. Il ne me conseille pas non plus, car il ne sait pas comment il pourrait faire: il n'a jamais été à ma place. Il se contente d'être là et de me caresser les cheveux.
J'ai sommeil. Il me caresse toujours, je suis au chaud et je me sens en sécurité. Quand je ferme les yeux, je m'endors immédiatement.
o0O0o
Je rouvre les yeux en entendant du bruit dans ma cuisine. Mon réveil m'indique que j'ai dormi quelques courtes heures. Je me souviens de ce qui s'est passé la veille et mon coeur me sert. Pas besoin de revenir là-dessus. J'avais déjà fait – à peu près – mon deuil de la perte de Sirius, mais ça n'empêche pas la douleur de revenir de temps en temps. Aussi vive qu'au début. Je m'en remettrai, comme pour le reste. C'est pas gagné mais c'est beau d'essayer de m'en convaincre.
Et il y a toujours du bruit dans ma cuisine.
Je me lève. J'ai mal au crâne, ma gorge me fait mal, je suis sûr que j'ai chopé la crève. On est lundi, ce soir je travaille pas, c'est déjà ça. Par contre, c'est grillé pour le conservatoire. De toute façon, je ne me sens pas encore le courage d'affronter Remus.
Le bruit, c'est Draco qui range ses courses dans mes placards. Ils étaient effectivement un peu vide, mais de là à les remplir à ce point, il y a de la marge. Il veut organiser une rave dans mon studio ou quoi?
- C'est quoi tout ça?
Je suis enroué. Définitif, je suis malade.
- Je t'ai réveillé? Pardon. Quand j'ai voulu prendre mon petit-déjeuner j'ai vu que tu n'avais presque plus rien à manger alors, je suis allé te faire tes courses.
Je fais mine d'aller chercher mon porte-feuille mais il m'arrête.
- Pas la peine, c'est cadeau de la maison.
Il me fait un clin d'oeil et je n'objecte pas. Grâce à son petit cadeau, je vais pouvoir attendre la mi-janvier avant d'appeler Lucius. Merci beau blond.
Je veux lui sourire, mais je me mets à tousser et c'est atroce. J'ai l'impression que ma gorge part en lambeaux. Tout de suite, Draco est près de moi, sa main fraîche sur mon front.
- Tu es brûlant.
Il me soulève, encore ça devient une habitude, et me ramène dans ma chambre.
- J'ai prévenu ton travail et le conservatoire que tu ne viendrais pas aujourd'hui. Je vais les rappeler pour t'excuser jusqu'à jeudi, en attendant dort.
Il quitte ma chambre et je l'entends passer son coup de fil. Il utilise son portable. C'est très sympa. Je plonge sous ma couette et je m'endors, recroquevillé sur moi-même, comme à chaque fois que je ne vais pas bien.
o0O0o
Draco revint dans la chambre du brun, l'air soucieux. Harry avait de la fièvre. Son corps était épuisé physiquement et mentalement, aussi, le blond avait décidé de rester avec lui pour s'assurer qu'il se repose et se soigne correctement.
Il savait que son ami était assez grand pour s'occuper de lui-même, mais quand il avait vu ses placards, il avait compris que ses économies étaient presque épuisées et il savait ce que cela voulait dire.
Pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué?
Il avait un amant merveilleux qu'il aimait plus que tout, mais il aimait aussi le petit brun qui dormait d'un sommeil fiévreux et agité. Il ne pouvait que veiller sur lui, ne pouvant l'avoir à ses côtés comme il l'aurait aimé. Du moins, pas pour le moment, mais il y travaillait, ce n'était qu'une question de temps.
Il s'installa près de son second amour et repoussa une mèche rebelle derrière son oreille, effleurant la peau douce et anormalement chaude de sa joue.
- Je te promets que bientôt, tu n'auras plus de problème mon Harry. Bientôt, nous serons ensemble et je te jure que je ferai ton bonheur. Bientôt, tu m'aimeras autant que je t'aime.
Il acheva sa phrase en goûtant pour la première fois les lèvres roses qui le narguaient depuis qu'il avait rencontré le jeune homme. Combien de fois s'était-il perdu dans leur contemplation en espérant qu'un jour, il pourrait les lécher? Il ne savait plus. Il laissa sa langue courir sur la chair pulpeuse et soupira.
- Bientôt Harry. Tiens le coup jusque là, mon amour.
À suivre...
