Titre: Drop the Dagger, Romeo
Auteure: Tch0upi
Fandom: Naruto
Pairing: Naru&Sasu
Genre: Angst&Romance
Disclamer: Aucun personnage ne m'appartient.
Rating: M.
Drop the Dagger, Romeo
Chapitre IV.
There are shadows in my dreams
Storms that steer me out of reach
And you just wait on my defeat
— Birdy
Lorsqu'ils rentrèrent ce soir là, Sasuke imagina Sakura dans la cuisine, déjà en train de préparer le dîner pour son mari. Mais il fut accueillit par l'obscurité et le silence. L'immense demeure de M. Uzumaki était vide.
En entrant, Naruto alluma les lumières en se dirigeant vers la cuisine. Sasuke le suivit discrètement, se faisant petit. Durant la deuxième moitié du trajet en voiture, depuis son ghetto, le blond s'était montré distant et peut-être énervé. Sasuke ne savait pas trop. Selon son bon vouloir, Naruto pouvait être aussi indéchiffrable que lui.
Il déposa sa mallette sur la table de la salle à manger et marcha ensuite vers le frigo. Sasuke l'observa se prendre une bouteille d'eau sans plus. Regardant à droite et à gauche, le plus jeune constata l'absence prononcée de celle qui avait embrassé un autre homme plus tôt dans la journée.
Tout en fixant l'homme devant lui, et après s'être mordue légèrement la lèvre du bas, Sasuke demanda:
— Où est ta femme?
Naruto posa les yeux sur lui, avala sa longue gorgée d'eau puis répondit sans broncher. Quelque chose s'était passé entre eux dans la voiture. Sasuke savait qu'il s'agissait des paroles qu'il avait prononcées. La lumière au bout du tunnel. Vous percez les ténèbres dans lesquelles je suis perdu. Je vous veux, professeur.
— Elle n'est pas là, répondit le professeur en question, inébranlable. Elle est sortie avec des amies. Elle rentrera tard.
— Ça m'étonne pas.
Naruto fronça les sourcils à son ton de voix.
— Qu'est-ce que ça veut dire, ça?
— Rien, fit Sasuke en baissant les yeux.
Un petit sourire étirait ses lèvres. Naruto continua de le regarder, l'expression devenant plus sombre. Est-ce que le gamin continuait de se ficher de lui?
— Elle travaille très dure sur ses collections de vêtements. Elle a le droit de se détendre avec ses amies.
Sasuke leva les yeux de nouveau.
— J'en doute pas.
— Bien.
— Alors y'a que nous deux.
— Sasuke, détonna Naruto d'une voix ferme et forte.
Il posa la bouteille d'eau sur le comptoir près de l'évier et se dirigea vers le jeune homme qui continuait à sourire de façon si désinvolte. Plutôt que de paraître intimidé, Sasuke ne fit que lever encore plus le menton. Fièrement, il le défiait de nouveau.
— Ça suffit, gronda Naruto. Ce que tu veux n'arrivera pas. Jamais. Alors inutile d'en profiter pendant l'absence de ma femme.
Naruto songea à se détourner, mais quelque chose dans les yeux du plus jeune le força à rester immobile sur ses deux jambes. Le sourire de Sasuke devint de plus en plus malicieux.
— Un homme ne peut résister éternellement.
Et cette phrase envoya valser ses résolutions. Naruto, qui s'était pourtant juré de ne pas lever la main sur le jeune étudiant, attrapa brutalement, sans pouvoir se retenir, son bras d'une main, le serrant jusqu'au point où Sasuke perdit son sourire joueur pour grimacer sous la douleur, un petit son plaintif passant également la barrière de ses lèvres.
Il le mania jusqu'à ce qu'il le mette dos au mur. C'était lâche d'utiliser la force sur lui, mais Naruto en avait assez.
— Ça doit cesser. Ça doit cesser ou alors je devrai te renvoyer de chez moi.
Sasuke, derrière la grimace de douleur, releva les yeux vers lui. Encore une fois, il n'avait pas peur. Il ne souriait plus, mais il y avait quelque chose de nouveau dans son regard. Une passion. Un feu vif. Naruto sentit le poil se redresser sur son corps. Il voulut combattre ce sentiment, mais il ne pouvait s'empêcher d'être attiré par… par ça. Par cette espèce de barrière parfois infranchissable, et parfois, comme à l'instant, tout simplement invitante. C'était comme si le regard de ce jeune homme était l'entrée d'un autre monde, un monde inconnu, curieux, étranger, mais diablement tentant.
— Je croyais que vous ne vouliez pas que je retourne dans cette ruelle.
Et encore une fois, il avait les mots justes.
Naruto le lâcha. Il pouvait déjà apercevoir des traces rouges sur son coude. La culpabilité l'emplissant, Naruto recula de quelques pas. Au mur, le jeune homme paraissait un mélange excitant de vulnérabilité et de force.
Il le regarda de longs instants sans savoir quoi ajouter, si seulement il y avait quelque chose qu'il pouvait dire.
— Tu devrais monter Sasuke.
— Je suis privé de dîner?
— Je t'appellerai quand ce sera prêt, t'inquiète.
Il lui tourna le dos et réalisa qu'il tremblait. Un homme ne peut résister éternellement. Non. Effectivement.
Et d'avoir été aussi proche de lui. L'avoir touché…
Quand il entendit les pas de Sasuke s'éloigner vers l'escalier, Naruto ferma les yeux. Il y avait tant de façons selon lesquelles cette situation aurait pu déraper… Il aurait pu le plaquer au mur plus durement. Lui retirer ses vêtements. L'embrasser sauvagement. Et la suite, elle était ridiculement prévisible.
Mais c'était mal. Mal de simplement y penser. Mal de l'imaginer. Il était marié. Il aimait Sakura. Sasuke avait vingt-et-un ans. Il en avait douze de plus…
Naruto lâcha un grognement. Il prit sa mallette et s'empressa de monter à l'étage à son tour. Une douche très froide lui ferait le plus grand bien avant de préparer le dîner.
Les jours devinrent des semaines et bientôt, les arbres passèrent du vert au orange. L'automne s'installa plus vite qu'un coup de vent.
Le trimestre avançait aussi. Naruto était surpris de constater que Sasuke n'avait pas encore fait de bêtises. Il allait à ses cours, rentrait ensuite. Il ne savait pas exactement ce qu'il s'était imaginé, mais il avait cru qu'à la limite, le jeune homme se fasse des amis, plus ou moins corrects, et qu'il passe ses soirées à faire la fête, à boire et à retrouver ses vieilles habitudes. Mais au contraire. Sasuke passait ses soirées enfermé dans sa chambre à, Naruto osait maintenant le croire, faire ses travaux scolaires. C'était le jour et la nuit quand on pensait au prostitué et junkie qu'ils avaient ramassé dans la rue quelques mois auparavant.
Comme il n'avait pas le droit d'enseigner au jeune homme, Naruto ne le croisait qu'à l'occasion dans les couloirs de l'université. Le soir, soit il était dans sa chambre, soit il était à table avec Sakura et lui pendant le dîner. Et entre les piques et les regards chauds comme de la braise — toujours nombreux — que Sasuke lui lançaient, les conversations qu'il menait, étonnamment, avec Sakura, Naruto n'avait pas eu le temps, durant les dernières semaines, de lui demander comment se passait ses cours. C'était Kakashi qui lui disait, quand ils se voyaient dans la salle des professeurs, que Sasuke était, sans surprise, le premier de chacune de ses classes et qu'il avait des résultats incroyables.
— Ça fait combien de temps que vous êtes mariés? demanda-t-il, soudainement, un soir d'octobre autour du dîner préparé par Sakura.
C'était une journée pluvieuse et sombre. Et Naruto et Sakura étaient tous deux lessivés par leur grosse journée, ce qui faisait que le silence était plus présent autour de la table ce soir-là. Sasuke, l'air aussi frais qu'une grande fleur au milieu d'un pré au printemps, leur souriait innocemment. Sakura le regarda avant d'échanger une oeillade avec Naruto.
Elle eut un petit sourire avant de répondre.
— Cinq ans. Mais ça fait onze ans qu'on est ensemble.
— Wouah, lâcha Sasuke. C'est long.
Naruto serra la mâchoire, et avala sa bouchée avant de relever les yeux vers Sasuke. Face à lui à l'autre bout de la table, le jeune homme souriait malicieusement dans sa barbe inexistante.
— Et toi, Sasuke? dit alors Sakura. As-tu déjà connu l'amour?
Naruto fronça les sourcils, tournant la tête vers sa femme. N'était-ce pas indiscret? lui demanda-t-il silencieusement. Sakura lui renvoya son regard en haussant les épaules. Sasuke répondait quelques secondes plus tard, ramenant leur attention vers lui.
— Oui. Plusieurs fois.
— Plusieurs fois? s'étonna Sakura. Tu me sembles plutôt réservé… Plutôt difficile à conquérir.
Quelque chose avait basculé dans les yeux noirs du jeune homme. Il avait cessé de manger, et pourtant il n'avait pratiquement touché à rien de son repas.
— Au contraire, révéla-t-il. Je suis stupide en amour.
— Qu'est-ce que ça veut dire? poursuivit Sakura.
Naruto écoutait sans rien dire. Chaque jour depuis que le jeune homme vivait sous leur toit, il mourait d'envie d'en savoir plus sur lui. Mais Sasuke était un mystère plus grand encore que l'univers tout entier. Il s'étonnait de voir que Sakura n'était pas gênée pour lui poser des questions assez personnelles. Après tout, il ne s'en plaignait pas. Sakura creusait à sa place la carapace de marbre que Sasuke avait bâti autour de sa personne.
Sasuke haussa les épaules lentement, baissant les yeux vers ses mains.
— Ça veut dire ce que ça veut dire. Je tombe facilement amoureux de personnes qui me font du mal.
— Tu n'as pas connu de belles relations alors? voulut-elle savoir, d'une douce voix.
— Juste une.
À nouveau, il baissa la tête.
— Elle était tout pour moi. C'est d'ailleurs à cause d'elle qu'on a commencé à m'appeler Roméo. Quand elle est morte, j'ai essayé de me suicider, mais ça n'a pas marché.
— Roméo est mort lui, quand il a…
— Naruto franchement, l'interrompit Sakura. On n'est pas dans une pièce de théâtre bidon.
Elle se retourna vers Sasuke de nouveau.
— C'est tragique, continua-t-elle. Je suis si désolée.
— C'est pas grave. Je m'en suis remis en tombant amoureux d'un autre.
— Un autre? répéta Sakura, les yeux ronds.
— Ouais.
— Il… t'a fait souffrir lui aussi?
Sasuke eut un sourire sombre. Son regard croisa brièvement celui de Naruto, avant qu'il ne rabaisse la tête.
— Eh bien il a essayé de me tuer en m'étranglant un soir. J'étais tellement gelé que je ne me rappelle plus ce qui s'est passé après que j'aie perdu connaissance. Tout ce que je me souviens c'est de ses mains autour de mon cou et son visage au-dessus de moi. J'ai cru que j'allais mourir, mais je me suis réveillé après… je ne sais pas combien de temps plus tard.
Naruto frissonna de tout son corps. Sasuke ne faisait jamais attention à ses mots. Quand il déballait la vérité, il ne l'embellissait pas. De toute façon, à quoi bon? Jamais il n'avait entendu autant d'horreurs dévoilées sur un ton aussi banal. Comme si Sasuke était habitué à vivre de telles choses sur une base quotidienne.
— Mon Dieu, murmura Sakura.
Un petit silence s'ensuivit. Après quoi, Sakura leva son verre.
— Heureusement que tu es avec nous à présent! Ce genre de chose ne t'arrivera plus! N'est-ce pas Naruto? On prend soin de lui.
Ravalant sa salive difficilement, Naruto acquiesça, essayant de sourire comme sa femme mais il n'en était pas capable. Comment avoir l'air jovial après avoir entendu cette révélation? Il regarda Sasuke et vit que ce dernier ne souriait pas non plus. En plongeant dans ces deux grands lacs noirs, il vit que cette confession n'en était qu'une seule parmi tant d'autres. Après autant de temps passé dans la rue, il devait lui être arrivé encore bon nombres de malheurs.
— Bon, s'exclama Sakura en se levant. Je vais débarrasser un peu.
Tous trois semblaient avoir terminé de manger. Du moins, pour Naruto, l'appétit n'y était plus. Il ne pouvait qu'imaginer cet homme en train d'étrangler Sasuke par terre au fond d'une ruelle.
— Je vais t'aider, fit Naruto en bondissant sur ses pieds.
— Oh c'est pas la peine, chéri.
— J'insiste.
Sasuke, de sa place au bout de la table, les regarda débarrasser sans piper mot. Le blond glissait ses mains sur la taille de sa femme quand il en avait l'occasion, tout en ramassant les plats et les couverts. Bientôt, tout fut transporté dans l'évier et l'un d'eux fit couler l'eau pour la vaisselle.
Il décida de se lever. Glissant une main sur son tee-shirt par dessus sa cicatrice au bas de son ventre, il observa un moment le couple avant de se retourner et se diriger vers le hall d'entrée où se trouvait l'escalier.
De la cuisine, Naruto, en train d'aider sa femme à la vaisselle, suivit des yeux la silhouette qui disparaissait en haut des marches.
Il avait essayé de se suicider. On avait essayé de le tuer.
Et ce n'était que la pointe de l'iceberg. Sasuke avait encore des secrets. Probablement encore plus sombres que ceux là…
Le jeudi suivant, Naruto croisa Kakashi Hatake dans le couloir de l'université entre deux cours. Esquissant un sourire poli, il pensa continuer sa route sans plus de cérémonie, mais Kakashi l'arrêta.
— Ah, Naruto, je voulais vous parler.
Naruto soupira mais s'arrêta, faisant face au professeur. Il avait eu une journée épuisante jusqu'à maintenant et il avait hâte de rentrer chez lui. Il espérait que Kakashi ne le retarde pas trop.
— Vous avez des cours cet après-midi?
— Non, j'allais rentrer chez moi. Que puis-je faire pour vous?
Kakashi baissa la tête vers son sac, dans lequel il plongea sa main afin d'en ressortir un dépliant. Naruto fronça les sourcils.
— Vous connaissez le championnat annuel de mathématiques, je présume?
— Évidemment, Kakashi, s'exclama Naruto en levant les yeux au ciel. Je m'y inscris chaque année et je n'arrive jamais à dépasser la première épreuve du concours. Et j'enseigne cette matière depuis quatre ans.
Kakashi poussa un petit rire pour montrer sa compassion.
— Oui, j'y ai déjà participé aussi il y a longtemps. Je n'ai jamais passé la première épreuve non plus. C'est de niveau extrêmement élevé.
— Alors que puis-je faire?
— J'aimerais que l'on incite Sasuke à y participer. Vous savez que les prix sont énormes. Le premier prix est 500 000 dollars, cette année. C'est… La chance d'une vie pour lui.
— Vous pensez qu'il a des chances?
— Naruto, je sais qu'il peut gagner cette compétition.
Naruto demeura silencieux en regardant le professeur. Kakashi sortit alors un autre document de son sac, et le présenta à Naruto.
— Vous vous souvenez de ce problème que nous avons reçu au département de mathématiques l'année dernière? Ce problème que nous voulions mettre comme épreuve finale du trimestre?
— Ouais, souffla le blond. Je ne l'ai toujours pas résolu, d'ailleurs…
— Et bien, Sasuke l'a résolu.
— Quoi ?
Naruto attrapa vivement le document d'une main, et le feuilleta, les yeux agrandis.
— Quand ?
— Je suis allé le chercher hier dans son dernier cours de la journée et lui ai demandé de me suivre. Je lui ai expliqué que c'était un genre de test, afin de savoir où il en était dans ce trimestre. Il n'a pas posé plus de questions. Ce matin, il me l'a rapporté. Et ses résultats m'ont stupéfié. J'ai étudié ses démarches, refait tous ses calculs et j'ai moi-même fini par comprendre le problème. Tout est exact. Il n'y a pas une seule erreur. Naruto, ce garçon est absolument incroyable.
Naruto mit un long moment à récapituler tout ce que les paroles de Kakashi voulaient dire.
— Vous êtes en train de me dire que ce jeune homme de vingt-et-un ans a résolu en une seule soirée un problème mathématique que tous les profs du département n'ont pas pu faire en plusieurs mois?
— C'est exactement ce que je suis en train de vous dire. Ce jeune homme peut sérieusement envisager ce 500 000 dollars.
Naruto se passa une main sur la bouche, les yeux dans le vide de longs instants. Il n'arrivait pas à y croire. Il savait que Sasuke était très intelligent et qu'il avait un Q.I. nettement plus élevé que le commun des mortels, mais de là à surpasser même les professeurs… Oh oui, il était vraiment incroyable. Il se rappelait toutes les soirées à la maison où il avait essayé de résoudre ce problème. Il avait essayé toutes les démarches probables, calculé chaque chiffre et chaque possibilité. Il avait travaillé là-dessus jusqu'à en avoir des migraines. Et Sasuke. Ce jeune homme perturbé et hanté par son passé sombre et rempli de ténèbres, avait tout compris en l'espace d'une soirée.
Naruto releva la tête, et rendit le document à Kakashi, époustouflé.
— D'accord, je vais lui en parler.
— Il ne faut pas qu'il rate cette opportunité.
— Je suis d'accord.
Sur ce, Kakashi lui souhaita une bonne soirée et partit dans le couloir. Naruto le regarda partir et se passa une main sur la tête.
Sasuke était un phénomène.
Tenten n'arrivait pas à y croire.
— Attends, là. Juste pour récapituler, déclara-t-elle. Tu as passé tout le mois à rêvasser et à gribouiller et à ne porter absolument aucune attention au cours… ET TU T'ES RÉCOLTÉ UN 100%?
Sasuke poussa un petit rire en haussant les épaules. Tous deux marchaient dans le couloir.
— Faut croire.
— Mais nom de Dieu! Moi j'ai pris un tas de notes, j'ai révisé chaque soir comme une démente, j'ai pratiquement pas dormi! Et j'ai eu 78%.
Sasuke sourit de nouveau tout en sortant à l'extérieur, accompagné de son amie. Les arbres prenaient des teintes orangées plus le mois avançait. La vue du parc, celui qui donnait face au campus, était un amalgame d'orange, de jaune et de rouge. C'était fabuleux.
— Tu fais chier, Sas. Vraiment. Dis-moi ton secret!
— Je suis juste doué… c'est tout.
— Juste doué. Franchement, ronchonna la jeune femme. Pff.
Ils marchèrent côte à côte jusqu'au chemin qui traversait le parc. De l'autre côté, c'était la rue qui menait chez Naruto. Sasuke le prenait tous les soirs, exceptés ceux où Naruto le ramenait en voiture, évitant de passer par l'arrière de l'université, par le côté sud. Il n'était sûr que d'une chose s'il remettait les pieds là-bas. Danger.
— Dis, Sasuke. Au fait.
— Hm?
— Suigetsu organise une fête d'halloween ce samedi. Ce serait chouette si tu venais. Il va y avoir la totale. Costumes, bonbons, décorations d'horreur, alcool! Et j'ai des amis qui vont même apporter des…
Elle se tut, regardant tout autour d'elle.
— Tu sais, ricana-t-elle. On va pouvoir en fumer. Ce sera géant!
Sasuke s'arrêta en même temps qu'elle. Il la fixa quelques secondes, le visage aussi impassible qu'un bloc de pierre. Tenten souriait en attendant sa réponse. Puis, il ouvrit la bouche.
— Ouais, pourquoi pas. Je serai là.
Elle lui sauta au cou.
— T'es super, Sas!
Elle recula et au même instant, on entendit un klaxon. Tenten leva la tête.
— C'est mon petit ami! s'exclama-t-elle en indiquant la voiture qui se trouvait au bout de la rue. Allez, on se voit demain.
Sasuke la regarda s'enfuir vers la voiture et soupira. Il reprit sa marche en plongeant les mains dans les poches de son jean. La voiture du petit ami de Tenten passa devant lui quand il atteignit le trottoir et il se perdit dans ses pensées.
Soudainement, et sans savoir pourquoi, il se sentit seul. Plus seul qu'il ne s'était senti depuis des lustres, et cette sensation (nouvelle ou oubliée?) sembla lui trouer l'estomac brutalement, douloureusement. Il frissonna à la brise fraîche qui souffla, et continua d'avancer, le coeur étrangement lourd.
Mais un nouveau klaxon retentit. Sursautant, il se retourna.
La voiture de Naruto s'approchait lentement le long du trottoir. Lorsqu'elle fut à côté de lui, la vitre se baissa et le sourire chaleureux du blond apparut, alors que le professeur passait sa tête à l'extérieur.
— Hey, dit le blond tendrement. Tu montes?
Sasuke ne se fit pas prier.
À SUIVRE...
J'espère que vous aimez toujours! J'aimerais avoir vos avis, savoir ce que vous aimez, ce que vous n'aimez pas... :)
A plus!
