Bonjour à toute, je suis désolée pour l'attente

Merci pour vos review qui me font plaisir

Remarque: Les personnages sont ceux de et l'histoire d'HEIDI BETTS, je ne fais que mettre les deux ensembles.


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Durant de longues minutes, Bella fut trop sonnée pour répondre quoi que ce soit. Elle resta là, sur le siège passager du véhicule d'Edward, bouche bée. Elle n'aurait pas été plus surprise s'il avait annoncé qu'il voulait renoncer à son héritage pour aller travailler de nuit dans un fast-food.

Elle se tourna pour lui faire face, et baissa la fermeture de son épaisse parka pour respirer un peu plus facilement. La climatisation était en marche, mais elle doutait que ce soit pour cela qu'elle avait chaud, tout à coup.

Non, c'était sans doute le choc, mêlé à une bonne dose d'appréhension.

Elle avait presque envie de se pincer pour être sûre d'avoir bien entendu.

— Je vous demande pardon ? dit-elle d'une voix étranglée.

Sans quitter la route des yeux, il répondit :

— Je pense que c'est mieux pour toutes les personnes concernées.

A présent, elle voulait vraiment se pincer, car rien de ce qu'il disait ne semblait avoir de sens. Elle s'éclaircit la gorge et demanda :

— Comment cela ?

— Eh bien, dit-il avec un haussement d'épaules, si Bradley est mon fils, alors j'ai du temps à rattraper. Je préférerais qu'il soit près de moi, pour commencer à le connaître… et m'habituer à être père.

Sa voix s'était serrée sur les derniers mots, comme si l'idée qu'il puisse réellement être le père d'un petit garçon dont il ne savait rien encore quelques heures plus tôt l'effrayait encore.

Pourtant, ledit petit garçon était bien là, endormi dans son siège. Et elle était prête à parier que les tests ADN seraient positifs.

— Je peux le comprendre, dit-elle, conciliante, mais obtenir les résultats des tests ne prendra pas si longtemps. De plus, Bradley a déjà quatre mois — quelques semaines de plus, cela ne fera pas une grande différence. Et puis, j'ai une vie à Denver. Une société à faire tourner. Je ne peux pas disparaître comme ça, du jour au lendemain.

— Alors, laissez le petit avec moi. Vous avez eu quatre mois avec lui, et moi j'ai à peine eu une journée. J'ai beaucoup d'espace chez moi, et les moyens d'engager une nounou à plein temps.

Elle ouvrit de grands yeux. Elle ne s'était jamais considérée comme une personne violente, pourtant, à cette seconde, elle était extrêmement tentée de gifler l'homme assis à côté d'elle. Il y avait tant de choses choquantes dans ce qu'il venait de dire qu'elle ne savait pas par où commencer.

Le petit ? Une nounou ?

Laisser Bradley avec lui ?

— C'est hors de question.

La tension dans sa voix n'était pas due à la nervosité, mais à la colère. D'ailleurs, elle était en train de dépasser le stade de la simple colère pour atteindre celui de la fureur noire.

— Je ne suis peut-être pas la mère biologique de Bradley, mais je suis la seule mère qu'il ait connue ces deux derniers mois — et même avant, à dire vrai. Il est absolument hors de question que je le laisse où que ce soit, avec qui que ce soit.

Le tissu imperméable de sa veste bruissa quand elle croisa les bras.

— Je me fiche que vous soyez son père, dit-elle entre ses dents sans prendre la peine de masquer son animosité.

Que disait le dicton, déjà… Aucune bonne action ne restait impunie ? Eh bien, elle venait d'en avoir une démonstration cinglante.

Dire qu'elle avait seulement voulu faire ce qui lui paraissait juste ! Annoncer à un homme qu'il avait conçu un enfant avec une femme qui ne le lui aurait jamais annoncé elle-même, un enfant qu'il n'aurait jamais connu autrement.

Elle avait voulu faire le bon choix, pour Bradley. C'était un Masen, après tout. Et même si elle n'avait pas besoin des millions de sa famille paternelle, et qu'elle ne pensait pas qu'un enfant ait besoin d'argent pour être heureux et choyé, il méritait quand même de savoir d'où il venait, et qui étaient ses ancêtres.

Mais aucune bonne action… Et voilà le résultat. Quelques heures à peine après sa BA, elle la payait déjà.

Durant plusieurs secondes, Edward ne répondit pas. Mais ce qu'il dit ensuite la figea net.

— Je pourrais vous le prendre, vous savez.

Ce n'était pas le premier argument qu' Edward avait prévu d'avancer pour convaincre Bella de s'installer chez lui. Mais la façon dont elle s'était braquée lorsqu'il avait lancé l'idée de garder Bradley l'avait mis sur la défensive.

D'un côté, il appréciait qu'elle soit si protectrice avec cet enfant. Si ce bébé était vraiment le sien, il allait sans doute lui être très reconnaissant d'avoir pris soin de son fils comme elle l'avait fait.

Bien sûr, Bradley était le neveu de Bella, et un lien très fort les unissait. Mais d'après ce qu'il avait compris, la mère de Bradley — cette Jessica à présent décédée dont il n'avait aucun souvenir — avait eu une vie assez mouvementée. Elle avait causé son lot d'ennuis.

Il aurait été facile pour Isabella de cesser de jouer les sauveuses, et de couper les ponts avec sa sœur. Personne ne l'en aurait blâmée.

Mais elle ne l'avait pas fait. Non seulement elle était restée à ses côtés malgré ses frasques, mais encore elle avait endossé le rôle de mère d'adoption pour Bradley après la mort brutale de Jessica.

Et pour cela, elle méritait qu'on lui décerne une flopée de médailles. S'il était le père de Bradley, elle aurait sa gratitude éternelle.

— Je me battrai pour lui, dit-elle, mâchoires serrées, interrompant ses pensées.

Elle semblait absolument hors d'elle, comme prête à le frapper. L'opinion qu'il avait d'elle ne fit que s'améliorer encore.

Elle n'avait aucune chance contre lui, c'était évident. Elle pourrait s'opposer à lui jusqu'à la fin des temps, mais, s'il voulait réclamer la garde du petit garçon endormi à l'arrière de sa voiture, il avait à la fois les avocats et les ressources financières pour y parvenir. Même avant que les résultats ADN n'arrivent, il pourrait arguer que c'était elle qui était venue à lui en prétendant qu'il était le père. Etant donné que la mère de l'enfant lui avait caché à la fois sa grossesse et la naissance de l'enfant… eh bien, il imaginait que les juges seraient trop heureux de rectifier les torts et de rendre justice en sa faveur.

Toutefois, ce n'était pas la voie qu'il voulait prendre, et il regrettait déjà ses paroles. Il préférait généralement contourner les conflits. D'habitude, il était doué pour cela.

A sa décharge, cela ne faisait que quelques heures que la bombe « bébé » lui avait été lancée. Il n'était pas encore remis de l'instant où les mots « votre fils » étaient sortis de la bouche de Bella, et encore moins de toutes les pensées qui s'étaient bousculées dans son esprit depuis.

Quoi qu'il en soit, il avait besoin d'elle, même si ce n'était pas facile pour lui de l'admettre, mais il ne connaissait strictement rien aux enfants, qu'ils soient bébés ou plus âgés.

Si Bradley était sa chair et son sang, alors il aurait besoin qu'elle lui apprenne tout ce qu'il avait besoin de savoir sur son fils, et cela même s'il engageait une nounou. Une assistante maternelle pourrait changer les couches et chauffer les biberons, mais elle ne connaîtrait pas la marque des petits pots préférée de Bradley, ne saurait pas s'il était chatouilleux, ne pourrait pas lui dire ce qui le faisait rire ou pleurer.

Elle, en revanche, savait tout cela. Elle avait passé ces derniers mois à apprendre tout ce qu'il y avait à savoir sur son fils.

Son fils hypothétique.

Il ne servait à rien de s'emballer, il devait attendre les résultats des tests.

Les Masen étaient très famille, ce qui signifiait que même s'il se retrouvait en droit de réclamer la garde du bébé, jamais il n'envisagerait de rayer Bella de la vie de Bradley. Celui-ci aurait besoin de sa tante maternelle autant que d'un père et de ses oncles et tantes paternels.

Par conséquent, il devait veiller à faire d'Isabella son alliée, plutôt que son ennemie. Et mieux valait commencer dès maintenant.

— Essayons d'éviter les menaces et de parler bataille juridique, d'accord ? Du moins, pour l'instant. Si vous réfléchissez un instant à ma proposition, vous vous rendrez compte que c'est le mieux à faire pour tout le monde.

Il lui lança un regard et constata qu'elle le dévisageait, le sourcil haussé.

— Vraiment ? demanda-t-elle, ironique. Et comment êtes-vous parvenu à cette conclusion ?

Avec un haussement d'épaules, il reporta son attention sur la route.

— Comme je l'ai dit, ce n'est que pour quelques semaines, et cela nous donnera l'occasion, à Bradley et à moi, de mieux nous connaître.

Non, ce n'était pas exactement cela. Quel meilleur mot pour exprimer le rapprochement avec sa possible progéniture ?

— De créer un lien.

Du coin de l'œil, il vit ses lèvres s'affiner, ce qu'il interpréta comme une approbation réticente. Il avait marqué un point… mais contrarié Bella au passage.

— Et moi ? dit-elle en regardant droit devant elle.

— Vous ? Je vous ai déjà dit que Bradley et vous pouviez emménager chez moi. J'ai beaucoup d'espace, si c'est ce qui vous inquiète. Vous pourrez bénéficier de votre propre chambre, et avoir la maison pour vous durant la journée, pendant que je suis au bureau.

— Et ma vie à Denver ? J'ai un travail moi aussi, vous savez. Une société, des employés à diriger, des engagements à tenir.

Il secoua la tête, et réajusta ses mains sur le volant.

— Je suis navré, dit-il, en s'excusant. Quel est votre travail ?

Comment ne s'était-il pas posé la question avant ? Il fallait sans doute mettre cela sur le compte de son état de choc, après qu'on lui avait planté un bébé de quatre mois dans les bras. Littéralement.

Maintenant qu'ils abordaient le sujet, il se rendit compte qu'une vérification du profil d'Isabella serait sage. Dès qu'il retournerait au bureau, il demanderait à un détective d'effectuer quelques recherches très discrètes sur sa vie, à la fois privée et professionnelle.

Tant qu'il y était, il ferait mener une enquête sur sa sœur, aussi. Elle était peut-être décédée, mais un enquêteur habile devrait au moins pouvoir déterminer si elle avait bien été à Denver en même temps que lui. Si elle avait fréquenté régulièrement le club où Bella prétendait qu'ils s'étaient rencontrés, et s'il y avait d'autres candidats à la paternité tapis dans l'ombre.

Et avant même que le Dr Cullen l'appelle avec les résultats, une petite recherche lui donnerait une idée de la situation financière d'Isabella. Pour savoir s'il était plus ou moins probable qu'elle se serve de l'enfant de sa défunte sœur comme un moyen de lui soutirer quelques millions.

— Je suis organisatrice d'événements, dit-elle sans se douter des pensées et des plans qui se tramaient en silence dans son esprit.

— Et vous possédez votre propre société ?

— Oui. Je n'ai que quelques employés, mais les vacances de fin d'année sont une période chargée pour nous. Je peux à peine me permettre de m'absenter une nuit, alors une semaine ou deux…

Il décida d'ignorer la dernière partie de sa déclaration — temporairement, du moins.

— Quel est le nom de votre société ? demanda-t-il, soucieux de montrer son intérêt.

Apparemment, il se montrait trop gentil trop vite, car elle lui lança un regard soupçonneux.

— It's Your Party.

— Joli, dit-il tandis qu'une idée germait dans son esprit.

— Merci.

— Etes-vous spécialisée dans un domaine particulier ?

— Pas vraiment. Ou du moins, pas encore. Nous n'avons ouvert nos portes qu'il y a trois ans, nous cherchons encore notre équilibre, et travaillons à bâtir notre réputation à Denver.

— J'imagine que vous avez beaucoup de fêtes de Noël à préparer ?

— Absolument. Novembre et décembre sont de très bons mois pour nous, heureusement.

Lorsqu'il la vit sourire, une douce chaleur l'envahit.

Pas de doute, Isabella Swan était une femme diablement séduisante. S'ils s'étaient rencontrés en d'autres circonstances, il aurait déjà tenté une approche, à coup sûr. Il lui aurait proposé de prendre un verre. Lui aurait décoché son sourire charmeur… celui qui dévoilait ses fossettes et ses dents blanches dignes d'une publicité pour dentifrice.

Mais il ne pouvait pas séduire Isabella, n'est-ce pas ? Non seulement à cause de la nouvelle qu'elle lui avait annoncée, avec le tact d'un boxeur poids lourd soit dit en passant, mais aussi parce qu'il avait la nette impression qu'elle n'était pas le genre de femme à se laisser aisément charmer.

Contrairement à sa sœur. Ce qui le ramenait à l'obstacle de sa possible paternité.

— Vous avez déjà organisé un mariage ? demanda-t-il, revenant à l'idée qui avait précédemment germé dans son esprit.

Elle sembla déroutée, mais répondit assez volontiers :

— Quelques-uns. J'en ai organisé de petits, toute seule, surtout à mes débuts dans le métier. Et quelques autres plus importants, lorsque j'ai embauché du personnel.

Il mit son clignotant et tourna à gauche, pour emprunter une route qui les éloignerait de Masen Ridge. Il espérait qu'elle serait trop distraite pour le remarquer.

— Il y a beaucoup de travail, j'imagine.

Elle rit.

— Oh ! oui. Surtout quand on traite avec une mariée tendue ou des membres de la famille qui veulent absolument mettre leur grain de sel.

— Mais vous aimez ça ? Ça ne vous dérangerait pas d'en organiser un autre ?

Elle sembla de plus en plus désarçonnée, et son regard étonné se fixa sur lui.

— Bien sûr que non. C'est mon métier, et j'adore ça.

Pendant une seconde, elle le fixa les yeux plissés.

— Pourquoi posez-vous autant de questions sur mon activité ?

— Je ne peux pas être simplement curieux ? dit-il en s'écartant de la route principale pour rejoindre un chemin beaucoup plus étroit et privé.

Elle était si prise dans leur conversation qu'elle ne sembla pas remarquer l'absence totale de circulation et la rudesse du terrain, mélange de neige, de poussière et de pierres.

— En fait, dit-elle, je doute que vous soyez jamais « simplement curieux ».

Il sourit. Ils s'étaient rencontrés depuis quelques heures à peine, et elle le connaissait déjà bien.

— Vous avez sans doute raison. La vérité, c'est que j'ai une sœur sur le point de se marier. Demi-sœur, pour être précis. Son fiancé et elle envisageaient de se marier à Noël, mais ils ont passé tant de temps à tergiverser que je doute qu'ils sachent ce qu'ils veulent à présent.

Le véhicule tout-terrain montait à présent une côte difficile.

— Où sommes-nous ? demanda-t-elle, se rendant enfin compte qu'il ne les avait pas reconduits au manoir, comme promis.

— Donc, je me disais que vous pourriez parler avec Rosalie, poursuivit-il, éludant délibérément sa question. Peut-être pourriez-vous lui donner quelques tuyaux, et l'aider à apaiser sa nervosité de future mariée.

— J'en serais ravie. Elle peut m'appeler quand elle le souhaite, mais…

Elle s'agita sur son siège quand la maison apparut dans leur champ de vision.

— Ce n'est pas Masen Ridge. Je me trompe ? Où sommes-nous ?

Il garda le silence jusqu'à ce qu'ils atteignent le vaste garage de deux voitures, situé à quelques mètres de la maison. Les deux bâtiments étaient de bois teinté de noir qui se mariait merveilleusement avec le décor montagneux alentour.

Elle avait tort en disant qu'ils n'étaient pas à Masen Ridge. La maison n'était pas reliée au complexe, mais la petite parcelle de terre sur laquelle elle était bâtie faisait partie du domaine des Masen.

Il appuya sur une télécommande pour ouvrir une des vastes portes de garage.

— Nous sommes chez moi, dit-il. Je me suis dit que j'allais vous faire visiter la maison, pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion avant de refuser tout net mon invitation.

Il devinait, à ses lèvres pincées et à ses narines frémissantes, qu'elle était à deux doigts de bondir. Sa seule chance d'éviter une explosion totale était qu'elle ne veuille pas réveiller Bradley, endormi à l'arrière, en se lançant dans une diatribe enflammée.

Il vit sa mâchoire se tendre, comme si elle serrait les dents pour s'empêcher de crier.

— Une invitation, répéta-t-elle d'un ton acide. Vous vouliez dire, une sommation ?


Alors le verdict?

Une petite review ?

Petite surprise la suite tout de suite ^^

bisous