Deuxième nuit

Grèce, Sanctuaire d'Athéna, cuisines du Palais du Pope, été 1992 …

En se réveillant tôt ce matin-là, Shun n'avait jamais eu aussi mal à la tête de toute sa vie. La première chose qu'il vit en rouvrant les yeux fut le plafond immaculé de la salle de réception, puis le corps endormit et à moitié vêtu d'Aiolia et enfin son propre corps alangui et totalement nu. Les mouvements incertains et lourds, il avait ramassé le pantalon et la chemise qui n'étaient pas à lui, s'était revêtu et était parti retrouver sa chambre en titubant. Il s'était ensuite laissé tomber sur son lit avec soulagement, et s'était rendormi.

A bien y réfléchir, il ne savait pas trop pourquoi il avait brutalement décidé de rejoindre la pièce qui lui avait été allouée. Après tout, il aurait très bien pu terminer sa nuit sur le sol de la grande salle, mais son esprit était trop confus pour qu'il se souvienne des arguments ayant joués le pour ou le contre. Peut-être la présence d'Aiolia à ses côtés y avait-elle été pour beaucoup, car il n'avait que très moyennement envie que le Lion se réveil et lui saute dessus comme il l'avait fait en pleine nuit. Oui. Peut-être était-ce l'explication.

Mais à présent, plus ou moins réveillé et maitre de ses capacités, Shun, le cerveau encore embrumé par les vapeurs d'alcool, venait de rejoindre les cuisines du Palais. L'après-midi venait de commencer, mais la pièce était pleine à craquer de Chevaliers tout juste réveillés qui tentaient de grappiller ici et là des restes de petits déjeuners.

Milo et Shura étaient en pleine bataille pour savoir qui des deux auraient le droit de finir le café ; Aldébaran s'emportait pour lui tout seul un plateau de croissants chauds ; Mû était apparemment en pleine discussion animée avec Kanon et Aiolia ; Dohko, assis à leur droite, tentait de garder les yeux ouverts en s'accrochant fermement à sa tasse de café, et Hyôga aidait Shiryu à retirer des flocons de couleur de ses longs cheveux. Le brouhaha qui s'élevait de toutes ses voix donna une migraine carabinée à Shun qui en ferma les yeux de douleur. Il fut un bref instant tenté de faire demi-tour, mais son estomac en profita pour protester, et il insista en pénétrant plus en avant dans la pièce.

L'été grec était déjà particulièrement brûlant en cette saison, mais là, dans cette petite salle dont le four ne cessait de cracher croissants et madeleine chaude, accompagné du grille-pain et de la machine à café, en plus de tous ces hommes pratiquement les uns sur les autres, l'air était étouffant.

Le jeune Chevalier Divin réprima un bâillement, attrapa un pain au chocolat, se remplit une tasse de chocolat froid et s'insinua là où il restait une toute petite place, juste entre Kanon et Shiryu. A la gauche du Dragon se trouvait Hyôga qui, pour une raison quelconque, eut une grimace de douleur en tendant le bras pour attraper une madeleine, et à la droite du Gémeaux il y avait Mû, un immense sourire aux lèvres, qui se moquait gentiment d'Aiolia en face de lui tentant désespérément d'ouvrir une boite de petit lu.

Shun se laissa tomber sur la chaise dans un soupir de lassitude et grogna lorsque sa migraine devint plus forte. L'odeur du café ne lui réussissait jamais vraiment, et Kanon en avait une tasse pleine juste à sa droite.

- Gueule de bois ? lui demanda Shiryu, à sa gauche.

- Mmh mouais, baragouina Shun en réponse avant de lancer d'une voix plus sûre : un peu mal au cul aussi.

Shiryu rigola et Kanon, qui venait d'engloutir une partie de son croissant, manqua s'étouffer lorsqu'il rit. Shun lui jeta un coup d'œil en souriant, et croisa de ce fait le regard d'Aiolia, assis en face de Mû sur sa droite, qui sourit à son tour.

- C'est de ma faute j'espère ? demanda Kanon, tout sourire.

Court silence.

- Euh …, tenta Shun, un peu gêné. Peut-être.

- Comment ça peut-être ? rétorqua le Gémeaux en fronçant les sourcils.

- Bah …

Comment dire ça avec tact ?

- Si on a baisé, je n'en ai aucun souvenir ! C'est con hein ? lança le garçon avec énergie.

Puis il rit devant l'expression vexé de Kanon, qui lui répliqua :

- C'est con pour moi surtout ! Merde, j'avais assuré !

- Ça c'est toi qui le dis, rétorqua Aiolia de sa voix rauque.

- Ah mais attend ! reprit brusquement Shun en se redressant. Si c'était toi dans la salle de réception alors oui, t'as vachement assuré !

Nouveau silence. Encore plus court que le premier. Kanon fixait Shun sans trop savoir s'il devait rire ou s'énerver.

- Non ça c'était moi, déclara finalement Aiolia d'un air faussement désinvolte.

- Ah …, laissa échapper Shun en tentant de se remémorer les derniers instants de sa nuit. Ah oui … peut-être … tu sentais la pizza non ?

Aiolia acquiesça en levant les deux pouces, un grand sourire aux lèvres et Shun lui répondit d'un rire cristallin et innocent. Les sourcils froncés, brusquement intéressé par la conversation, Mû releva la tête. Kanon et Aiolia avaient tous deux couché avec Shun cette nuit, et il ne l'apprenait que maintenant ? Alors qu'il était persuadé de ne pas les avoir quittés de la nuit ?

- Putain et comment ça se fait que tu te souviennes de lui et pas de moi ?! s'énerva brusquement Kanon.

- Parce que je suis plus doué, répliqua simplement le Lion, sans se départir de son sourire.

Il était de notoriété publique au Sanctuaire que ces deux-là n'étaient pas souvent d'accord sur la vérité de leur endurance sexuelle : Aiolia traitait souvent Kanon d'idéaliste, et celui-ci traitait souvent l'autre de menteur.

- Ne recommencez pas tous les deux, sourit Mû entre les deux hommes.

Aiolia haussa les épaules.

- Toute façon tout le monde sait que c'est moi le plus épuisant, dit-il avant de triomphalement sortir un petit lu du paquet.

- Arrêtes ! répliqua Kanon, de mauvaise foi. Je te bats à plate couture ! Demandes à Mû !

- Ne me mêlez pas à vos histoires, lui lança ce dernier pour se dérober.

Shun rit de nouveau et avala une gorgée de son breuvage matinal froid avant de mordre dans son pain au chocolat. Milo profita de cet instant pour s'incruster en face de Hyôga, un verre de jus de fruit dans une main – apparemment il avait perdu face à Shura – et un croissant dans l'autre.

- C'est le concours de qui a la plus grosse ? demanda-t-il tout sourire.

Aiolia pouffa de rire et Kanon se renfrogna. Puis il y eut un raclement de chaise et Hyôga se leva en réprimant une grimace de douleur, puis, sans ajouter un mot, il s'en fut à l'autre bout de la pièce s'assoir à côté de Dohko qui avait finalement succombé au sommeil et ronflait sur la table.

Shun le suivit du regard, un sourcil arqué, étonné. Hyôga n'était pas franchement le plus sociable de tous, mais agir ainsi n'était pas dans ses habitudes.

- Qu'est-ce qu'il a ? demanda-t-il, surpris.

Tous les regards se tournèrent vers Milo qui ne semblait pas le moins du monde gêné ni désolé.

- Bah je l'ai un peu violé cette nuit en fait, lança-t-il tout sourire, je crois qu'il m'en veut.

Aiolia écarquilla les yeux, étonné, et Shun ouvrit la bouche, poussant un cri muet. Kanon éclata de rire avant de se prendre une claque à l'arrière de la tête de la part de Mû.

- Bah quoi !? s'étonna-t-il en se frottant le crâne.

- Réfléchis et tu trouveras, lui répliqua le Bélier.

- Ça ne va pas non ?! s'écria Shun, incapable de s'empêcher de sourire tout en fixant le Scorpion. Si t'abimes mon mec je vais m'éclater avec qui moi maintenant ?

Son vis-à-vis balaya la table d'un geste du bras et lui répondit :

- T'as trois mâles super bien montés qui ne demandent qu'à répondre à tes attentes, lança-t-il joyeusement, alors de quoi tu te plaints ?

Shun sourit, aguicheur. Le cœur de Mû se serra et sa mâchoire se crispa. Comment avait-il fait pour ne pas le voir avant ?

- Moi d'abord ! s'écria brusquement le Gémeaux sous le regard courroucé de Shiryu et étonné d'Aiolia.

- Et pourquoi ? lui demanda ce dernier.

- Bah attend il ne se souvient de rien ça me fout les boules ! Je vais encore plus assurer ce coup-ci, et là il ne l'oubliera pas !

- C'est beau de rêver.

- Nan mais là ça ne sert à rien, lança Shun d'une voix amusée, je ne suis pas assez bourré.

Aiolia éclata immédiatement de rire, très vite imité par Milo. Kanon hésita un instant entre se vexer et s'énerver, ou laisser couler et rigoler avec ses camarades, puis il opta finalement pour la seconde option et s'esclaffa à son tour.

Shun souriait alors qu'il portait sa tasse de chocolat froid à ses lèvres. Quelques mèches folles de ses cheveux défaits retombaient sur ses yeux et autour de son visage, lui donnant l'air d'un petit enfant sauvage joueur et innocent. Le cœur de Mû fit un bon. Comment avait-il fait pour ne pas voir avant à quel point ce garçon était devenu beau ? Mais lorsque Shun se leva, Mû se corrigea : non, pas seulement beau. Sexy. Il était la tentation même, son corps frêle mais musclé, à la peau blanche comme du lait chaud, débordait de luxure et d'envie. Il avait seize ans. L'âge auquel la sexualité se réveille, s'éveille et cherche. Et il paradait ainsi au milieu d'hommes revenus à la vie à qui le sexe – une seconde nature chez certain – avait énormément manqué.

- Ok alors je vous lance un défi ! lança Shun en attrapant sa tasse vide. Ce soir, c'est à celui qui arrivera à m'attraper.

Milo rit de nouveau.

- Nan mais c'est pas juste ! s'écria aussitôt Kanon. Aiolia il est super rapide à ce jeu-là !

- Mauvais joueur, lui lança le Lion.

- Tout le monde aura une chance, reprit Shun avant de leur adresser un signe de la main, bonne journée !

Et il s'en fut, laissant les trois hommes se dépatouiller avec tout ça.

- La vache qu'est-ce qu'il est chaud, lança Milo en le suivant des yeux.

- Alors là, déclara Aiolia, tout soutire. Je vais vous faire la misère ! Le petit il est à moi pour toute la nuit !

- C'est ça ouais, c'est ce qu'on verra ! renchérit Kanon avec énergie.

Milo avala une gorgée de son jus de fruit et fit une grimace de dégoût.

- Beurk ! lança-t-il en posant le verre loin de lui, comme s'il s'agissait d'une bombe à retardement.

- Doucement les mecs, s'interposa soudainement Shiryu en se levant à son tour, n'oubliez pas que Shun a un grand frère qui n'aime pas particulièrement que quelqu'un le touche comme vous l'avez fait.

- Et il était où ce grand frère cette nuit quand à peu près tous les hommes ici présent sont passés sur son petit frère ? rétorqua Aiolia avec un grand sourire.

Shiryu lui lança un regard grave, indéchiffrable, et se détourna sans rien ajouter, la démarche digne.

- Il a une sacrée pair de fesse lui aussi quand même, lança Milo.

- Fais gaffe à ce qu'on ne t'entende pas, répliqua Aiolia.

- Pourquoi ?

- Je ne crois pas que son mec aime particulièrement t'entendre dire ça.

- Et … c'est qui son mec ?

Kanon leva les yeux au ciel, désespéré, et Mû sourit en jouant avec une miette de mie de croissant. Oui, le Scorpion était un peu lent à la détente parfois. Mais c'est ce qui faisait son charme.

- T'es sérieux, t'as pas deviné ? lui demanda Aiolia, étonné.

- Beuh … non, répondit Milo.

Concert de soupirs désabusés et Mû sourit sous l'expression indignée et vexée du Scorpion. Toutefois, et ce sans en connaitre la raison, il avait le cœur serré.

...

Quelques heures plus tard, salle de réception …

Bien évidemment, et c'est partout pareil, après la fête vient ce que tout le monde redoute – surtout avec une gueule de bois carabinée : le nettoyage. Il était convenu que ce soir, deuxième nuit de beuverie au Sanctuaire ramené à la vie dans sa totalité, l'idée qu'avait brièvement évoquée Milo quelques jours plus tôt allait être mise en place : une soirée dansante. Ainsi donc, le sol de l'immense pièce, jonchée de détritus en tout genre, devait tout d'abord être nettoyé.

Malheureusement, la plupart des Chevaliers étant de grands enfants, leur concentration vola vite en éclat et Milo et Kanon en arrivèrent rapidement à se livrer un duel de balais à frange. Aiolia, qui était chargé de ramasser les papiers de diverses sortes d'emballage qui agonisaient au sol, se mit à en faire des boulettes et à les lancer sur tout le monde. Très vite, il fut rejoint par Seiya et les deux hommes se barricadèrent derrière tables et chaises pour se livrer bataille. Aphrodite, chargé de ramasser les verres et le plastique dans toutes ses formes, s'amusa à les empiler pour créer des sculptures plus ou moins artistiques. De loin, Shun crut d'ailleurs reconnaitre un phallus. Seuls Mû, Shaka, Camus et Dohko, tentaient le plus sérieusement du monde de calmer tout ce beau monde pour ramener de l'ordre et finir de nettoyer l'immense salle avant ce soir.

Lorsqu'ils firent entendre leur voix pour rouspéter sur ceux qui s'amusaient plus qu'ils ne travaillaient, Milo enfourcha son balais telle une sorcière et fit mine de décoller pour s'enfuir. Aiolia prit Mû pour cible et se mit à lui envoyer des boulettes, bientôt soutenu par Seiya. Aphrodite se mit à râler que personne, de toute façon, ne comprenait l'art ni son besoin de créer, et sortit de la pièce à grandes enjambées, apparemment très vexé.

Et au milieu de tout ça, Shun et Hyôga discutaient calmement en empilant les nombreux cadavres de bouteilles vides dans les caissons, pour ensuite laisser à Aldébaran la charge de les sortir et de les jeter.

- C'est vrai ce qu'a dit Milo ce matin ? demanda finalement Shun, trop curieux pour se contenir.

- Ça dépend de ce qu'il a dit, grogna le Cygne en réponse.

Shun pouffa.

- Qu'il t'avait violé.

Court silence.

- C'est pas entièrement faux, répondit Hyôga, contenant apparemment une grande fureur.

- Je m'en doutais ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Il n'était pas dans les habitudes du Chevalier Divin du froid de parler aisément de ces choses-là, mais un tel sujet ne pouvait être tu, il le savait. Et puis Shun, un grand sourire aux lèvres, attendait en le fixant de ses grands yeux d'émeraude. Alors le Cygne soupira et répondit :

- J'étais complètement bourré, j'ai pas réussi à le repousser c'est tout.

- Et c'est pour ça que t'es vexé comme un poux ?! rétorqua Shun, surpris.

Hyôga lui jeta un coup d'œil en coin, hésitant entre lui dire ou non la vérité. Mais il opta finalement pour garder le silence. Il n'allait tout de même pas lui avouer que si Milo s'en était pris à lui, c'est parce qu'il avait tenté de le repousser alors qu'il s'approchait dangereusement de Shun. Ayant promis à Ikki d'empêcher tout autre homme de toucher son petit frère, il avait voulu éloigner le Scorpion mais avait lui-même été pris dans ses filets. Et tout ça pour rien, car alors qu'il était aux prises avec lui, Kanon en avait profité pour se jeter sur Shun. Raté. Et maintenant, il flippait qu'Ikki le découvre.

- Mais non, dit-il finalement, ce con m'a surtout fait hyper mal !

- Ouch …

- Ouais. Chaque fois que je m'assois la douleur me remonte jusqu'au crâne c'est horrible. Rassures-moi, je ne t'ai pas fait mal comme ça la première fois ?!

- Mais non, tu ne m'as jamais fait mal. Milo n'a pas fait attention parce qu'il était bien torché lui aussi, je suis sûr qu'en temps normal il ne t'aurait évidemment pas fait ça volontairement.

- Là n'est pas la question.

- Elle est où alors ?

- Il ne s'est pas donné la peine de venir s'excuser.

- Qu'est-ce que t'es susceptible !

- Nan mais attends, il m'a sodomisé de force je te rappel !

- Argument percutant.

Hyôga ne put s'empêcher de sourire malgré son inquiétude. Ce qu'avait Shun durant le reste de sa nuit n'était plus un mystère pour lui depuis qu'il les avait entendus en parler, Kanon, Aiolia et lui. En se réveillant dans les bras de Milo dans le petit salon ce matin-là, le Chevalier du Cygne avait réalisé que son camarade Divin avait totalement disparu. Introuvable. Il avait redouté le pire avant de l'apprendre ce matin : apparemment, lui et le Chevalier du Lion avaient couché ensembles dans la salle de réception. Avec lui et Kanon, cela faisait trois. Si Ikki l'apprenait …

De nouveau, une vague de crainte et de stress submergea Hyôga. Il imaginait déjà la colère du Phénix s'abattre sur lui lorsqu'il l'apprendrait. Il frissonna.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? lui demanda Shun, les sourcils froncés.

- Je repensais à Milo, mentit le Cygne en feignant la colère.

Shun rit. Au même moment, le Scorpion surgit devant eux depuis le sol – il s'était apparemment approché à quatre pattes – et s'écria :

- Bouh !

Malgré lui, Shun pouffa de rire.

- T'as perdu ton balai quelque part ? lui demanda-t-il.

- Nan, Dohko me l'a confisqué, répondit Milo en leur adressant son sourire le plus niais.

Au même moment, la voix de la Balance raisonna dans toute la salle :

- Aiolia, tu prends le balai !

- Et puis quoi encore ?! répliqua le Lion. J'suis pas ta Cendrillon.

- Tu veux ta baffe tout de suite ou maintenant ?

Encore une fois, Shun rit. Il aimait tellement se retrouver ici, au milieu de tous ses camarades un peu déjantés, qu'il n'imaginait pas une seule seconde être ailleurs. Ni ce que cela impliquerait.

En face de lui, Milo se redressa de toute sa taille et se pencha vers Hyôga qui n'avait plus dis un mot depuis qu'il était arrivé, et lui demanda :

- Tu fais la tronche ? T'es fâché ?

- Ah ton avis pauvre patate ?! rétorqua le Cygne avec colère.

Shun se garda bien de s'en mêler.

- Ah oui … t'es fâché, constata Milo dans un sourire contrit, je m'excuse tu sais …

- Mais j'en ai rien à cirer mon petit pote ! renchérit Hyôga en prenant grand soin de ne pas croiser son regard.

Un bref instant, Milo garda le silence en fixant le Chevalier Divin en face de lui qui continuait d'empiler les bouteilles dans un caisson. Shun crut qu'il s'était finalement vexé, ou bien qu'il se sentait réellement coupable, mais après quelques secondes, un sourire ravi se dessina sur les lèvres du Chevalier d'Or, et il dit :

- Tu sais que t'es irrésistible quand tu t'énerves blondinette ?

Cette fois, Shun ne put se retenir de jeter un coup d'œil à Hyôga pour voir sa réaction. Et il se retint tout juste d'éclater de rire. Figé comme une statue et rouge comme une pivoine, son camarade Divin fixait Milo avec des yeux bleus de glace si débordant de gêne et de colère, qu'ils semblaient sur le point de jeter des rayons lasers.

Puis, brusquement, avec une soudaineté qui en fit sursauter Shun, Hyôga poussa un cri de rage et grimpa sur la table pour se jeter sur Milo qui, tout aussi surpris, n'eut pas le temps d'esquisser un geste et réceptionna le Chevalier Divin contre lui. Ils chutèrent tous deux au sol et le Scorpion riait tout en tentant vainement d'arrêter les coups que lui portait le Cygne.

Shun était tellement étonné qu'il en oublia de rire. Jamais il n'avait vu Hyôga réagir avec tant de verve. En réalité, jamais il ne l'avait vu se laisser à ce point guider et dominer par ses sentiments, même lorsqu'il s'agissait d'excitation sexuelle. Qu'est-ce que Milo avait bien pu réveiller en lui ?

Une ombre furtive et une présence écrasante se matérialisa discrètement à côté de Shun, et celui-ci tourna la tête, hésitant encore entre rire et s'indigner du comportement de Hyôga. Aiolia lui adressa un regard d'un bleu limpide derrière ses mèches de cheveux cuivrées, agrémenté d'un sourire séduisant.

- Je trouve ça vachement excitant de les voir se rouler par terre, dit-il de sa voix grave, tenant dans sa main droite un balai à frange.

- Moi ce que je trouve excitant, lui répliqua Shun dans un murmure, c'est de te voir tenir ce manche.

Aiolia pouffa de rire et ses yeux brillèrent. Si, voilà trois jours, on lui avait dit que Shun était le genre de garçon à faire ce genre de réflexion avec une telle lueur dans les yeux, il n'y aurait pas cru une seule seconde. Et bien malgré lui, il se sentait attiré par cette petite perversité qui se cachait derrière ce sourire timide et ces yeux innocents.

Voyant qu'il ne le quittait pas des yeux, Shun détourna le regard, un peu gêné mais souriant. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais chaque fois qu'Aiolia se trouvait dans son sillage, il laissait ce genre de réplique aller plus vite que ses pensées. Cependant, rien qu'en sentant l'odeur du Lion près de lui, piquante, musquée, dangereuse, il se sentait à la fois frémissant et vacillant.

Non loin, attiré par le bruit et les rires du Scorpion, Kanon avait cessé de balayer et braquait sur le petit groupe un regard rieur qui changea très vite. Debout l'un près de l'autre, Aiolia et Shun se tenaient légèrement en retrait et le Lion dévorait le garçon des yeux, alors que celui-ci rougissait en tentant d'éviter son regard. Une froide jalousie s'insinua en lui sans qu'il en comprenne le sens. Lui et Aiolia avait toujours été plus ou moins en compétition, mais sans qu'il y ait de réel ressentiment vis-à-vis de l'autre. Hors aujourd'hui, en cet instant, c'était différent.

Soudain, Shun éclata de rire et Kanon baissa le regard avant de rire à son tour. Le visage empreint de colère et d'amertume, Hyôga tentait d'enfoncer une énorme boulette de papier – très certainement des emballages de gâteaux de la veille – dans la bouche de Milo, alors que celui-ci, prit d'un fou rire, gigotait dans tous les sens, le visage rouge.

De nouveau, la voix de Dohko s'éleva dans toute la salle pour s'écrier :

- Ils commencent à doucement me faire chier eux aussi !

...

En pleine nuit, dans la salle de réception transformée en piste de danse …

La musique raisonnait, sourde et abrutissante, jusque dans les couloirs totalement à l'opposé de l'immense pièce. La nuit était déjà bien avancée, il devait être entre trois et quatre heures du matin, mais les Chevaliers étaient encore présents en grand nombre. Divers couples s'étaient réfugiés dans certaines pièces voisines pour être au calme et s'ébattre autant qu'ils le voulaient, mais la plupart étaient tout de même restés ici.

Après que le nettoyage ait enfin abouti, les tables et chaises qui avaient servi au banquet de la veille avaient été poussées contre les murs pour dégager une immense place au centre, où d'innombrables corps bougeaient, s'enlaçaient et se caressaient. Seules quelques lumières étaient restés allumées, baignant la pièce dans une sombre clarté où les hommes n'étaient plus que des silhouettes à la fois claires et obscures. Bien évidemment, l'alcool avait continué de couler à flot, mais avec moins de ferveur, toutefois, que la veille. Cependant, cela n'empêchait pas les hommes d'être ivres.

Shun se laissait porter par la musique, par les battements et les pulsations qui le secouaient depuis la plante des pieds jusque dans la tête. Il ne sentait même plus les propres battements de son cœur dans sa poitrine brûlante. Il avait soif, sa tête lui tournait, il se sentait essoufflé et un peu en sueur, mais cela lui était égal. Son corps bougeait sans qu'il le commande. Il avait juste envie de s'abandonner à tout ça sans réfléchir, sans se soucier de rien. Arrêter de penser, arrêter de se souvenir de toutes ses atrocités qu'il avait vécu durant ces années de guerre. Il voulait passer à autre chose, et il n'était pas le seul. Et la seule façon qu'ils avaient trouvé pour y parvenir, c'était celle-ci. La débauche la plus intense, et l'amitié la plus profonde. Ils n'étaient pas seuls. Ils étaient ensembles et Shun avait plus que jamais la sensation, grisante et plaisante, de faire partie d'un tout.

Parfois, des mains le touchaient, un corps se pressait contre le sien et des lèvres se posaient sur son cou pour sucer sa peau, mais jamais Shun ne parvenait à savoir à qui elles appartenaient. Il se laissait porter, tout simplement.

Les deux ou trois premières heures, Hyôga avait fait attention à toujours être près de lui alors qu'Ikki était invisible, mais Shun ne l'avait pas vu depuis un moment. Milo semblait de nouveau lui avoir mis le grappin dessus et, l'alcool aidant, le Cygne s'était montré de plus en plus docile sous les caresses du Scorpion.

Soudain, alors qu'il venait de fermer les yeux pour se laisser porter par le courant de la musique, Shun sentit des mains impérieuses, plus possessives que les précédentes, se poser sur ses hanches, et une voix grave susurra à son oreille :

- Je te tiens …

Le garçon rouvrit lascivement les paupières et tourna légèrement la tête pour croiser les yeux bleus de Kanon, si foncés dans l'obscurité du moment qu'ils en paraissaient noirs. Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit ou même de protester, le Chevaliers des Gémeaux enfouit son visage au creux de son cou et prit une grande inspiration, s'enivrant de son odeur corporelle qui était un mélange de chaleur, de kiwi et de sueur. Shun sourit, baissa la tête jusqu'à en sentir le souffle de l'homme sur sa joue et se colla plus encore à son corps, sentant ses muscles puissants contre son dos. La prise autour de sa taille se raffermit, l'emprisonnant. Puis l'une d'elle remonta jusqu'à son torse, moitié caché par une légère toge blanche virevoltante.

Shun se souvenait bien évidemment du défi qu'il avait lancé à Kanon et Aiolia en début de journée, et qui expliquait cette phrase : « Je te tiens », prononcée d'une voix si sûre d'elle, comme si ce n'était pas une provocation mais une constatation. Kanon avait le sentiment de le tenir, de l'avoir attraper quoi qu'il advienne, hors ça n'était pas le cas. Shun ne s'abandonnait pas. Il donnait. Et pour l'instant, il n'était pas décidé à donner.

Glissant sa main derrière lui, le garçon sourit et toucha la cuisse de Kanon d'une caresse légère et sensuelle. L'homme derrière lui releva la tête et poussa un soupir excité. Leurs lèvres s'effleurèrent, leurs haleines se mêlèrent et Shun sourit. Sa main descendit plus bas encore, jusqu'à l'entrejambe du Chevalier d'Or où il sentit, dur et frémissant, son sexe déjà dressé. Un frisson de délice et d'anticipation parcourut tout le corps de Kanon, avant qu'une douleur brûlante ne se propage.

Dans un cri rauque, il relâcha sa proie qui, avec un rire discret, s'échappa avant qu'il ait pu faire un geste. L'entrejambe un peu douloureux, Kanon releva les yeux mais les corps qui bougeaient autour de lui, se touchaient et se cherchaient, avaient happé Shun pour le faire disparaitre. Il s'apprêtait à se lancer à sa poursuite, mais une main aux doigts moites et légers attrapa son bras et il se retourna.

Shun, souriant et sûr de lui, se retourna une fois parvenu à l'extrémité de la piste de danse, s'apprêtant à voir Kanon fendre la foule à sa recherche mais de toute évidence, il l'avait habilement semé. Pas de Kanon en vue. Un immense sourire aux lèvres, le garçon sentit son corps se détendre malgré les battements affolés de son cœur, et la musique reprendre ses droits sur ses membres. Ils frémissaient, frissonnaient de reprendre leur mouvement.

Il ferma les yeux mais, alors qu'il poussait un soupir de soulagement, une poigne puissante lui attrapa le poignet droit et lui tordit le bras dans le dos, le faisant crier de douleur et de surprise. Mais son cri, submergé par la musique, passa totalement inaperçu.

Derrière lui, les yeux bleus électriques d'Aiolia, lumineux dans la pénombre, brillaient d'excitation et de fureur mêlés. Shun lui avait déjà échappé deux ou trois fois depuis le début de cette soirée, mais là, le garçon eut l'étrange impression qu'il ne parviendrait pas à se volatiliser aussi habilement que précédemment.

- Viens par là toi, lui grogna le Lion à l'oreille.

C'était un ordre. Brûlant et sûr, un ordre qui ne souffrirait d'aucune opposition, et auquel Shun aurait du mal à ne pas obéir. Lui tenant toujours fermement le poignet, Aiolia le tira hors de la piste de danse, un peu à l'écart, dans l'obscurité plus profonde, et le plaqua violemment contre une table.

Le bord du meuble heurta son ventre et Shun eut le souffle coupé. Aussitôt, voyant qu'il ne résistait pas, Aiolia l'obligea à se pencher en avant et se colla totalement à lui, frottant son sexe déjà fièrement dressé contre ses fesses, seulement recouverte du léger tissu de la toge. Mais Shun n'était toujours pas décidé à se laisser faire. Il rua si fort malgré sa douleur que le Lion lâcha son poignet de peur de lui faire réellement mal. Le garçon se releva vivement, mais son dos rencontra le torse puissant et brûlant d'Aiolia, qui emprisonna aussitôt ses épaules de son bras gauche, avant d'attraper de nouveau son poignet dans la poigne forte de sa main droite.

Indigné et un peu en colère de s'être laissé si facilement attrapé, Shun tenta de se libérer mais il réalisa qu'Aiolia venait de réussir à l'immobiliser complètement. Il était incapable de se défaire de ses bras contrairement à la veille, dans cette même salle, où il avait pourtant réussi si habilement à lui échapper. Mais son corps, fatigué par cette précédente nuit de débauche et par les mouvements qu'il lui imposait depuis le début de cette soirée, ne pouvait faire face avec autant de vigueur ce soir.

Le Lion grogna de plaisir contre son oreille et ses dents se refermèrent sur sa peau, lui arrachant un cri de douleur. La pulsation douloureuse se propagea dans tout le corps frémissant du garçon, jusqu'à son propre sexe qui pulsa. Il sourit et gémit de plaisir. Aiolia lui répondit d'un nouveau grognement avant de lécher cette parcelle de peau rougie récemment mise à mal.

Shun cessa immédiatement de résister. Il en avait envie après tout. Il avait envie de ressentir de nouveau cette force et cette autorité impérieuse le posséder, s'insinuer en lui et le paralyser des pieds à la tête. Il voulait s'abandonner, comme avec la musique, s'abandonner et ne plus penser à rien. A rien d'autre qu'à cet homme qui le tenait tout contre lui. Il voulait devenir une poupée entre ses bras. Il n'avait couché avec personne depuis le début de la soirée, trop occupé à danser et à échapper à ses deux poursuivants pour s'en soucier mais là, l'excitation du Lion devint rapidement la sienne et il gémit de nouveau, les sourcils froncés. Cette fois, c'était une supplique. Aiolia devait aller plus vite. Il avait envie de lui, maintenant. Tout de suite.

Le Lion sembla comprendre son invitation et relâcha son poignet pour descendre chercher la chaleur de ses cuisses et de son sexe déjà frémissant. Shun écarta derechef les jambes, obéissant et impatient. Avait-il déjà laissé quelqu'un le posséder et le manipuler de la sorte ? Non. Jamais. Hyôga n'était pas comme ça en réalité, il aimait être dirigé et suivre avant de mener. Mais ça n'était pas le cas du Lion. Il donnait les ordres et Shun suivait, et c'était bien la première fois qu'il obéissait si sagement à un homme.

Son souffle, déjà saccadé, laissa échapper un nouveau gémissement excité et il leva son bras droit, alors que le gauche, appuyé à la table, l'aidait à garder l'équilibre pour ne pas s'écrouler en avant sous la force spartiate du Lion. Ses doigts fins s'égarèrent dans les cheveux cuivrés pour les caresser, les tordre, les tirer, puis les caresser de nouveau. Un grognement d'excitation raisonna de nouveau gravement à ses oreilles. Le sexe brûlant d'Aiolia s'égara entre ses cuisses et s'y enfonça, y laissant une trainée humide et chaude, manquant de peu l'entrée de son anus qui palpitait déjà. Cette fois, Shun émit un gémissement de frustration.

- C'est pas le moment de jouer, murmura-t-il, mécontent.

Pour toute réponse, Aiolia rit doucement tout contre son oreille et son sexe remonta, obéissant. D'une seule poussée, il le pénétra sauvagement.

Un frisson de douleur et de délice mêlé envahit le corps de Shun qui poussa un cri. La sensation de plaisir douloureux qui venait de le submerger était si forte que son bras gauche céda et il s'écroula sur la table. Immédiatement, Aiolia lui saisit la nuque pour l'immobiliser efficacement. Totalement paralysé et à sa merci, Shun n'eut de toute façon pas une seule seconde l'envie de se dérober.

D'une main, le Lion l'obligea à écarter davantage les jambes avant d'appuyer sur ses reins pour le plaquer plus efficacement sur la table, offrant un angle de pénétration plus profond. Et ses coups de boutoir violents commencèrent. Un plaisir sauvage et ardent envahit brusquement chacun des membres de Shun, chacun de ses muscles, chaque fibre de son être pour calciner son corps et le réduire à l'état de chair bouillonnante. Il cria de plaisir et, cette fois, son cri surpassa la musique.

Mû, entraina Kanon au milieu de la piste de danse, souriant et aguicheur. Le Chevalier des Gémeaux se laissa convaincre sans difficulté et l'embrassa à pleine bouche d'un baiser humide et chaud. Le Bélier ferma les yeux, rassuré.

Milo était inaccessible depuis la veille, depuis qu'il s'était mis en tête de persuader Hyôga, sexuellement actif et apparemment petit ami de Shun, à devenir passif et se laisser prendre sans faire d'histoire. Mais le Cygne semblait bien décidé à lui échapper, et le Scorpion n'avait pas atteint son but de toute la soirée. Puis, après s'être accaparé Aiolia une bonne partie de la nuit, Mû avait accepté de le céder à Aphrodite, qui était venu le chercher en se collant à lui. Il était donc parti à la recherche de Kanon et l'avait trouvé à serrer Shun contre lui. Une vague de jalousie l'avait alors submergé des pieds à la tête puis, le Gémeau s'apprêtant à se lancer à la suite du garçon qui venait de se dérober, il l'avait rattrapé et prit dans ses bras.

Shun n'en aurait aucun ce soir. Quelque part au fond de lui, derrière les vapeurs d'alcool et la brume flottante du sexe qui obscurcissait son esprit, Mû savait que c'était idiot d'agir ainsi, et d'ailleurs, jamais il n'avait ressenti une telle jalousie de toute sa vie. Mais c'était justement parce qu'il ignorait où un tel sentiment pouvait mener qu'il n'y prenait pas garde. Il avait déjà laissé Milo lui échapper, alors il était hors de question que Kanon et Aiolia lui échappent à leur tour.

Kanon fondit sur son cou pour le lécher et l'embrasser et le Bélier releva la tête pour offrir sa gorge, se collant davantage au corps contre lui. Oui, c'était bien ainsi. Un gamin de seize ne pouvait de toute façon pas lui prendre ses amants, c'était impossible.

C'est alors qu'un cri parvint jusqu'à ses oreilles, voilant brièvement les pulsations de la musique entêtante. Un cri d'extase si pure et sincère qu'un frisson de plaisir et de désir anticipé secoua Mû de la tête aux pieds. Il baissa la tête et là, les corps s'écartèrent pour le laisser entrapercevoir ce qu'il avait redouté.

Shun courbé, offert devant Aiolia qui le pénétrait sauvagement et fiévreusement. Et un cri, encore. Encore et encore. Mû n'était que spectateur, et pourtant il ressentait les pénétrations d'Aiolia dans tout son corps comme si c'était lui qu'il prenait, et non ce gamin pédant et sûr de lui. Sa jalousie et sa colère flamboyèrent dans son corps et son esprit.

Le garçon criait de plaisir alors que le Lion le dominait entièrement. Mais brusquement, celui-ci le releva par la nuque et plaqua sa main sur sa bouche pour l'empêcher de crier et sa voix s'étouffa avant de disparaitre. Shun n'était qu'une poupée de chiffon, un corps tendre et blanc entre les bras puissants d'Aiolia, et malgré lui Mû sentit sa colère jalouse se transformer en plaisir et l'exciter comme jamais. L'ardeur du Lion était à lui ! Pour qui se prenait ce gamin pour la lui voler ?!

Aveuglé de plaisir, Shun attrapa de nouveau les cheveux d'Aiolia entre ses doigts pour les tirer douloureusement, forçant le Lion à aller plus vite et plus fort.

Totalement inconscient de ce qu'il venait de faire naitre dans le cœur de Mû, le jeune garçon se disait simplement que cette deuxième nuit d'ivresse et de débauche au Sanctuaire comblait toutes ses attentes.


Gazou ... désolé, j'ai pas pu publier hier parce que je faisais une brocante avec ma mère, et on a vendu jusqu'à 18h facile ( et en disant ça j'ai conscience d'être une très vieille fille -_-" ) hum, bref.

Voici donc la scène hot que j'avais à l'origine prévue de mettre dans "Première nuit" z'en pensez quoi ? Vous commencez à vous faire une idée de l'homme dont Shun est amoureux ou pas ? Et la jalousie de Mû elle vous parait crédible ou pas ? J'avoue que j'ai un peu de mal avec ces sentiments, pauvre Bélier ...

Et l'histoire de Milo et Hyôga, vous la trouvez comment ? ^^ Décidément, le mystère plane maintenant autour de Shiryu : avec qui est-il donc en couple ?

Je vous laisse cogiter, et vous dis au week-end prochain !

Ps : j'en profite pour remercier 'xyz' et 'Misaochi' pour leur reviews, puisqu'elles sont les deux seules à ne pas avoir de compte et que je n'ai de ce fait pas pu leur adresser mes remerciement par PM. Alors, merci beaucoup !

bisous !