A bad day
Je suis tellement contente de l'accueil que vous faite à cette histoire, je ne m'attendais pas à tant. Et je suis heureuse que vous accrochiez à cette idée. Un grand merci à NaDaViCo, Jessyjess35, aphrodite161701, Lulzimevelioska, Olicity-love, Meliissa.L, Delicity-Unicorn, Angy, Ninaa77 et lanteaddicted1. Et aussi pour vos mis en favoris.
Lulzimevelioska: ce n'est pas près de s'arranger... merci
Olicity-love:on va voir l'effet que cette boucle va avoir sur lui mais ça ne va pas être simple. Merci pour ton commentaire.
Angy: je suis contente de voir que cette idée te plait. je te laisse voir l'évolution d'Oliver. Merci pour ton commentaire.
Ninaa77: c'est un de mes films cultes et je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à adorer ce film. ça va être difficile pour Oliver. Merci à toi de laisser un commentaire.
Un dernier mot pour ma beta adorable Delicity-Unicorn. Merci pour tout.
Je vous laisse découvrir cette "nouvelle" journée. Bonne lecture...
Chapitre 4
La chanson happy résonna à ses oreilles et Oliver se redressa d'un bond en repoussant les couvertures et chercha des yeux le crayon sur la table de chevet. Sa gorge se serra quand il le vit en un seul morceau et l'attrapa d'une main tremblante. Le temps n'avait plus de sens et il ressentit une crispation s'installer dans son corps alors qu'une ligne de frisson remontait le long de sa colonne vertébrale.
Il finit par avoir le courage de sortir de sa chambre, traversa la salle du petit déjeuner sans s'arrêter alors que madame Pike lui demandait s'il avait bien dormi. Ses pas étaient rapides comme s'ils pouvaient lui permettre de s'échapper de ce cauchemar.
Il se stoppa à côté de la voiture et il réprima un haut le cœur. La veille pour revenir de l'aéroport il avait loué un 4x4 et là, garé devant l'hôtel, il y avait une voiture au style citadin.
- « On y va ? », demanda Felicity et il sursauta en se tournant brusquement vers elle.
- « Non… je l'ai déjà fait deux fois. Faites-le, vous… allez voir Ray et vous me retrouverez au petit café », en lui donnant les clés et en jetant un regard affolé dans la rue.
- « Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il se passe ? C'est vous que Ray s'attend à voir…
- Vous lui direz que j'ai eu un empêchement. Je suis malade… », en s'éloignant déjà.
Oliver ne comprenait pas ce qu'il se passait, n'avait aucune emprise sur les événements et il avait décidé d'aller consulter un médecin pour être sûr que le problème ne venait pas de lui. Il lui avait expliqué son histoire, cette impression de déjà-vu depuis qu'il avait été bloqué par le blizzard et maintenant il regardait celui-ci avec anxiété alors qu'il passait en revue les clichés de son scanner.
- « Pas de tumeur, d'AVC, de lésion, d'anévrisme… », énuméra-t-il en analysant les images avant de se tourner vers lui. « Si vous voulez d'autres examens plus pointus vous devrez aller dans une grande ville.
- Je ne peux pas », avec lassitude.
- « Et pourquoi ?
- A cause du blizzard.
- Ah oui j'oubliais… le blizzard. Vous avez peut-être besoin d'un psychiatre… », ajouta-t-il après une pause.
Oliver se rendit sans attendre au cabinet du psychiatre en se sentant encore plus mal. Si ce n'était pas neurologique, c'était forcément psychiatrique et le médecin devait avoir raison, il faisait un burn-out peut-être. Il raconta une nouvelle fois son histoire alors que le psychiatre le regardait sans rien exprimer, ce qui le mettait encore plus mal à l'aise.
- « C'est vrai que c'est assez inhabituel monsieur Queen.
- Mais vous allez pouvoir m'aider ?
- Je… c'est la première fois… je n'avais jamais…
- Mais vous avez fait des études, obtenu un diplôme, vous connaissez votre métier… tout du moins je l'espère », alors que son angoisse faisait naître une colère à voir que personne ne comprenait ce malaise qu'il vivait.
- Oui bien sûr, on va pouvoir faire quelque chose.
- Bien et quoi alors ? », impatient.
- « Je pense qu'il faudrait qu'on se revoie… demain peut-être ? »
Oliver soupira d'exaspération et se leva en se retenant de lui mettre un coup de poing. Il jeta un regard noir au médecin assis derrière son bureau imposant. Personne ne pouvait l'aider si personne ne le croyait.
Oliver s'installa dans un coin de salle du petit café de la rue principale pour attendre Felicity qui arriva quelques temps plus tard. Il la vit s'approcher avec un regard inquiet, encore une fois, et prit une profonde inspiration pour se calmer. Felicity s'installa à côté de lui en le couvant d'un regard troublé.
Sa jambe droite tressautait sans qu'il ne puisse rien y faire, il se tordait les mains d'angoisse et il sursauta en retenant un cri quand un plateau fut renversé par un serveur. Des rires et des applaudissements éclatèrent et il regarda autour de lui comme si tout ça n'existait pas réellement.
- « Qu'est-ce qui vous arrive ? », demanda-t-elle doucement.
Il releva les yeux pour la regarder en se demandant s'il pouvait lui parler. Elle paraissait réellement inquiète pour lui en voyant sa réaction et lui ne savait plus quoi faire.
- « Felicity… je revis le même jour encore et encore. Aujourd'hui…
- D'accord…», en se reculant légèrement sur sa chaise « je ne savais pas que vous étiez du genre à faire des plaisanteries.
- Non c'est vrai », en lui lançant un regard suppliant. « Aujourd'hui c'est la troisième fois », en s'emportant. « C'est comme si j'étais hier au lieu de demain.
- J'ai beau être intelligente… j'ai du mal à comprendre pourquoi vous me racontez ça.
- J'ai besoin d'aide », en lui lançant un regard implorant.
- « D'accord… et qu'est-ce que je peux faire ? », en parlant d'une voix douce.
- « Je n'en sais rien.
- Vous devriez aller consulter…
- Je l'ai déjà fait et tout va bien… en tout cas au niveau neurologique.
- Bien je crois qu'on devrait rentrer. Ça vous fera sans doute du bien de revoir votre famille…
- On ne peut pas rentrer à cause de la tempête de neige.
- La tempête ? Il n'y a que quelques flocons…
- Regardez derrière vous ».Felicity se retourna et les quelques flocons s'étaient transformés en tempête. Oliver se leva et Felicity tenta de le retenir. « Je crois que j'ai besoin d'être un peu seul », sans trop savoir ce qu'il voulait réellement alors qu'il sentait que ce jour n'était pas près de finir.
Le premier jour, il avait tenté de s'enfuir de cette ville sans y parvenir et il n'y avait peut-être pas de moyen d'y échapper. Il déambula un moment dans la tempête. Se sentant perdu il s'enfonça dans les rues… peut-être que s'il se perdait réellement, il retrouverait le chemin du lendemain. Il marcha et à bout de force trouva refuge dans un bar à la musique country. Il n'eut même pas la force de grimacer et s'installa au bar.
Le barman vint prendre sa commande, il hésita et demanda un café. Il n'était peut-être pas sûr qu'il boive dans son état. L'homme lui apporta sa commande et resta planté devant lui. Oliver finit par lever la tête et rencontra son regard qui l'examinait.
- « Ça va l'ami ? », lui demanda-t-il.
- « Ça pourrait aller mieux… », en baissant la tête.
- « Tu veux en parler ? Les barmans savent écouter et je suis un très bon barman », en lui souriant. « Je m'appelle John ».
Oliver esquissa un sourie triste, se présenta en lui serrant la main. Il réfléchit au fait de tout lui raconter… de toute façon tout serait effacé à nouveau. Il commença à lui expliquer sa première journée, la raison de son voyage, sa collègue, Ray, le blizzard et leur incapacité à repartir.
- « Il n'y a pas eu de blizzard hier… » , en le regardant sérieusement.
- « Oui c'est bien ça mon problème… je revis la journée d'aujourd'hui… qui est la journée d'hier pour moi. Et ça fait la troisième fois », soupira-t-il de lassitude. « J'ai passé une journée sur une île vierge avec une top-modèle suédoise et avec qui j'ai couché toute la nuit… pourquoi ce n'est pas ce jour que je revis ? Encore et encore et encore… » sans même esquisser un sourire à ce souvenir, John se mit à rire.
- « Mon gars je ne vois qu'une explication. Cette journée est importante et tu ne le sais pas encore ». Oliver fronça les sourcils et le barman s'expliqua. « Tu revis cette journée car tu n'as pas compris que tu passais à côté d'une information importante et le ciel te fait revivre ce jour pour que tu ouvres les yeux. »
Oliver le regardait sans trop croire à son discours un peu new-age.
- « Tu crois vraiment à ce que tu dis ? », d'un air dédaigneux et John souleva les épaules. « De mon avis je suis plutôt puni et revis la pire journée de ma vie jusqu'à la fin des temps ». John rit de bon cœur et lui tapa sur l'épaule pour le soutenir.
- « Ne soit pas si dur envers toi-même pourquoi veux-tu que le ciel te punisse ? » Oliver souleva les épaules à son tour et referma ses mains autour de sa tasse de café chaude.
- « Écoute il y a des gens qui voient le verre à moitié vide et certains le verre à moitié plein… Je pense que tu es du genre à voir le verre à moitié vide.
- Qu'est-ce que tu ferais à ma place ? Si tu revivais toujours la même journée ?
- Je crois que c'est assez proche de ma vie… et ça me va. Il n'y a pas de surprise mais je suis entouré de personnes que j'apprécie, j'aime mon travail…
- Le verre à moitié plein quoi ?
- Oui c'est ça », en riant de bon cœur.
Oliver passa la soirée assis au comptoir à regarder les habitués venir saluer John et à regarder celui-ci travailler. Même si sa vie était routinière, il avait l'air de l'apprécier. Mais c'était tout de même différent que ce qu'il vivait. Il fut interrompu dans ses pensées par un jeune homme qui vint s'installer sur le tabouret à côté de lui en le percutant.
- « Désolé », s'excusa-t-il. Il se hissa avec quelques difficultés sur le tabouret à cause de ses gestes peu coordonnés et John vint le voir.
- « Hé Barry, ça va ?
- Oui très bien. Un whisky », commanda-t-il.
- « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Tu es déjà à moitié ivre.
- Noooon », se défendit le jeune homme en tentant de se redresser sur son tabouret lamentablement.
- « Tu ne veux pas plutôt nous raconter ce qu'il se passe ? », demanda John en jetant un regard à Oliver. Celui-ci posa son regard sur Barry en oubliant quelques secondes son problème.
- « C'est Iris, elle a dit qu'elle allait déménager.
- Vraiment ?
- Oui, on était en train de travailler et elle parlait d'une fête donnée chez une amie à elle. Elle me parlait du buffet, de la musique, ses amis seraient là, alors que j'étais concentré sur le programme pour mon projet. Je lui ai dit qu'elle allait sans doute beaucoup s'amuser… et là… elle… elle m'a dit… et depuis… je… »
Oliver vit les yeux du jeune homme se remplir de larmes avant qu'il ne les fasse disparaître d'un geste de la main.
- « Et tu ne lui as pas dit que tu étais amoureux d'elle ? », demanda John.
- « Pourquoi je ferai ça maintenant… elle va partir », alors que de nouvelles larmes s'amoncelaient dans ses yeux.
- « C'était peut-être pour te faire réagir… », tenta John. Barry leva la tête pour regarder son ami. « Elle a peut-être pensé que si elle te disait qu'elle allait partir tu lui dirais ce que tu ressens pour elle. Depuis le temps…
- Pourquoi tu veux qu'elle fasse ça ? Il y a ce gars qui n'arrête pas de lui tourner autour… je les ai vus rire ensemble… et… », alors que sa voix se brisait. « Elle ne m'aime pas ». Il ravala ses sanglots et il souffla. « John j'attends toujours mon whisky », d'une voie morne. Celui-ci soupira et Oliver le regarda.
- « Pour ce soir, je pense qu'il a besoin d'un petit remontant. » John lui versa un verre pas vraiment d'accord avec le fait de laisser boire son ami pour soigner un chagrin d'amour.
- « Je compte sur toi pour le surveiller », dit-il à Oliver en s'éloignant pour servir d'autres clients.
Oliver posait sur le jeune homme un regard intrigué, il avait une peine de cœur et semblait souffrir comme un damné. Lui n'avait jamais expérimenté ce sentiment. Il n'avait jamais été amoureux et n'avait jamais souffert à cause d'une femme.
- « Ça fait quoi d'être amoureux ? », lui demanda-t-il sérieusement.
- « Mal », répondit Barry avant d'avaler une gorgée d'alcool. « Et c'est aussi merveilleux… », en posant son verre sur le comptoir avant de se tourner vers lui les yeux encore pleins de larmes et un sourire triste sur les lèvres. « C'est peut-être différent selon les personnes mais moi… je suis heureux dès que je la vois, je me sens plus léger, comme si les problèmes n'étaient plus insurmontables. Je ris à ses blagues qui ne sont même pas drôles et on s'entend bien. Je suis simplement bien quand je suis avec elle.
- Et pourquoi tu ne lui as pas dit avant ? » Il vit Barry se recroqueviller sur lui et jouer avec son verre à moitié vide.
- « Si tu la voyais tu comprendrais. Elle est magnifique, brune avec de grands yeux noirs. Elle est adorable avec tout le monde, intelligente. Tout le monde l'aime…, tous les garçons tombent amoureux mais elle me considère comme son meilleur ami. Elle me l'a déjà dit. Tu vois », en regardant Oliver, « pas la peine que je lui dise que je l'aime, elle va partir de toute façon et je risque de perdre son amitié.
- Oui je comprends », répondit Oliver en hochant la tête, touché par ce jeune homme qu'il connaissait à peine. « Je crois qu'on a le droit de se saouler ce soir », décréta-t-il en attrapant la bouteille laissée par John derrière le comptoir.
- « Et toi pourquoi tu bois ?
- Parce que ma vie n'a pas de futur », en levant son verre. « A demain qui ne viendra peut-être jamais.
- A Iris », lança Barry en faisant tinter son verre contre celui de son nouvel ami de bar.
Oliver sortit du bar au milieu de la nuit accompagné de ses nouveaux amis. John et lui veillaient sur Barry qui tenait à peine debout. Lui n'avait même pas eu plaisir à boire et il s'était arrêté à deux verres alors que Barry était de plus en plus joyeux au fil de la soirée. Ils montèrent rapidement dans la voiture de John et Barry s'écria qu'il avait envie de gaufres. Son ami mit le contact tout en invitant Oliver à les suivre ce qu'il fit sans réfléchir.
Ils s'installèrent à une table dans un coin du petit café qui ouvrait très tôt après avoir commandé. Oliver laissa couler une bonne lampée de sirop d'érable sur ses gaufres alors que Barry les saupoudrait de sucre. Il reposa le pot de sirop et les regarda tout à coup sérieusement.
- « Et s'il n'y avait plus de lendemain ? », leur demanda-t-il.
- « Je n'aurai pas la gueule de bois », se mit à rire Barry et John rit à son analyse fort juste.
- « Et surtout il n'y aurait plus de conséquences… on pourrait faire tout ce qu'on a envie de faire. Plus personne ne mourait », ajouta John après un silence.
- « Tout ce qu'on a envie… », murmura Oliver. « J'ai toujours voulu apprendre à patiner ».
Une demi-heure plus tard ils étaient sur la glace et une heure plus tard aux urgences après qu'Oliver se soit visiblement cassé le bras.
Nouvelle version de ce jour pour Oliver et nouvelles rencontres. Il cherche des réponses, pour l'instant il est toujours aussi perdu mais il semble entrevoir le champ des possibilités que ça offre.
A demain...
