Bonjour !
Il est tard, mais me revoici avec un nouveau chapitre ! Bonne lecture !
Enfance : Fleur de peau
La nouvelle maîtresse crie beaucoup. J'apprécie plus ou moins notre salle, elle est blanche avec de nombreuses affiches aux murs. Chaque semaine, la maîtresse pioche le nom d'élèves qui sont affiliés à des tâches. Le mien n'est pas encore sorti, je me demande de quelle couleur il sera. Celui de Hugo est d'un joli rouge, il a de la chance. J'espère que je serais en rouge, en vert, ou en bleu. Ce sont de jolies couleurs, apaisantes.
Plus apaisantes que la voix de la maîtresse. Elle met souvent des élèves à la porte parce qu'ils bavardent et elle crie. Chaque fois qu'elle crie, mon estomac se retourne et je me sens très mal. Je ne supporte pas quand ça crie trop.
Hier, la maîtresse a puni Hugo parce qu'il avait plié un avion en papier pour Zack plutôt que de faire ses exercices de maths. Elle a crié, lui a dit que si son cours n'était pas intéressant il n'avait qu'à prendre la porte, et une fois son sermon terminé, l'a privé de cinq minutes de récréations. J'ai commencé à transpirer et j'ai eu les larmes aux yeux. Je déteste quand elle crie, je déteste quand les autres se font gronder. Je déteste la salle de classe trop blanche, trop fade, trop inhospitalière.
Maman a pris rendez vous avec la maîtresse, aujourd'hui, et Papa va se déplacer dès son service terminé. Je stresse et je n'ose pas parler en classe, de peur de me faire remarquer.
-Maman ! je crie en la voyant.
Je me précipite vers elle et lui fait un câlin, plongeant mon nez dans sa jupe. Elle sent bon, une odeur que je ne pourrais décrire mais qui me réconforte chaque fois.
-Salut Maman, sourit Albus.
-A tout' M'man, lance James en fonçant dans la cour jouer avec ceux qui restent à l'étude.
D'ordinaire, Mamie nous récupère et nous faisons nos devoirs après le goûter en compagnie des autres enfants Weasley, mais ce soir, nos parents nous reprendrons après le rendez-vous. Papa arrive, m'ébouriffe les cheveux et je gémit car ça tire et ça fait mal.
-Tu as passé une bonne journée, ma puce ? murmure ma mère.
-Zack s'est fait punir, je dis. Mais j'ai mangé avec Hugo et Alma à midi, des carottes râpées, du hâchis parmentier, du rouy et de la tarte aux myrtilles. Je n'aime pas le rouy, alors Alma l'a mangé. Tu as mangé quoi Maman ?
J'aime bien connaître son repas. Je lui demande tous les soirs quand elle fait la cuisine, ainsi qu'à Papa quand il rentre. Je ne suis pas sûre qu'il apprécie la cantine du Ministère, et nous comparons souvent en riant. Maman ne réponds pas et échange un regard avec Papa.
-Maman ! je répète.
-C'est l'heure, Lily, me répond-elle.
Nous entrons dans la salle de classe. Je ne me sens pas bien. J'ai peur que la maîtresse me crie dessus. Mais elle accueille nos parents en souriant et leur sert la main avant de nous mener à son bureau. Elle à l'air plus gentille que quand nous sommes en classe. Ils discutent un peu, du travail, du programme de l'année et je balance mes jambes sur la chaise. Je m'ennuie.
-Lily ne se sent pas bien dans votre classe, annonce ensuite directement Maman.
Je rougis et baisse les yeux. Maman ne s'embarrasse jamais de politesse ou d'hypocrisie, elle est honnête et se fiche de froisser les gens. Je sais qu'elle risque de regretter de ne pas pouvoir lancer de Chauve-Furie avant la fin de la réunion.
-Vous criez beaucoup, et elle a du mal avec ça. Elle se sent mal chaque fois que vous mettez dehors...
-A la porte, complète rapidement Papa en utilisant l'expression moldue adéquate.
-Ah bon ? s'étonne la maîtresse. Mais je ne crie jamais sur toi, et je n'ai jamais eu à te faire sortir. Votre fille est très sage, très curieuse et très à l'écoute.
-Mais vous criez sur la classe et je fais partie de la classe, je réplique en fixant mes baskets.
Les scratchs ne sont pas droits. Je les ais attachés trop rapidement ce matin.
-Les personnes sur lesquels vous criez n'importe pas, rétorque Maman. Lily déteste qu'on crie sur les autres, elle le prend pour elle. La première fois que mon mari a grondé Albus devant elle, elle s'est mise à pleurer.
Je reste dans ma chambre quand ça se dispute, aussi, et je vais voir au salon après. Je n'aime pas penser que les autres sont tristes. Surtout ceux que j'aime.
-Mais ce n'est pas sur toi, répète la maîtresse. Tu es une petite fille très douée et très mignonne, il ne faut pas te mettre dans ces états. Elle est hypersensible, n'est-ce pas ? C'est une éponge.
Maman lance un regard désarçonné à Papa devant l'expression, que moi même je ne comprends pas vraiment.
-Elle emmagasine tous les ressentis des autres, éclaircit-t-il. Oui, je crois qu'on peut dire ça. Notre Lily est hypersensible.
Il me sourit, et il me caresse la joue tendrement.
-Qu'est-ce que vous allez y faire ? contre-attaque ma mère. Elle vient à l'école à reculons.
-C'est dommage, Lily, conçoit la maîtresse. Tu viens me voir si tu as un problème, d'accord ?
Papa empêche Maman de continuer de parler éternellement, et ils discutent avec fureur dans la voiture.
J'ai trouvé le comportement de la maîtresse étrange. Elle était très gentille avec moi, beaucoup plus douce que d'habitude.
Mais le lendemain, elle crie tout autant et je me sens toujours aussi mal. Elle n'est pas plus douce avec moi que les autres jours, rien n'a changé. Je ne comprends pas pourquoi la discussion semble n'avoir jamais existé.
Vivement l'année prochaine. Je serais dans une autre classe. Et je serais à côté d'Hugo.
