Bonjour à tous.
Voici le quatrième chapitre, que je vous livre enfin. Merci à tous de me lire !
Bonne lecture et reviews ?
Disclaimer : Harry potter est à J.K. Rowling, Audrey est à moi.
Chapitre 4 : Héritage
La vie s'écoulait calmement durant ce chaud mois de juillet. Harry se détendait et profitait de ses vacances, sans craindre de réprimandes, puisque Audrey faisait peur à tous les Dursley. Les Moldus à l'esprit étriqué n'osaient pas aller contre elle, qui les avait menacés de leur faire une démonstration de sa forme animale, les Dursley craignant par-dessus tout que les voisins s'aperçoivent de toutes les anormalités qu'il y avait dans leur confortable vie.
Le 31 juillet, lorsque Harry alla chercher le courrier avec sa bonne humeur habituelle, il croisa son obèse de cousin, Dudley, qui était levé depuis plusieurs heures et qui cisaillait les mauvaises herbes qui menaçaient l'impeccable bordure du parterre de fleurs. Parmi les deux factures et une carte postale de Majorque que Harry retira de la boite aux lettres, une enveloppe jaunâtre couverte d'une encre verte lui arracha un petit sourire.
- Pourquoi tu souris comme un idiot ? grogna Dudley qui suait et qui allait sûrement passer sa journée dans le jardin, au lieu de s'amuser avec Piers Polkiss à tabasser et brutaliser les gamins du quartier. C'est parce que je me traine à tes pieds, c'est ça ?
- J'ai reçu la lettre pour mon école, Duddynouchet, répondit Harry en usant du surnom employé par sa tante. C'est une raison plus que suffisante pour égayer ma journée. Saches que te voir ainsi ne me procure absolument aucune joie, finit Harry en lui lançant un dernier regard, alors qu'il rentrait et déposait les courriers sans importance sur le guéridon.
Harry ouvrit la lettre, qui était accompagnée d'un autre document de papier jauni. C'était une autorisation de sortie vers Pré-au-Lard, le village situé à proximité du château millénaire. Evidemment, la grande question était de parvenir à faire signer ce papier par son oncle.
Le jeune homme se sentait légèrement déprimé à cette pensée. Pré-au-Lard ne serait donc pas pour lui. Il avait autant de chance d'obtenir une signature de la part de son oncle que de tenir une conversation civilisée avec Lord Voldemort.
- Maître, demanda Audrey, pourquoi ne falsifiez vous pas la signature de façon Moldue ? Il vous suffit de trouver un courrier qu'il a signé récemment et de copier sa signature par transparence sur la vitre.
C'était loin d'être idiot, c'était lumineux même, et le jeune garçon se demanda pourquoi n'y avait-il pas pensé. Peut être parce qu'il avait été habitué à ne jamais dépasser Dudley et à masquer ses véritables capacités. Il allait devoir s'habituer à contourner les problèmes et ce, dès maintenant.
- Peut être, fit-il pensivement. Mais je crois que je vais d'abord essayer de façon normale.
En examinant le courrier, il vit une autre feuille, lui demandant de faire le choix d'au minimum deux matières optionnelles supplémentaires pour poursuivre ses études. Quand il vit les noms barbares, il grinça des dents.
- Alors, nous avons : Soin des créatures magiques, Divination, étude des Moldus, Arithmancie ou étude des Runes. Audrey, que me conseillerais-tu ? J'exclus déjà l'étude des Moldus. J'ai déjà vécu suffisamment longtemps avec ceux là, alors inutile d'en rajouter, tenta t-il avec humour.
- Maître, je vous suggèrerais les Runes. C'est un art complexe qui permet de démultiplier la puissance des sorts si elles sont correctement utilisées et elles peuvent être utilisées dans le cadre de rituels ne nécessitant pas de baguette magique. Vu qu'elles nécessitent souvent des calculs pour les optimiser, l'Arithmancie me semble indispensable. C'est un art permettant d'aborder les sorts de façon mathématique et de les rationaliser avec des calculs pour créer de nouveaux effets, voire même de nouveaux sortilèges.
- Je prends note, déclara Harry. Pour le reste, qu'en penses tu ?
- Les soins aux créatures magiques peuvent se révéler utiles en cas de mauvaises rencontres. C'est fou le nombre de bêtes qui résistent aux sorts, fit-elle en se désignant elle-même, alors si ça peut vous sauver la vie, ce n'est jamais négligeable. En ce qui concerne la divination, commença t-elle avec un dédain perceptible dans la voix, je préfère passer ce … truc sous silence. Sans risquer d'être grossière, c'est souvent une vraie arnaque.
Harry hocha silencieusement la tête, faisant son choix. L'idée d'explorer de nouvelles théories lui plaisait, car il avait toujours aimé les mathématiques, malgré les efforts de Dudley pour le distraire. En plus, l'idée de créer de nouveaux sorts était une idée alléchante. Il se rappela soudainement les paroles d'Ollivander lors de sa première visite au Chemin de Traverse. Voldemort avait été plus loin que quiconque dans l'étude des arts noirs. il avait fait des choses terribles, mais stupéfiantes. Des choses jusque là jamais vues. Cette idée restait dans l'esprit du jeune garçon qui avait encore ses rêves et qui imaginait parfois, dans ses délires les plus fous, découvrir le pouvoir le plus terrible qui puisse exister, aux cotés de ses amis.
- Très bien, dit-il en cochant ses cases et en renvoyant le parchemin par le biais d'Hedwige. Je prends Soin aux créatures magiques, Runes et Arithmancie, déclara le jeune homme sous le regard approbateur d'Audrey.
Le soir même, durant le glacial dîner qui était sinistrement silencieux, le seul son audible provenait du poste de télévision. Un journaliste aux lunettes carrées débitait ce qu'il lisait sur son prompteur, annonçant calmement l'évasion d'un dangereux meurtrier armé, du nom de Sirius Black.
L'homme présenté en photographie était blafard, avec des joues creuses et une barbe dure. Comparé à lui, Harry se trouvait même bien coiffé. Les yeux noirs, sans chaleur et aussi froids que ceux de Rogue, étaient entourés de profonds cernes, le rendant encore plus effrayant. Il était soi-disant armé, mais aucune indication du lieu de son évasion n'était donnée. Lorsque le numéro vert pour sa capture fut donné, la tante Pétunia le nota frénétiquement sur un morceau de papier. Inutile de dire qu'elle allait désormais scruter attentivement les environs pour être la première à pouvoir apercevoir le fugitif.
- J'ai reçu une carte de Marge, annonça prudemment Vernon, elle arrivera demain matin.
Harry faillit s'étouffer avec son verre. Ce n'était pas une nouvelle qu'il appréciait, puisque cette mégère de Marge venait. Bien qu'elle ne soit pas apparentée à Harry, on l'avait forcé à l'appeler tante toute son enfance et chaque visite avait laissé un très mauvais souvenir au garçon.
- Garçon, tonna Vernon en oubliant toute prudence, Marge arrive demain et je ne veux pas qu'elle aperçoive la moindre de tes bizarreries. Je lui ai dit que tu étais pensionnaire au Centre d'éducation des jeunes délinquants récidivistes de St Brutus. Tu n'as pas intérêt à démentir cette version, sinon tu auras de grave ennuis, lança l'oncle Vernon.
- Je voudrais te poser une question, demanda calmement Harry alors qu'il bouillait intérieurement. Les élèves de mon école peuvent visiter le village voisin, alors j'aimerais que tu signes mon autorisation de sortie, déclara Harry.
- Pourquoi signerais-je ton machin ? demanda négligemment Vernon qui prenait ses clés suspendus à un crochet.
Sous le regard méfiant de son oncle, Harry fit semblant d'hésiter, avant de se montrer très Serpentard.
- Parce que ça ne va pas être facile de faire croire à la tante Marge que je suis pensionnaire à ce centre de St Machin …
Alors que l'homme au cou de bœuf allait éclater, Audrey désamorça la situation.
- Il y a encore plus simple, maître. Votre oncle signe ce papier et nous amène au Chaudron Baveur demain matin, en allant chercher Marge à Londres. En échange, vous prenez une chambre là-bas pour le reste des vacances et cette Marge n'aura même pas à poser de questions gênantes. En plus, fit-elle avec froideur, votre … famille n'aura pas à vous supporter jusqu'à l'année prochaine.
Vernon réfléchit quelques secondes, avant de trouver l'idée très séduisante.
- Soit, dit-il, mais je ne payes rien. Sois à l'heure quand j'irais chercher Marge, sinon je pars sans toi.
Lorsque Harry remonta dans sa chambre, la première chose qu'il fit après être sûr que personne ne pouvait plus le voir, ce fut un grand geste de victoire, accompagné d'un cri de joie contenu à grand peine entre ses lèvres.
- Merci Audrey ! s'exclama t-il alors en serrant la femme-serpent dans ses bras. Un mois sur le Chemin de Traverse, à pouvoir être dans le monde de la magie ! Comment puis-je te remercier ? demanda t-il avec une innocence touchante.
- Je ne sais pas, hésita t-elle. J'aimerais pouvoir obtenir une de ces baguettes et je voudrais que vous me promettiez de ne pas vous aventurer dans le monde Moldu … ou même dans l'Allée des Embrumes.
Harry lui sourit et se coucha rapidement dans le lit, tellement excité qu'il en eut du mal à s'endormir.
Le lendemain, il fut levé à cinq heures par sa servante qui dut lui rappeler l'intérêt qu'il avait à quitter son lit. Harry obéit finalement et quitta le lit qui grinçait. Ce n'est pas comme s'il était très confortable de toute façon.
Une heure après, il achevait de faire sa valise, tandis que la jeune femme revêtait une de ses sempiternelles robes sombres.
- Maître, demanda t-elle humblement, serait-il possible que je puisse acheter quelques nouvelles tenues et livres ?
Harry acquiesça. Ce n'est pas comme s'il était pauvre de toute façon. Au vu du coffre qu'il disposait, et en particulier du contenu plus que fourni, il pouvait sans nul doute passer plusieurs vies sans travailler.
Alors que les deux sorciers allaient sortir, ils aperçurent brièvement Dudley qui se préparait pour faire bonne impression à Marge. Pour l'occasion, il avait revêtu l'uniforme de son prestigieux collège de Smelting.
Le garçon grassouillet était boudiné dans un frac marron à queue de pie, il portait un ridicule pantalon de golfeur orange, ainsi qu'un canotier sur ses cheveux gras. L'image ridicule que Harry avait oublié depuis sa première année le fit sourire et il se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire. Finalement, la robe de sorcier noire et le chapeau pointu qui constituaient l'uniforme réglementaire de Poudlard n'étaient pas si mal.
Lorsque sa lourde valise fut enfin chargée dans le coffre, Harry s'installa tranquillement à l'arrière, contenant son excitation tandis que l'oncle Vernon faisait rugir le moteur de sa nouvelle voiture de sport, afin de bien alerter tout le voisinage.
Le trajet ne dura que peu de temps, la circulation en direction de la capitale britannique était assez fluide, alors que Vernon maugréait contre le soleil qui se levait face à lui. Au loin, les hauts buildings de la City se détachaient de l'horizon, qui baignait dans une lueur dorée réconfortante.
Quelques minutes plus tard, il atteignirent les rues de Londres, qui étaient déjà animées par le ballet des voitures et la douce musique des klaxons d'hommes d'affaires excédés par la congestion urbaine. Vernon se garait brusquement en double file, pour que Harry et Audrey débarquent en vitesse leurs affaires, se retrouvant devant un vieux pub miteux. L'endroit, dont la peinture sur la façade s'écaillait, était coincé entre une librairie et un magasin de disques.
Dès que le coffre fut refermé, la voiture s'éloigna en faisant crisser ses pneus. Vernon filait chercher Marge, sans adresser le moindre mot pour son neveu qui tenait encore la cage d'Hedwige dans sa main.
Lorsqu'il pénétra dans le pub miteux, Harry ressentit cette habituelle sensation de magie qui suintait dans l'air, comme si l'atmosphère particulière le pénétrait pour l'apaiser. La chaleur qu'il ressentait n'était pas seulement due aux flammes dans l'âtre, mais à ce bonheur d'être proche du monde de la magie.
A cette heure de la matinée, on ne trouvait pas beaucoup de monde dans le pub. Seul deux clients discutaient dans un coin, commentant un des articles de la Gazette du Sorcier. Le barman était à son comptoir, nettoyant un verre avec un vieux torchon, regardant s'il était propre en le scrutant à la lueur des bougies.
- Bonjour Tom, salua Harry. Je souhaiterais prendre une chambre pour le reste des vacances scolaires.
- B'jour, grogna le barman édenté. T'es pas un peu jeune pour rester seul ici ?
- Pas vraiment, soupira l'adolescent. C'est ça ou je supportais encore mon oncle Moldu pour un autre mois. Il est tout aussi satisfait que moi de notre arrangement.
- Mouais, fit-il suspicieusement, tandis que Harry redressait ses lunettes rondes. A quel nom la chambre ?
- Harry Potter, chuchota le principal intéressé, alors que les yeux du barman s'écarquillèrent de stupeur.
Instinctivement, l'homme regarda la fine cicatrice en forme d'éclair qu'il y avait sur le front du jeune homme avant de balbutier. Harry détestait toujours ce genre d'attention, comme s'il était un davantage un symbole qu'une personne, tandis que Tom lui tendait les clés de sa nouvelle chambre.
Le brun déposa sa valise, avant de partir pour la célèbre banque Gringotts, afin d'obtenir assez d'argent pour faire ses achats. Il savait qu'il allait devoir passer beaucoup de temps dans les magasins de vêtements. Audrey avait été catégorique, il devait être convenablement habillé pour une personne de son rang. Autrement dit, fini les habits trop grands de Dudley ou les lunettes rafistolées. Il devrait entièrement refaire sa garde robe.
Harry marcha jusqu'à atteindre l'entrée de la banque des gobelins. Le grand bâtiment de marbre blanc tordu contrastait avec le reste des boutiques typiquement médiévales du Chemin de Traverse.
- Maître, je vais parlementer avec les gobelins pour obtenir l'accès au coffre de Serpentard. Je vous en prie, soyez extrêmement prudent quand vous parlerez avec eux. Les temps ont peut être changé, pas leurs anciennes lois. Ils sont connus pour leurs traits de caractère, mais ni la patience, ni la pitié n'en font partie.
- Audrey, je te fais confiance. Je sais que tu seras à même de t'en charger. Moi, j'ignore tout du protocole ou des négociations.
La demi-basilic opina de la tête et entra dans la banque avec son maître.
L'intérieur du hall était couvert de marbres, qui reflétaient la lumière des lourds chandeliers de bronze fixés sur les murs percés de larges baies vitrées. Le grand lustre du plafond brillait de mille feux, les multiples cristaux à facettes reflétant la lumière du soleil qui passait à travers la coupole de verre, tandis que de petites créatures aux dents pointues travaillaient à faire fructifier des comptes.
- Bonjour honorable guerrier, salua poliment Audrey à l'adresse du gobelin qui griffonnait avec sa plume noire. Monseigneur aimerait accéder à son coffre et il voudrait également obtenir son héritage.
La petite créature retira ses lunettes de lecture avant de regarder avec intérêt le duo de sorciers.
- Bien entendu, répondit-il de sa voix rêche habituelle. Je suppose que vous voulez commencer par passer l'épreuve d'héritage ? Mais quelle noble lignée souhaitez vous réclamer la seigneurie ?
- En effet, honorable guerrier, répondit la servante du jeune adolescent brun, nous préférerions commencer par obtenir la chevalière. Monseigneur à déjà obtenu son titre de Lord Serpentard, mais il aimerait le revendiquer officiellement avec son héritage.
A ces mots, le gobelin écarquilla les yeux et crut devoir affaire à une blague faite dans l'unique but de lui faire perdre son temps, chose qu'il abhorrait particulièrement. Mais l'expression glaciale dans les yeux jaunes et perçants de la femme lui faisait comprendre qu'elle était très sérieuse.
- Bien, ordonna t-il, suivez moi.
Harry et sa servante suivirent le vieux gobelin dans un bureau plus isolé et abrité des oreilles indiscrètes. La pièce était assez vaste, décorée par de nombreuses armures et armes parfaitement entretenues. Les tapisseries représentant des batailles indiquaient clairement que Gripsec, avant d'être un banquier, était un guerrier. Le gobelin fit s'asseoir les deux clients sur de confortables sièges de bois noble devant un large bureau couvert de parchemins, alors qu'une tête réduite trônait de façon macabre dans un coin du bureau.
Le gobelin déverrouilla un coffre-fort avec sa magie, pour en sortir une petite boite noire. A l'intérieur, on trouvait une bague argentée sertie d'une belle émeraude taillée en cabochon. Le métal était toujours brillant, finement ciselé pour représenter un serpent.
- Monsieur Potter, voici la bague de Salazar Serpentard, qui ne peut être portée que par le seigneur de cette famille. En temps normal, nous faisons des tests de sang pour déterminer à quelle famille une personne est rattachée, mais votre hâte vous a fait sauter cette étape. Le défaut de ces rites est qu'ils durent plusieurs heures et je ne vous cache pas qu'ils sont très demandés, ce qui fait qu'il y a un délai d'attente de plusieurs mois.
- Monseigneur effectuera donc le rituel ultérieurement, déclara platement Audrey. Continuons, je vous prie.
- Bien entendu, vous êtes conscients que si vous êtes un imposteur, l'Anneau vous videra de votre magie. Dans le meilleur des cas, vous deviendrez un Moldu. Dans le pire, vous mourrez, finit le gobelin avec un sourire carnassier.
Harry respira profondément, décidant de faire confiance aux paroles d'Audrey. Mais un doute lui venait à l'esprit. Une impression sinistre de méfiance. Et si la femme-serpent était toujours au service de Voldemort ? Et si elle l'avait piégé, gagnant sa confiance pour pouvoir mieux le tuer ?
Chassant ces pensées sournoises, Harry glissa rapidement l'anneau à son annulaire droit, faisant ça le plus vite possible pour être fixé sur son sort. Le bijou brilla durant un court instant, mais rien d'autre de notable ne pouvait être remarqué. Harry se tenait toujours debout et il ne ressentait rien de spécial.
- Félicitations Lord Serpentard, dit Gripsec en s'inclinant légèrement. Je suppose que vous souhaiterez visiter votre nouveau coffre ?
- Oui, déclara Audrey. Mais nous aimerions également consulter les transferts ayant été effectués sur le compte fiduciaire ouvert par les Potter pour leur fils.
- Ce n'est pas le compte de mes parents ? s'étonna Harry.
Le gobelin lui expliqua de façon synthétique que le compte qu'il avait était conçu pour assurer ses besoins en tant qu'élève. Le compte principal de la famille Potter ne lui serait accessible qu'à sa majorité.
- Bien, reprit Gripsec en recentrant la conversation. Je vais vous donner un relevé de vos opérations. Vous pouvez recevoir des copies de vos comptes avec un inventaire détaillé, envoyé par hibou si vous le désirez. Nous agissons avec la plus grande discrétion et la plus sévère rigueur pour la protection de nos estimés clients.
La jeune femme acquiesça et tendit le relevé à Harry qui constata une chose étrange. Outre les intérêts, des dépôts réguliers étaient effectués par un certain Seigneur Black.
- Qui est le Seigneur Black ? demanda Harry, prenant la parole pour la première fois.
- Il s'agit de Lord Sirius Black, actuel chef de la maison Black. Quelle que soit sa situation aux yeux du ministère, dit Gripsec en se référant à la chasse à l'homme lancée par le gouvernement, il est un de nos estimés clients et nous ne nous mêlons pas de politique. S'il a choisi de vous verser de l'argent régulièrement, il en possède le droit.
Pendant que Harry repensait à l'homme en guenilles qui était recherché à la télévision, le gobelin aborda une autre question.
- Seigneur Serpentard, avec la réouverture de ce compte, il vous faut choisir quelqu'un pour gérer vos affaires en attendant votre majorité. Vous pouvez confier cette charge à votre tuteur si vous le souhaitez.
Harry manqua de s'étouffer. Hors de question qu'il confie la moindre noise à son oncle ou à un sorcier. L'argent créait souvent des conflits d'intérêts et il se doutait que ses intérêts seraient mal représentés.
- Dites moi, guerrier Gripsec, c'est bien vous qui avez géré mes affaires et mon compte depuis des années ? demanda Harry au gobelin.
- En effet, déclara le gobelin qui avait été surpris par l'utilisation de son titre, que les sorciers ignoraient généralement, mais aussi par le fait que Harry se soit souvenu de son nom. J'ose espérer que vous avez été satisfait de mes services.
- Je l'ai été, en effet. C'est pour cela que je vous confie la gestion de mes affaires jusqu'à ma majorité, déclara Harry. Que notre or puisse croitre, puisque nos intérêts sont communs. Je vous fait confiance.
S'il n'avait pas été un terrifiant guerrier et si cela n'avait pas porté atteinte à son honneur, Gripsec aurait versé une larme d'émotion. Jamais un sorcier n'avait volontairement fait confiance à un gobelin, tout en le traitant comme un égal. Gripsec avait l'impression que Harry Potter pourrait apporter beaucoup de choses et en plus, il allait faciliter leur enrichissement mutuel.
Lorsqu'il conduisit son client dans le réseau de galeries, Gripsec se frottait encore les mains. Harry n'avait pas prêté attention à ce détail, adorant la sensation de déplacement du wagonnet, tandis que le vent sifflait dans ses cheveux, fouettant son visage tandis qu'il serpentait entre des stalactites.
Le wagonnet freina devant une grande paroi rocheuse comportant une porte solidement verrouillée. Elle était ornée d'une énorme gravure représentant un serpent enroulé sur lui-même.
- Ce coffre n'a jamais été ouvert depuis sa création par Salazar Serpentard lui-même. J'espère que vous savez comment l'ouvrir.
En voyant ce dessin si vivant qui lui rappelait le passage vers l'entrée de la Chambre des Secrets, Harry comprit immédiatement. Il siffla en Fourchelang pour en forcer l'ouverture.
Le serpent dessiné ouvrit les yeux, se cabrant légèrement pour reculer, alors que la lourde porte grinçait. A entendre le crissement strident qui fit grimacer Harry, les énormes gonds n'avaient pas été huilés depuis longtemps.
Lorsque Harry ouvrit les yeux, il découvrit une véritable fortune, faisant passer son coffre habituel pour une besace de mendiant. Il s'avança au milieu de montagnes de pièces d'or, découvrant des trésors dormants entre les piles de lingots d'or pur. Des armures, des armes et des artefacts magiques étaient conservés. Dédaignant la vaisselle frappée aux armoiries de la famille, son regard fut attiré par une bibliothèque contenant de nombreux grimoires à la valeur historique inestimable et qui suintaient la puissance sous des siècles de poussière.
Audrey était partie dans une autre direction, se promenant dans une autre section, tout en récupérant au passage quelques objets personnels que son oncle lui gardait précieusement.
Il semblerait que les héritiers de Serpentard qui s'étaient succédé à travers les âges n'avaient jamais été au courant de l'existence de ce coffre. C'était étrange, il aurait pourtant suffit qu'ils aillent se rendre dans la banque et demander l'accès au coffre. Mais peut être que les guerres, les troubles politiques, les conflits avec les gobelins, ainsi que l'oubli et la consanguinité avaient fait disparaître le coffre des esprits. Ou alors, il y avait eu un autre coffre vidé depuis longtemps qui avait servi de leurre, comme si le fondateur avait volontairement dissimulé l'existence de ce trésor. C'était bien le genre de cachotteries que pouvait faire son roublard d'oncle, pensait Audrey.
Harry se décida finalement à prendre quelques copies d'ouvrages, laissant toujours les exemplaires originaux en place. Il avait également saisi quelques poignées de Gallions d'or, s'assurant de toujours pouvoir faire des emplettes supplémentaires en cas de besoin.
