Notes de l'Auteur : Vous allez remarquer quelques différences dans le caractère de Fudge, parce que j'ai toujours estimé que, au moins dans les livres 2 et 3, Fudge se montrait visiblement plus accommodant avec Dumbledore que dans les livres ultérieurs. Fudge demandait toujours conseil à Dumbledore, et vous n'allez certainement pasdemander des conseils à quelqu'un que vous ne respectez pas.
De plus, je pense qu'il a plus de cran alors que tel qu'il sera décrit plus tard dans l'histoire. Il montra son opposition lorsqu'on demanda à Dumbledore de quitter la direction Poudlard, et au final il refusa aussi démissionner à la demande de Voldemort, au début du tome 6.
De plus, avoir un Fudge plus affable et amical fait qu'il sera plus intéressant d'avoir un Ministère s'opposant à Harry plus tard, lorsqu'il sera dirigé par un autre que Fudge. Je ne vous en dis pas plus à ce sujet (d'ailleurs, « Gandalf's Beard » a écrit une excellente fiction avec un ministère dirigé par Ombrage, pour ceux qui sont curieux. Mais j'ai un autre projet tout aussi délicieusement maléfique en tête).
Comme toujours, j'espère que vous apprécierez, et tout appartient à Rowling.
Chapitre Trois :La soupe aux pois
Harry n'aimait pas trop le MagicoBus. Il n'aimait pas le manque de véritables sièges, ni le manque de ceintures de sécurité, surtout après qu'Ernie eut tiré sur plusieurs leviers dépassant du tableau de bord. Le résultat fut que le bus a été propulsé tel un boulet de canon, comme si une fusée avait été accrochée au niveau des pots d'échappement.
Pourtant, il avait reçu un accueil chaleureux de Stan et d'Ernie, tous les deux ayant vite reconnu la cicatrice en forme d'éclair une fois qu'Harry s'était installé dans son lit.
« Que je sois damné si ce n'est pas Harry Potter », dit Ernie une fois qu'il eut ajusté ses lunettes télescopiques. « Stan, rends donc son argent à Mr Potter ».
« Merci, mais ce n'est pas nécessaire. » avait protesté Harry. « Vous m'avez sorti d'un sacré pétrin. Je serais plus qu'heureux de payer. »
« De mon point de vue, » contra Ernie, « vous sortir de votre petit pétrin n'est rien par rapport à ce que vous avez fait pour le monde entier. Aussi longtemps que je conduirai ce bus, il est hors de question que vous payiez la moindre monille. »
À reculons, Harry prit les pièces que lui tendait Stan, et les mit dans sa poche de jean.
Tandis que le bus roulait, la gravité semblait fonctionner correctement. Harry pouvait rester assis sur son lit avec peu de gêne. Il était fasciné par la manière dont le bus arrivait à se faufiler dans les rues étroites, et par les trajectoires impossibles qu'il suivait au milieu même de la circulation. Il aimait réellement la magie dans ce genre de situation.
Stan avait ouvert un numéro de la Gazette du Sorcier, mais ses yeux pointaient dans des directions illogiques. Ce qui ne surprenait pas Harry, déjà familier avec la mise en page très excentrique du journal. Pourtant, c'était le gros titre qui secoua Harry, et lui remit les pieds sur terre.
« Sirius Black », murmura-t-il, les poils de sa nuque se hérissant de nouveau. « Il était dans les infos Moldus de ce matin ».
Stan fronça les sourcils, retournant le journal un moment, acquiesça, et lui tendit l'article.
« Une affaire nauséabonde, ce Sirius Black » dit Stan avec un faible sifflement. « Je n'aimerais pas le rencontrer dans une ruelle sombre ».
Harry tressaillit à la remarque. Il n'allait certainement pas admettre qu'il avait croisé Sirius dans une rue sombre, et qu'il avait fait plus que juste l'apercevoir.
BLACK a réussi l'impossible
Magie Noire ou Traîtrise ?
Par : Rita Skeeter
Il a été confirmé, ce matin, que Sirius Black, l'un des prisonniers les plus notoires à être incarcéré à la forteresse d'Azkaban, a réussi à s'évader de la prison la plus sécurisée d'Angleterre, et en particulier à tromper la surveillance de ses gardiens. Plus dérangeant, il est presque certain que Black se trouve maintenant sur l'île principale.
« La nuit dernière, il a été porté à mon attention que le célèbre meurtrier de masse, Sirius Orion Black, s'est échappé de sa cellule, peu de temps après minuit. » a dit Cornelius Fudge, Ministre de la Magie lors une longue conférence de presse, organisée en urgence ce matin. « Le Ministère de la Magie a déjà mis en œuvre tous les moyens imaginables pour recapturer Black aussi tôt que possible. »
Parmi les actions qui ont été prises par le Ministère, il nous a été reporté que le Ministre avait eu une réunion avec le Premier Ministre Moldu, alertant ainsi la totalité de la Grande-Bretagne Moldue de l'évasion de Black. Cette décision a fait face à de sévères critiques de la part de plusieurs membres proéminents du Magenmagot, en particulier de Lucius Malefoy, ainsi que de plusieurs membres de la Confédération Internationale des Sorciers.
« Ceux d'entre nous se souvenant du passé de Black et de son histoire admettront sans nul doute la nécessité d'alerter prestement tous ceux qui pourraient risquer d'entrer en contact avec Sirius Black. Avant son incarcération pendant la dernière décennie, il avait été l'un des meilleurs Aurors de son temps, et, de manière effrayante, il a apparemment découvert un moyen de passer au travers de la surveillance des gardiens d'Azkaban sans être détecté. Il est une menace terrible et réelle. » expliqua Fudge aux journalistes.
Le Ministre a par ailleurs assuré que le Premier Ministre Moldu avait fait la promesse de ne pas divulguer l'identité réelle de Black.
« Et il faut être réaliste qui pourrait le croire, même s'il ne tient pas sa promesse ? »
Albus Dumbledore, en tant que Président-Sorcier du Magenmagot, a fait partie des quelques sorciers qui ont pris la défense de Fudge.
« Mon opinion est que la vérité est préférable au mensonge, ou à la sécurité trompeuse, » a dit le vieux sorcier aux reporters. « J'approuve totalement la décision du Ministre d'alerter toute la population britannique. Alors que certains parmi les membres du Magenmagot, ou parmi les autres, ont soutenu que la décision du Ministre était une rupture du Décret du Secret Magique, je voudrais rappeler à toute la communauté magique qu'il est de notre responsabilité d'assurer la sécurité de nos concitoyens Moldu tout autant que la notre. Ce qui, accessoirement, passe par assurer la sécurité à la fois des Moldus et des sorciers, et non à l'exclusivité de la seule communauté magique. »
Albus Dumbledore a par contre été incapable de fournir des garanties aux contradicteurs parmi les membres du Magenmagot, et il est facile de comprendre pourquoi si on prend la peine de regarder en détail.
Certains se demandent si le stress et la pression d'autant de postes prestigieux que Dumbledore doit assurer actuellement, n'auraient pas un peu embrouillé son cerveau. D'autres ont proclamé que bien qu'il soit considéré comme le plus grand sorcier des temps modernes, et qu'il est plus connu comme le pourfendeur de Grindenwald, il apparaîtrait à la communauté magique que Dumbledore pourrait avoir perdu de son bon sens et de son instinct.
En dépit des assurances du Ministre, votre reporter reste sceptique. Il ne peut pas être reproché au Ministre de ne pas avoir pris toutes les précautions qu'il pensait nécessaires. La communauté magique est par contre en raison de craindre les conséquences à la fois de l'évasion de Black, et de la possible révélation de notre monde aux Moldus. De nombreux lecteurs se rappelleront trop bien du massacre dans le Londres Moldu il y a 12 ans, lorsque Black a assassiné 13 personnes d'un seul sort.
Comment Black s'est-il échappé d'Azkaban ? Personne n'y est jamais arrivé depuis que les Détraqueurs y ont été stationnés, après la chute de Vous-Savez-Qui. Est-ce que l'évasion de Black serait le fruit de sa propre expertise dans la Magie Noire, ou y a-t-il plus derrière ? Black est un supporter connu de Vous-Savez-Qui — tout comme les Détraqueurs — ainsi il convient de se demander si l'évasion de Black ne pourrait pas être un sabotage. Votre reporter mettra tout en œuvre pour faire la lumière là dessus.
Harry regarda de nouveau la photo du visage hanté de Sirius Black. Il n'avait jamais vu quelqu'un avoir l'air aussi cadavérique que cet homme.
« Effrayant, n'est-ce pas ? » dit Stan, reprenant le journal d'Harry.
« Il a vraiment tué 13 personnes, avec un seul sort ? » demanda Harry.
« Oh oui, » répondit Stan, murmurant de nouveau. « En plein jour, dans le centre de Londres, et à la vue de douzaines de témoins. Cela a causé un bordel monstre, pour la vieille Bagnold, hein Ern ?
« Sûr ! » dit Ernie avec un frisson. « Tout juste après que Vous-Savez-Qui n'ait disparu. La Ministre Bagnold était complètement aveugle. En fait, tout le monde l'était, tu sais — les jours sombres étaient derrière nous, pensaient-ils — et c'est alors que des tas de gens innocents, partis en un éclair. Ils n'ont jamais dit quel sort il avait utilisé, mais c'était moche. »
« Il ne restait rien de ces pauvres gens. » dit Stan. « La moitié de la rue avait disparu aussi. Une explosion de gaz, qu'ils ont dit aux Moldus. En ayant oblitéré leur mémoire d'abord bien sûr, mais ce n'était pas le pire. »
« Qu'est-ce qui peut être pire que tuer 13 personnes ? » demanda Harry.
« Il était en train de rire. » répondit Stan, haussant des épaules. « Il était là, à genoux, les mains en l'air et la baguette à terre, et il riait. Il n'a même pas combattu les Aurors — il a juste continué à rire. C'est un fou, n'est-ce pas, Ern ?
« S'il ne l'était pas avant Azkaban, il l'est désormais. » répondit Ernie avec un frisson. « Je me tuerai plutôt que de mettre un seul orteil là bas. »
Harry se rassit silencieusement après cela, son esprit tournant et retournant les brefs instants de son entrevue avec Black. Pourquoi ne l'avait-il juste pas tué ? Il avait pourtant déjà fait bien pire avant, et en plein jour. Mais Harry avait au moins quelques réponses. Déjà sur le fait que Black le connaissait. Il avait été l'un des fidèles de Voldemort. Black ne l'aurait-il donc pas tenu pour responsable de la défaite de son maître ? Et si cela était correct, une question cependant demeurait ouverte : pourquoi Black ne l'avait-il pas tué ?
Le MagicoBus effectua plusieurs arrêts à différents endroits à travers la Grande-Bretagne, dissimulé des regards Moldus. Des sorcières comme des sorciers descendaient de l'escalier en spirale à chaque arrêt, chacun semblant soulagé de descendre du bus. Finalement, Harry fut le seul à rester à bord.
« Le Chaudron Baveur sera notre prochain arrêt » dit Ernie, avec un signe de la tête vers Harry. Avec un dernier bang, et une petite poussée en avant, le MagicoBus disparu d'un coup dans la nuit. Il ne fallut pas plus d'une minute pour que le Bus ne s'arrête de nouveau, dans grand crissement de freins, devant la porte d'entrée qui conduisait à l'intérieur du Chaudron Baveur.
Stan se leva de son siège, tout comme Ernie. Les deux serrèrent les mains d'Harry, confus de l'honneur qu'ils avaient eu à escorter Harry jusqu'au Chaudron. Harry ressortit les pièces une fois de plus, et avant qu'ils ne puissent protester, il les mit dans la caisse derrière le siège du conducteur.
« Pour le prochain passager » dit Harry rapidement. « Mais ne lui dites pas que cela vient de moi. »
Ernie lui rendit un sourire éclatant, et accepta, pendant que Stan tendait la main vers les bagages d'Harry. Harry descendit du bus, pour faire face à l'ombre du porche d'entrée du Chaudron.
« Ainsi te voilà, Harry. » dit une voix surgissant de l'ombre.
L'étranger entra dans le faisceau de lumière du lampadaire voisin. Il portait un manteau à rayures vertes, et un chapeau melon assorti. Harry était arrivé directement devant Cornelius Fudge, le Ministre de la Magie en personne.
« Pourquoi recherchiez-vous Harry, Mr le Ministre ? » demanda Stan.
« Rien qui ne concerne le MagicoBus » répondit poliment le Ministre, mais avec un ton qui n'autorisait aucune réplique. « Néanmoins, je vous remercie d'avoir accompagné Harry en sécurité jusqu'au Chaudron. Harry, si tu veux bien me suivre à l'intérieur ? Il serait mieux de ne pas s'attarder trop longtemps dehors, à la vue de la situation actuelle. »
« À la prochaine, Harry » dit Stan avec un signe de la main.
Alors le MagicoBus bougea de nouveau brutalement, et disparut d'un coup de là d'où il était venu.
Le Ministre plaça une main sur l'épaule d'Harry, et le guida fermement et rapidement vers l'intérieur, ayant déjà ensorcelé les bagages d'Harry pour qu'ils les suivent.
Le pub était globalement vide. Tom le barman tenait le comptoir, alors que l'équipe de nuit était en train de nettoyer les tables. L'horloge sur le mur indiquait à Harry que minuit approchait rapidement.
« Vous l'avez récupéré, Mr le Ministre. » dit Tom, levant les yeux. « Merci par Merlin ! »
« Oui, oui, le MagicoBus l'a déposé juste devant. »
« Voulez-vous quelque chose, Mr le Ministre ? » demanda Tom. « Une bière ? Ou peut-être votre brandy préféré ? »
« Non, pas ce soir, Tom, » répondit Fudge avec un petit sourire. « Peut être juste un peu de thé, et oui, et peut être un peu de votre soupe aux pois. Ainsi que des crumpets [1], pour Mr Potter et moi-même. »
Il fit un clin d'œil à Harry, et le guida à l'étage, jusqu'à une salle privée, dans laquelle le feu était déjà allumé. Fudge s'assit derrière un large bureau niché sous une fenêtre tordue, et offrit à Harry de s'asseoir aussi.
« Je t'en prie, assieds-toi, Harry ». Il parla d'un ton étonnamment léger et amical. Tom entra peu après dans la pièce, un tablier noué rapidement par-dessus sa chemise de nuit. Il apportait un plateau avec une théière, deux bols de soupe fumante, et des crumpets.
« Merci Tom, » dit Fudge.
« C'est un plaisir, Mr le Ministre, Mr Potter », répondit-il d'une courbette profonde, avant de sortir de la pièce. Fudge leur servit à tous les deux une tasse de thé, beurra un crumpet pour lui même avant de recommencer à parler.
« Mes excuses si je t'ai pris de court, Harry. Je suis Cornelius Fudge, Ministre de la Magie. »
Harry se trouva incapable de répondre quoi que ce soit, donc il acquiesça simplement en souriant, tout en ignorant les battements frénétiques de son cœur. Il était sur la route d'Azkaban, avec toute la magie qu'il avait effectuée juste avant.
« Bon, Harry, tu seras soulagé de savoir que Mlle Marjorie Dursley a été prise en charge par le Département des Accidents Magiques. Elle a été dégonflée sans séquelles. Bien sûr, sa mémoire a été modifiée. Elle n'aura pas le moindre souvenir de l'incident. »
Harry essaya de prononcer « Bien », mais les mots se bloquèrent dans sa gorge.
« Ah, tu es embêté par la réaction de ta famille, » remarqua Fudge d'un air entendu. « Et bien Harry, ils seront certainement mécontents, mais nous leur avons expliqué que la magie accidentelle arrive même aux meilleurs jeunes sorciers et sorcières. Je te suggérerais cependant de rester à Poudlard pendant les vacances de Noël, afin de laisser les ardeurs se calmer. »
« C'est ce que je fais tout le temps » dit Harry, retrouvant soudain sa voix.
« Chaque famille a ses propres petites tensions internes, Harry. C'est naturel. Maintenant, tout ce qui reste à décider est de savoir où tu vas passer les dernières semaines des vacances d'été. Je te proposerais bien une chambre ici, au Chaudron Baveur. Tom sera plus qu'heureux de t'héberger. »
« Vous n'allez pas m'envoyer en prison ? » demanda Harry, son emportement le surprit lui même.
« En prison ? » demanda Fudge, ses sourcils se haussant de surprise. « Mais pourquoi voudrais-tu que l'on t'envoie en prison, Harry ? »
« J'ai enfreint la loi, le Décret de Restriction de Magie pour les Mineurs ! »
« Harry, tu as fait de la magie accidentelle. Le Ministère ne va pas envoyer des gens à Azkaban pour un peu de magie due à l'émotion, et tout particulièrement concernant des sorciers ou sorcières encore en formation. »
« Et en ce qui concerne les sorts d'Illumination et de Désarmement que j'ai utilisé dans Magnolia Crescent »
« Le Ministère va fermer les yeux sur ces infractions » commença Fudge, qui maintenait toujours un sourire gentil. « Il est assez clair que tout sortilège que tu as alors formulé l'était sous l'emprise de la panique et du désespoir. Tu avais déjà subi plus que ton content d'expériences traumatiques avec ta tante. Je dois par contre avouer que je suis curieux de savoir pourquoi tu as eu besoin de lancer un sort de désarmement. »
« Je l'ai vu. » répondit Harry après quelques minutes.
« Vu qui ? »
« Sirius Black » dit Harry. Le teint rosé de Fudge pâlit immédiatement.
« Tu es sûr, Harry ? », la voix de Fudge avait perdu son ton jovial. Il tapa de la baguette sur le parchemin posé sur la table. Et aussitôt, une plume plongea dans l'encre, et se mit à griffonner des notes.
« Je sentais que quelqu'un était en train de me regarder, de me suivre » continua Harry. « Je fis la seule chose que je savais faire, je savais que c'était ma seule chance. Seulement, je ne pensais pas que c'était Sirius Black qui me suivait. »
« Je vois, »dit Fudge, reposant son menton sur ses mains croisées. « Tu pensais que c'était nous qui te suivions ? »
« Oui ! J'avais enfreint la loi, et j'avais fugué. »
« Est-ce que Black t'a parlé, ou a fait quelque chose ? Chaque détail est important. »
« Il connaissait mon nom. » dit Harry. « Il semblait, je ne sais pas trop, comme blessé lorsque je lui ai demandé comment il connaissait mon nom — Je l'avais vu pour la première fois à la télévision le matin même. Il a dit que j'avais de bons réflexes. Et quelque chose à propos de laquelle « ils ne m'auraient rien dit », quoique ce fut. Et c'est alors qu'il a levé sa baguette vers moi. »
« Je craignais qu'il se soit procuré une baguette » dit Fudge gravement. « Qu'a-t-il fait ensuite, Harry ? »
« J'ai pensé qu'il allait me tuer, pour sûr » dit Harry. « Mais il a juste agité sa baguette — je n'ai pas entendu le sort, car il n'a rien dit — et je fus repoussé en arrière. J'ai basculé par dessus ma malle. Et c'est à ce moment-là que le MagicoBus est apparu. »
« Par la barbe de Merlin » dit Fudge. « Harry, est-ce que tu réalises la chance que tu as eue de pouvoir être ici maintenant ? Nous sommes très chanceux que le MagicoBus soit arrivé juste à ce moment-là. Tu as été très inspiré de l'avoir appelé. »
« Mais je ne savais pas que je l'avais appelé. Je n'étais même pas au courant de son existence avant ce soir. Stan m'a tout expliqué une fois que j'étais monté à bord. Si Black ne m'avait pas envoyé valser par dessus ma malle, je n'aurais jamais levé ma baguette en l'air... »
« Alors nous sommes effectivement fortunés. » dit Fudge. Il parcourut le parchemin, et acquiesça.
« Hem, Mr le Ministre, » demanda Harry.
« Oui, Harry ? »
« Puis-je vous poser une question ? »
« Mais bien sûr » dit Fudge, tournant son attention vers Harry.
« Je sais que je suis célèbre à cause de ma cicatrice. » dit Harry, alors qu'il cherchait les bons mots pour s'exprimer. « Pratiquement n'importe qui sait qui je suis, mais il y a quelque chose dans la manière dont Black m'a parlé, c'est juste, heu, est-ce que Black aurait quelque chose à voir avec moi ? Cela semble étrange, que je sois la première personne à avoir rencontré un évadé d'Azkaban »
Fudge regarda Harry avec un air qu'il connaissait bien, car il l'avait vu de trop nombreuses fois : de la pitié.
« Bon, Harry, » commença Fudge après une grande inspiration. « Je ne suis pas sûr d'être la bonne personne pour t'en parler, mais je vais te dire ce que je peux. »
Il se leva et fit le tour de la table, et d'un coup de baguette fit apparaître une 2e chaise à côté d'Harry, dans laquelle il prit place. Il retira son chapeau, et se servit une autre tasse de thé.
« Je suppose que tu as eu l'occasion de lire la Gazette, n'est-ce pas ? » demanda-t-il.
« Oui, dans le MagicoBus. » répondit Harry.
« J'ai été l'un des premiers intervenant, à Londres, lorsque Black avait détruit la moitié de la rue. Ce fut tout simplement une vision horrible. Juste horrible. La guerre venait de se terminer, ou c'était ce que nous pensions. Le massacre de Black fut le premier d'un certain nombre d'actions terribles, menées par les fidèles restants de Vous-Savez-Qui, juste après qu'il ait disparu. Black était l'un des plus fidèles, des plus dévoués de ses serviteurs, Harry, et il n'aurait rien eu de mieux que de te voir mort. »
« Mais pourquoi ? » demanda Harry.
« Pour plusieurs raisons » dit Fudge tristement. « Je ne voudrais pas t'effrayer, mais te mettre en garde. Il y a plusieurs fidèles de Tu-Sais-Qui, enfermés à Azkaban, et qui seraient plus qu'heureux d'avoir la même occasion que Black a laissé échapper ce soir. Beaucoup de prisonniers deviennent fous après avoir été enfermé une certaine durée à Azkaban. C'est vraiment un endroit terrible, Harry, vraiment terrible. Mais pour des criminels de l'acabit de Black, c'est tout ce qu'ils méritent. Des familles entières détruites, des milliers d'innocents qu'ils ont torturés et assassinés, et toi-même, qui as souffert de leur cruauté. Harry, je crois personnellement que Black est convaincu de pouvoir ramener Tu-Sais-Qui au pouvoir si jamais tu étais vaincu, tout comme tu avais toi-même vaincu Tu-Sais-Qui auparavant. C'est absurde, fou, démentiel même, mais cela importe peu pour Black. Pour lui, il a tout perdu la nuit où Tu-Sais-Qui a perdu ses pouvoirs, et lui, comme ceux de son espèce, te tient pour responsable de cette perte. Je sais que cela représente beaucoup à supporter pour quelqu'un de ton âge, mais tu mérites de savoir que tu représentes une cible pour eux. »
« Maintenant, comme je l'ai dit plus tôt, »Fudge continua en se remettant debout, « je vais faire en sorte que Tom prépare une chambre pour toi jusqu'à la fin de tes vacances. Tu es libre d'explorer le Chemin de Traverse, mais je vais devoir te demander de ne pas te rendre dans le Londres Moldu. Nous ne pouvons pas assurer ta protection là-bas. Demande à Tom si tu as besoin de quoi que ce soit. »
Fudge vérifia les notes que la plume avait écrites, et se prépara à quitter la pièce, mais avant de s'en retourner, il s'adressa à Harry une dernière fois.
« Je vais envoyer une missive à Dumbledore, Harry, puisqu'il est ton Gardien Magique. Et il ne fera aucun doute qu'il veuille te parler lors de ton retour à Poudlard. Il y a des éléments plus compliqués au sujet de Sirius Black, et Dumbledore est la personne le mieux placée pour t'en faire part. »
Ayant donné son avis final, Fudge sorti de la pièce, laissant un Harry plongé dans ses pensées.
Note du traducteur :
Voilà pour le chapitre suivant. Un peu de calme après les aventures du chapitre précédent.
Pour la suite, on aura un chapitre bien plus détaillé sur le chemin de traverse, avec l'apparition des deux amis d'Harry.
[1] Crumpets : Sorte de crêpe épaisse. Plutôt que d'être étalée lors de la cuisson, la pâte est maintenue par un anneau, produisant ce qui ressemble à un pancake épais.
