Merci Clarisse de me suivre ! Je trouve ça plus difficile d'écrire pour Homeland en français, mais je sais que tu apprécies...
Choix – Ch4 : Pause
Ils s'embrassèrent et se regardèrent, et s'embrassèrent encore, bouches insatiables et yeux affamés, privés l'un de l'autre depuis si longtemps.
— Il y a une chambre quelque part dans cette maison d'hôtes ? demanda Carrie.
Brody fut surpris par les mots qu'elle employait, mais il la prit par la main.
— Bien sûr, suis-moi mon amour.
Ils montèrent deux étages de marches de bois l'escalier désert résonnait de leurs pas pressés et de leur respiration impatiente. Ils laissèrent même échapper quelques petits rires joyeux, comme s'ils étaient redevenus des enfants insouciants.
Au dernier étage, Brody ouvrit une porte à double battant et ils pénétrèrent dans une belle chambre spacieuse. Le soleil féroce était retenu à l'extérieur par d'épais rideaux. Un énorme ventilateur tournait au plafond dans un chuchotement rassurant. Un grand lit follement tentant avec ses draps blancs, frais et propres, les attendait.
— J'ai vraiment besoin d'une douche, dit Carrie.
Brody lui indiqua une porte de l'autre côté du lit.
— Par là… Dépêche-toi, s'il-te-plaît… lui murmura-t-il à l'oreille.
Lorsqu'elle revint, enroulée dans une serviette de bain, Brody était allongé sur le lit. Nu. Nom de Dieu, mais qu'il était sexy. Son petit sourire coquin l'avait toujours fait craquer. Elle aurait pu pleurer de joie de se retrouver là, avec lui, dans la réalité et non pas dans les fantasmes qu'elle s'autorisait lorsqu'elle était seule la nuit et ne pouvait pas dormir.
Elle le rejoignit sur le lit, gardant la serviette bien serrée autour d'elle. Brody éclata de rire :
— Eh bien, je ne te savais pas si pudique ! Je t'ai déjà vue nue tu sais.
Carrie répondit en riant aussi :
— Hé, ça fait un moment, j'ai pris de l'âge !
Elle se pencha sur son visage et alors seulement, laissa glisser la serviette sur le sol. Ses yeux bleus étaient la seule chose qu'elle voyait désormais.
Il sentit des gouttes d'eau couler de ses cheveux sur son visage et ses épaules, et son corps fut parcouru de petits frissons de plaisir. Il l'aimait tant. Avec elle, il s'était toujours senti pleinement en vie, pleinement lui-même. Pas cette espèce de puzzle humain dont les pièces ont été éparpillées puis mal réassemblées. Ses bras enveloppèrent la peau douce de son corps. Elle referma ses jambes autour de lui et fit rouler leurs corps emmêlés afin qu'il se retrouve au-dessus d'elle.
— Nicholas Brody, tu sais que je t'aime, alors ne t'avise plus jamais de partir sans moi, elle l'avertit, tout en ouvrant les jambes et le poussant en elle.
Elle était allongée sur le dos, les yeux fermés, la bouche à demi ouverte, sa respiration lente et calme. Il était allongé près d'elle, la tête posée sur sa main, et il la regardait. Il était heureux de la voir si sereine, reconnaissant de l'avoir là, près de lui — même si c'était peut-être la dernière fois. Il fallait qu'ils parlent mais il n'en avait pas envie. Il voulait rester ainsi pour toujours, dans cet abri improbable au milieu de nulle part, loin du monde extérieur. Rien que tous les deux. Et puis effacer tout le reste de leur mémoire, oublier leurs vies passées et repartir de zéro pour reconstruire une nouvelle vie.
Ses doigts effleurèrent son visage puis descendirent sur ses seins et son ventre. Il suivit doucement les contours de son corps qui était plus arrondi que dans ses souvenirs. Elle avait sans doute pris du poids à Téhéran, la cuisine iranienne était bonne mais grasse. Il ne put s'empêcher de se moquer gentiment :
— Alors Carrie, on dirait que l'opération ne t'a pas coupé l'appétit !
Elle ouvrit les yeux et sourit.
— Oh, tu as remarqué que j'ai pris du poids ! elle se moqua à son tour. Mais ce n'est pas parce que j'ai mangé plus que d'habitude.
— Ah bon ? Et quelle est l'explication alors ?
— A toi de deviner.
—Ah bon ? Ok, alors, je vais essayer. Hmmmh, c'est parce que tu as arrêté le sport, il proposa, sa langue et ses lèvres goûtant les petites perles de sueur qui s'étaient formées entre ses seins.
Elle secoua la tête en riant :
— Je n'ai jamais vraiment commencé, tu sais bien.
— Bon, alors, qu'est-ce que…
Il s'arrêta au milieu de sa phrase. Il avait compris.
— Carrie… Tu es… ?
Elle garda un visage impassible.
— Je suis quoi ?
Elle voulait qu'il le dise, voulait voir à quoi ressemblait le mot en sortant de sa bouche. Peut-être que sa voix le rendrait moins terrifiant.
— Carrie, dit-il doucement, tu es enceinte ?
Oui… Elle aimait le son que faisait ce mot, elle trouvait même les petits motifs qu'il dessinait dans l'air plutôt jolis.
Alors, tout allait bien. Tout irait bien, se convainquit-elle.
— Oui, de quatre mois. Ça date de notre deuxième week-end au lac.
— Mais… comment ?
— J'ai oublié de prendre ma pilule, tout simplement.
Il ne s'attendait tellement pas à cette nouvelle que la surprise le laissa sans voix. Il ne pouvait que regarder Carrie avec incrédulité.
Carrie attendait maintenant sa réaction, elle était un peu nerveuse.
Une vague d'émotions diverses monta en lui. Il avait envie de pleurer mais ne savait pas si c'était de joie ou d'angoisse. Il était incroyablement heureux de se voir offrir une nouvelle chance d'être père mais, en même temps, cela l'affolait de savoir que cette minuscule nouvelle vie allait rendre les choses encore plus compliquées qu'elles ne l'étaient déjà.
— Oh Carrie. Carrie, furent les seuls mots qu'il put dire.
La discussion attendrait.
Carrie tendit le bras et caressa tendrement sa tête alors qu'il promenait doucement ses lèvres sur son ventre arrondi, comme s'il parlait en silence au petit être qui poussait là. Le spectacle était fascinant et elle en apprécia chaque petite seconde.
Elle n'était plus seule.
Tout irait bien maintenant.
