« Tu es… Kairo ? » S'écria soudainement Toshiro. Le volume de ses yeux augmentait, ses pupilles se dilataient. Plein de questions soudaines lui frappèrent inconstamment le crâne. « Comment, est ce que… Non, ce n'est pas possible. » La fatigue le fit tomber raide sur ses genoux abimés, son shihakusho déchiré par endroit.

La jeune femme au loin rangea son Zanpakutõ à l'extrémité de sa hanche gauche. Ses cheveux blonds dégringolaient dans son dos portant un uniforme de Shinigami blanc. Ses yeux semblaient défier la lueur du soleil qui commençait tout juste à se lever dans le ciel, en le regardant fixement. Ses pupilles se rétractaient, on ne pouvait qu'apercevoir son iris complétement vert. Son reiatsu était digne d'un capitaine, mais personne ne semblait le reconnaître. Elle s'avança en faisant des pas lents.

L'intensité du soleil se faisait refléter sur l'eau qui coulait dans le sens régulier du fleuve Karasu. Il brillait. Un léger coup de vent passa son chemin entre les graminées d'herbes puis alla se réfugier dans les cheveux de la jeune blonde. Le motif accroché à son bracelet d'argent semblait vouloir le suivre. Il représentait un zéro. Les yeux de cette dernière semblaient s'être plongés dans les yeux turquoise de Toshiro, dès qu'elle fut arrivée à son niveau. Ce dernier lui reposa la même question. Elle y sourit puis passa sa main dans ses cheveux. Il soupira.

« Où étais-tu pendant tout ce temps, Kairo ? »

Elle soupira à son tour puis contempla l'horizon d'un air mélancolique. Elle plaça l'une de ses mèches blondes derrière son oreille et répondit en baissant les yeux.

« C'est bien normal que tu ne m'aies plus vu. » Elle se mordit la lèvre inférieure. « Je n'étais plus vraiment à la Soul Society, j'étais… dans la division, zéro… »

Toshiro ouvrit de grands yeux, tout comme sa lieutenante. Il eut un léger mouvement de recul puis soupira maladroitement.

« C'est ce qui explique donc ton shihakusho blanc. »

« Oui, c'est bien ça. »

« Pourquoi Taichou, vous en aviez déjà vu un au part avant ? »

« Non, mais je me disais que ça pourrait être étroitement lié. »

Kairo sourit. Elle aperçut au loin un petit groupe de Shinigami arriver en leur direction, ils étaient trois et étaient blessés par endroits. Le capitaine et le lieutenant de la dixième division se retournèrent parfaitement synchrone. Une fois arrivé à leur porté, Ichigo demanda qui c'était. Elle se leva et se présenta d'elle-même.

« Normalement, personne ne devrait revoir un Shinigami de la division zéro. » Déclara soudainement Rukia.

« Disons que j'ai fait un requête spéciale. Chaque Shinigamis de cette division à le droit d'en faire une, et qu'une seul. J'ai choisi de la faire à ce moment-là. » Expliqua Kairo. Elle paraissait complétement sereine.

Toshiro essaya de se relever mais il ne le pouvait pas. Il fronça les sourcils, l'air embêter. Matsumoto, avec le peu de force qui lui restait, décida de l'aider. Il refusa, ne voulant pas aggraver l'état de sa lieutenante, mais cette dernière fit mine de ne rien entendre. Il ne pouvait se débattre, il ne sentait plus ses membres.

Ils longèrent le long des routes de Karakura afin d'arrivé à la maison des Kurosaki. Matsumoto monta péniblement les marches de l'escalier pour atteindre la chambre qu'elle occupait avec son capitaine. Ichigo et les autres lui demandaient si elle voulait de l'aide, mais elle déclinait à chaque fois, toute offre.

Elle arriva enfin dans sa chambre et posa son capitaine sur son lit. Il semblait dormir, complétement apaisé. Rangiku descendit rapidement dans la clinique en manquant de trébucher à de multiples reprises. Elle prit le nécessaire afin de pouvoir s'occuper de Toshiro, puis remonta aussi vite.

Ce dernier émergea après avoir été soigné. Le nez enfouit dans une couverture, ses yeux s'ouvrirent péniblement. Matsumoto était à son chevet et le regardait paisiblement. Elle lui sourit. Toshiro remonta sa main pour la poser sur son front, il avait le tournis. Ce dernier se releva faiblement et s'adossa sur la tête de lit. Sa lieutenante lui proposa un ver d'eau, il le bu et la remercia.

« Vous, vous sentez mieux Taichou ? »

« Oui, un peu mieux, merci Matsumoto. »

Elle lui sourit. « Dites… Qui est exactement cette Kairo ? »

Toshiro soupira. « Es-tu sûr de vouloir vraiment le savoir ? »

Rangiku acquiesça. Elle posa son coude sur la table de chevet et posa son menton dans le creux de sa main.

« C'était un peu avant que je ne te rencontre, au premier district ouest du Rukongai. Adossé contre un arbre devant la maison de ma grand-mère, je me reposais toujours cette malheureuse question. Pourquoi les habitants du village ont-ils peur de moi ? Je ne leur ai pourtant rien fais, mais tout le monde a peur de moi. Est-ce à cause de mes cheveux argentés ? De mes yeux turquoise ? Ou de ma personnalité froide… »

Il soupira froidement. Deux jeunes filles passèrent leur chemin en le regardant presque de haut, elles avaient peur de lui. Il se sentit mal. Avant, quand Hinamori vivait toujours avec lui et sa grand-mère, il ne ressentait pas ce genre de problème, et il pensait ne jamais y avoir à faire face. Mais depuis que cette dernière était partie pour de bon dans le Seireitei, c'était tout autre chose. Il se sentait affreusement seul, mais la seule personne qui pouvait le maintenir c'était bel et bien sa grand-mère. Plus loin dans la forêt, un bruit monstrueux semblait se rapprochait. Des arbres se faisaient déracinés. Mais par quoi ?

L'un des derniers arbres qui se trouvaient devant lui s'envolait tout juste, il venait d'être sauvagement arraché. On pouvait distinguer une silhouette, oui, une énorme silhouette. Mais on ne pouvait voir à quoi elle ressemblait, elle se cacher dans la pénombre. Toshiro eut un mouvement rapide de recul et son premier réflexe était de protégé la maison, où sa grand-mère logeait. Il regarda l'ombre droit dans les yeux, du moins, là où il pensait qu'ils se trouvaient. Elle ne bougea pas, son souffle était bruyant, on ne savait pas quand est-ce qu'elle attaquerait. Toshiro frémit, il sentait la peur l'envahir, ses jambes étaient paralysées. Il tenait bon, il se disait qu'il protègerait la maison quoi qu'il puisse advenir.

L'ombre sortit violement de la forêt en renversant les arbres qui se trouvaient droit devant elle. Toshiro n'eut le temps que de s'armer d'un bâton qui ne trainait pas trop loin de ses pieds. Elle se jeta sur son cou. Toshiro venait d'être projeté sur le sol suite au choc, elle semblait l'étrangler. C'était un Hollow, oui un Hollow très effrayant. Le jeune garçon gémit et grimaça, il le fusillait du regard. Il attrapa son bâton avec sa deuxième main et l'enfonça dans le torse du monstre. Le Hollow cria effroyablement et lâcha prise. Toshiro se releva, un peu affaiblit.

D'une vivacité, il courut loin de la maison pour ne pas que ça grand-mère soit blessée. Il courut d'environ une vingtaine de mètres mais le Hollow, bien plus rapide, essaya une nouvelle fois de lui sauter au cou. Toshiro se retourna, apeuré. Il plissa les yeux d'une force brute, son bâton droit devant lui. Il se préparait au coup, il croyait pouvoir l'embrocher avec sa petite arme, s'il se jetterait une nouvelle fois sur lui comme il l'avait fait il y a quelques minutes déjà.

Il entendit bruit soudain, un sabre venait d'être dégainé à une vitesse folle. Quelque chose venait de mouiller une partie de sa joue gauche. Il l'a toucha et ouvrit les yeux. De l'eau ? Oui de l'eau froide, presque glacée. Il regarda ce qu'il lui avait sans doute sauvé la vie. La première chose qu'il vit c'était un haori blanc, exactement comme ceux des capitaines du Seireitei. Plus haut, il voyait des cheveux blonds tomber sur son dos, masquant en partit le numéro de division. Toshiro cligna des yeux, le Hollow n'était plus là. La personne rangea son Zanpakutõ à l'extrémité de sa hanche gauche. Elle soupira et se retourna. Ses yeux verts reflétaient le portrait de Toshiro. Elle faisait environ tout juste quinze ans.

« Les Hollows sont dangereux, la prochaine fois que tu en vois un, éloigne toi en le plus possible. J'ai vu comment tu lui as tenu tête, c'est une chance pour toi de n'être que dans cet état ! »

« Tu es capitaine ? »

« De la dixième division ! » Lança-t-elle en remontant ses cheveux laissant paraître l'emblème parfaitement visible. Elle lui sourit.

C'est vrai qu'elle était très jeune pour être capitaine. Toshiro était content de voir que quelqu'un n'avait pas peur de lui. La journée commençait à s'éteindre. Avant de repartir, elle se rapprocha de lui.

« Ton énergie spirituelle est encore faible, mais avec les années qui suivront, tu pourras devenir un Shinigami puissant. »

« Je n'en ai pas trop envi, je n'ai pas envie que grand-mère se retrouve seule. »

« Je ne dis jamais ce genre de chose au hasard. Sur ce, j'espère te voir très bientôt parmi les Shinigamis du Gotei treize ! »

Elle partit en exerçant un bref Shunpo tous les dix mètres. Toshiro soupira. « Peut-être qu'elle ne dit jamais ce genre de chose au hasard, mais là, elle c'est bel est bien trompé. » Il rentra dans la maison se trouvant non loin de l'arbre où il était adossé tout à l'heure. C'est depuis ce jour qu'il commençait à faire des rêves bizarres.

« Je trouve ça étrange de ne jamais l'avoir vu avant, c'est vrai, j'étais une Shinigami à cette époque… »

« C'est surement à cause de ses relations. Parmi les capitaines qui sont choisi pour faire partit de la division zéro, certains doivent surement décider d'effacer la mémoire de tous les Shinigamis qu'ils ont connus, à part surement le capitaine-commandant, pour ne pas qu'ils ont l'impression d'avoir été trahis. Je ne devais pas être Shinigami à cette époque, c'est surement pour cette raison que je me souviens toujours d'elle aujourd'hui. »

« Je vois. »

« Toshiro ! Tu vas mieux maintenant ? » Demanda une voix à l'entrée de la porte. C'était Kairo. Ce dernier lui répondit d'un oui en lui souriant, signe de ne pas s'inquiéter. Matsumoto se leva de la chaise. Avant de partir elle conseilla à son capitaine de bien se reposé. Il l'a remercia. Elle descendit les escaliers en compagnie de Kairo. Une fois dehors, le soleil tapait abondamment.

« Matsumoto ? Tu es bien le lieutenant de la dixième division, non ? »

« Euh, oui. »

« Très bien dans ce cas, je ne vois pas à ce que tu aies d'inconvénients si je te provoque en duel ? » Demanda soudainement Kairo en portant un air de défi sur son visage. Matsumoto y répondit en souriant.