CHAPITRE 3

Le ciel s'est couvert. Un fin manteau de pluie soulageant ainsi la ville de la chaleur de l'après-midi. L'air est pur et l'odeur de la pluie est douce. Je m'accroupie à l'entrée du magasin, porte ouverte sur la cour, Gen debout à côté de moi. Ça fait du bien un peu de pluie.

« Mouillées… »

Genkishi se tourna vers moi le regard interrogateur.

« Takeko avait raison, nous allons être mouillés. » Dis-je sereinement. « Tu savais pour ces histoires d'âmes et de shinigamis ? »

« Oui… Mais seulement depuis un an environ » Mes yeux pivotèrent vers lui. « J'ai surpris mes parents dans leurs habits de shinigami. Ils ont du tout m'expliquer. Sinon je pense que je ne l'aurais su qu'aujourd'hui, voir jamais…»

« Et moi à toi avis ? Pourquoi est-ce qu'ils me l'ont raconté ? Et Takeko ? »

« Tout ce que je sais c'est que Takeko n'était pas prévue au programme. » Répondit simplement Gen.

Des bruits de pas derrière nous se firent entendre. Maman, mon Oncle, ma Tante et Takeko arrivèrent calmement, même s'il me semblait que Takeko voulait quitter cet endroit étrange de toute urgence. Nous dîmes au revoir à tout le monde puis nous prîmes la route pour la maison. Aucune parole ne fut décrochée durant le trajet, aucun regard ne s'est croisé. Les esprits vaquaient à leurs doutes et leurs contraintes.

Pendant les jours qui suivirent, Takeko devint effacée, presque distante quelques fois, avec moi. Son regard se vidait dès qu'elle apercevait mon Cousin à la grille du lycée à nous attendre. A partir de ce moment, elle ne rilliait plus de la journée jusqu'au lendemain. Je ne pouvais pas lui en vouloir, elle s'est retrouvé, par ma faute, plongée dans une histoire qui ne la concerne en aucun cas et qui dès lors lui coller à la peau. Maman m'envoie tous les jours de la semaine dans cet étrange magasin. Elle dit que c'est pour que je comprenne mieux le monde des shinigamis. Heureusement je n'y allais pas seule fort heureusement Genkishi m'accompagnait toujours et Takeko aussi quelques fois. Gen intègrera l'université de la ville à la rentrée des vacances d'été.

Voilà deux semaines que la réunion improvisé au magasin Urahara a eu lieu, il est tard, l'entrainement de foot vient de se terminer et je me hâte vers la maison. Les rues sont sombres. Peu de gens les fréquentes à cette heure de la nuit, il ne doit pas être loin de dix heures. Pour rentrer à la maison je dois passer devant la petite superette et le chemin vers le magasin étrange, mes jambes ralentissent toutes seules à l'approche de la ruelle. Mon regard se porte sur le coin sombre. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai la ferme impression que je dois y pénétrer. Mes pas, lents et lourd de doutes, s'avancent vers la ruelle. N'y vas pas ! Surtout n'y vas pas ! Mon esprit tente de me retenir. Une force interne lutte contre mon corps. C'est trop dangereux ! J'ai un mauvais pressentiment ! Moi aussi, Rassure toi la voix, moi aussi j'ai un mauvais pressentiment…

Un hurlement retenti. Aigu, sombre, strident, capable de te déchirer l'âme si tu t'en approche trop.

Un deuxième hurlement, puis plus rien, le silence fait sa place.

Cours ! Mes jambes s'élancent dans la ruelle à toute vitesse. Pas par-là ! Fuis idiote ! Je parviens à m'arrêter au beau milieu du coin sombre, un coup de pivot et fuite. Je ne sais pas ce que je fuis… Une force écrasante me lacère les muscles. J'ai à présent des difficultés à avancer. Je ne peux plus bouger. Un être ignoble me barre la route. Immense, effrayant, un large masque entrave son visage.

Il hurle. C'était donc lui.

Tout se passa alors très vite, sous le poids d'une force invisible, je m'effondre, tremble. Son énorme bras gauche m'attrapa et me lança dans les airs. Je me sentie battue, frappée par d'innombrables coups précis à voler par ci par là sans jamais avoir le temps de reprendre pied. La bête semblait jouer. Je perdis connaissance sous la douleur et la faiblesse de mon état.

Ballotée calmement dans un doux nid que formait ses bras, je m'éveil. Mes yeux ne s'ouvrent pas, je n'y arrive pas.

« Je sais que tu es réveillée. » Me dit une voix masculine étrangère à tout souvenir. « Ne t'inquiète pas, je ne te ferais aucun mal. Le hollow est mort, tu ne risques rien. »

Mes yeux s'éveillent et me permettent ainsi de découvrir mon porteur. Je ne vois néanmoins pas grand-chose… L'attaque du montre à détruit l'enseigne lumineuse de la superette. La lune pour seule lanterne, je ne perçois qu'une infime partie de son visage. Un œil d'un bleu pur comme une mer gelée dans les froid océans nordiques, une mèche d'un blanc immaculé comme la douce neige qui vole les nuits d'hivers, un visage doux et sévère à la fois, semblable à un masque tentant d'effacer un cœur gros d'amour et de souvenirs durs.