Titre : Back
Disclaimer : Toute l'œuvre Harry Potter sur laquelle je me base est la propriété de J.K. Rowling.
Warning : Ne prend pas en compte l'épilogue ni tous les éléments du livre 7. Relations homosexuelles explicitées. Aucun personnage original (OC) ne sera mis au premier plan.
Musique : Malone, de Renaud. Aucune résonance avec les paroles (quoique...) mais une musique que j'adore et qui retranscrit, à mon sens, parfaitement la solitude d'un des personnages. Et puis toujours Deepest Wood pour Godric's Hollow.

Touille-Tara : Je te remercie pour cet engouement et tous ces compliments, ils me vont droit au coeur :) Voilà la suite, en espérant qu'elle te plaira tout autant que le début.

Bonne lecture à tous.

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Chapitre IVème

Ses doigts tremblaient quand elle les posa sur sa joue blême. Lentement, Anthéa[1] tourna la tête et observa son profil apparaitre dans la glace, de ses grands yeux gris déconcertés. Elle fit un pas maladroit en arrière, glissant un peu sur le carrelage, et son buste, puis ses seins apparurent sous la lumière blafarde de la petite salle de bain. Sa peau était livide, proche de la transparence, et elle pouvait presque voir le chemin noueux de ses veines se dessiner sur son corps mince.

Elle n'était pas très jolie, au fond. Elle ressemblait à une poupée dont le temps avait affadi les couleurs avec ses cheveux presque blancs, ses lèvres incolores et ses yeux gris. Son corps maigre respirait la fragilité. Sa constitution lui paraissait tellement faible avec ses épaules trop étroites et ses hanches trop saillantes. Elle se sentait si petite.

Ses mains glissèrent sur son menton pointu et remontèrent sur ses joues cireuses, avant de redescendre sur sa gorge puis sur ses côtes. Encore une fois, elle songea à manger davantage, à trouver une occupation, quelque chose à faire à côté de son travail chez Felius. Ses épaules s'affaissèrent dans un soupir. Ça ne servait à rien. Ces envies passagères de changement faisaient partie de son quotidien et n'aboutissaient jamais à rien. Parce qu'elle ne le voulait jamais suffisamment longtemps. De toute façon, elle n'avait jamais envie de rien.

Elle s'arracha péniblement au reflet que lui renvoyait le miroir pour rejoindre la cabine de douche dans laquelle elle se glissa. L'eau du pommeau se mit à dégringoler sur ses courbes timides, s'accrochant à ses cheveux puis glissant sur sa peau en sillons étroits, comme les innombrables fils d'une toile d'araignée. Avec des gestes lourds, elle referma ses bras sur elle-même et baissa la tête jusqu'à ce que son menton touche sa poitrine. Les cuisses serrées l'une contre l'autre, elle se laissa glisser sur le sol et ferma les yeux.

L'eau l'inonda de longues minutes sans qu'elle ne daigne bouger, l'esprit vide. Il lui fallut presque une demi-heure pour se redresser et achever ses ablutions avant de sortir. Elle s'enroula dans une immense serviette éponge, trempa le parquet de ce qui lui servait de salon et prit la direction de la chambre. Face à son armoire, elle laissa glisser le linge sur le sol et sans chercher à sécher son corps ruisselant, piocha dans un de ses tiroirs des sous-vêtements et un pull vert d'eau. Le col était tellement déformé qu'une fois enfilé, il laissait même entrevoir la dentelle grise de son soutien-gorge. Avisant ce détail d'un œil ennuyé, elle se contenta de hausser les épaules et quitta la pièce.

Ses pas la menèrent jusqu'au salon, devant la petite console en bois qui contenait sa baguette, quelques papiers et deux-trois autres babioles, dont un paquet de cigarettes. Elle avait découvert ça en même temps que les habits moldus. Et elle aimait les deux. Les vêtements parce qu'ils étaient nettement plus confortables que les robes sorcières. Les cigarettes parce qu'elles étaient plus efficaces et moins dégoutantes que les potions de relaxation.

Elle ouvrit sa fenêtre sur le paysage blanc et silencieux de Godric's Hollow et s'accouda sur le rebord. Elle exhala sa première bouffée de tabac et observa comme à chaque fois les volutes bleues s'élever dans le ciel, paresseuses. La fumée s'étira jusqu'à disparaitre et elle tira à nouveau sur le filtre. Elle ne fumait pas souvent. Elle ne s'angoissait pas suffisamment pour ça. Une fois de temps en temps. Jamais plus d'un paquet par mois. Parfois même, il tenait les deux mois. Quoiqu'elle fût convaincue que celui-ci ne survivrait peut-être même pas une semaine…

Elle soupira et frotta ses jambes nues l'une contre l'autre quand un courant d'air se glissa entre ses cuisses.

Harry Potter. Penser ce nom suffisait à la faire frissonner. C'était comme… comme une impression de « déjà-vu ». En pire. En tous cas, lui avait bien cru la reconnaître. Felius lui avait juste expliqué qu'elle ressemblait à une autre personne, que ce type un peu cinglé l'avait prise pour quelqu'un d'autre. Quelqu'un qu'elle n'était pas.

Après tout, comment aurait-il pu la connaître ? Elle n'était même pas anglaise. Enfin… si. A la base. Elle avait déménagé en France à l'âge de un an et elle n'était revenue qu'à la fin de la guerre, lorsque sa mère était morte. C'était là que Felius, le seul ami de sa génitrice, l'avait quasiment prise en charge, lui trouvant en l'espace de quelques jours travail et logement. Jamais de sa vie elle n'avait vu ce Survivant auparavant. Et sa vie, elle la connaissait sur le bout des doigts.

Le mégot laissa une petite trace noire lorsqu'elle l'écrasa sur le bord de la fenêtre avant de le jeter dans le vide. Il termina dans la neige, un étage plus bas.

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« Quelque chose ne va pas ? »

Anthéa tourna les yeux vers la silhouette rabougrie d'un vieux chapeau. Dans la pénombre constante de son appartement, sa face de Jack O'Lantern se voyait à peine. Posé sur le comptoir, il se mettait parfois à mâchouillait de l'air, ruminant elle ne savait quoi et puis d'autres fois, comme maintenant, il se mettait à parler. Et elle détestait lorsqu'il se mettait à parler.

« Non. Tout va bien. » Fit-elle platement. Elle traversa la pièce jusqu'à l'étagère en bois qui lui servait de bibliothèque et s'accroupit pour choisir un des livres qu'elle avait achetés récemment, à Prés-au-Lard.

- Tu es sûre ? » Insista le bout de tissu d'une voix éraillée.

- Certaine.

- Bien. Alors prends-moi avec toi. »

Elle se redressa et se pencha en arrière, lui adressant un regard entre l'ennui et l'interrogation.

« Te prendre avec moi ?

- Oui. L'humidité commence à me ronger par ici, mets-moi à la lumière. »

Elle soupira et secoua la tête. Puis d'un geste ample du bras, embrassa la pièce qui lui servait à la fois de cuisine, de salon et d'entrée.

« Et où veux-tu que je la trouve, ta lumière ? On est en plein hiver et on est à Godric's Hollow. Le temps est pourri en permanence. »

Il ronchonna de nouveau et elle haussa un sourcil en posant un poing sur sa hanche. De toute évidence, il cherchait déjà dans la pièce l'endroit où il voudrait être posé.

« Alors ?

- Là-bas. »

Surprise, elle haussa les deux sourcils et tourna son regard vers le reste du salon.

« Où ça ?

- Sur la fenêtre.

- Hors de question. »

Puis sans autre forme de procès, elle s'éloigna et prit place sur le canapé, ramenant sous elle ses jambes nues à l'aide de sa main. Insensible aux protestations qui commençaient à envahir l'appartement, elle se laissa aller contre l'accoudoir et fit mine d'ouvrir son livre Les herbes et leurs usages à travers le monde, de Bred Agreste[2].

« Mets-moi là-bas ! Je ne veux pas être recouvert de moisissure.

- J'ai dit non. Tu t'agites beaucoup trop et si je te mets là-bas, tu vas attirer l'attention des non-sorciers du village.

- Tu n'as qu'à me mettre dos à la vitre et ils ne verront pas mon visage.

- Ils te verront gesticuler quand même. » Grogna Anthéa en tournant une page. « Et puis si c'est l'humidité qui te dérange, sache qu'il fait tout aussi humide près de la fenêtre. C'est peut-être même pire alors arrête de rouspéter et tiens-toi tranquille.

- Ça ne peut pas être pire qu'à côté de l'évier. Mets-moi là-bas. »

Avec un bruyant soupir, la jeune femme referma brusquement son livre sur ses cuisses et tourna vers son agaçant interlocuteur un regard torve.

« Tu me fatigues. »

Elle se releva avec humeur et partit chercher le chapeau. L'empoignant sans aucune douceur – et s'attirant de nouvelles récriminations pour son manque de délicatesse –, elle retourna près de sa fenêtre mais s'immobilisa à un mètre de l'encadrement pour lever le râleur à hauteur de son visage.

« Arrête de t'époumoner comme ça où je te fiche dans le placard sous l'évier ! »

Ils s'affrontèrent du regard mais le chapeau n'ajouta rien. Satisfaite, Anthéa hocha la tête et accéda à sa requête en le posant sur le rebord. Il frissonna sous sa paume.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » S'étonna la jeune femme.

- Le bord est froid. »

Anthéa cilla, surprise, mais dans un élan de compassion, se pencha sur le côté et récupéra un pull en laine qui lui appartenait et qui trainait sur le dossier de son sofa depuis des jours. Soulevant à nouveau le chapeau, elle lui arrangea un nid plus confortable et le reposa dessus.

« Ça va mieux ? » Soupira-t-elle.

Pour toute réponse, le couvre-chef enchanté renâcla, encore vexé. Elle fronça les sourcils mais n'ajouta rien.

Ingrat, pensa-t-elle en reprenant sa place sur le canapé.

Sa lecture reprit et se poursuivit une longue heure dans le silence, rythmée par le tic tac de l'horloge accrochée au-dessus de son minuscule poste de télévision – une babiole moldue qu'elle aimait presque autant que la cigarette même si au final, elle ne comprenait pas grand-chose à ce qu'elle lui montrait. C'est au bout de cette heure de mutisme que le chapeau reprit la parole, oubliant momentanément sa rancune :

« Dis-moi, petite, » Anthéa se crispa d'un coup, resserrant ses doigts sur la reliure brune de l'ouvrage. Elle savait déjà ce qui allait suivre. « …tu ne veux toujours pas me poser sur ta tête ? »

Elle l'ignora délibérément et se renfonça dans les coussins du canapé, l'air renfrogné.

« Tu as l'air préoccupé depuis deux jours. Les réponses que je pourrais obtenir ne t'intéressent pas ?

- Non. » Le ton était sec. La discussion était close.

- Bien. »

A nouveau, il s'immobilisa, reprenant l'aspect d'un chapeau tout à fait normal. De son côté, Anthéa serrait les dents aussi fort qu'elle le pouvait, incapable de se replonger dans sa lecture. Dire qu'elle avait naïvement pensé avoir échappé au pire.

Des réponses, hein… Elle n'avait pas besoin de réponse. Après tout, elle ne se posait aucune question.


Harry se sentait mal à l'aise. Il se sentait toujours mal à l'aise lorsqu'il se trouvait ici, à Sainte Mangouste. Ça faisait partie des endroits « à éviter » depuis la fin de la guerre. Et c'était presque en tête de liste. Juste derrière Poudlard.

Pourtant, il n'y avait plus vraiment de mourants dans les lits de l'hôpital – parce que les vrais mourants, eux, se trouvaient dehors, sur le passage des milices et personne ne les amener ici. Cela dit, il n'y avait peut-être plus de mourants, mais il restait des fantômes. Beaucoup de fantômes. Des rescapés de la guerre qui n'avaient plus de rescapés que le nom, prisonniers pour le reste de leur vie dans les draps aseptisés de Sainte Mangouste. Fantômes dont il avait bien failli faire partie, lui aussi.

Il serra ses mains, l'une contre l'autre, entre ses genoux écartés. Son pied tapait le sol à toute vitesse, preuve irrécusable de sa nervosité, et son regard farouche suivait chaque silhouette comme pour s'assurer qu'aucune ne s'approcherait du banc sur lequel il patientait seul. Pourtant, la main qui pénétra dans cet espace qu'il s'efforçait de protéger, il ne la remarqua que lorsqu'elle se posa doucement sur son épaule. Surpris, il sursauta et leva vivement la tête vers l'intrus. Penchée sur lui, une jeune femme auréolée de cheveux châtains lui souriait avec une tendresse maternelle. Elle tenait contre son ventre un cahier vert et portait sur ses épaules une longue blouse blanche.

« Bonjour monsieur Potter. » Fit-elle d'une voix grave et profonde. « Vous me suivez ? » Elle désigna le fond du couloir d'un geste de la main et Harry fronça les sourcils.

- Ici ?

- Oui, mon bureau a eu… quelques soucis alors le temps que tout soit réparé, je travaille à cet étage.

- Hm. »

Il consentit à se relever et prit inconsciemment les devants. Il fut ainsi forcé de s'arrêter après quelques pas, prenant conscience qu'il ne savait absolument pas à quelle porte il faudrait s'arrêter. Il tourna la tête par-dessus son épaule et la jeune femme lui offrit un nouveau sourire.

« L'avant-dernière à droite. »

Il reprit sa route. Arrivé face au battant qu'on venait de lui indiquer et où le nom de « Miss White » brillait sur une plaquette dorée, il l'ouvrit sans aucune hésitation et découvrit la réplique parfaite du petit bureau dans lequel il avait rendez-vous chaque mois, à ceci près que le paysage qui s'étendait derrière la vitre n'était pas exactement le même. A part cela, tout, jusqu'au plus petit des cactus que la psychomage entreposait consciencieusement sur ses étagères depuis des années, se trouvait au même endroit.

Face à ce décor familier, il se détendit imperceptiblement et prit place dans l'un des deux fauteuils club destinés aux patients, faisant crisser le vieux cuir brun. La jeune femme en blouse, elle, s'installa dans le grand siège rouge situé derrière le bureau en acajou dans le tiroir duquel elle rangea son cahier. Un petit bloc-notes s'envola alors du bord d'une commode et vint docilement se placer entre les longs doigts bagués de la psychomage. Elle croisa les jambes et se pencha en avant.

Harry gigota un peu entre les accoudoirs, comme pour échapper à son regard de cristal, d'un bleu givré où brillait pourtant toute la bonté du monde.

« Voulez-vous aborder le sujet de notre dernière séance ? »

Il haussa les épaules, de mauvaise humeur, les yeux vissés sur la petite pensine cuivrée qui écumait près de la fenêtre.

« Je sais même plus de quoi on parlait… » Grommela-t-il.

Miss White sourit, pleine d'indulgence, et fit mine de feuilleter son bloc d'un air concentré.

« Hm, voyons… Voilà. Vous évoquiez un rêve. » Harry cilla et son cœur cogna brusquement fort dans sa poitrine. « Vous me parliez de certains détails. D'une vaste pelouse humide, de l'odeur de la terre et de la pluie. Vous vous souvenez ?

- Non. » La réponse avait fusé, nette et sèche, tandis que les ongles du jeune homme s'ancraient dans le cuir des accoudoirs.

- Bien, ce n'est pas grave. » Miss White posa calmement son bloc-notes sur la table et plaça ses deux mains dessus. « Y a-t-il autre chose dont vous voudriez parler ? »

Parler ? Bien sûr qu'il avait des choses à dire. Tellement de choses. A commencer par ce sentiment qui lui rongeait la poitrine depuis qu'il avait croisé ces yeux sortis tout droit du passé. Il avait des tonnes de choses à dire, des horreurs à déverser sur le compte de ce fantôme un peu trop vivant qui ramenait avec lui tout un tas de souvenirs douloureux mais surtout dangereux. Harry serra les dents.

Il y avait des choses à dire. Pourtant…

« Les fleurs. »

La psychomage cilla et pencha la tête sur le côté.

« Pardon ?

- Là-bas. » Insista Harry en désignant la commode d'un geste du menton. Sur le meuble, un élégant bouquet jaillissait d'un vase de Sèvres. Le rouge se déclinait dans toutes ses nuances et s'accordait joliment avec le vert tendre des tiges.

Revenant à Miss White, le jeune sorcier eut la surprise de voir ses joues rosir, tandis qu'elle se raclait timidement la gorge.

« Oh, il s'agit d'un cadeau de la part d'un patient. » Expliqua-t-elle sur un ton évasif. Elle lui offrit un petit sourire gêné. « Cela faisait longtemps qu'on ne m'avait rien offert de tel mais il commence déjà à ce flétrir. » Son rire clair inonda la pièce et elle reprit : « A part pour mes cactus, je n'ai jamais eu la main verte ! »

Une bouffée de sympathie fit se détendre le Survivant. Un silence confortable s'installa dans le bureau tandis que le regard bleu de la psychomage s'attardait encore un peu sur les branches pourprées de leucadendron.

« Et vous ?

- Vous quoi ?

- Vous avez la main verte ? »

Harry cligna, pris au dépourvu. S'il avait la main verte ? Il ne s'était… jamais posé la question.

« Je ne sais pas. » Avoua-t-il. « Enfin… J'étais plutôt nul en botanique donc je suppose que non. Mais j'ai un ami qui adore ça.

- Un ami ?

- Oui. Il s'appelle Neville. Il est le fils d'Alice et Frank Londubat. » Sa voix s'était assombrie au fil des mots et il baissait la tête à nouveau, les yeux dans le vague.

- Oui, je les connais. Il vient les voir souvent, n'est-ce pas ?

- Avant oui. Mais depuis que sa grand-mère est morte… moins.

- Et toi, Harry ? » La jeune femme se faisait à nouveau infiniment douce. Elle le tutoyait rarement mais il aimait ça. C'était comme si elle amincissait davantage la distance entre eux. C'était plus maternel. Et il se prit à vouloir se livrer. « Vas-tu souvent voir tes parents ? »

Il eut un pincement au cœur et serra ses mains l'une contre l'autre sans oser affronter le regard de Miss White.

« Harry ?

- Non. »

Et il en avait honte. Mais depuis l'épisode tragique de la pierre de résurrection, il n'avait plus osé mettre les pieds à Godric's Hollow. Ginny avait raison au fond. Il n'osait plus grand-chose.


Fin du quatrième chapitre. N'hésitez pas à me laisser vos avis.

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[1] : Anthéa est un nom que j'ai emprunté à la série Sherlock.
[2] : Pure invention de ma part, le livre n'existe évidemment pas dans l'oeuvre de JK. Rowling. Au passage, pour ceux qui ne le savent pas et étant donné que ce n'est pas un mot qu'on emploie tous les jours, je signale qu'"agreste" signifie champêtre.