La réplique en italique est tirée du dessin animé Saint Seiya partie Hadès.

Le chapitre 5 va peut-être être un peu long à venir.

Merci à Manuka et Newgaia pour leurs reviews.


Tant de sang versé, tant de vies gâchées : Les précédentes batailles avaient fait de gros dégâts, et si dans l'ensemble les blessures physiques cicatrisaient assez rapidement, les coups portés au cœur, et le traumatisme morale, étaient bien trop profonds pour être effacés. D'ailleurs, personne ne connaissait le moyen de panser ce genre de douleur, d'autant plus qu'en tant que chevaliers d'Athéna, ça ne se faisait de se plaindre, de parler de sentiments.

Jamais la garde n'avait été dans un si piètre état, ce qui n'était pas de bon augure quand Shiryu pensait à ce qui les attendait. Au vu des cosmo-énergies aussi puissantes que maléfiques qui cherchaient déjà à étendre leur domination, il savait que la prochaine guerre serait non seulement la plus difficile mais aussi la plus meurtrière qu'ils aient connue. Peu d'entre eux en reviendraient, tous les chevaliers en étaient conscients.

C'est pourquoi Shiryu ne pouvait pas en vouloir aux autres chevaliers de se comporter ainsi, d'oublier un instant qu'ils étaient des chevaliers et de laisser leur nature de simples humains reprendre le dessus.

Lui-même n'était pas concentré sur son rôle de protecteur d'Athéna ces derniers temps : Si son corps était en Grèce, son cœur et ses pensées était en Chine près de Shunreï. Il se souvenait bien de leur rencontre alors qu'ils n'étaient que deux enfants.

Il s'entrainait depuis bientôt une heure quand, il entendit une petite fille brune avec une longue tresse rire de ses gestes maladroits. Le vieux Maître les avait alors présentés l'un à l'autre et le sourire que Shunreï lui réserva était la plus belle chose qu'il avait vu depuis longtemps, surtout après son pénible passage à l'orphelinat. Ils avaient très vite tissés des liens solides, amicaux bien sur, mais pourtant plus puissants, plus tendres que les liens pouvant exister entre un frère et une sœur. Ils arrivaient à se comprendre sans même se parler. Et puis leur corps avait changé, s'était développé, devenant de plus en plus beau, plus sensuel. Leur attitude l'un envers l'autre avait évolué en même temps que leurs sentiments.

Ils ne pouvaient plus se regardaient droit dans les yeux sans rougir, leurs hormones en ébullition leur jouant des tours, la couleur de leurs joues traduisant le feu de la passion qui les consumaient de l'intérieur. Leurs sens s'enflammaient dès qu'ils étaient trop proches et semblaient multipliés par dix. Le parfum et la douceur de leur peau ne leur avaient jamais paru si bons, si délicieux, et chaque contact, ne fut-ce qu'un léger effleurement, provoquait chez eux des frissons de plaisir. Les massages si apaisants que Shunreï lui prodiguait après son entrainement pour délasser ses muscles, étaient devenus une torture exquise dont il ne pouvait plus se passer. En effet la jeune fille savait exactement où placer ses mains, à quels endroits appuyer ses caresses pour faire naitre une douce chaleur dans le bas ventre de son ami. Shiryu était certain qu'elle prenait beaucoup de plaisir à le posséder ainsi car dès qu'elle sentait la virilité du Dragon s'éveiller, elle s'arrêtait, le frustrant jusqu'à ce qu'il la supplie de reprendre son jeu.

Et puis un soir, sentant que leur bonheur était éphémère, que bientôt ils seraient de nouveau séparer par une nouvelle guerre, que bientôt le chevalier risquerait de nouveau sa vie, ils s'étaient avoué leurs sentiments et avaient unis leurs deux corps, leur cœur appartenant déjà à l'autre depuis leur première rencontre. Et ne pouvant plus se passer de l'odeur, la douceur et la chaleur du corps de l'autre, ils avaient recommencé plusieurs fois, le plaisir étant plus grand à chaque fois. Ils aimaient se toucher, se caresser, découvrir avec des gestes lents les trésors qu'ils recelaient au fond d'eux.

Tout ce passait bien jusqu'à ce qu'un soir, il découvre que Shunrei, lorsqu'elle le croyait endormi, sortait sur la terrasse pour pleurer et cela presque toutes les nuits. Sur le coup, le chevalier n'avait pas compris ce comportement, elle était si souriante dans la journée. Puis en l'espionnant, avec une certaine gêne mais pour le bien de la jeune femme, il s'aperçut qu'il était la cause de ces larmes.

Elle était heureuse avec lui mais n'en pouvait plus de devoir le partager avec Athéna, de le voir souffrir, de passer son temps à s'inquiétait pour lui et de se réveiller régulièrement en sueur et en pleurs après avoir rêvé la mort du chevalier.

Attristé de la voir dans cet état, le chevalier avait décidé de rentrer au Sanctuaire, le temps de permettre à tous deux de prendre du recul et de réfléchir à la situation. Mais aujourd'hui, il était certain de sa décision : il devait la quitter. Encore une fois, elle allait pleurer à cause de lui mais il espérait que Shunrei l'oublierait vite, et que, en mettant fin à leur engagement, elle pourrait refaire sa vie avec un autre. Cette idée le répugnait mais il n'avait pas le droit de continuer à lui imposer autant de sacrifices.

Le chevalier fut sorti de ses pensées par la voix de Seiya qui, comme d'habitude, s'amusa à taquiner le chevalier du Cygne, celui-ci ne pouvant pas s'empêchait à chaque fois de rentrer dans son jeu en lui répondant sur un ton tout aussi sarcastique :

- Alors blondinet, encore en train de broyer du noir ?

- Pourquoi tu dis ça ? J'aurais des raisons de déprimer ?

- Tu aurais au moins pu nous dire où tu allais. Non pas que ta présence m'est indispensable, bien au contraire, mais Shiryu s'inquiétait pour toi !

- Oh mais je n'allais pas me priver de te voir rater une marche et te vautrer dans l'escalier.

- Et je peux savoir quel plaisir tu as de venir sans cesse sur la tombe de ton maître ? T'es maso ou quoi ?

- Qui te dit que j'étais venu voir mon maître ?

- Oh je ne sais pas, peut-être le fait de t'avoir vu agenouillé devant sa stèle avant que tu ne sentes notre présence. A moins tu n'aies une meilleure explication ?

- Oh mais oui, je ramassais des fleurs !

Shiryu écoutait leur conversation mi-amusé, mi-soucieux. C'était toujours comme ça avec ces deux là, ils étaient incapables d'avoir une discussion sérieuse : il fallait qu'ils se cherchent mutuellement, c'était plus fort qu'eux. Mais le Dragon savait que c'était un jeu, et que les deux chevaliers s'adoraient. D'ailleurs, il n'y avait que Seiya qui arrivait à faire rire Hyoga. Leurs disputes étaient simplement leur façon de se dire qu'ils s'appréciaient. Mais cette fois-ci, il sentait que c'était différent, que le ton ne cessait pas de monter et devenait de plus en plus cassant, surtout que parler de Camus restait un sujet tabou pour le Cygne :

- C'est ça, vas-y ! Fous-toi de moi ! Mais dis-donc, Poussin, tu ne crois pas qu'il serait temps de grandir un peu, d'apprendre à gérer tes émotions ! s'écria Seiya.

- Mais arrête, pour qui tu te prends ? Qui tu es pour te permettre de me juger ? lui répondit Hyoga qui avait de plus en plus de mal à contenir à la fois sa colère et sa tristesse.

Shiryu, sentant la température baissait au fur et à mesure que la colère du Cygne voulut augmentait, voulut s'interposer entre les deux mais Seiya l'en empêcha, en le attrapant le bras.

Sentant la détermination du chevalier Pégase, à travers ce contact, le Dragon comprit où son ami voulait en venir. Mais si pousser Hyoga à bout, pour le forcer à évacuer toutes ses peines et ses rancœurs, lui paraissait être une bonne idée, il espérait que les paroles de Seiya n'auraient pas l'effet inverse, amenant le Cygne à se refermer encore plus :

- Si tu arrêtais un peu de t'apitoyer sur ton sort et que tu pensais un peu plus à Camus. Il a donné sa vie pour t'apprendre à oublier tes sentiments, pour te rendre plus fort ! Et voila comment tu le remercies ! Tu devrais avoir honte !

Cette dernière phrase sonna comme un couperet pour Hyoga. Oui, il avait honte. Honte de pleurer comme un enfant quand il pensait à sa mère, honte de penser que la vie était injuste avec lui alors qu'elle l'était tout autant pour ses compagnons qui eux ne se plaignaient pas. Honte d'avoir mis en danger ses amis à cause de sa lâcheté et sa bêtise : comment oublier que s'il avait accepté de combattre Camus dans le temple de la Balance, Shun n'aurait pas eu à risquer sa vie pour le réchauffer, que s'il n'avait pas eu l'idée de plonger pour voir sa mère, Isaak n'aurait pas perdu son œil et n'aurait pas disparu. Honte de ne pas être capable d'oublier ses sentiments malgré ces paroles de Camus qui revenait comme une litanie : « Regarde cette muraille de glace Hyoga ! Pas une fois elle n'a fondu. Observe-la et prends exemple sur elle ! Tu dois développer la même puissance, la même force, la même volonté indomptable qui l'empêche de fondre sous les assauts incessants du soleil ! ».

A bout de nerfs, le chevalier du Cygne s'écroula à genoux et se mit à pleurer sans chercher à retenir ses larmes.

Et il n'était pas le seul à se sentir mal. Dans une des chambres du Sanctuaire, Shun était tout aussi tourmenté. Harassé par la fatigue il s'était allongé espérant pouvoir récupérer un peu mais encore une fois, il s'était retrouvé en plein cauchemar. Il parcourait un long couloir assez sombre. Sur la droite, il était décoré avec des tableaux morbides représentant la mort dans toute sa splendeur. Sur tous, une couleur ressortait : le rouge, couleur du sang. Sur la gauche, une grande fresque représentait des âmes, courbées par le poids de leurs péchés, se dirigeant vers le puits de morts. Shun, allant dans la même direction semblait les accompagner jusqu'à ce qu'il arrive devant une porte immense. Ce qui l'effrayait le plus, c'était ce qu'il ressentait. Il avait toujours eu horreur de la violence et ce décor aurait du le dégouter. Et il aurait du avoir peur de se retrouver dans un couloir inconnu sans savoir ce qui se trouvait derrière la porte, pourtant c'était tout le contraire. Il avait l'impression d'être chez lui et la décoration lui plaisait. C'était comme s'il n'était plus lui-même, qu'il n'avait plus son mot à dire.

Puis sans aucune hésitation il poussa les battants de la porte et scruta la pièce dans il se trouvait à présent. Elle était partagée en deux par un tapis rouge qui menait à un trône et encadré de part et d'autre par des hommes portant des armures noires. Ces hommes ils ne les connaissaient pas et pourtant ils se sentaient en sécurité en leur présence.

Sur la droite, une jeune femme toute vêtue de noir avec longs cheveux également noirs jouait de la harpe mais s'il lui trouvait un côté fascinant, son instinct lui dictait de se méfier d'elle.

Sur la gauche un groupe d'hommes avait formé un cercle autour de quelque chose qu'il ne pouvait pas voir et semblaient bien s'amuser.

Puis d'un pas décidé, il se dirigea vers le trône sans se soucier des regards qui pesaient sur lui. Loin d'être gêné, il se sentait important, respecté. Puis il s'assit et aussitôt ce fut le silence total : plus d'éclats de rire, plus de musique venant de la harpe. Tout le monde attendait à ce qu'il s'exprime mais Shun ne savait pas quoi dire. Toutefois il n'eut pas à se poser la question car sans le vouloir, ces mots sortirent de sa bouche :

- Amenez le prisonnier ! J'ai envie de m'amuser avec ce misérable insecte !

Shun sentit son sang se glaçait d'effroi. Ces paroles, cette voix caverneuse comme sortie d'outre-tombe, ce n'était pas possible, ça ne pouvait pas venir de lui. Et cette haine, cette violence qu'il sentait à l'intérieur de lui et qui l'étouffaient, jamais il n'aurait pu ressentir des sentiments si négatifs. Il avait vraiment l'impression que son esprit était prisonnier d'un corps qui ne lui appartenait pas.

Mais le pire restait à venir. Shun sentit un frisson lui parcourir tout le corps lorsqu'il vit le groupe d'hommes qui riaient un instant plus tôt s'écartaient. Ce qu'ils dissimulaient n'était autre que le corps couvert de sang de son frère Ikki. Le chevalier Andromède essaya bien de venir en aide au Phoenix quand il vit l'un des hommes le tirer par le col pour l'amener près du trône mais son corps refusait de lui obéir. Il restait assis là, regardant le corps de son frère secoué par des spasmes de douleur. Et il souriait comme si voir souffrir Ikki était le plus beau spectacle qu'il ait jamais vu, un sourire qu'il ne voulait pas, qui était en parfaite contradiction par rapport à ce qu'il ressentait. Lui avait envie d'hurler mais aucun son ne parvenait à sortir.

Il paniqua lorsqu'il sentit son corps se lever, déployer une énergie phénoménale et saisir une épée pour en finir avec le prisonnier sans qu'il puisse faire quoi ce soit pour le contrôler. Il ferma les yeux pour ne pas voit le coup s'abattre sur son frère et se réveilla en sursaut après avoir entendu le dernier cri de terreur d'Ikki.

Il était en nage, essoufflé, tremblant à la fois par la peur et par la sueur. Il se sentait encore plus fatigué qu'après la bataille du Sanctuaire alors qu'il n'avait fait que dormir, même si son sommeil avait été agité.

Il chercha la présence de ses frères à travers son cosmos et fut rassuré quand ils répondirent à son appel en lui envoyant leur énergie.

Shiryu, voyant le désarroi de Hyoga et sentant la peur de Shun, augmenta son cosmos, suivi par Seiya qui prit le Cygne dans ses bras :

- Je suis désolé Hyoga. Je ne pensais pas un mot de ce que je viens de te dire. Je voulais juste te faire craquer pour t'aider à évacuer tous ces remords qui pèsent sur tes épaules.

- Non tu as raison. Tout ce que tu m'as dis est la stricte vérité. Je ne mérite pas mon armure.

Mais à cet instant, l'armure du Cygne se mit à briller comme jamais. Seiya éclata de rire :

- Bah apparemment elle n'est pas d'accord avec toi !

Hyoga se releva tout étonné. Il avait toujours pensé qu'il ne méritait pas sont titre de chevalier et que l'armure aurait du revenir à Isaak mais c'est vrai qu'en y réfléchissant bien, il ne pouvait pas nier qu'elle avait toujours été là pour lui. Elle l'avait toujours défendu, même quand il semblait ne plus y avoir aucun espoir. Il pouvait même dire qu'elle était son amie la plus fidèle. Il n'y a qu'à elle qu'il pouvait se confier sans avoir peur d'être jugé. C'est sa présence qui le réconfortait lorsqu'il se sentait seul. C'était avec elle qui avait le lien le plus fort, le plus intime.

Seiya profita de l'aide inespérée de l'armure pour lui remonter le moral :

- Ecoute, c'est tout à fait normal de te sentir mal après ce qu'on vient de vivre. Tout le monde a été touché par les dernières guerres et toi, encore plus. Personne n'a du faire autant de sacrifices que toi. Je n'ose pas imaginer comment je réagirais, ni ce que je ressentirais si je devais me battre contre Shiryu ou Marine alors ne dis pas que tu n'es pas un chevalier. Il faut beaucoup de courage pour faire ce que tu as fait. Tu as accompli parfaitement ton devoir, ne laisse personne te dire le contraire.

- Oui peut-être mais Camus et Isaak m'ont toujours tout donné et maintenant qu'ils ne sont plus là, je me sens si seul.

Shiryu, touché par ses paroles, ressentit le besoin de s'excuser à son tour :

- Je suis désolé Hyoga. C'est vrai qu'on n'a pas toujours été là quand tu en avais besoin. Shun a Ikki et June. Moi j'ai Seiya, mon maître et Shunrei. Et Seiya est aussi bien entouré ! Et du coup, on n'a pas su voir à quel point tu étais seul. Je comprends que tu es pu te sentir un peu mis à l'écart mais crois-moi c'était totalement involontaire de notre part et ça va changer.

Rassuré par ces paroles, le Cygne se calma et se sentit plus serein. Pleurer lui avait fait beaucoup de bien. Il devait bien reconnaitre que Seiya pouvait se montrer très fins en matière de sentiments. A son tour, il augmenta son cosmos qui rejoignit les deux autres. Les trois énergies se mêlèrent pour n'en former plus qu'une, qui se dirigea vers le sanctuaire pour rassurer Shun qui augmenta à son tour son cosmos pour leur signifier qu'il allait mieux.

Non loin du Sanctuaire, allongé sur le sable, Ikki réfléchissait sur les sentiments qu'il éprouvait actuellement. Il ne se reconnaissait plus. Avant, il n'éprouvait que de la haine, de la colère ; son esprit n'était animé que par l'envie de tuer, de détruire tout ce qui se trouvait sur son chemin. Avant, jamais il n'aurait cru qu'il reviendrait un jour à des sentiments meilleurs, qu'il ressentirait de nouveau le bonheur d'aimer et d'être aimé, surtout après avoir perdu Esméralda, la dernière personne à avoir pris soin de lui.

Et pourtant, il avait tellement changé au contact de ses frères. Malgré tout le mal qui leur avait fait, ceux-ci lui avaient pardonné, lui faisant oublier les mauvais moments du passé pour lui créer de nouveaux souvenirs, de beaux souvenirs.

Tout d'abord, il avait retrouvé avec joie son petit frère Shun et tous les deux avaient très vite retrouvé leur complicité, qui se traduisait par des gestes et des regards emplis de « je t'aime » : même si le Phoenix ne disait jamais à quel point il tenait à son frère, ses actes parlaient pour lui.

Seiya lui avait rendu sa joie de vivre. C'est d'ailleurs lui qui lui avait rappelé à quel point c'était bon de rire et les occasions ne manquaient pas avec toutes les pitreries du chevalier Pégase. Il était passé maître dans l'art de détendre l'ambiance.

Shiryu était celui avec qui il avait le moins de contacts et pourtant auprès de lui, il avait appris le sens des mots courage, amitié, justice, sacrifice, sagesse. Il était le plus vieux et pourtant, au lieu de montrer l'exemple, il avait pris l'attitude du chevalier du Dragon comme modèle pour devenir meilleur. Et il savait qu'il était encore loin de l'égaler.

Quand à Hyoga, que dire de sa relation avec lui ? Ils étaient à la fois si semblables et si différents qu'il ne savait jamais comment se comporter face à la complexité de la personnalité du Cygne : il pouvait se monter, triste, faible, attendrissant et changer en l'espace d'un instant pour devenir froid, distant et faire preuve d'une grande force. Leur relation avait toujours été en dents de scie mais aujourd'hui, il avait l'impression qu'un certain lien s'était créé, même si ce n'était pas gagné vu l'antipathie qui existait entre eux dès le début. Longtemps, il l'avait méprisé, jaloux de la place qu'il occupait auprès de Shun, dégouté de le voir si faible face à ses sentiments. Et puis, il ne lui avait pas pardonné la façon dont il lui avait tenu tête lorsqu'il avait volé l'armure d'or. Il se souvenait encore de leur combat : l'opposition du feu et de la glace, un duel entre deux fiers oiseaux prêts à tout pour montrer leur supériorité. Mais au fil du temps, il avait appris à mieux le cerner, à découvrir que son amitié était sincère et bénéfique pour son frère, que les faiblesses du Cygne étaient aussi ses forces, que sa détresse était justifiée. Lui-même ne se remettait pas de la mort d'Eseralda.

Oui, aujourd'hui ses frères lui manquaient, à lui le loup solitaire. Aussi fut-il ravi de joindre son cosmos aux autres lorsqu'il sentit leur union, leur harmonie.

Au Sanctuaire, ses quatre frères furent plus que ravi de sentir sa présence à leur côté. C'était un magnifique cadeau qu'il leur faisait d'accepter de partager ses sentiments avec eux et ils en profitèrent. Et ce n'était pas fini, d'autres surprises étaient à venir.