Thank's Moozanna,
No wories, there will be a lot of drama in this story.
La saison avait à peine commencée, en ce début juin, mais les jet-setteurs avaient déjà pris d'assaut la ville de Saint-Tropez, les jeunes, du moins. Ils venaient étaler leurs richesses et profiter de leur liberté dans ce lieu mythique, loin de leurs parents qui ne demandaient pas mieux que d'être débarrassé d'eux pendant les mois d'été.
La musique s'entendait au moins à deux kilomètres à la ronde. Heureusement, le bateau de plaisance avait jeté l'ancre au large et nul ne pouvait se plaindre, ni des décibels au milieu de la nuit, ni des comportements malsains de ces sales gosses de riches qui pensaient que le monde leur appartenait.
En fait, c'était vrai : le monde leur appartenait. Ils avaient les moyens de se l'offrir via les comptes offshore et les fonds de placement qui n'attendaient qu'à être vidés à coups de caprices successifs et de nuits de débauche sans fin.
Serena Van Der Woodsen percevait cependant à peine le tempo. Elle était bien trop défoncée et bien trop soûle pour avoir encore une quelconque conscience de ce qui se passait autour d'elle. Le seul rythme qui l'intéressait était les shoots répétés qu'elle continuait d'ingurgités alors que son quota était déjà largement dépassé.
C'était ce qu'elle recherchait : ne plus penser à rien. Ni à la trahison de sa meilleure amie, ni à l'humiliation ressentie lorsque Dan l'avait rejetée de la pire des manières qui soit, avec ce mépris dans la voix et ce dégoût dans le regard. Ni même à la déception qu'elle lisait régulièrement sur le visage de sa mère, et encore moins à l'indifférence qu'elle suscitait chez son père, ou à la condamnation dans les yeux de tous ces faux-culs de l'UES qu'elle croisait dans les dîners mondains et qu'elle ne respectait pas, de toute façon.
Pas plus qu'elle ne se respectait elle-même. Pourquoi l'aurait-t-elle fait ? Il n'y avait rien de respectable chez elle. Elle était belle, avait de longues jambes bien galbées et dorées par le soleil. La quasi totalité de son corps, tout comme ses cheveux soyeux, était dorée d'ailleurs, et cela grâce au peu de tissu qui le recouvrait quand elle passait son bikini. Bon, c'est vrai, c'était plutôt du monokini en fait, mais qu'est-ce que ça pouvait bien faire après tout ?
Ses formes étaient les seules raisons qui attiraient les regards sur elle. Les hommes, bien entendu, raffolaient de ses courbes parfaites, de sa taille svelte et de sa poitrine ferme. Les femmes, elles, en étaient vertes de jalousie, sans parler de ses cheveux qui étincelaient naturellement avec ou sans soleil.
Elle aurait pu utiliser cela à son avantage. Enfin, mieux que pour avoir des droits d'entrée dans certains cercles mal famés, pour les autres, son nom suffisait. Plusieurs propositions de mannequina lui avaient été faites, mais la plupart se résumaient à un allé simple au fond du lit des « agents » qui lui offraient gracieusement leurs services. Elle déclinait donc leurs invitations, ou non, selon l'âge et les traits des hommes et aussi en fonction de son état d'ébriété du moment.
Elle tituba sur le pont, pensant sans doute exécuter une danse sensuelle, s'imagina le batteur du groupe engagé pour la soirée, qui la reluquait assis derrière son instrument. Il aurait eu tort de se priver, elle était le meilleur morceau de la fête, même complètement déchirée. Il connaissait les paradis artificiels lui aussi, il y avait goûté plus que sa part. Dans la musique en plus, c'était un passage quasiment obligé et il était évident que la blonde aux longues jambes tomberait d'autant plus haut que ses jambes s'étiraient vers le ciel. Pour l'instant.
Elle continua à se tortiller jusqu'à ce qu'elle se retrouve entre les bras d'un snobinard, qui faisait sans doute lui aussi partie des innombrables amis du propriétaire du yacht, et qui n'était pas dans un état très brillant lui non plus. Le brun passa un bras autour de la taille de la fille et l'embrassa dans le cou quand elle tourna la tête en riant.
La seconde suivante, elle inondait ses pompes à 1500$ de tequila citron et de bile. Le brun fit un bond en arrière, surpris par la soudaine éruption de la blonde et la poussa contre le bastingage dans un réflexe.
Elle vida le reste de son estomac encore quatre fois, se penchant dangereusement au-dessus de la rambarde. A la cinquième, elle bascula tête la première par-dessus bord sans que le jeune homme ait la moindre chance de l'en empêcher.
Serena s'enfonça dans la Méditerranée. Le froid réveilla à moitié son esprit engourdi par la drogue et l'alcool consommés tout au long de la journée et des précédentes. Coulant à pic, elle tenta de se débattre du mieux qu'elle le pouvait, mais ses mouvements n'eurent pas l'effet escompté. Elle but plusieurs tasses d'eau salée, ce qui lui arracha un nouveau haut le cœur.
Elle tenta de remonter vers la surface mais elle n'avait aucune idée de quelle direction elle devait suivre. La nuit obscurcissait tout et le sel dans ses yeux ne lui permettait pas de garder les paupières ouvertes. Ses poumons lui faisaient mal à hurler, mais elle ne pouvait pas faire ça non plus. Elle était totalement prisonnière des flots.
A bord, la panique s'était emparée de Carter, dessaoulé sous l'effet de la peur, il tentait de voir le corps de la blonde qui lui tenait compagnie depuis pratiquement une semaine et s'époumonait à crier son nom. Elle avait débarqué de nulle part dans une fête et avait décidé de rester avec lui.
Celle de Marc Delbino, ou John Klapman, ou peut-être bien celle de Porter Lockton, il ne s'en souvenait plus et peu importait finalement. Il écumait les fêtes et les tables de poker à la recherche de coups fourrés et de sensations, comme il l'avait toujours fait depuis qu'il avait quitté la maison cossue de ses parents, des années plutôt. En fait, il ne savait pas trop ce qu'il cherchait, mais il savait qu'il ne l'avait toujours pas trouvé.
Le batteur jeta ses baguettes et ses baskets sans même réfléchir et plongea dans l'eau noire. Le courant n'était pas très important comparé à ceux d'Océanie, où il avait l'habitude de défier les rouleaux.
Il ne tarda pas à retrouver le corps de la blonde et passa un bras autour de sa taille fine. Elle ne se débattit pas, se laissant ballotter dans son emprise, preuve qu'elle avait perdu connaissance.
Il remonta pour aspirer l'air iodé et la tracta en nageant d'un seul bras jusqu'à la bouée que son petit ami avait tout de même eu la présence d'esprit de jeter. Il s'y accrocha, avant de glisser le corps de la jeune fille par-dessus du mieux qu'il le pouvait. Puis il attrapa l'échelle et la hissa sur son épaule comme un sac de patates pour venir la déposer sur le pont avant.
Carter se jeta sur elle, appelant et secouant la jeune fille.
- Serena ! Serena ! Me fait pas ça, supplia-t-il.
Mais la blonde ne répondit pas, elle ne respirait plus.
- Appelez un médecin, hurla le jeune homme à qui elle avait ruiné les chaussures il y avait à peine quelques minutes.
Matt le poussa pour pratiquer la respiration artificielle. Il infligea plusieurs pompes au centre du thorax de la jeune inconsciente, avant d'insuffler de l'oxygène dans sa bouche. Au bout de la troisième fois, elle recracha un liquide salé et se remit à inspirer l'air par elle-même.
Carter Baizen regardait le spectacle complètement stupéfié. Non seulement par le visage de Serena, livide la seconde précédente, qui reprenait peu à peu des couleurs mais aussi par celui de son sauveur.
Il avait dû boire bien plus qu'il n'avait cru. Ou bien c'était la coke qu'il avait sniffée qui était de mauvaise qualité, parce que jusqu'ici aucun trip n'avait jamais impliqué…
- Chuck ? questionna la jeune fille d'une voix pâteuse, alors qu'elle revenait lentement à elle. Elle se releva sur ses coudes et secoua ses boucles blondes qui dégoulinaient pour dégager son visage et retrouver ses esprits.
Le batteur, toujours penché au-dessus d'elle, la regarda sans comprendre, puis jeta un œil à son petit ami qui était bouche bée.
