Chapitre 4
Il y eut quelques secondes de silence absolu.
« -Tu veux quoi? dit finalement Harper d'une voix sèche. M'annoncer que tu t'es trouvé une petite jeune? Ou bien…
-Lieutenant, ici le capitaine Kirk, de l'USS Enterprise, intervint Kirk tandis que le visage de McCoy virait au rouge brique. Je présume que vous faites partie du Bureau d'Investigation Interplanétaire?
-Vous présumez bien, capitaine, répondit Harper d'un ton subitement plus calme. En quoi puis-je vous aider?
-Nous soupçonnons que mon commandant en second, le commandeur Spock, a été enlevé par Progen Industry, et nous n'avons aucune envie d'attendre les bras croisés qu'ils le relâchent quelque part. Le docteur McCoy a pensé que vous pourriez nous aider.
-Ca lui arrive d'avoir de bonnes idées, on dirait. Je traque ces pourris depuis quatorze ans, grogna Harper. On a finalement retrouvé leurs traces sur Saturne. Une bonne planque: les rayonnements magnétiques des anneaux brouillent nos capteurs, ce qui leur permet de faire entrer et sortir des navettes en douce. On a réussi à en intercepter quelques-unes et à pincer quelques clients, mais rien de plus. Par contre, je dois vous avertir d'une chose: quand nous avons fini par soupçonner Progen de ponctionner de l'ADN, il y a quelques années, leur méthode a changé.
-C'est-à-dire? demanda Kirk, soudain inquiet.
-Les personnes enlevées n'ont jamais été retrouvées.»
Il y eut un silence de mort sur le pont du vaisseau.
« Ca m'étonnerait qu'ils les éliminent, dit finalement McCoy. Des individus avec des critères génotypiques particuliers, ça doit valoir une fortune…
-Pour une fois, je suis d'accord avec toi, Leonard, répondit Harper d'un ton légèrement ironique. En attendant l'âge adulte des enfants qu'ils fabriquent, je suis persuadée qu'ils tentent de vendre leurs prisonniers. L'Univers est grand, et bourré de milliardaires prêts à s'offrir un esclave de ce genre, même s'ils doivent faire attention à ne pas se faire repérer.
-Eh bien, essayons de ressembler à l'un de ces types à la recherche d'un animal de compagnie…Y a-t-il un moyen d'entrer en communication avec Progen? demanda Kirk.
-Nous avons des contacts sur le marché noir. Mais toutes nos infiltrations ont échoué pour l'instant: ils flairent les flics à des kilomètres.
-Et de simples explorateurs spatiaux? dit Kirk d'un ton innocent.
-Pourquoi pas, soupira Harper. On a tout essayé, alors je n'ai rien contre une nouvelle approche. Ca pourrait marcher. Je vous envoie toutes les informations dont je dispose, et je mets une équipe sur pied. »
Harper les rappela peu de temps après.
« Nous avons joint l'un de nos contacts sur le marché noir. Il a prévenu Progen Industry qu'un client les appellerait bientôt. Je vous envoie leur numéro. Dites que vous venez de la part de Triangle. C'est notre contact: il envoie souvent des clients à Progen, qui le rémunère grassement. Dès que vous connaîtrez le jour de votre départ vers Saturne, j'organiserai votre rencontre avec lui, et il vous y conduira dans sa navette privée.»
IIIIIIIIII
Ce fut McCoy qui passa l'appel dans sa cabine, devant un mur neutre qui empêchait de repérer l'endroit: Sulu et Chekov avaient des voix peu américaines, et il était trop risqué que Kirk se fasse reconnaître par Jameson, si c'était ce dernier qui s'occupait de la réception des appels.
« -Progen Industry, que puis-je pour vous? dit un homme souriant, au complet impeccable, qui venait d'apparaître à l'écran.
-Bonjour, dit McCoy. Je souhaiterais passer une commande un peu particulière. Mon entreprise aurait besoin d'un certain type d'employé assez rapidement, et nous n'arrivons pas à en trouver des corrects sur le marché. L'un de mes amis, Triangle, m'a dit que vous pourriez sûrement me satisfaire.
-J'en suis convaincu, monsieur! Puis-je vous inviter à venir nous rendre visite, afin de faire votre choix parmi nos produits? Quand vous serait-il possible de passer nous voir?
-Un instant… répondit McCoy en faisant semblant de regarder un agenda imaginaire. Après-demain, dans la matinée? Triangle sera présent pour m'amener jusqu'à chez vous.
-Ce sera parfait, monsieur. Passez une bonne journée!
-Toi aussi, car ce sera sans doute ta dernière, pourri », grommela McCoy après l'arrêt de la communication.
A suivre…
