Ignorance
-Vraiment, déclara Kyōraku à sa vice-capitaine, tu ne devrais pas prendre la peine de répondre à toutes les personnes qui t'envoient un courrier à la Gazette du seireitei. Tu te rends compte du temps que tu y passes ?
Nanao lève les yeux au ciel.
-Mais, capitaine, proteste-t-elle, c'est le concept même de ma chronique ! Les gens m'envoient des courriers pour me raconter leurs problèmes, et je les aide à trouver une solution.
-C'est l'avantage d'écrire de la fiction, observe doctement Kyōraku. Moi au moins, je ne suis pas submergé par le courrier de mes lecteurs.
Nanao pourrait lui répondre que, s'il ne reçoit pas de courrier des lecteurs, ce n'est pas dû au type de littérature qu'il écrit, mais à ce qu'il n'en a aucun – fait que tout le seireitei connaît, mais que Kyōraku ignore. Pourtant elle s'abstient.
Même dans ses plus grands moments d'exaspération vis-à-vis de son capitaine, Nanao n'a jamais envisagé de lui révéler que le roman-fleuve sur lequel il a besogné avec tant d'enthousiasme pendant plusieurs siècles n'est plus suivi que par une poignée de lecteurs. Quelquefois, l'ignorance est un bienfait.
